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Le "peak-oil": une raison de s'expatrier?

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Nombre de commentaires : 2 réactions
Le Ministère des Armées - pas le dernier rêveur écolo venu – a publié une étude préoccupante quant à la disponibilité du pétrole pour faire tourner l’économie mondiale, pas dans 40 ans mais dès 2030...
(Merci à Charles SANNAT pour avoir porté ce document à notre attention.)

Synthèse en 30 pages
https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2021/05/Approvisionnement-petrolier-futur-de-lUE_Shift-Project_Mai-2021_SYNTHESE.pdf

Document complet 180 pages
https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2021/05/Approvisionnement-petrolier-futur-de-lUE_Shift-Project_Mai-2021_RAPPORT-COMPLET.pdf


Pour faire court, le "Peak-oil" est une réalité.
Découvrir et exploiter de nouveaux champs pétroliers ou gaziers est de plus en plus difficile et coûteux.
D'autre part, les pressions politiques écologistes en Europe vont dans le sens contraire.

L'étude montre que le Peak-oil pourrait être beaucoup plus brutal et rapide que prévu, si l'on commence à ne plus lancer de nouvelles explorations.
Le monde pourrait être en pénurie de pénurie sur au moins 10% de ses besoins dès 2030.


Face à cette réalité, quelles conséquences à titre personnel?


Cela justifie-t-il de s’expatrier pour cette seule raison ?



A) Une pénurie énergétique au niveau mondial ?

Si le peak-oil a lieu comme dans cette étude, pourra-t-on ou aura-t-on le temps de compenser avec d'autres sources énergétiques?

Tout d'abord quelles sources d’énergie peuvent-elles prétendre fournir 10% ou plus de l'énergie mondiale. Il n’y en a que quatre :

Deux existantes :
1) Charbon
2) Nucléaire par fission (comme actuellement)


Et deux futures
3) Solaire
4) Nucléaire par fusion (et non fission comme aujourd'hui)



Tout le reste est soit limité ou déjà développé (hydro-électricité), soit indisponible en permanence (éolien), soit une simple folie (biomasse).


Le charbon:

On connaît les problèmes atmosphériques majeurs qu’il engendre, mais il sera incontournable pour les 20 ans à venir.

Le nucléaire par fission:

Il va rester incontournable.

Personnellement, cela me fout le trouillomètre à zéro, quand on pense qu’on était à quelques jours de rendre l’Europe simplement invivable pour des siècles si la situation avait dégénéré à Chernobyl. Idem au Japon à Fukushima. Et à Three Mile Island. Quid en cas de tempête solaire majeure qui grille toute l’électronique de contrôle. Nous n’avons aucun recul.

Le solaire :

Pourquoi je considère le solaire seulement comme une technologie d’avenir?

a) Parce que les rendements énergétiques des panneaux solaires sont encore insuffisants.

b) Parce que sans capacité de stockage massif de l’énergie électrique, la technologie ne peut prétendre rivaliser avec le pétrole. L’industrie ne peut être tributaire des données météos…

Or les technologies de stockage massif d’électricité n’existent pas. Les batteries ont des performances très très insuffisantes et cela ne changera pas. Cela a trait à la chimie. Il faut d’autres technologies. De gros efforts sont consentis actuellement, mais la visibilité est faible.

Le solaire sera LA solution, mais seulement avec des capacités de stockage électrique.

Le nucléaire par fusion :

C’est la seconde technologie qui pourrait apporter une solution de grande envergure et durable.

La France est en bonne place en accueillant le programme international ITER. Mais les moyens restent encore bien faibles... A ce rythme, on n’y sera pas avant 30 ans!



Ainsi, il n’y aura pas de pénurie énergétique franche et massive de nature à faire décroître l’économie mondiale, dans son ensemble, pour les 20 ans à venir.

MAIS cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas des tensions très fortes, localement.

MAIS il n’y aura pas d’autre choix que de brûler de plus en plus de charbon. Et/ou pour la Chine et les grands pays émergents de construire des centrales nucléaires…

Les conséquences sont plus géopolitiques pour les pays d’avoir accès aux sources disponibles au moindre coût.



B) Comment faire bouffer 10 milliards de personnes ?

L’agriculture industrielle a besoin de pétrole pour fonctionner, tant pour les machines que pour les engrais. Si l’industrie peut alterner entre les sources d’énergie, c’est beaucoup moins simple pour l’agriculture.

Le corollaire du peak-oil, couplé au peak-phosphate, est un challenge majeur pour l’humanité.

Est-ce insurmontable ? Non pour les 20 ans à venir. Après…

Cela signifie simplement des déports de disponibilité de pétrole au profit de l’agriculture et vraisemblablement des renchérissements des coûts de production agricoles.


