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Michel de Poncins

Michel de Poncins

Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et docteur en Économie.

Il est fondateur et président de l'association Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE), qui organise régulièrement à Paris des conférences sur des sujets de société.

Il est administrateur du Cercle Renaissance

Dans ses livres, articles et conférences, il analyse principalement le dirigisme étatique qui est, à ses yeux, le phénomène économique le plus significatif de notre époque.

Michel de Poncins anime aussi deux magazines catholiques sur Internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence. Il pourchasse le gaspillage des deniers publics, qui est pour lui une destruction pure et simple des ressources produites par les gens qui travaillent. Il a écrit un certain nombre d'ouvrages sur ce thème, donnant des exemples de dilapidations montrant les maux que cette dilapidation entraîne, ou montrant la voie d'un redressement possible.

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LE CHOMAGE ENTRETENU PAR LE POUVOIR

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Nombre de commentaires : 3 réactions
Les nouvelles sur le front du chômage sont sinistres et le pouvoir ne cesse d'en gémir à juste titre ; il pleure en fait sur sa propre incapacité à mener le combat, celle-là venant hélas de son idéologie destructrice.

Nous donnerons peu de chiffres, ces derniers se trouvant dans les journaux et les médias. Le pays compte fin 2012 pas moins de 284 600 chômeurs de plus pour l'année et le total représente 10% de la population active. Il est utile de noter qu'une grande partie de cette population n'est pas sujette à la maladie : fonctionnaires et assimilés. Après les rectifications nécessaires, il serait possible que le vrai taux soit de 20 %.

Les plans sociaux se succèdent les uns après les autres. Un effet cumulatif se produit, les entreprises profitant de la panique pour fermer des sites.

L'exemple de l'automobile est frappant. Cette industrie, si riche d'emplois variés, est prise en ciseaux. D'une part se trouve la paupérisation, œuvre volontaire du gouvernement comme nous l'avons montré souvent dans ces flashs et de l'autre la cherté relative de la main d'oeuvre à cause de charges indues.

FLORAISON DE DISPOSITIFS

Dans ce désastre dont le pouvoir est l'auteur, celui-ci a deux comportements. Il galope de-ci de-là dès qu'un plan social se dessine et vient pleurer sur place en dépêchant un ou plusieurs ministres ; des promesses intenables, soit économiquement, soit juridiquement, sont émises et, tout aussi tôt, il court ailleurs.

Son autre stratégie est d'inventer des dispositifs : ce mot qui devrait être banni de l'action publique, reflète la volonté des politiques de réparer les calamités dont ils sont si souvent les auteurs ; en général, le dispositif n'est qu'une usine à gaz de plus s'ajoutant à la galaxie d'usines à gaz préexistantes : voir les emplois d'avenir ou les contrats intergénérationnels.

C'est pourtant, sur cette base que, par ignorance ou légèreté, le Président avait promis dans des vœux de terrasser la bête avant la fin de 2013. Le voici aujourd'hui contraint piteusement de faire du rétropédalage.

C'est en ce moment, le mardi 22 février, que la Cour des comptes lance un rapport assassin sur les aides publiques en faveur du marché du travail, à savoir justement ces dispositifs. Ces aides représentent 50 milliards d'euros par an, soit 2,5 points de PIB. Elles s'accompagnent de la hausse du chômage dont la Cour remarque qu'elle risque de se prolonger, les plus faibles en souffrant davantage. Elle en profite pour épingler le régime des intermittents du spectacle : il creuse le déficit de l'assurance-chômage d'un nouveau milliard chaque année pour seulement 3 % des demandeurs d'emploi.

Les lamentos sur le chômage ne sont pas nouveaux car les mauvaises nouvelles déferlent depuis longtemps, que ce soit sous des gouvernements de la fausse droite ou de la vraie gauche. L'énoncé de la kyrielle des dispositifs censés le corriger est impossible.

POURQUOI ET COMMENT LE CHOMAGE

En fait il y a deux causes majeures : le code du travail et la fiscalité en folie.

Le code du travail compte 4 200 pages et augmente chaque année de 500 pages. Il est rempli d'obstacles à l'emploi. Signalons en particulier la difficulté de licencier, avec le temps et l'argent perdus dans les prud'hommes. C'est comparable au maintien dans les lieux qui a ruiné le logement pendant de longues années.

