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Caroline Domanine

Caroline Domanine

Entrepreneur, coach et trader…

…autodidacte et fière de l'être!

Je pense que chacun peut avoir sa chance s'il est prêt à y mettre le prix. Convaincue du pouvoir que nous avons tous sur notre vie, je me lance avec toujours plus d'énergie et de joie vers de nouveaux défis.

Trader par amour pour la liberté, coach par passion du partage, entrepreneur par besoin de créer; je crois que c'est notre comportement qui sera seul maître de nos performances. Parce que nos compétences techniques ne suffiront  pour gagner, développons nos compétences comportementales avec des questions et des outils simples à mettre en place !

Mon Blog : http://psychotrade.fr/


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PPA 7 ans pouvoir d'achat

Lâcher-prise et contrôle

Audience de l'article : 2327 lectures
Nature de contenu : Edito
Nombre de commentaires : 1 réaction
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lacher prise

Ces 2 notions sont traditionnellement opposées car nous avons, d’un côté la maitrise, la certitude et la sécurité que le contrôle procure, et de l’autre la confiance aveugle, l’acceptation de la frustration et la reconnaissance de nos limites.


Elles peuvent donc paraitre contradictoires mais sont complémentaires et probablement des ingrédients importants à la réussite en trading. Dans quelle mesure? A quel stade notre besoin de contrôle doit laisser la place au lâcher prise? Comment faire? C’est ce que je vais tenter d’aborder aujourd’hui.

Qu’avons-nous le pouvoir de contrôler en trading? Nous –même, et ce n’est pas rien comme labeur ! En effet, contrôler nos émotions, nos réactions et nos pensées, et tout ça évidemment en même temps est impossible ! J’écris donc que nous avons le pouvoir de nous contrôler, même si c’est impossible; ça devient compliqué et confus cette affaire, je le sais!

Il arrive toujours un moment en trading où l’on comprend ce qui nous freine, où l’on perçoit clairement quelles sont les attitudes qui nous poussent vers un chemin de souffrance. Tout trader confirmé a vécus ce moment où il sait pourquoi cela ne fonctionne pas et où l’ampleur de la tâche parait si lourde et le chemin tellement obscure que le choix de continuer est un véritable sacerdoce. Les mots que je choisis sont violents, mais faire du trading peut nous jeter durablement au fond d’abysses. La recherche de son système, la constatation de l’échec, l’incertitude de réussite malgré un travail acharné et sérieux, et bien d’autres raisons qui font que le trader est toujours sur la brèche, en proie à ses propres démons, seul face l’immensité des possibles et des devoirs.

Chercher à contrôler cette détresse est une illusion, et une perte de temps. Passer dans le contrôle demande de l’énergie et des convictions claires. Rester dans le contrôle est possible en gérant ses propres certitudes aidantes, en les renforçant, jour après jours, avec la régularité d’un métronome. Mais qu’avons-nous lorsque les certitudes ne sont pas encore ancrées, ou lorsqu’elles volent en éclats. A quoi le trader peut-il se raccrocher alors?

Je crois que pendant cette phase, il ne faut pas s’épuiser dans une quête illusoire ici et maintenant. Les certitudes dont nous avons besoin se forment naturellement, à force de tâtonnements, de travail, d’erreurs et de réussites. Accepter notre propre détresse, a un instant donné, ne veut pas dire abandonner ou n’est pas un aveu de faiblesse ou d’incompétence mais la reconnaissance d’un état de fait, c’est comme ça, et le déni ne nous aidera pas à changer la situation. Accepter de vivre une étape difficile demande toutefois un prérequis extérieur indispensable: nous ne devons pas avoir besoin du trading pour vivre maintenant! L’obligation de gains immédiats dans une telle situation de détresse et tout simplement insupportable. Gérer cette étape demande du temps et de la sérénité.

Je vous propose ici un cheminement de pensée et de questions pour vous aider à déposer un poids inutile a votre voyage, pour enfin lâcher-prise de vos peurs et de votre culpabilité.

C’est une méthode américaine qui s’appelle FOG: F comme fears, O comme obligation, G comme guilt

-F comme Fears : peurs

Quelles sont mes peurs, réelles ou imaginaires qui m’empêchent de lâcher-prise?

