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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

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François Fillon peut il réhabiliter l’idée libérale en France ?

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Nombre de commentaires : 2 réactions

“On reconnaît un véritable ami à sa capacité à décevoir” - Desproges


Personne n'y croyait. Et peut être même pas lui au début. Donc, François Fillon, le candidat que personne ne prenait au sérieux a largement remporté le premier tour de la primaire de la droite, avec 44% des voix dont la mienne, et paraît bien placé pour confirmer au second tour de ladite primaire son avantage sur Alain Juppé, quoiqu'en matière électorale, il ne faille jamais, ces derniers temps, vendre la peau de l'ours avant que l'électeur ne l'ait tué.


La presse n'a rien vu venir. Je ne lui jetterai pourtant pas une pierre trop lourde ici. Car moi non plus, je suis décidément nul en analyse politique. Et je pense qu'au début de la primaire, Fillon n'y croyait peut être même pas lui même. Alors que j'avais commencé à regarder son discours déjà intéressant, il avait lui même annoncé dès le second trimestre de cette année qu'en cas de deuxième tour Sarkozy-Juppé, il soutiendrait ce dernier (pour lequel JAMAIS je ne me déplacerai pour voter), ce qui me paraissait être le signe de quelqu'un qui cherchait plus à acheter un maroquin au favori des sondages que le signe d'une vraie conviction. Bref, je ne sais pas dans quelle mesure lui même pensait pouvoir renverser les pronostics, mais son soutien implicite à Juppé en cas de désistement ne m’avait guère encouragé à croire en lui. Ce n’est qu’il y a environ une semaine que j’ai décidé, finalement, et à titre strictement personnel, d’aller voter à la primaire LR, que j’avais normalement prévu d’ignorer.


François Fillon n'a pas encore gagné. Osera-t-il, s'il bat, comme je le souhaite, Alain Juppé, maintenir sa ligne relativement libérale dans l'affrontement qui l'opposera aux gauchistes "soft" ou aux étato-extrémistes du FdG et du FN ? Osera-t-il en augmenter encore l'audace ? Car oui, Fillon n'est pas encore assez libéral à mon goût. Baisser les charges oui, mais pourquoi vouloir financer ces baisses par une hausse de la TVA ? Pourquoi a-t-il voté les lois liberticides introduisant une surveillance administrative de masse des français sans contrôle d'un juge ? Sur ces deux points et quelques autres, il peut encore largement progresser.

Mais le fera-t-il ? Ou va-t-il être tenté par un affadissement de sa ligne ? Résistera-t-il au tir de barrage médiatico-politique que lui réserve une classe du même nom, oubliant éternellement les leçons de ses échecs passés ou récents (du référendum de 2005 à Trump en passant par le Brexit) ?

Dès à présent, gageons que la presse de gauche et les partis autres que LR vont lancer des attaques d’une véhémence jamais vue, surpassant même les campagnes anti-Sarkozy de 2007 et 2012,  contre un Fillon qui sera présenté comme le “représentant de l’ultra libéralisme le plus débridé”, ce que tout connaisseur du libéralisme sait qu’il est loin d’être. D’autres, comme le décidément ineffable Jean Quatremer, n’hésiteront pas, oubliant toute peur du du ridicule, à le dépeindre comme étant d’extrême droite. Alors que dans le même temps, Florian Philippot, a déjà démarré ses diatribes anti “ultra libéralisme” contre Fillon dès la soirée électorale… Il est touchant de voir, sur un même plateau de télé, Philippot et Julien Dray converger dans la dénonciation du libéralisme, ennemi commun... On pourra sortir la machine à sarcasmes  à chaque fois que les socialistes, en critiquant Fillon, feront le jeu du FN ! Car on peut d’ores et déjà parier qu’une grande partie de la presse de gauche diabolisera bien plus Fillon que Le Pen.

Et une fois élu, s’il y parvient,  il aura contre lui tout ce que la France compte de “vrais conservateurs”, c’est à dire les conservateurs de leurs privilèges devenus infinançables. Nous saurons alors de quel bois il est vraiment fait.

Mais ne boudons pas cette semaine notre plaisir. Après cet événement politique, le mot "libéral" n'est plus un gros mot. Un candidat qui a osé dire qu'il admirait Margaret Thatcher et qu'il n'y avait point de salut hors de l'entreprise et de la société civile, a écrasé le premier tour de la primaire de l'ancien parti du Général de Gaulle et de Jacques Chirac.


Quand je vois au fond de quel trou le libéralisme était en 2002, quand Alain Madelin réussissait à peine à réunir 4% de l'électorat, je me dis que nous revenons de loin. J'ose croire que lesHseize, Guillaume Nicoulaud,Mathieu Laine, Gilles Dryancour,Drieu Godefridi,Damien Theillier,Daniel Tourre,Corentin de Salle, Emmanuel Martin, Charles Gave, Henri Lepage, ainsi que de nombreux autres auteurs libéraux populaires que j'oublie, qu'ils veuillent bien m'en excuser, et, pourquoi pas, un petit peu moi même, y avons un peu contribué. J'ose croire que le succès éditorial deContrepoints et de son équipe admirable a enfin une chance de trouver un prolongement politique.



François Fillon est le seul candidat qui, une fois élu, pourra décevoir les libéraux. Normal, nous n'attendons rigoureusement rien de bon des autres. Et question déception, nous autres libéraux avons été déjà plus qu' échaudés entre 2007 et 2012.



Mais pouvoir courir le risque d'être déçu, pour un libéral dans la France de 2016, est un plaisir rare, qu'il ne faut pas se refuser !



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2 commentaires

  • Lien vers le commentaire CHERIERE Bruno lundi, 21 novembre 2016 21:49 Posté par cieb

    @zoulou2
    Pour sortir de l'euro, ce serait plutôt ici : https://www.upr.fr/

  • Lien vers le commentaire zoulou2 lundi, 21 novembre 2016 14:21 Posté par zoulou2

    Ha ha, contrepoints le site des liberaux bisounours, pro-islam, pro-nucleaire qui censure a mort quand un commentaire (un fait concret) lui convient pas, ca commence a circuler, les gens s'en s'appercoive, faut arreter de nous prendre pour des cons.

    Quand a Charles Gave, decu, de sa derniere interview, et encore plus de son article politique: il nous rabache que c'est la monnaie europenne l'euro qui nous tue, et sur les candidats il voterais pour un candidat qui rester dans l'euro. Il y a contradiction. A mais oui, la candidate qui dit sortir de l'euro, oui c'est pas bon.