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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

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DE GIRO 2

Crise bovine: l’agriculture française malade de l’étatisme. Libérons là !

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“Les éleveurs vont mal, les éleveurs bloquent la Normandie, les éleveurs n’en peuvent plus, les éleveurs vont mourir…  Mais le gouvernement, soucieux du bonheur des campagnes, va finalement lâcher 600 millions dans unplan d’urgence en faveur des filières bovines.”

Ainsi va la vie en France: bloquer, détruire, casser, cela paie.



Crise et réponses imbéciles du politique


Parmi les mesures obtenues de force par les agriculteurs, des “reports de paiement” de charges, d’impôts, de cotisations sociales, et le couteau mis sous la gorge du crédit agricole pour le forcer à restructurer les dettes des exploitations, et utilisation de la BPI pour garantir des prêts aux exploitants. Jusque là, cadeaux “classiques”, petites gabegies présentées comme indolores par les mauvais économistes,  dont le coût sera reporté par l’état, les banques, et la BPI, sur leurs autres “clients”.

 Mais il était dit que cette crise serait l’occasion pour certains d’exprimer tout leur potentiel de stupidité. Commençons donc, à tout seigneur tout honneur, par l’incroyable remède à la crise proposé par notre ministre de l’agriculture, un certain Le Foll, qui demande aux distributeurs et aux industriels de la filière de transformation de faire un effort et d’acheter la viande « plus chère ». Le gouvernement va organiser d’urgence des séances de travail entre agriculteurs, transformateurs et distribution pour “obtenir des accords” sur le prix de la viande. Les prix administrés, mais comment n’y avait on pas pensé avant ?

 Car naturellement, c’est bien connu, si les distributeurs vendent la viande plus cher, les gens continueront d’en acheter, voire même, augmenteront leur consommation, non ? On aide énormément les producteurs à trouver plus de clients en augmentant le prix de leur production, c’est écrit dans tous les manuels d’économie... Trêve de plaisanterie. Si le prix augmente, la quantité achetée baissera, les agriculteurs perdront d’une main ce qu’ils auront cru gagner de l’autre. Qu’un gouvernement propose de telles inepties dépasse l’entendement.

 « Mais la grande distribution se gave, elle fait des marges indécentes », entend on partout. Dans un grand élan de confusion entre marge brute et nette, les pourcentages pleuvent. Mais la grande distribution est un secteur à faible marge nette, entre 1 et 3% du chiffre d’affaire total selon les années et les enseignes. Et, selon cette enquête de BFM TV, les rayons boucherie des grandes surfaces opèreraient à perte, les hypers se rattrapant ailleurs.

 « Mais les intermédiaires, mon bon monsieur, hein, les Zin-Ter-Mé-Diaires, ils s’en mettent plein les fouilles » ? Là encore la marge nette des abatteurs est inférieure à 3% de leur valeur ajoutée. C’est mieux que rien, mais cela n’a rien de prohibitif, vous en conviendrez ! Le problème n’est donc pas là. Un peu de théorie ennuyeuse, d’ailleurs : la valeur, pour le consommateur, n’est pas dans « la viande » mais dans « la viande que je peux acheter près de chez moi ». La côte de bœuf n’a absolument aucun intérêt si je dois faire 50 kilomètres pour aller chercher un morceau de carcasse non préparé chez le producteur, de mon point de vue de citadin. Il est donc normal que la valeur ajoutée soit partagée entre ceux qui produisent la matière première, et ceux qui permettent à la production de rencontrer le client. Les intermédiaires jouent un rôle essentiel dans la création de valeur globale. Fin de la parenthèse.

 
Des consommateurs moins carnivores ? 

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos vaches : nous avons en France tout un secteur qui opère à faible marge, voire à marge négative. Pourquoi ? Parce que la consommation de viande bovine baisse, et que pour vendre, les distributeurs ne peuvent pas faire valser les étiquettes. D’une part, le consommateur français a moins d’argent, grâce aux extraordinaires performances économiques de nos politiques. D’autre part, plusieurs de nos débouchés internationaux se sont bouchés (sans jeu de mots) ou réduits, comme la Russie (sanctions), la Grèce (Plus de crédit fournisseur), ou l’Italie (crise du pouvoir d’achat).

