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Ne plus perdre pour gagner en day trading

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 Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore. »  [Aldous Huxley]

 

 

  - Couper court une paume ! 

 

Cette maxime d’Aldous Huxley que m’a proposé Hervé, résume bien en elle-même mon approche prudentielle, bâtie sur des règles simples mais appliquées systématiquement : hyperéalisme/hyperobjectivité et refus de se voiler la face ; mise en place d’une stratégie mécanique et automatique de coupage de position dès que celle-ci va dans le mauvais sens et que la pose est en moins-value latente ; refus du portage de position perdante dans l’espoir d’un hypothétique retournement de situation, etc.

 

Psychologiquement je n’arrive pas, et par principe, je refuse de garder en portefeuille des positions en moins-values latentes ; ça me perturbe, et pour moi c’est comme si elles étaient déjà réalisées : par expérience, au début j’ai laissé courir des pertes dans l’espoir de récupérer mon cours d’entrée, mais trois fois sur quatre j’ai amplifié mes pertes et je suis sorti encore plus bas ; c’est l’expérience catastrophique du portage de positions perdantes qui m’a rendu si nerveux et si sensible à ce sujet !

 

Les faits, seulement les faits : si l’évolution est défavorable, mieux vaut couper tôt et prendre sa perte que de voir la moins-value s’approfondir et finir par craquer, en soldant de toute façon la pose un peu plus tard, souvent sur un plus bas, en se disant : j’aurais mieux fait de me couper un doigt que d’y laisser la main, voire le bras ! Le plus souvent je constate - qu’à court terme au moins - un trade mal embarqué dès l’origine ne se retourne pas favorablement sur un coup de baguette magique ; psychologiquement, ce n’est pas tenable de rester sur un tel niveau d’incertitude, pas plus en intraday qu’en overnight : c’est déjà long une journée de trading, alors que dire s’il faut aller se coucher avec un gros doute sur une prise de position ratée ?

 

Le mode espoir est suicidaire à la Bourse ; la sauvegarde du capital est la première règle pour day trader : avant de commencer à gagner de l’argent en Bourse, il faut apprendre à ne pas en perdre, car, plus de capital signifie « game over », fin de partie !

 

La moyenne à la baisse reste pour moi la pire solution, pire encore que la simple conservation des positions perdantes en attente d’un hypothétique retournement : moyenner une position en moins-value latente augmente encore le niveau du risque sur une trade déjà perdant et donc peut générer des moins-values encore bien supérieures par pyramidage des pertes (le symétrique du pyramidage de gains) ; elle est réalisée le plus souvent en contre-tendance puisque l’hypothèse trading initiale a été contredite et invalidée dans les faits.

 

D’un point de vue personnel, le refus de prendre ses pertes quand l’hypothèse trading est clairement invalidée, témoigne d’une psychorigidité qui n’est pas compatible avec le trading : accepter que l’on se soit trompé et savoir tirer sa révérence en limitant la casse et en sauvant les meubles ou ce qui peut encore l’être, tout cela appartient au bon sens, au sens commun/ordinaire, non ?

 

 

            - Le day trading c’est 50% de money management et 50% de technique ! 

 

Une autre technique que j’utilise parfois, qui est à la fois de money management et de day trading, consiste à inverser immédiatement une position perdante après l’avoir soldée ; dans la pratique, cette opération doit-être extrêmement rapide car cette décision est psychologiquement difficile : il faut, en effet, couper sa position et prendre ses pertes dans un premier temps (et les digérer psychologiquement), puis il faut se replacer en sens inverse de suite ; pas facile !

 

Si j’ai des principes stricts en termes de money management, je les applique de façon souple et adaptée : il faut donner sa chance à l’hypothèse trading de se réaliser, sinon on couperait le plus souvent de façon trop précoce ou intempestive ; il faut accepter une certaine volatilité autour de son cours d’entrée ; une hypothèse initiale peut parfois mettre un peu de temps à se réaliser, le cours évolue en crabe, retrace une partie du mouvement, hésite à prendre une direction franche, marque un temps de pause dans une tendance bien établie, etc.