C) Une lutte sans merci pour les ressources pétrolières.

Le problème du peak-oil n’est donc pas tant un problème dans l’absolu d’avoir ou pas assez de pétrole, mais d’accès uniforme à la ressource.


Cette lutte pour l’accès a déjà lieu.
La seule question est de savoir si elle dégénérera en conflit mondial, en affrontement de bloc, ou non.

Dans cette lutte, l'Europe n'a comme seul atout sa puissance économique; c'est-à-dire sa force d'acheteur.
En cas de crise de l'Euro ou crise de la COVID mal gérée, s'en sera fini de cet avantage. L'Europe aura perdu la partie économique, sans espoir de se rétablir tant que les nouvelles technologies énergétiques ne seront pas en place. Elle sera reléguée en deuxième division.


Il est très probable que ll’UE volera en éclats de ce fait. Seuls s’en sortiront les pays disposant de ressources énergétiques en interne.

UK, Norvège et Hollande pour les hydrocarbures.

Allemagne et Pologne (et éventuellement Serbie, Grèce, Bulgarie et Roumanie) pour le Charbon.



Pire, les européens peuvent se saborder eux-mêmes avec des utopies politiques sur la transition énergétique.


Et en cas de tensions internationales, les capacités militaires redeviendront prédominantes.

Dans cette perspective, l'Europe doit rester arrimée fermement aux USA, seul suzerain acceptable culturellement par les peuples européens.
L'alternative serait la Russie, mais cela nécessiterait une transition démocratique du pays qui n'est pas en vue.
La Chine est culturellement et géographiquement trop éloignée. Et le pays n'a jamais voulu jouer ce rôle dans toute son histoire (hors quelques exceptions en Asie). La Chine n’a jamais été colonialiste au niveau mondial. Miser sur ce cheval serait pour le moins aventureux pour les européens.

______


Conclusion finale : à titre perso, j'en fais quoi de toute cette belle géo-technologico-stratégie?


A) Comme d'hab, je ne mets pas entre le marteau et l'enclume, autant que possible.

Dans l'idéal:

1) Je me barre d'Europe.
2) Vers un pays qui sera à l'écart des luttes des grandes puissances
3) qui est ensoleillé (pour le solaire) ou qui a du charbon, et loin de centrales nucléaires
4) Je me mets en situation d’autonomie
     a) énergétique : hydraulique, solaire thermique, solaire électrique, bois (si j’ai une forêt à disposition)
     b) alimentaire (lopin de terre)

Après, entre l'idéal et le possible dans votre situation…

B) Entre deux sociétés, investir dans celle qui opère dans un pays avec des réserves de pétrole, gaz ou charbon. Elle aura accès aux sources d’énergie les moins chères et surtout fiables.


C) Miser sur les sociétés qui détiennent effectivement des réserves de ces sources d’énergie (+ uranium). Ces réserves vont se valoriser.
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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Loic Abadie jeudi, 03 juin 2021 10:45 Posté par Loic ABADIE

    Les "documents" du shift project ne sont en aucun cas des études sérieuses.
    Ce sont de simples outils de propagande d'un lobby anti-fossile, collectiviste, décroissant et environnementaliste radical conduit par Jancovici et ses amis.

    Ce document est d'une mauvaise foi totale, vu qu'il ignore (volontairement pour les besoins de sa propagande) totalement les ressources en pétrole non conventionnel. Le Vénézuéla qui dispose de réserves immenses par exemple est tout simplement ignoré et ce n'est qu'une des très nombreuses "omissions" de ce pseudo-rapport.



    Il ignore également les passerelles entre pétrole, gaz et charbon (le procédé de Fischer Tropsch permettant de fabriquer du pétrole à partir de charbon ou gaz si besoin).

    Le peak oil conventionnel est passé effectivement, mais ce n'est pas le cas du non conventionnel.



    Donc ne surtout pas réaliser ses choix de vie et décisions d'investissements en fonction de la propagande environnementaliste et des délires décroissantistes de Jancovici ! Ce serait, je le pense, une erreur certaine.

  • Lien vers le commentaire Ouap1 mercredi, 02 juin 2021 16:58 Posté par Ouap1

    Personnellement, j'ai du gazprom - qui a déjà commencé à monter T1 rat 5 milliard d'euros  - Livent - Lithium-, Kazatomprom - Uranium n°1 mondial -, NexGen Energy - 100% uranium -, Nextera Energy - Plus grand producteur d'énergie solaire et éolienne au monde. Leader industrie du stockage sur batterie -.