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Sacha Pouget

Sacha Pouget

J'ai une expérience de 10 ans en salle de marchés chez BNP Paribas, Royal Bank of Canada et Crédit Agricole Cheuvreux. Je me focalise uniquement sur les société de Biotechnologie, qui disposent des plus forts catalyseurs de hausse sur le marché en un minimum de temps. Je m'intéresse plus particulièrement aux sociétés qui disposent d'un Momentum avec un calendrier favorable pour leurs publications d'études cliniques.

Je tire ma performance de ma stratégie de trading parfaitement adaptée aux sociétés de biotechnologie (la stratégie PRE-CATALYSTE), qui m'a permis de multiplier mon capital par plus de 3 en 3 ans (mes clients en sont témoins) tout en ayant un risque maîtrisé. Auteur d'un Livre sur les investissements dans le secteur de la Santé, j'ai développé des méthodes d'analyse et de sélection de valeurs propres à mon secteur. 

Mes modèles d'inspiration sont Paul Tudor Jones et Jean-Marie Eveillard pour l'aspect Gestion – Money management, et les livres de Mike Havrilla "The Ultimate Guide to Biotech Stocks" et de Tony Pelz "The Biotech Trader Handbook" pour l'aspect trading. Mon site internet : http://sachapouget.com/

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Faut-il investir en bourse sur les Medtechs ?

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J’étais convié le 24 Octobre dernier en tant qu’intervenant au pôle Medicen pour discuter des développements dans les dispositifs médicaux (les Medtechs). Alors que de plus en plus de sociétés spécialisées s’introduisent en bourse, qu’en est-il des fondamentaux et des perspectives du secteur ?



Tendance et fondamentaux


Le chiffre d’affaires des Medtechs cotées aux Etats-Unis et en Europe s’est élevé à 340 milliards de dollars en 2012 selon E&Y, soit une hausse de seulement 2% par rapport à 2011. Or, sur 2000-2007, les revenus ont crû en moyenne de 13% par an, puis de 7% sur 2008-2012. Si la croissance s’était maintenue au rythme de 13%, le secteur aurait généré 131 milliards de dollars de chiffre d’affaires supplémentaires, extrapole E&Y. Sur le même principe, on a atteint une période de "sous investissement" : 12 milliards de dollars de R&D n’ont pas été investis sur 2008-2012 (si on fait la comparaison à 2000-2007). 


L’intérêt des investisseurs français dans ce domaine est important. Ainsi, les Metechs ont compté pour 3 des 4 introductions dans la Santé en 2013, 6 des 8 introductions dans la Santé en 2012, et 5 des 5 introductions dans la Santé en 2011. Il faut dire que les fonds levés dans les Sciences de la vie en France sur le marché boursier ont augmenté de 59% en 2012 en valeur (à 146 millions d’euros) par rapport à 2011, et de 15% dans le Capital risque (à 138 millions d’euros en 2012). Et cet intérêt continue de se manifester. La société Medtech (qui est bien le nom d’une société, bizarrement choisi..) fera prochainement son entrée en bourse en tentant de lever 20 à 26,5 millions d’euros.


Le bémol étant pour l’instant une sous performance des titres Medtechs cotés en bourse. La performance a été de 2% en moyenne sur les 6 derniers mois (contre 8% pour le CAC 40), et de 4% sur 12 mois (contre 22% pour le CAC 40).



Les Medtechs ont connu des performances boursières contrastées :



Nom

Perf. 3 mois

Perf. 6 mois

Perf. 1 an

Carmat

-18,61%

-19,64%

-19,59%

Eos

17,30%

25%

39,80%

Mauna Kea

2,90%

-6,60%

-4,80%

Spineguard

24%

22,10%

37,80%

Spineway

0,50%

4,20%

ND

Stentys

-11,25%

-8,90%

-26,80%

Vexim

6,60%

-1,70%

3,10%

Moyenne

3,60%

2,40%

4,20%

CAC 40

5,60%

8,30%

21,80%





On note aussi un intérêt venant de la part des gros acteurs du marché. Sur les 2,5 dernières années, on note 15 rachats de sociétés Medtechs selon le relevé du cabinet d’analyse indépendant spécialisé BioStrategic Research (analyste : Lionel Labourdette).



Rachats de Medtechs sur les 2,5 dernières années :



Medtechs Deals
source: BioStrategi Research


La moyenne de valorisation de rachat (CB / CA) a été de 5,8 fois le Chiffre d’Affaires. Le principal point négatif étant le manque de rachats de sociétés françaises.


