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Pourquoi investir en Allemagne (face je gagne / pile je gagne)

Audience de l'article : 1137 lectures
Nombre de commentaires : 1 réaction
Le graphe ci-dessous parle de lui-même.

Source http://www.eurocrisismonitor.com

Target2 graph -  ecb data


Qu'est-ce que TARGET2 ?
https://www.ecb.europa.eu/explainers/tell-me/html/target2.fr.html


L'Allemagne domine l'économie européenne et continuera de le faire tant que l'Euro perdurera.

_____

La COVID de nature à changer les équilibres ?

Estimations de croissance de PIB:

France
- 8.3 % en 2020
+ 5.5 % en 2021

Allemagne
- 5.9 % en 2020
+3% en 2021

Même impact au final.

_____


Et donc pourquoi investir en Allemagne pour un résident fiscal français ?

Pour protéger son pouvoir d'achat.


En cas de scission de l'Euro avec la France et l'Allemagne avec deux monnaies différentes:

Le "nouveau Deutschmark" sera plus fort que le "nouveau Franc".

Quel différentiel de taux?
Difficile à dire, mais on peut se baser sur
  • ratio des taux d'intérêt actuel des emprunts d'état à 10 ans
  • soldes TARGET2
  • taux de change historique DEM/FRF
Mon estimation est entre 30 et 50%. (A 50% 1 DEM = 2 FRF)

En d'autres termes, en tant que résident fiscal français:
  • en 2021, j'investis 100 EUR en Allemange.
  • avec la crise, mon investissement et mes revenus allemands sont augmentés du différentiel de taux, vu de ma position de résident français avec un train de vie en nouveau FRF. Cela compense la perte intinsèque qui adviendra partout avec la crise.
Et si ce scénario ne se met pas en place: je suis investi dans un pays à économie forte, dont l'avantage concurrentiel continue de s'accroître. C'est mieux que le contraire.


Où tu pourrais te tromper, Karl?

1. Contrôle des changes --> capitaux (patrimoine et revenus) bloqués en Allemange. Il faut être prêt à aller vivre en Allemagne pour dépenser son argent. (Vrai pour tout investissement à l'étranger)

2. Le système bancaire allemand emporté par le défaut des emprunteurs de l'Europe latine.
C'est pour moi le gros risque, mais:

a. Est-ce que ce sera mieux en France, avec nos BNP, Socgen, CA et consors?

b. Le temps joue pour les allemands avec les excédents qui s'accumulent et la perspective de se débarasser des créances pourries sur l'ECB via les eurobonds.

3. Les avoirs des non-résidents fiscaux allemands non convertis en DEM mais en FRF lors de la scission.
C'est possible/vraisemblable sur les comptes en banque.
Sur des investissements, c'est ingérable. Ex: d'avoir les actions de sociétés allemandes libellées en X devises européennes. 

4. Les exportations allemandes plus fortement impactées par la crise que les françaises.
Cela pourrait être le cas, car les allemands sont "habitués" à des excédents commerciaux forts, qui disparaitront avec la crise.
Mas l'Allemagne en a conscience et les incitattions et subventions vont actuellement vers de nouveaux secteurs économiques de diversification.

Ne pas oublier aussi que le taux de chômage actuel est de 4% en Allemagne.  En cas de choc, l'Allemagne reviendrait sur des niveaux français (d'avant crise)

Enfin, les allemands de l'Est ont cette résilience issue de la culture communiste. Je n'en dirais pas aurant des assistés français. Pour mémoire, 1/4 des loyers en France sont payés par l'état via les APL et autres aides ! Quand l'état ne pourra plus payer, pauvres propriétiares immobiliers.

5. Convergence voire inversion des taux de change DEM/FRF

Je ne vois pas comment le nouveau DEM pourrait valoir moins que le nouveau FRF à la sortie de la crise, au regard des puissances économiques respectives et des endettements étatiques et privés.
Et les masses monétaires en jeu seront assez grosses pour être à l'abri d'attaques spéculatives durables.

Mais à un horizon de 3 - 4 ans après la scission, le différentiel de change pourrait se réduire. La France retrouvant des marges de marges manoeuvre monétaire, son industrie sera boostée. Mais cela prendra quelques années. Bian assez de temps pour rapatrer ses capitaux.

6. Le risque politique
Le gros risque aussi pour moi est l'arrivée au pouvoir d'un parti politique qui fasse n'importe quoi. (encore plus qu'aujourd'hui)
C'est toujours possible, mais aussi vrai en France qu'en Allemagne.
On ne peut pas décider sur cette base, mais il faut suivre pour se retirer fissa (en Allemagne comme en France).

7. Tout cela ne se conçoit qu'en étant obligé/intéressé à rester en France. Si vous avez la possiblité/volonté de vous expatrier dans des zones plus favorables que la zone Euro, voir Charles Dereeper ou rejoindre notre club ENC.

Pour ceux qui voudraient approfondir sur le sujet, vous pouvez me contacter sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  .
(Disclaimer si besoin était: ceci n'est aucunement une sollicitation commerciale ou une offre de services financiers.)
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire S lundi, 12 avril 2021 20:08 Posté par sase

    Merci Karl, pour vos articles toujours très intéressants.


    L'une des grandes inconnues est souvent la politique. Par exemple, si la sortie de l'Euro se faisait sour la forme de "un euro fort et un euro faible", on pourrait s'attendre à ce que la France tienne à être dans l'Euro fort par prestige, même si c'est néfaste pour son économie.


    Pour ce qui est de l'Allemagne, nous allons peut-être assister à de sérieux changements avec la fin de l'ère Merkel...


    (ces deux remarques ne remettent pas en cause cet article)