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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

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conquerirlabourse

Et puis soudain, un matin, la dictature...

Audience de l'article : 1742 lectures
Nature de contenu : Edito
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Une dictature est elle inimaginable en France ? Peut-on, à la lumière des événements récents, tenir la démocratie et nos libertés individuelles pour des acquis intangibles ? La déliquescence de nos élites peut elle faire basculer le pays vers des pouvoirs autoritaires ? Petit essai de politique fiction, dont l’auteur espère qu’il ne restera qu’un délire cauchemardesque d’un intermittent du web politique…

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L'actualité récente de notre pays laisse envisager des développements jusqu’ici inimaginables. Nous découvrons, pas si surpris que cela, mais tout de même un peu, que de nombreux élus et politiciens clé du régime allaient tout simplement chercher des enveloppes de billets à l'ambassade du Qatar en échange "d'influences positives" pour ce pays, dont les liens avec l'islamisme radical et le terrorisme sont pour le moins sujets à questionnement.


Pendant ce temps, la police manifeste, alors que ses représentants sont pris pour cible de façon toujours plus violente par des racailles contre lesquelles des ordres de ne pas intervenir ont été donnés pour sauver les apparences du "vivrensemble".
 

Face à l'agression subie à Viry Châtillon, la réponse du gouvernement a été pour le moins affligeante, pour ne pas dire, paraphrasons nos ministres, "inacceptable et intolérable": Valls a promis des combinaisons ignifugées ! Comme le dit si bien le blogueur satirique H16, Si les policiers avaient été attaqués au canon à eau, il leur aurait promis des combinaisons de plongée.
 

L'armée exprime à mots couverts son ras le bol d'avoir à assurer du gardiennage de politiciens en plus de ses missions hélas rendues plus importantes que jamais de défense du territoire contre la menace terroriste.
 

Quant à Hollande, en croyant faire le malin et humaniser son image en sortant un livre de verbatim de comptoir (mais n'est pas Mitterrand qui veut...), où il se montre insultant et méprisant envers le PS, les pauvres, les magistrats et une dizaine d'autres groupes, il a sans doute définitivement flingué ses chances de candidature victorieuse au sein même de la gauche.

Et partout, sur les réseaux sociaux, dans la presse, à la radio, le peuple de france exprime son ras-le-bol, sans voir quoi que ce soit changer.


Dans ces conditions, le scénario très noir qui suit est il si invraisemblable ?


Anticipons l’histoire des prochains mois.

 

Novembre 2017: La primaire à droite désigne Juppé, sans grande surprise, l'homme apparaissant comme un choix raisonnable contre le zébulon imprévisible Sarkozy et le nouvellement auto-découvert libéral Fillon, qui ne convainc ni les libéraux ni les anti libéraux compulsifs majoritaires chez LR.

 

Début 2017: A Gauche, Hollande est humilié en arrivant seulement troisième de la primaire derrière Montebourg et Mélenchon. Au second tour, l'excité de Saône et Loire bat facilement le communiste déclaré, et devient le candidat de la gauche, suscitant aussitôt 2 candidatures dissidentes (Filoche, Lienemann), qui trouvent Nono pas assez rouge à leurs yeux.

 

Campagne présidentielle: Montebourg est assez habile pour démolir la baudruche Juppé: lui, le "défenseur des ouvriers déclassés par la mondialisation", ramasse les voix du centre gauche qui s'étaient promises à l'énarque de Bordeaux par défaut, alors que la suspicion de complaisance de Juppé face à l'islamisme jette la frange "droite forte" de l'UMP dans les bras de Marine Le Pen. La base électorale de Juppé, qui aurait été renforcée par une candidature Hollande, se trouve laminée par celle de Montebourg.

 

Avril 2017 : Le premier tour de la présidentielle, “contre toute attente” des médias et des instituts de sondage, désigne Marine Le Pen, arrivée largement en tête, contre Arnaud Montebourg, pour le second tour, début mai. Filoche et Lienemann, au nom du rassemblement républicain, se rallient à Montebourg. Paradoxalement, la crainte d'une "extrême-gauchisation" du ticket Montebourg amène une partie de l'électorat Juppé à rejoindre la candidature Le Pen, l'électorat Français n'ayant pas lu les avertissements peu médiatisés des libéraux sur les similitudes de son programme avec le socialisme le plus hardcore.