Sans doute aussi les scandales de ces derniers d’années tels que les escroqueries au cheval, ont rendu le consommateur plus regardant sur certains achats. Enfin, une petite modification réglementaire est passée relativement inaperçue, mais l’étiquetage des morceaux a été modifié pour soi disant « simplifier la vie du consommateur ». Ainsi, on ne parle plus de « tende de tranche », de « rond de tranche » ou de « poire » dans les rayons de supermarché, mais de… « viande à brochettes 2 étoiles ». Je ne prétends pas être représentatif de l’ensemble des acheteurs, mais je me sens moins bien informé qu’avant. Peut être la filière pensait elle qu’en infantilisant le consommateur, elle relancerait les ventes ? A première vue, c’est raté.
 

Vrais boulets et fausses béquilles

J’ai voulu tenter d’en savoir un peu plus sur les raisons de cette crise de la viande Française, et plus j’ai avancé, plus j’ai découvert que l’image d’Epinal de la bonne agriculture française tuée par la malbouffe industrielle étrangère relevait de la fable. Voici pèle mêle quelques uns des constats et explications que mes pérégrinations m’ont permis d’entrevoir.

D’une part, il semblerait que dans une période récente, de nombreuses exploitations agricoles aient dû investir lourdement pour complaire aux nouvelles normes environnementales. Loin de moi l’idée de récuser toute nécessité d’améliorer les pratiques environnementales de l’agriculture, mais nous verrons plus loin qu’il y a des méthodes moins coûteuses que la norme imposée d’en haut pour parvenir au même résultat. En tout cas, l’impact financier de ces obligations sur la filière ne semble pas avoir été correctement estimé par la pourtant pléthorique bureaucratie agricole française.

D’autre part, les élevages sont des entreprises et subissent donc, comme n’importe quel artisan, le poids du « boulet-France », le prix de son état providence qui coûte cher et donne si peu (notamment aux paysans. La retraite des petits agriculteurs est indigente, mais c'est un autre débat)… Si les artisans, hôteliers, commerçants, industriels, ferment par dizaines, il n’est pas étonnant que « 10% des éleveurs » soient menacés de faillite, selon les informations de presse reprises en boucle. Au risque de fâcher l’éleveur qui passerait par ici, je dirais qu’il serait normal que, si 90% des éleveurs arrivent à vivre avec les prix actuels et 10% n’y arrivent pas, les moins efficaces cèdent la place aux plus performants. La faillite de ceux qui créent le moins de valeur est un phénomène non seulement normal, mais tout à fait bénéfique dans une économie concurrentielle, même s’il faut admettre que, pour celui qui est concerné, c’est une étape de la vie extrêmement difficile. Les agriculteurs qui chassent les aides par la force voudraient être exemptés du risque de faire faillite: on voit mal au nom de quel principe une exception d’infaillibilité devrait être offerte au monde agricole.

Digression: Vous me direz que l’état soutient bien les banques quand elles sont mal gérées. C’est hélas exact. Mais ce n’est pas pour cela que c’est une bonne chose et que cela doit être généralisé à tous les secteurs d’activité...

J’ajouterai que les entreprises d’élevage, comme nombre d’autres entreprises agricoles, ne sont en fait pas tout à fait des entreprises comme les autres : le secteur agricole est massivement subventionné. En France, les subventions agricoles (nationales ou européennes) représentent 9 milliards d’Euros annuels. La France touche à elle seule 17% des subventions distribuées par la politique agricole commune. Les agriculteurs français ne peuvent donc pas se plaindre d’être moins bien traités que leurs voisins. Un portail dédié aux aides publiques à l’agriculture ne recense pas moins que 49 aides à l’élevage, nationales ou locales. Ce tableau édifiant de l’INSEE (ci dessous, source) montrait que les subventions représentaient en 2005 en moyenne 91% du résultat courant avant impôts des exploitations agricoles, et 146% pour les bovins à viande !
VB

D’après la presse professionnelle agricole, ce ratio est monté à 93% en 2013 (9 Mds d’aides pour 9.5 Mds de revenu net agricole). Il est aussi à noter que si quelques grosses exploitations se taillent la part du lion, le revenu net de la plupart des agriculteurs est faible. Quand bien même leur rémunération obéit à des schémas pervers, la plupart des agriculteurs aujourd’hui vivent chichement.

