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Mon utilisation de l'analyse technique

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Enfin, il est utile de rappeler que Vincent Baron a appris - de façon empirique - à utiliser des éléments de la théorie chartiste ou de l’analyse technique qu’il visualise en temps réel sur les carnets et sur les graphes intégrés au carnet, disponibles sur la plate-forme dubus.fr.

 

 

            - Les références à la théorie de Dow

 

« Je ne connais pas la théorie de Dow dont m’a parlé Hervé, mais en effet, je constate empiriquement qu’une valeur a plus de vitesse et décale plus fortement lorsqu’elle va dans le même sens que la tendance du marché : si une valeur est impactée négativement par une annonce et que le marché est fondamentalement haussier, sa chute sera moindre que si on était dans une situation de krach ; à l’inverse, une valeur dont les fondamentaux sont en progression montera moins fortement si le marché est structurellement baissier ; quand le marché a un biais haussier comme en 2005 ou en 2006, à peu près tout monte, même les valeurs pourries qui sont ramassées quand même ; du coup, je ne fais plus beaucoup de shorts mais essentiellement des trades longs, alors qu’entre 2000 et 2003 c’était le contraire ! 

 

De même, je constate que pour faire un nouveau plus haut, une valeur a besoin que ses volumes grimpent, sinon elle risque de se retourner sur des prises de bénéfices ; dans mon trading, acheter sur un plus haut ou vendre à découvert sur un plus bas n’est pas un problème si les volumes sont là ; en prenant position, je chercherais à jouer un « encore plus haut » ou un « nouveau plus bas » ; si le marché en veut vraiment et si les volumes sont là, le plus haut sera vite dépassé par un nouveau plus haut historique ; par contre, si le marché rejette une valeur, un plus bas va survenir sous la pression vendeuse qui risque de se transformer en un nouveau plus bas si les volumes vendeurs s’accroissent ! 

 

Une autre remarque qui a à voir avec la théorie de Dow, est une observation empirique personnelle sur le marché dont Hervé Asparre m’a dit qu’elle correspondait à un des axiomes de base : je remarque l’évolution en crabe, par à-coups et soubresauts successifs des cours sur plusieurs jours, même en intraday ; que ce soit à la hausse ou à la baisse, les cours retracent toujours plus ou moins une partie du mouvement antécédent, surtout si ce mouvement a été très violent, avec des gros volumes d’échange : après une forte hausse, il y a une consolidation liée aux prises de bénéfices ; après une forte baisse il y a un rebond en raison des rachats de couverture des shorts ou des prises de positions longues des intervenants qui parient sur la reprise des cours et achètent des titres à bon compte ; cette observation correspondrait à une structure d’emboîtement de tendances secondaires (les retracements par consolidation/correction ou rebond), au sein d’une tendance primaire de fond, plus ou moins bien établie haussière ou baissière ; pour ma part et dans mon trading, je ne surfe que sur les tendances secondaires, volatiles, en intraday ! »

 

 

            - Les références technicochartistes

 

Le mode d’intervention de Vincent Baron combine l’approche chartiste de recherche des zones de blocage/congestion intraday susceptibles, une fois cassées, de libérer un potentiel de hausse ou de baisse (support/résistance et gap) et l’approche technique de recherche de volumes anormaux de confirmation de la force sous-jacente du mouvement ; on peut en reprendre brièvement les principaux points :

 

- les volumes échangés comme variable basique de force intrinsèque du mouvement pour créer un nouveau plus haut ; principale variable quantitative de l’analyse technique, Vincent, on le sait, en a fait son critère numéro un d’entrée en position ;

 

- les supports et résistances intraday visibles au carnet, sur lesquels le cours rebondit ou que le cours casse, ce qui donne une indication de tendance à court terme ; pour lui, le principal signal chartiste sera la double rupture du cours de clôture de la veille et du cours d’ouverture de séance qui, cumulées, se renforcent et donnent une tendance ;

 

- une remarque intéressante de Vincent : « Le carnet permet aussi de visualiser des zones de support ou de résistance, par accumulation de nombreux blocs d’ordres importants (à la vente pour bloquer la hausse et à l’achat pour bloquer la baisse), mais également, on peut supposer - car on ne le voit pas au carnet puisque les ordres à seuil ou à plage de déclenchement deviennent des ordres ATP/au marché - que des zones de positionnement de stops loss existent sous ces gros supports, ou des positions short sous des grosses résistances, mais ce sont juste des hypothèses, on n’est pas chez Euronext ! »

 

- les gaps haussiers et baissiers : pour Vincent, les gaps ont une double valence : soit ils sont un signal de force et de continuation, soit au contraire, ils fragilisent d’emblée la tendance et risquent d’entraîner un retracement rapide pour les combler ; tout dépend des valeurs qui gappent : certaines ont tendance à combler, d’autres non ; tout dépend aussi des volumes d’accompagnement : s’ils sont faibles ce n’est pas un bon signe, a priori, de poursuite du mouvement ; c’est donc du cas par cas à analyser en temps réel au carnet ;

 

- une autre remarque intéressante de Vincent : « Je suis attentif aux gaps haussiers ou baissiers à l’ouverture de séance comme signe de force et de poursuite de tendance ; lorsqu’il y a un gap violent d’ouverture haussier ou baissier, c’est plutôt un signe puissant : les spéculateurs se passent devant, certains se mettent premiers acheteurs aux meilleures limites (ou premier vendeurs), mais ils ne sont pas servis… c’est vraiment un signe de la pression acheteuse ou vendeuse ! Lors d’une accélération, en particulier baissière, on constate un effet-avalanche avec un carnet qui clignote et des seuils de résa baisse (-10% du premier cours coté en séance) qui bloquent transitoirement la chute du titre (suspension du cours) ; en fait, c’est très variable et pas toujours très exploitable dans mon trading : certaines valeurs ont plutôt tendance à combler leur gap intraday avant de reprendre le mouvement initial ; elles retracent donc le gap pour le refermer, puis elles repartent plus fortement encore dans l’autre sens ; mais il n’y a pas de règle absolue en trading, c’est toujours du cas par cas ; le marché, c’est l’incertitude complète tout le temps, c’est pourquoi je suis devenu day trader : « réduire mon temps d’exposition, c’est réduire mon risque ! »

Vincent Baron

Extrait de l'ouvrage :

http://www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/vincent-baron-temoignage-d-un-trader-9782915401219

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