Cette question vise à comprendre nos mécanismes de peur: la peur de manquer, la peur de l’échec, la peur de la frustration, la peur du jugement (etc…) Nous avons tous des peurs instinctives qui nous servent de protection: la précarité, la baisse de l’estime de soi, l’ennui, le regard des autres (etc…) Tentez de mettre le doigt sur ce qui vous fait peur, c’est mettre à jour un mécanisme de protection. Nos mécanismes de protection sont parfois salutaires (il est bon de les reconnaitre afin d’en tirer le meilleur) et parfois néfaste car ils nous protègent aussi de la réussite.

Cette peur m’est utile car elle me protège de…..?

Une peur n’est pas là par hasard, comprendre en quoi elle est nécessaire aujourd’hui à notre vie, c’est l’accepter et c’est aussi se donner la chance de trouver des alternatives. D’où la question:

Est-ce que je désire garder cette peur? Si oui, combien de temps et pourquoi? Sinon, comment vais-je me protéger sans elle?

Le but étant de trouver une alternative à la peur pour garder le mécanisme de protection, sans garder le ressenti anxiogène.

Exemple : D a peur de manquer, cette peur lui est utile car elle le pousse à faire des analyses qualitatives, a bien gérer sa politique de risque et lui donne de l’énergie pour travailler assidument, malgré tout, il souhaite s’en séparer car cette peur est aussi paralysante et génératrice d’angoisse. Il veut donc rationaliser sa prise de risque de manière pragmatique , avec plus de recul, rester concentré et se dégager, grâce à la constatation de ces bons résultats de cette peur, néfaste.

-O comme Obligations:

Quelles sont mes obligations?

Ai-je des obligations extérieurs (émanant d’un tiers) et intérieurs (vis à vis de moi-même) ? Pas simplement en trading, mais de manière globale? Que suis-je obligé de faire ou d’être? Quel poids j’accepte de mettre sur ma vie et sur mes pensées en terme de “je dois…” La plupart de nos obligations sont porteuses et nécessaires : je dois me lever le matin, je dois manger, je dois être à l’écoute des gens que j’aime ….etc…. Mais les obligations que nous avons sont-elles toutes justifiées et réelles? Voilà à quoi sert cette question

Qui me les a imposées?

Quelles sont les obligations pesantes que je peux lâcher sur les différents plans de ma vie?

Pour quelle raison dois-je accepter ces obligations pesantes?

Lesquelles puis je finalement lâcher car elles m’empêchent d’avancer et que ce sacrifice est réel?

-G comme guilt : culpabilité :

Si je lâche ces obligations, auprès de qui vais-je me sentir coupable? Pour quelles raisons?

Les obligations que vous vous imposez, si elles vous desservent à vous, servent probablement quelqu’un d’autre. Qui? Et comment allez-vous vivre ce changement vis à vis des autres?

Cette culpabilité est-elle suffisante pour garder les obligations parasites?

Si oui, de quelle manière puis-je faire en sorte qu’elles soient moins lourde?

Sinon, comment vais me décharger de ces obligations? De quelle manière vais-je les sortir de ma vie et expliquer aux autres ce que je m’apprête à faire?

Cet exercice, que je trouve personnellement très bien pour structurer une réflexion constructive sur les freins et barrières que nous mettons nous même à notre propre réussite est la base du lâcher-prise.

Gilles Serro dit que pour réussir en trading, nous devons  » créer des certitudes et embrasser l’incertitude”. Je crois que la première phase pour se créer des certitudes et de constater, sans jugement ni complaisance ce qui, dans nos vies et dans nos pensées nous y empêche, et faire le tri.

Cet article est spécialement dédié à Jean-Claude, à qui je souhaite courage et sérénité.
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Math.ber lundi, 04 février 2013 11:20 Posté par math_ber

    Bravo! Très bon article (étant passé par la). Juste préciser que de mettre en place ces mécanismes de questionnement et y trouver des solutions impliquent un investissement personnel à 100%! et meme la, il faut encore bcp de temps, des années surement... ce qui rajoute encore à la complexité de l'exercice... et la on se rend compte que le trading est un art (quand on est gagnant au final bien entendu!).