Vous n'êtes pas membre (devenir membre) ou pas connecté (se connecter)
Michel Delobel

Michel Delobel

Gestionnaire de portefeuille sous mandat via une société de gestion agréée, trader pour compte propre et formateur au trading et à l'investissement en bourse, je suis aussi fondateur du site Fenêtre sur Cours et de la société ACGest, via laquelle j'accompagne également mes clients dans la constitution et le développement de leur patrimoine, la préparation de leur retraite ou encore l'optimisation de leur fiscalité.

Vous pouvez prendre contact avec moi par email

emails

promospeciale

La frilosité : un mal bien français !

Audience de l'article : 946 lectures
Nombre de commentaires : 0 réactions
Il y a quelques jours, je suis tombé sur un article des échos, à l’occasion de la journée de la femme, qui relatait une étude de BlackRock sur l’épargne des Européennes en général et des Françaises en particulier.

Sans vous refaire tout l’article, il s’avère que si 60% des Françaises déclarent mettre de l’argent de côté, elles ne sont que 25% à déclarer investir (ce que je comprends comme mettre de l’argent ailleurs que si un livret A ou équivalent – il s’agit là de l’avant dernière place du classement européen). Et elles ne sont que 6% à investir dans un bien immobilier, 3% dans des fonds autres que monétaires, et 2% dans les actions.

Si j’aimerais bien savoir dans quoi investissent les 25% qui ne sont ni dans l’immobilier, ni sur les marchés (assurances vies en fonds euro ?.. .), on ne peut faire qu’une constatation : ces montants restent bien faibles, et bien plus faibles qu’ils ne devraient l’être (même s’il faudrait faire la part des choses entre celles qui n’ont que les moyens de se constituer une épargne de précaution, et les autres).

Loin de moi l’idée en tout cas de vous blâmer mesdames, car d’une part ce n’est guère mieux chez les hommes, mais ce n’est surtout absolument pas de votre faute.

Les explications

Parmi les explications avancées par l’étude, il est évoqué un manque de confiance en l’avenir. Avec des médias qui ne parlent que de crise à longueur de journée, de ce qui ne va pas, de la fiscalité, du chômage, des catastrophes ici ou là (c’est bien plus vendeur que des bonnes nouvelles), …, comment voulez-vous avoir confiance en l’avenir et investir, prendre des risques, créer, innover ? C’est tellement plus confortable et rassurant de rester dans le cadre proposé par notre société.

Cela me fait penser à l’article que j’ai écrit il y a quelques semaines (lien http://www.objectifeco.com/riche-rentier/argent/investir/pourquoi-le-nombre-d-actionnaires-individuel-est-il-en-chute-libre.html ), et qui évoquait une étude de l’AMF révélant que même certains conseillers financiers des banques conseillaient à leurs clients de fuir les marchés, alors même que leur profil se prêtait à une part d’investissement « à risque » (je reviendrai sur le sujet, pour vous démontrer que sur le moyen à long terme, le risque des actions ou investissements équivalents n’est pas celui qu’on croit).

Mais revenons à nos moutons. Au-delà d’un manque de confiance, je reste persuadé qu’il s’agit également d’un problème de formation. Combien d’entre-vous, ont, au cours de leur études, été formés sur les possibilités qui s’offrent à nous pour épargner ou investir ? L’école nous forme à un métier, pour nous permettre de gagner de l’argent et vivre le mieux possible. Mais à aucun moment l’école nous explique comment gérer cet argent !

Même les professionnels du secteur (cf. étude de l’AMF évoquée plus haut) ne sont pas toujours formés. Je contacte de temps en temps des CGP ou CIF pour qu’ils puissent proposer ma gestion sous mandat à leurs clients, et je me suis rendu compte que nombreux sont ceux qui ne maîtrisent en fait pas vraiment le fonctionnement des marchés, et ne savent pas comment amener un tel investissement auprès de leurs clients.

Positivons !

La bonne nouvelle, comme l’évoque l’étude de BlackRock, c’est que les femmes qui s’intéressent activement à leurs finances sont également plus confiantes et plus optimistes face à l’avenir (70%). Est-ce parce qu’elles sont plus confiantes qu’elles s’intéressent plus activement à leurs finances, ou est-ce l’inverse ? Sans doute un peu des deux. L’étude montre en tout cas que ces femmes « avisées » se distinguent par des comportements positifs au sujet de leurs finances, ce qui contribue à les rendre plus optimistes. 86% de ces femmes ont commencé à économiser pour leur retraite (contre 54% des femmes en Europe), elles ont peu de liquidités (15% seulement !) et plus d’actions, obligations ou immobilier, et elles sont même 77% à dire prendre du plaisir à gérer leurs investissements. 51% déclarent toutefois avoir recours aux services de conseillers financiers, contre 19% de l’ensemble des femmes en Europe (me concernant, je viens de faire le calcul : je n’ai même pas 10% de clientes femmes ! Mesdames, il va falloir renverser la tendance ! J )

Mais cela montre surtout que dès lors qu’on est plus informé et formé sur un sujet (l’économie et la finance en ce qui nous concerne), les craintes, nées d’une méconnaissance, s’estompent, et laisse la place à plus d’optimisme. Il est quoiqu’il en soit prouvé (quel que soit le domaine) qu’être actif, agir, s’investir, entreprendre, rend plus optimiste, par opposition à ceux qui se laissent vivre et se laissent aller. Et ce n’est pas pour rien si les entrepreneurs sont parmi les plus optimistes sur l’avenir.

D’où l’importance d’être bien formé et informé sur le sujet. C’est pour cela que depuis plus de 10 ans, je réserve une part de mon temps à former ceux qui souhaitent découvrir le monde de l’investissement, et que je prends le temps d’expliquer le plus clairement possible, dans mes comptes rendus mensuels de gestion à destination de mes clients, pourquoi les marchés montent ou baissent, pourquoi il faut privilégier telle ou telle classe d’actifs ou au contraire s’en détourner.

Avec internet (et objectif éco naturellement, mais également plein d’autres sites), vous avez sous la main en tout cas largement de quoi vous informer et vous former. Un certain tri sera nécessaire, et vous former vous demandera quelques efforts, mais chaque effort contribuera à vous rendre aussi plus heureux et plus optimiste. Et comme l’explique Charles dans son article de la semaine dernière ( http://www.objectifeco.com/economie/politiques-economiques/reforme/vivre-sans-travailler-est-ce-la-solution-pour-etre-heureux.html ), ne pas se bouger est le meilleur moyen de devenir un légume et réduire son espérance de vie. Alors bougez-vous, bougeons-nous, et intéressons-nous à notre économie, à notre patrimoine. Peu importe que vous soyez contre ou pour le système dans lequel nous vivons. Il est bien là, et il faut faire avec. Et libre à vous d’utiliser ensuite la liberté financière que vous aurez pu en tirer pour coller à vos idéaux !  

Poster un commentaire