Aujourd’hui, donc, la survie des agriculteurs ne semble tenir qu’aux subventions. Ainsi va la vie des entreprises en France: comme aurait dit Ronald Reagan, on commence par surtaxer et sur-réglementer l’économie, et quand elle est bien malade de ce traitement, l’état prétend soigner le mal par les subventions ! 

De nombreuses exploitations se sont donc structurées non pas en fonction des attentes des clients, mais en fonction des dispositifs d’aide disponibles. Or, il semblerait que ces aides n’aient pas favorisé l’éclosion de la qualité ou de l’excellence au sein de la filière.

 

La viande française ? Un produit banal, sans vraie valeur ajoutée

En effet, j’ai découvert à cette occasion, et non sans une certaine surprise, que du point de vue des clients, il y aurait beaucoup à redire. Je suis tombé des nues en découvrant que non, nos races « charolaises » ou autres, dont nous sommes si fiers, ne sont en fait pas des races idéales pour produire du bœuf de qualité, ou plutôt de la vache de qualité. Le boucher YM Le Bourdonnec expliquait l’an dernier pour « Challenges » que :

 

Le modèle économique de la filière bovine repose sur une initiative des bouchers qui date du 19ème siècle. On élevait du bovin pour faire du lait et du fromage, pour travailler les champs et produire des veaux. À la fin de sa vie, on mangeait l'animal, donc la viande était un sous-produit d'autre chose qui se consommait essentiellement à la campagne. À la fin du 19ème siècle, le tracteur arrive et on a tout un tas d'animaux dont on n'a plus l'usage. Donc on décide de produire de la viande pour tout le monde et de faire entrer la viande rouge dans les villes. Les bouchers ont décidé que les races à viande seront la Limousine, la Charolaise et la Maine-anjou, mais elles n'ont pas été choisies pour leurs qualités gustatives, mais pour leurs qualités de rendement. On s'aperçoit alors que le mâle est immangeable et on décide de supprimer totalement le boeuf en France dans les années 50. Après, au lieu de remettre en question notre modèle, le marché européen s'est organisé autour de notre problématique et la France captait une bonne partie des subventions européennes. Mais depuis une dizaine d'années, notre modèle s'est révélé idiot et la subvention qui corrigeait le tir la corrige de moins en moins.

 

Ah la vache ! Et ce n’est pas fini. Au détour d’un autre article, nous apprenons que nos restaurateurs sont de plus en plus nombreux à dire que nos vaches charolaises ne soutiennent pas la comparaison, gustativement parlant, avec l’angus écossaise ou du Kansas (oui, de cette ignoble Amérique de la malbouffe), ou la Simmental bavaroise, sans oublier le bœuf de la pampa argentine et la star des restaurants multi-étoilés, le Wagyu du Japon.


Et oui, moi qui croyais manger de la bonne viande simplement en surveillant la mention « race à viande française» sur l’étiquette de mon emballage, j’en suis pour mes frais : notre barbaque, c’est du tout-venant.


Grandir ? Impossible !

Revenons à la productivité des élevages français. Qu’on apprécie ou pas la « ferme des mille vaches » qui ouvre dans la Somme, reconnaissons qu’il s’agissait d’une tentative intéressante d’un éleveur entrepreneur d’améliorer la productivité de ses installations, tout en répondant aux dernières normes de dépollution environnementale. Or, la ferme vient d’être condamnée car elle n’a pas le droit de posséder plus de 500 têtes, selon une interprétation stricte desdites normes, contestée par l’entrepreneur. Pire, le monde agricole s’est ligué contre ce nouveau venu qui voudrait importer en France les méthodes d’élevage modernes de notre voisin allemand. Au point que les grandes surfaces préfèrent ne plus lui acheter de lait par peur… D’opérations coup de poing de petits exploitants.