Valorisation et multiple de valorisation du CA des Medtechs françaises :


Nom

CA 2012

Valorisation

Ratio CB/CA

Carmat

0,0

425

NS

Eos

9,4

109

12

Mauna Kea

8,8

134

15

Spineguard

3,9

37

10

Spineway

4,7

34

7

Stentys

2,5

101

40

Vexim

2,7

48

18

Moyenne

5,3 (*)

127

17 (*)

(*) : hors Carmat



Mais on note que le ratio CB / CA des Medtechs françaises est 3 fois supérieur à ce qui a pu être constaté lors des rachats récents. Les Medtechs françaises sont donc chères. Sur les 2,5 dernières années, seule 1 société (sur les 9 dont nous disposons de chiffres) s’est faite rachetée avec un ratio CB / CA supérieur à 10 (Trauson racheté par Stryker en Janvier 2013 pour 11,4 fois le CA). Or, toutes les Medtechs françaises, hormis Spineway, ont ratio CB / CA supérieur à 10.



Ce niveau élevé de valorisation des Medtechs françaises se justifie à l’heure actuelle par le stade de développement précoce de ces sociétés, qui est contre balancé par leur forte croissance des ventes. Mais tout ceci devrait se normaliser au cours des 2 ou 3 prochaines années. Lors de la table ronde de Medicen, je revenais sur les atouts des sociétés françaises. Et le principal d’entre eux est sans nul doute leur développement à l’international. Nous avons aussi en France de forts atouts dans les implants et notamment dans le rachis. Que ce soit Implanet, Spineguard, Spineway ou encore Vexim : toutes ces sociétés ont été récemment introduites en bourse avec une expertise reconnue dans ce domaine.



Perspectives



D’après un récent Rapport Vantage et EvaluatePharma, les ventes mondiales des medtechs devraient croître de 4,5% par an entre 2012 et 2018, atteignant 455 milliards de dollars en 2018, contre 349 milliards de dollars en 2012. Johnson & Johnson devrait être le leader incontesté du marché en 2018, avec des ventes en Medtech qui devraient atteindre les 33,4 milliards de dollars. Les dépenses mondiales en R&D des Medtechs devraient croître de 3,9% par an, pour atteindre 26,7 milliards dollars en 2018. Siemens devrait être le premier investisseur mondial en R&D dans le Medtech en 2018, avec un investissement qui devrait atteindre 2 milliards de dollars.

E&Y a souligné dans un autre Rapport récent que le secteur subissait les pressions budgétaires sur les soins de santé, l’ intensification réglementaire et les ressources financières contraintes en raison de la crise. Selon E&Y, les marchés émergents offrent des opportunités pour les Medtechs, mais prévoit que ces entreprises devraient se tourner davantage sur les services, la prévention et les offres permettant de soigner hors de l’hôpital.

Le secteur a levé 29,5 milliards de dollars entre le 1er juillet 2012 et le 30 juin 2013 aux Etats-Unis et en Europe (+1,3% sur un an), dont près des trois quarts par la dette. Toutefois, le capital risque ne représente que 3,5 milliards de $, en baisse de 21% en un an, au plus bas niveau depuis dix ans, tandis que les fonds levés lors d’une introduction en Bourse chutent de moitié à 202 millions de $. En revanche, le mon­tant des augmentations de capital a été multiplié par quatre à 4 milliards de $.


Les perspectives des Medtechs seront soutenues par les données Pharmaco-économiques. En gros, ce que permettra de faire économiser une technologie à un hôpital (typiquement, le séjour d'un patient par exemple). En effet, si les hôpitaux ne sont pas prêts à payer davantage pour une technologie (par rapport à ce qui existe déjà), ils cherchent avant tout à faire des économies. Cette pression sur les prix avantage l'innovation. Tout simplement car l'hôpital et les assureurs regarderont avant tout ce que l'utilisation du dispositif lui permettra d'économiser. En fin de compte, les données médicales (apport pour le patient, bien être) sont certes importantes, mais il y a aussi le facteur Economies que les investisseurs devront scruter avec attention.


Conclusion



On devrait assister au cours des prochaines années à une accélération de la croissance des ventes des Medtechs (avec un doublement). Il se pourrait ainsi que les investisseurs changent de perception vis-à-vis de ces acteurs. Les sociétés spécialisées dans les niches de marché, avec un effort axé dans l’innovation, seront incontestablement les grands gagnants de demain.


Aujourd’hui, les valorisations des petits acteurs français sont importantes. Mais leur fort développement international permettra, d’ici 2 ou 3 ans, d’arriver à maturité. Selon moi, un investissement se justifie sur cet horizon d’investissement.


Mes valeurs Medtechs préférées sont Implanet, EOS Imaging, Mauna Kea et Spineguard.


NB : Je reviendrai prochainement sur les dossiers que je privilégie pour miser sur les Medtechs.



Sacha Pouget
Sur Twitter : @Sachakin

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