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Guillaume Rondan

Guillaume Rondan

Entrepreneur depuis plus de 10 ans, je suis expatrié en Asie. Installé à HCM-Ville au Vietnam depuis 7 ans, j'accompagne les chefs d’entreprise, sociétés et acheteurs internationaux qui souhaitent faire levier sur l’Asie, et en particulier au Vietnam. Création de société, assistance au sourcing et services de market entry.

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Cette entreprise Suisse fabrique désormais au Vietnam

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Vietnam EFTA : projet de fabrication au Vietnam

Le rapprochement économique entre le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange, plus connue sous le sigle EFTA, ouvre une nouvelle étape pour les relations industrielles entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est.

L’EFTA, c'est quatre pays :
  • la Suisse ;
  • la Norvège ;
  • l’Islande ;
  • le Liechtenstein.
Le 2 juillet 2026, le Vietnam et les quatre États membres de l’EFTA ont annoncé la conclusion des négociations relatives à un accord de libre-échange global. Cette annonce intervient après plus de vingt cycles de discussions engagées depuis 2012. L’accord doit désormais passer par les étapes de signature et de ratification avant de pouvoir entrer en vigueur. L’annonce a notamment été publiée par le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce.

Cette évolution est importante pour les entreprises suisses, norvégiennes, islandaises et liechtensteinoises. Elle devrait progressivement faciliter les échanges, améliorer la visibilité réglementaire et renforcer la confiance des entreprises qui souhaitent vendre, investir ou organiser une partie de leur production au Vietnam.

Vidéo : À 10.000 km de la Suisse, au cœur d'une zone industrielle du Vietnam

À près de 10 000 kilomètres de la Suisse, de l’autre côté du globe, et à peine une semaine après l’annonce, l’équipe de FVSource a été mandatée pour identifier et qualifier de nouveaux partenaires industriels au Vietnam.

Le client ? Un groupe suisse qui cherche à sous-traiter une partie de sa production et à augmenter ses capacités actuelles.



Son objectif n’est pas simplement de trouver une usine proposant des prix compétitifs. Il s’agit surtout d’identifier des fabricants capables de répondre à des exigences précises en matière de qualité, de capacité, d’organisation et de fiabilité. Cette étude de cas présente d’ailleurs une mission menée par FVSource dans le cadre d’un projet de fabrication de structures métalliques au Vietnam.

Pour le consultant mandaté, la mission consiste donc à rechercher les fournisseurs les plus pertinents, à vérifier leurs capacités réelles et à nous rendre directement dans les usines afin d’évaluer leur potentiel comme partenaires industriels à long terme.

Une relation commerciale déjà bien établie

Les relations entre le Vietnam et les pays de l’EFTA ne partent pas de zéro. En 2025, les échanges de marchandises entre les deux parties ont atteint environ 4,8 milliards d’euros, hors commerce de l’or pour les statistiques suisses. Le Vietnam a enregistré un excédent commercial de près de 2,5 milliards d’euros, contre environ 500 millions d’euros dix ans auparavant.

Les principaux produits exportés par les pays de l’EFTA vers le Vietnam comprennent notamment :
  • les machines et équipements électriques ;
  • les machines industrielles ;
  • les produits pharmaceutiques ;
  • les produits de la mer, en particulier pour la Norvège et l’Islande.
Dans l’autre sens, le Vietnam exporte principalement vers les marchés de l’EFTA :
  • des équipements électriques et électroniques ;
  • des machines et composants mécaniques ;
  • des vêtements et produits textiles ;
  • des chaussures.
Ces flux montrent que la relation ne se limite pas au commerce de produits finis. Elle concerne également les équipements industriels, les composants, les matières premières, la sous-traitance et l’organisation de chaînes de production internationales.

Pourquoi davantage d’entreprises de l’EFTA envisagent-elles le Vietnam ?

Les entreprises suisses et nordiques ne recherchent pas uniquement des coûts de production plus bas. Elles cherchent surtout à construire des chaînes d’approvisionnement plus diversifiées, plus flexibles et moins dépendantes d’un seul pays.
Pendant plusieurs décennies, la Chine a constitué la principale base industrielle asiatique pour de nombreuses entreprises européennes. Elle reste incontournable, mais les risques géopolitiques, les tensions commerciales, l’augmentation de certains coûts et les perturbations logistiques ont accéléré les stratégies dites de Chine Plus Un.

Dans ce modèle, une entreprise conserve une partie de ses activités en Chine tout en développant une deuxième base industrielle dans un autre pays asiatique. Le Vietnam est aujourd’hui l’une des destinations les plus étudiées pour cette diversification. Le pays dispose d’une industrie manufacturière orientée vers l’exportation, d’un réseau important de zones industrielles et d’un accès commercial privilégié à de nombreux marchés grâce à ses différents accords de libre-échange.

Le Vietnam ne remplace pas systématiquement la Chine. Il constitue plutôt une plateforme complémentaire pour certaines catégories de produits, certains volumes et certaines étapes de production.

Les secteurs les plus prometteurs pour les entreprises de l’EFTA

Machines, mécanique et fabrication métallique

La Suisse et le Liechtenstein disposent d’un tissu important de PME spécialisées dans les machines, les équipements industriels, les instruments de précision et les produits métalliques. Au Vietnam, ces entreprises peuvent trouver des partenaires pour la production de pièces mécaniques, de structures métalliques, de sous-ensembles industriels, de composants usinés ou d’équipements fabriqués sur plan.