Or, n’importe quel industriel vous confirmera que, dans un écosystème donné, il faut plutôt rationnaliser la production de produits « standardisés » dans de grandes installations, et n’utiliser des unités de production plus petites que pour des productions plus luxueuses, à haute valeur ajoutée… et donc à plus fortes marges. En France, la norme interdit aux élevages de trop grandir, et les règles de subvention ne poussent sans doute pas les entrepreneurs éleveurs à le faire. Nous avons donc des fermes de petite taille, comparées à leurs concurrentes européennes. Le Figaro nous apprend que la taille moyenne des exploitations laitières françaises devrait passer de 53 à 100 têtes… Contre une moyenne de 400 dans l’Europe du Nord. Je suppose que l’on retrouve les mêmes différences de taille dans les élevages à viande. Et nous demandons à ces petites exploitations de fournir des grandes surfaces en produits standards, au lieu de les libérer de toutes les chaînes qui leurs permettraient d’une part de regrouper les cheptels à vocation « standardisée », et d’autre part de spécialiser au moins une partie de leur production vers des nouveaux labels et nouvelles marques de qualité plus rémunératrices.


Mais alors pourquoi les Allemands et les Néerlandais arrivent à se moderniser, et pas nous ?

Je ne suis pas suffisamment au fait des spécificités normatives au sein de l’UE pour répondre, mais outre les limites de taille imposées par la loi vues précédemment qui ne sont certainement pas appliquées aussi durement par nos voisins,  la théorie économique suggère que si la France est le pays qui touche la plus grande part des subventions agricoles de l’union, alors elle est le pays où l’agriculture est la moins incitée à se remettre en cause, et au contraire à lutter contre tout nouvel entrant qui chercherait à bousculer l’ordre établi.

Il n’en reste pas moins que même « moins subventionnée », l’agriculture Nord Européenne n’est peut être pas le bon exemple à suivre. Et si le problème venait de la subvention ?

Supprimer les subventions ? L’exemple du bout du monde

Les agriculteurs français ne sont pas au bout de leurs peines: la PAC prévoit de réduire le montant des subventions versées aux agriculteurs français de 9 milliards en 2014, à 7.5 Milliards en 2020. Si l’on ne peut que se réjouir du mouvement, on ne peut que regretter qu’il soit si lent.


L’exemple de la Nouvelle Zélande devrait au contraire nous amener à considérer, au plan européen, voire mondial (mais commençons par chez nous), la suppression brutale et immédiate de toutes les subventions agricoles. L’ambassade de Nouvelle Zélande diffuse ce document, rédigé par la fédération des fermiers du pays.

 
La Nouvelle Zélande a supprimé ses subventions agricoles en une seule fois en 1984. En 1984, près de 40% des revenus bruts des exploitations ovines et bovines néo-zélandaises provenaient des subventions du gouvernement. Une année plus tard, pratiquement toutes les subventions avaient été supprimées.

Première  surprise : alors que l’on attendait des faillites en série, seulement 800 fermes, soit 1% des exploitations, ont fait faillite en quinze ans - Et le gouvernement n’a rien fait pour l’empêcher. Au lieu de chercher à toucher toujours plus de subventions, les exploitants ont commencé à se demander ce que les clients souhaitaient vraiment. L’agriculture est devenue un véritable business et la hausse de productivité fut spectaculaire. Le nombre de moutons a chuté de 32% mais la production de viande a augmenté de 11% : les agneaux pèsent en moyenne 17 kg contre 14 kg avant. Les bêtes sont mieux nourries. Le taux de reproduction des brebis a augmenté de 110 à 150%.

La part de l’agriculture dans le PIB est restée constante, et le revenu agricole a augmenté en phase avec la reprise de l’économie. Les entrepreneurs agricoles néo-zélandais jouissent toujours, en moyenne, d’un bon niveau de vie.

