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Michel Delobel

Michel Delobel

Gestionnaire de portefeuille sous mandat via une société de gestion agréée, trader pour compte propre et formateur au trading et à l'investissement en bourse, je suis aussi fondateur du site Fenêtre sur Cours et de la société ACGest, via laquelle j'accompagne également mes clients dans la constitution et le développement de leur patrimoine, la préparation de leur retraite ou encore l'optimisation de leur fiscalité.

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DE GIRO 2

Taux négatifs : les banques en plein « no man’s land »

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Si vous vous intéressez un minimum aux marchés financiers et à l’économie, vous ne pouvez pas être passés à côté des taux négatifs, auxquels s’endettent déjà plusieurs pays jusqu’à 10 ans, en Suisse ou en Allemagne par exemple. La France n’est pas en reste, avec des taux négatifs jusqu’à des échéances de 8 ans.

Un phénomène inédit dont on a beaucoup parlé ces derniers mois, car il paraît difficilement concevable pour bon nombre d’entre nous. Un taux d’intérêt rémunère normalement un service et un risque, et il n’est pas évident de comprendre comment un tel taux peut passer en dessous de 0.

A tel point que bon nombre de banques, lorsqu’elles ont mis en place certains produits financiers, n’ont même pas envisagé ce cas-là dans leurs prospectus réglementaires. C’est le cas notamment des obligations perpétuelles…

Pour ceux qui ne seraient pas encore trop au fait des produits financiers, voyons déjà ce qu’est une obligation.  Il s’agit tout simplement d’un titre de créance, autrement dit une dette émise par un état ou une entreprise, en échange de laquelle un coupon ou dividende est versé chaque année au détenteur de l’obligation, autrement dit au prêteur. Puis à échéance (on parle aussi de maturité), sauf en cas de défaut de l’émetteur, le capital initial est remboursé au prêteur. C’est en tout cas le cas le plus général, avec une échéance qui peut être à court, moyen ou long terme.

Il existe toutefois une espèce particulière d’obligations : les obligations perpétuelles. Il s’agit tout simplement d’obligations sans date de maturité, et donc sans remboursement à échéance. En réalité, il peut y avoir remboursement, mais c’est à discrétion de l’entreprise émettrice, qui décide de la date de remboursement.

Et parmi ces obligations perpétuelles, il en existe à taux variable, c’est-à-dire avec un rendement qui est indexé sur les taux d’intérêt. Vous voyez où je veux en venir ?

Il y a quelques mois en effet, j’ai récupéré sous gestion le portefeuille d’un client (mécontent de la « gestion » pratiquée par sa banque…). Et dans ce portefeuille se trouvait (et se trouve toujours d’ailleurs) une obligation perpétuelle. Une obligation émise en 1985… A l’époque, les taux étaient pour certains au-delà des 10% (11.9% pour le taux d’intérêt à 10 ans), et l’inflation encore à près de 6%.

Lorsque la banque a défini le taux d’intérêt de son obligation, à l’Euribor 12 mois – 0.3%, elle était loin d’imaginer que 30 ans plus tard, elle se retrouverait confrontée à une situation inédite, et tellement inédite qu’on se retrouve aujourd’hui dans un cas de figure non prévu par le prospectus de l’obligation.

En effet, en théorie, avec des taux négatifs, le détenteur de l’obligation devrait verser de l’argent à l’émetteur (ici la banque). Mais voilà, non seulement ce cas n’est pas prévu et n’est pas explicitement mentionné au niveau du prospectus qui définit toutes les modalités juridiques de l’obligation, mais cela pose clairement un problème « commercial », alors que ces mêmes banques se refusent à appliquer des taux d’intérêts négatifs sur leurs emprunts immobiliers à taux variables par exemple.

Bref, les voilà coincées dans un « no man’s land » juridique, dont nul ne sait comment elles s’en sortiront… A suivre… 
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire titi lundi, 18 juillet 2016 14:21 Posté par zetiti

    A ce niveau là, peut on encore dire que ces Etats s'endettent ou empruntent? Par un magnifique retournement de situation l'offreur de service initial (la banque) devient le demandeur (l'Etat initialement), et vice versa.
    C'est tellement bizarre, que dans l'absolu, si les Etats empruntaient beaucoup (plus que nécessaire) sans jamais dépenser l'argent excédentaire, ils empocheraient sans effort l'intérêt inversé. Ca ressemble à un impôt honteux.