Le potentiel est particulièrement important pour les entreprises qui conservent la conception, l’ingénierie et les fonctions stratégiques en Europe, tout en externalisant certaines opérations de fabrication ou d’assemblage.

Électricité, électronique et composants

L’électronique est devenue l’un des principaux moteurs industriels et exportateurs du Vietnam. Le pays accueille déjà de grands groupes internationaux ainsi qu’un réseau croissant de fabricants de composants, de câbles, de circuits, de boîtiers, d’équipements électriques et de produits assemblés. Ce secteur peut intéresser les entreprises suisses et nordiques actives dans l’automatisation, l’énergie, les technologies industrielles, les équipements médicaux et les appareils connectés.

Les produits électroniques, les ordinateurs et leurs composants figurent déjà parmi les principales catégories d’exportation du Vietnam. L’industrie manufacturière et de transformation représentait plus de 85 % des exportations vietnamiennes sur les neuf premiers mois de 2025.

Textile, habillement et chaussures

Le Vietnam est déjà l’un des principaux centres asiatiques de production de vêtements, de textiles techniques et de chaussures. Les opportunités ne concernent pas uniquement les grandes marques. Des fabricants vietnamiens travaillent également avec des PME sur des collections plus spécialisées, des vêtements professionnels, des chaussures techniques, des articles de sport et des produits en marque blanche.

Pour les entreprises européennes, les principaux enjeux sont la traçabilité des matières, les quantités minimales, la maîtrise du développement produit et le respect des exigences sociales et environnementales.

Mobilier, bois et aménagement intérieur

Le Vietnam dispose d’une industrie importante dans le mobilier intérieur et extérieur, les articles en bois, les produits d’aménagement et certains matériaux de construction. Les entreprises suisses et nordiques peuvent y rechercher des fabricants de meubles résidentiels ou professionnels, de cuisines, d’éléments d’agencement, de produits en bois massif, de mobilier métallique ou de solutions destinées à l’hôtellerie.

La diversité de l’industrie locale permet de travailler aussi bien sur des produits relativement standards que sur des projets fabriqués selon des dessins et spécifications européennes.

Agroalimentaire et produits de la mer

La Norvège et l’Islande entretiennent naturellement des relations importantes avec le secteur vietnamien des produits de la mer. Les possibilités de coopération concernent le commerce, mais également la transformation, la chaîne du froid, l’emballage, les équipements agroalimentaires et les technologies de traçabilité.

Plus largement, le Vietnam développe ses capacités dans la transformation du café, des fruits, des produits agricoles, des aliments préparés et des ingrédients destinés à l’exportation.

Technologies propres et équipements énergétiques

Les entreprises des pays de l’EFTA sont également reconnues dans les domaines de l’efficacité énergétique, des technologies environnementales, de l’économie circulaire et des énergies renouvelables. La croissance industrielle et urbaine du Vietnam crée des besoins importants en matière de traitement de l’eau, de gestion des déchets, d’efficacité énergétique, de stockage, d’équipements électriques et de modernisation des infrastructures.

Dans ce secteur, le Vietnam peut être à la fois un marché pour les technologies européennes et une base de fabrication pour certains composants et équipements.

Trouver une usine ne suffit pas

L’augmentation des opportunités industrielles ne signifie pas que toutes les usines vietnamiennes sont adaptées aux exigences des entreprises de l’EFTA.

Les capacités peuvent fortement varier d’un fournisseur à l’autre. Certaines usines disposent d’une bonne expérience internationale, tandis que d’autres présentent des limites en matière d’organisation, de contrôle qualité, de documentation ou de communication. Une visite commerciale donne une première impression, mais elle ne permet pas toujours de déterminer si le fournisseur possède réellement les ressources nécessaires pour exécuter le projet.

C’est pourquoi ce consultant réalise des audits d’usines avant le lancement d’une production ou la sélection définitive d’un partenaire. L'équipe FVSource examine notamment :
  • la réalité du site et des moyens de production ;
  • l’expérience du fabricant dans la catégorie concernée ;
  • son organisation et ses capacités disponibles ;
  • ses procédures de contrôle qualité ;
  • la traçabilité des matières et des produits ;
  • son expérience de l’exportation ;
  • les opérations éventuellement sous-traitées ;
  • sa capacité à communiquer et à gérer un projet international.
L’objectif n’est pas simplement d’attribuer une note à l’usine. Il s’agit de déterminer si elle correspond réellement au projet, d’identifier les risques avant la commande et de définir les contrôles nécessaires pour sécuriser la production.

Une nouvelle étape pour les relations industrielles

La conclusion des négociations de l’accord EFTA–Vietnam ne provoquera pas, à elle seule, un déplacement massif et immédiat de la production. Elle constitue toutefois un signal politique et économique important. Elle apporte davantage de visibilité aux entreprises et confirme le rôle croissant du Vietnam comme partenaire industriel des économies européennes à forte valeur ajoutée.

Pour les entreprises suisses, norvégiennes, islandaises et liechtensteinoises, le Vietnam peut offrir trois possibilités complémentaires : accéder à un marché en croissance, développer de nouveaux fournisseurs et mettre en place une base de fabrication destinée à l’Asie ou à l’exportation. La réussite de ces projets dépendra néanmoins de la qualité du travail préparatoire : clarification des besoins, identification des bons fabricants, audit des capacités, validation des échantillons et suivi de la production.
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