Les autres effets positifs de l’agriculture sans subventions furent les suivants:

- Les prix des fournitures ont baissé, les fabricants de matériels agricoles et d'engrais trouvant des personnes comptant leurs deniers en face d'eux.

- L'usage des engrais a été rationalisé, pour le plus grand bénéfice de l'environnement. Notamment, la qualité de l’eau Néo-Zélandaise a augmenté. De même les agriculteurs ont restauré de nombreux paysages à valeur ajoutée pour développer l’agro-tourisme.

- Le prix des terres "à production anciennement subventionnées" à fortement baissé, favorisant l'arrivée dans le métier de jeunes agriculteurs.

- Les prix au détail des produits agricoles locaux ont baissé, au bénéfice de tous les consommateurs Néo-Zélandais.

- Plus important, aucun des agriculteurs ne voudrait revenir au système antérieur.


Il est à noter qu’en 1985, la monnaie Néo-Zélandaise s’est fortement appréciée face aux autres monnaies, et notamment au dollar US. Les agriculteurs ont donc encaissé un double choc: fin des subventions et baisse de compétitivité à l’export. Pour encaisser ce choc initial, les banques néo-zélandaises ont accepté de restructurer les dettes des fermiers, selon le bon vieux principe de limitation des pertes. Les banques comprenaient que pour rentrer en grande partie dans leurs frais, elles devaient maintenir dans la terre des gens compétents.

L’Australie a emboité le pas de la Nouvelle Zélande quelques années après et a observé les mêmes effets. Dans ces deux pays, les aides publiques représentent moins de 1 à 2% du revenu agricole total, contre 47% en France. Les seules aides restantes en Nouvelle Zélande sont des fonds d’aide à la recherche fondamentale agricole. Et à ceux qui me rétorqueraient que « la Nouvelle Zélande n’est qu’un tout petit pays », rappelons que ce tout petit pays exporte 90% de sa production, et qu’il aurait dû, si nos zélotes de la subvention avaient raison, se faire dévorer tout cru par le voisin australien, ou le concurrent américain. Ce ne fut pas le cas, bien au contraire. Le document de l’ambassade Néo Zélandaise se termine ainsi :

« L’arrêt des subventions en Nouvelle-Zélande a donné naissance à une économie rurale vibrante, diversifiée et durable. Les agriculteurs néo-zélandais sont fiers de leur indépendance et sont décidés à ne jamais plus être soumis aux subventions gouvernementales. »

Dernière chose: c’est un gouvernement de gauche (Dirigé par David Lange, politicien de caractère que la France apprit à connaître lors de notre lamentable sabotage du Rainbow Warrior dans le port d’Auckland) qui eut le courage d’en finir avec un système de subventions, entre autres nombreuses réformes économiques ouvertement libérales. Et c’est aussi la gauche australienne qui a réformé son agriculture sur le modèle de son petut voisin. On peut donc être de gauche et avoir du bon sens… dans l’hémisphère sud en tout cas.


Conclusion: replacer l’agriculture dans le droit commun des entreprises

L’agriculture française présente de nombreuses analogies avec celle de la Nouvelle Zélande ou de l’Australie avant 1984, avec nettement plus de 40% du revenu agricole composé de subventions. Conseil à Stéphane le Foll, et aux autres dirigeants européens: inspirez vous de David Lange. Finissez en avec la stupide politique de subventions agricoles. Et laissez les entreprises agricoles redevenir de vraies entreprises comme les autres.

 

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6 commentaires

  • Lien vers le commentaire Spalé vendredi, 24 juillet 2015 10:18 Posté par zelectron

    Après guerre l'agri-agroalimentaire a été bâti sur le modèle soviétique sovkose/kolkose en francisant les mots et ce fut jusqu'à accepter le monopole absolu du Crédit Agricole (qui a été un des principaux fossoyeurs des exploitations)

  • Lien vers le commentaire tartemolle vendredi, 24 juillet 2015 09:18 Posté par tartemolle

    Excellentissime papier clair, exhaustif qui fait un point précis et pédagogique de la situation de l'agriculture et de l'élevage en France. A mille lieux de tout le verbiage diffusé dans les journaux et médias mainstream.
    Merci pour cet article collector.