 

Aussi les projections pour le second tour donnent entre 52 et 56% à la présidente du FN au lendemain du premier tour. Il faut dire qu'au début de 2017, plusieurs affaires semblables à celle de Viry Châtillon ont enflammé, si je puis dire, l'opinion jusque là apathique, et que la candidate du FN, habilement en retrait pendant les primaires de ses adversaires, a occupé l'espace médiatique par la suite. Les islamistes et l'UOIF se frottent d'ailleurs les mains de ce résultat, y voyant la perspective d'une grande confrontation entre les bandes de racailles islamisées et armées, et une population "blanche" en état d’hébétude, désarmée, boboïsée et gonadectomisée par des années de politiquement correct, dans le but d'établir des enclaves sous charia au sein même de la république.

 

Début mai 2017: Mais les islamistes sont débordés par leur base. Devant la perspective de voir Marine Le Pen arriver au pouvoir, des émeutes violentes spontanées éclatent dans toute la France dès le soir du premier tour. Les émeutes dépassent de loin en violence celles de novembre 2005. 10 jours avant le second tour, la veille du traditionnel débat entre les deux candidats, 3 policiers sont tués dans des conditions atroces par un groupe de racailles fanatiques brandissant des drapeaux de Daech. Les images, filmées par les auteurs, font le tour du monde sur les réseaux sociaux. Aucun des deux candidats n'apparaît crédible, lors du débat, pour faire cesser le désordre. Des milices identitaires ripostent aux bandes des cités, provoquant à leur tour l’entrée dans la mêlée des groupuscules “antifas”. Les émeutes tournent à la guerre civile, plus de 15 morts dans la nuit du lundi au mardi.

 

Le lendemain, François Hollande tente de déclencher l'article 16 de la constitution lui donnant les pleins pouvoirs, juste avant le second tour. Mais il n'a pas l'envergure pour paraître crédible, et un "quarteron" de généraux, qui sentait venir les emmerdements depuis longtemps, décide de passer à l'action et fait déposer le président lors d'un coup d'état dans la nuit du Mercredi au Jeudi.

 

Le général Hugues Chavet, 55 ans, inconnu du public, s'empare du pouvoir, fait arrêter les élections, le président sortant, les deux candidats à sa succession, et fait déployer l'armée dans les 20 quartiers les plus sensibles, avec ordre de reculer devant aucun moyen pour rétablir le calme. 2500 morts après, la mission est à peu près accomplie. Les islamistes, se rendant compte que le  soulèvement a eu lieu trop tôt, tentent de sauver leurs fesses et font profil bas, laissant les militaires ratisser très large dans les banlieues au motif de nettoyer les bandes criminelles.

 

Toutes les libertés individuelles sont suspendues. Le gouvernement militaire utilise les lois votées par les "démocrates" antérieurs (loi renseignement, principalement) pour établir des listes d'opposants à enfermer préventivement (dont votre serviteur, mais c'est accessoire). Une timide manifestation de "démocrates" réunit à peine 50 000 personnes, les militaires ne se donnent même pas la peine de la réprimer, se contentant de faire bloquer les comptes bancaires de tous les participants par ordonnance, ce qui suffit à étouffer dans l'oeuf le mouvement. En silence, une majorité de la population approuve le coup d'état. La population est lassée par les magouilles des politiciens et estime que la répression à leur encontre,  "c’est bien fait pour eux", et la préoccupation sécuritaire à court terme occulte les risques de dérive d'un pouvoir militaire à long terme.

 

2017-.... : D'ailleurs, les militaires n'ont ils pas promis de rétablir la démocratie sous 6 mois ? Las... La France a été expulsée de l’Union Européenne, et des sanctions internationales ont été votées pour punir la junte militaire. Qui n’en a cure. Celle ci a dû réintroduire le Franc en urgence, mais cette monnaie n’ayant pas la moindre crédibilité, elle a vu sa valeur fondre à quasiment zéro en quelques mois. Pour museler les mécontentements, les militaires durcissent leur politique, et accusent la spéculation ultralibérale d’être à l’origine des difficultés du pays.

2027 : Les militaires  sont encore au pouvoir. Le général Hugues Chavet est remplacé par son ministre de l’intérieur Madurot. La plupart des hauts fonctionnaires se sont accommodés de la junte militaire et font tourner la machine étatique, sans état d'âme, et sans omettre de faire perdurer leurs avantages acquis, alors que le reste du pays s’enfonce dans la misère la plus noire. Les Français qui le peuvent fuient le pays, et s’étonnent que leurs voisins soient réticents à accepter “ce nouveau flux de migrants”.

 

Fin de l’histoire et du monde connu.

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