L'immense tissu des entreprises est prêt à créer des emplois en grand nombre si on ne les en empêche pas par les lois fiscales et sociales. Cela peut concerner aussi bien des firmes de milliers de personnes que des PME ou des TPE. Comment se prend la décision d'embaucher ou pas ? Il faut légitimement que l'embauche maximise les profits. Le risque est toujours important. Il faut que ce risque soit largement inférieur aux profits espérés, ceci si possible d'une façon pérenne. C'est là que la fiscalité intervient dans le cadre de la centaine d'impôts que paient les entreprises. Aux impôts plus ou moins connus s'ajoute une incertitude permanente qui avec Hollande s'est fortement aggravée. Il n'est pas étonnant, dans ce contexte, que les entrepreneurs restent l'arme au pied en rongeant leur frein.

L'histoire du TITANIC est instructive. Le capitaine était seul maître à bord comme le veut l'usage. Il a mal analysé les faits et, surtout, s'est obstiné dans l'erreur : la suite est connue. Par un pur hasard électoral, le capitaine du vaisseau France a tous les pouvoirs, ce qui est très rare. A lui de s'informer sur les causes réelles du chômage. Sur cette base, il est facile de définir la route de l'emploi. Il peut, grâce à ses pouvoirs, bousculer les oppositions inévitables. S'il s'obstine dans l'erreur, il va précipiter les passagers du vaisseau contre l'iceberg dur de la réalité.

MICHEL de PONCINS
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3 commentaires

  • Lien vers le commentaire alex6 jeudi, 31 janvier 2013 21:49 Posté par alex6

    @math_ber,
    Disons que quand quelque chose m'agace j'aime bien aller au bout des choses. Pour la forme, c'est ma facon de m'exprimer a l'ecrit comme a l'oral et je remercie Charles D. de me laisser m'exprimer librement ici malgre nos differents sur certains points.
    Contrairement a ce que tu dis, Charles S. n'explicite pas sa position par rapport au progres donc je ne peux que supposer ce qu'il propose concretement de faire. Tout comme d'ailleurs il ne detaille que tres peu les affirmations qu'il sert comme des verites. Je comprends qu'il a opte pour le ton pamphletaire mais ca n'empeche pas d'appuyer ses avis avec un peu de matiere derriere.
    Parceque si le progres etait reellement destructeur d'emploi, ca poserait un veritable probleme ethique, c'est pour ca que je pense qu'il est important de lire un avis, en l'occurence le mien, contraire.

  • Lien vers le commentaire Math.ber jeudi, 31 janvier 2013 10:35 Posté par math_ber

    LE CHOMAGE ENTRETENU PAR LE POUVOIR



    c'est si EVIDENT! Mais il n'y a pas que le capitaine du navire qui s'obstine. C'est un travers humain que de ne pas reconnaitre ses erreurs (se remettre en question n'est pas un processus évident apparemment...). En effet, les Français s'obstinent et notamment ceux qui ont voté pour lui. Je ne suis ni de droite ni de gauche pour info (ça me parait très désuet et meme daté vu les (piètres) résultats dont peuvent se targuer chacun des camps).

    @Alex:
    cette histoire te reste en travers de la gorge! :) je ne pense pas que Charles veuille "partir en guerre" contre le progres. Comme le montre notre discussion sur le sujet, il faut surement voir son billet comme l'ouverture à de nombreuses questions fondamentales (flexibilité de l'emploi, valeur ajoutée (rapport aux techno de pointe), formations existantes, etc...). Il y a bien des domaines à améliorer, on est d'accord. 

  • Lien vers le commentaire alex6 jeudi, 31 janvier 2013 04:45 Posté par alex6

    Mais non Michel.
    Charles Sannat va venir ici-meme et chiffres a l'appui, vous demontrez que s'il y a explosion du chomage en France, c'est du au progres technologique et la presence de mechantes machines automatisees qui comme chacun sait, ont commence a se developper il y a exactement 25 ans (avant, c'etait encore le temps beni des travailleurs manuels et des mineurs avec des pioches, la bonne epoque)
    Il est affligeant de constater que quelqu'un ayant ce niveau intellectuel croit dur comme fer a ces fables. Imaginez donc ce que peux penser la masse des francais qui doit donc etre a des annees lumieres de pouvoir comprendre les vraies causes du chomage.
    Tiens par exemple: combien de francais sont capables de comprendre qu'une secu deficitaire et obligatoire correspond a une immobilisation d'une partie de leur salaire en nature? En que en consequence, sa seule existence et son caractere imperatif rencherit le cout du travail et donc mecaniquement augmente le taux de chomage.
    Au lieu de ca, mieux vaut apparemment partir en croisade contre le progres et revenir a de bonnes vieilles usines pleines d'ouvriers tout noirs et sales plutot que de developper les secteurs de pointes comme ca se fait un peu partout sur la planete ou les taux de chomage baissent.