  • Lien vers le commentaire apothica jeudi, 23 juillet 2015 13:05 Posté par apothica

    Merci pour cette analyse.
    Si vous souhaitez poursuivre, interessez vous aux parcours des membres de la FNSEA (avant et surtout après leurs fonctions représentatives).

  • Lien vers le commentaire jacques Renard jeudi, 23 juillet 2015 12:33 Posté par jacques67

    http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2015/07/10/31003-20150710ARTFIG00132-liberaliser-l-agriculture-le-seul-moyen-de-la-sauver.php

  • Lien vers le commentaire jacques Renard jeudi, 23 juillet 2015 12:32 Posté par jacques67

    selon un vieux cadre supérieur du ministère de l’agriculture mis au placard (le cadre, pas l’opuscule), la PAC avait été et était encore (au moment où il écrivait), pour la France, un système conservateur pour figer la rente agricole et maintenir une sous-productivité soi-disant propice à l’emploi, et pour l’étranger y compris l’Allemagne (mais aussi l’Espagne, l’Italie du nord, etc.), un outil de financement de sa modernisation. La France était donc en train de créer sa propre concurrence, plutôt que suivre la voie de l’industrialisation.
    On comprends pourquoi ce monsieur était dans un placard …

    La philosophie agricole est la même que celle des taxis : le marché est captif et fixé, dans ces conditions ça ne sert à rien de se battre entre agriculteurs, il vaut mieux se le partager ; celui qui se modernise chasse un collègue pour prendre sa place, mais après on sera moins nombreux, on pèsera moins et pourra moins bien se défendre, la course à la productivité est donc une trahison. Sauf que … à l’étranger ils ont bien compris que le marché n’était pas fixé et qu’il avaient le droit, et la possibilité, de tailler des croupières à ces français assez stupides pour croire que tout leur était du et que leur part de marché était définitive. Certains autres français moins stupides ont d’ailleurs participé eux-mêmes à la curée, en s’installant à l’étranger.

    Et pour couronner le tout, on a rajouté des couches délirantes de protection environnementales (dans toute l’Europe) et de droit social (spécificité française) que les fermes industrielles supportent bien mieux que les petites et moyennes. Une ferme géante de mille vaches est moins gênante pour les voisins que son ancêtre traditionnel 20 fois plus petite.

    Bref : « plutôt crever que se moderniser ». 50 ans après la PAC, 15 ans après l’opuscule, le résultat est là : on crève. L’agriculteur nouveau doit miser 300 000 € pour avoir le droit de gagner un SMIC en bossant 70 h par semaine, si tout va bien (et « tout va bien », ce n’est pas tout le temps, n’est-ce pas …). tout ça pour quoi ? pour que maintenant en France le lait premier prix dans les supermarchés vienne d’Allemagne, ce qui aurait été inconcevable.
    Et quand les matières premières de base foutent le camp, les filières « de qualité » meurent aussi. Il n’est pas difficile de faire aussi bon que le roquefort ou le camembert en Silésie ou en Prusse.

    bottom line : c’est à la France de se réformer, pas aux autres de lui faire plaisir.

  • Lien vers le commentaire jacques Renard jeudi, 23 juillet 2015 12:32 Posté par jacques67

    Sur RMC, un éleveur expliquait que la FNSEA avait laissé ses adhérents surproduire ce qui avait engendré un effondrement du prix. Les syndicats agricoles et leurs annexes – chambres d’agriculture (8 000 salariés), SAFER (1 000 salariés) – gèrent l’économie agricole du pays à la place des agriculteurs et décident de qui a le droit de s’installer pour exploiter une propriété agricole ou en acquérir une. Ils étouffent les agriculteurs sous les réglementations. Il faut simplifier ces règlements, supprimer les organismes qui en vivent et traiter par des aides sociales directes la situation des agriculteurs en difficulté.