 

Un autre conseil pertinent, c’est qu’il ne faut jamais forcer un trade : cela signifie qu’il faut se maîtriser suffisamment pour ne pas projeter sur le carnet d’ordres ou su le marché les signaux que l’on aimerait voir ! En clair, il ne faut pas prendre ses désirs pour la réalité, et si le signal anticipé n’y est pas, il ne faut pas y aller en le suranticipant car trois fois sur quatre on se trompe : à refuser de voir et d’écouter le marché on se prend des claques, et celui-ci rappelle à notre bon souvenir qu’il est le maître souverain et qu’il a, de toute façon, toujours raison ! Cette remarque peut être étendue aux multiples signaux faibles et fragiles au carnet qui n’ont pas assez de puissance ou de lisibilité pour tenter un coup ; la question pour moi, tous les jours, est donc : à partir de quel niveau dois-je considérer tel ou tel signal sur une variable, comme indicateur pertinent, pour me décider, en conscience, à entrer au carnet ? Pas facile !

 

Enfin, j’insiste sur le danger de l’overtrading qui consiste à tirer sur tout ce qui bouge, même s’il y a des jours où il n’y a rien à faire sur le marché, car alors, on a l’impression de perdre son temps ; retenez bien qu’il n’y a pas, à toutes les séances, des opportunités à trader sur le marché et qu’en day trading il faut souvent choisir de ne rien faire et de rester hors jeu !

 

J’épargne mes gains et je ne les recapitalise (pyramide) donc pas pour le prochain trade, car ces plus-values réalisées, dans le cadre du règlement différé, sont versées en grande partie à la liquidation en fin de mois, elles constituent donc, en quelque sorte, mon revenu mensuel, un peu comme le salaire d’un salarié non ?

 

 

            - La logique du point mort

 

Ma stratégie de money management est bâtie sur la logique du point mort : si un trade sur deux marche (donc un sur deux échoue), il faut que mon gain lors du trade gagnant soit supérieur à ma perte lors du trade perdant, c’est une simple question de survie… et encore faut-il inclure dans cette logique, les frais de courtage !

 

La question du courtage est importante pour le trading ; en effet il s’agit de réaliser des plus-values faibles sur les transactions multiples ; le trading avec un courtage proportionnel ne se gère pas de la méme façon que le trading avec un courtage fixe (flat fee) ; ainsi on peut être amené à annuler un ordre pour le repasser aux mêmes conditions lorsque la contrepartie est trop morcellée avec un courtage à chaque execution partielle, pour décaler sa priorité en attendant une meilleure contrepartie, couvrant la quantité offerte ou demandée.

 

Concrètement sur le long terme, il faut que mes pertes tendent vers zéro (coupage de position théoriquement/idéalement au même cours que le cours d’entrée… si possible même un peu avant pour compenser le coût de la transaction) et que mes gains soient réguliers, pour escompter une plus-value mensuelle, versée au moment de le liquidation du règlement différé à la fin de chaque mois.

 

Cette situation d’incertitude monétaire, d’un point de vue de la régularité de mes revenus, nécessite l’évitement de la grosse perte sur un trade fatal, qui reviendrait à remettre en cause cet équilibre a priori fragile ; une certaine souplesse est admise cependant lors de légères pertes mensuelles plus ou moins régulières qui sont compensées sur le long terme par des mois exceptionnels, lorsque le marché est plus volatil et que j’ai un bon feeling sur les valeurs que je trade, ce qui arrive sur plusieurs liquidations dans l’année ; dans la réalité, j’ai d’autres sources de revenus récurrents (immobilier, SICAV monétaires et activités de conseil vbtrade etc.) qui me permettent de temporiser si mes liquidations mensuelles sont légèrement négatives ou si elles sont flat ; je n’ai donc pas la pression du revenu mensuel à gérer d’un point de vue psychologique, et je reste zen si un ou deux mois consécutivement je suis moins performant ; je sais qu’à un moment ou un autre je retrouverai la main de toute façon.

 

Vincent Baron

Extrait de l'ouvrage :

http://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/vincent-baron-temoignage-d-un-trader-9782915401219

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