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Michel de Poncins

Michel de Poncins

Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et docteur en Économie.

Il est fondateur et président de l'association Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE), qui organise régulièrement à Paris des conférences sur des sujets de société.

Il est administrateur du Cercle Renaissance

Dans ses livres, articles et conférences, il analyse principalement le dirigisme étatique qui est, à ses yeux, le phénomène économique le plus significatif de notre époque.

Michel de Poncins anime aussi deux magazines catholiques sur Internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence. Il pourchasse le gaspillage des deniers publics, qui est pour lui une destruction pure et simple des ressources produites par les gens qui travaillent. Il a écrit un certain nombre d'ouvrages sur ce thème, donnant des exemples de dilapidations montrant les maux que cette dilapidation entraîne, ou montrant la voie d'un redressement possible.

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Haro sur le consommateur

Audience de l'article : 1913 lectures
Nombre de commentaires : 4 réactions

Depuis quelques temps, le monde économique et politique bruisse d'informations sur un futur projet de loi pour soi-disant protéger les consommateurs. C'est en fait, suivant l'usage, un déluge de réglementations qui vont nous être assénées, dans une odeur sulfureuse d'usine à gaz administrative, avec des effets contraires aux buts poursuivis.

Pour comprendre l'origine de ce nouveau tsunami administratif, il faut savoir que nous avons un Secrétaire d'État à la consommation, Frédéric Lefebvre. Pourquoi un tel Secrétaire d'État ? D'abord, c'est une question de partage du butin de la république. Au sein de la « République Fromagère », les victimes-contribuables apportent sans barguigner leur tribut d'une façon permanente et immense, ceci par les prélèvements fiscaux et sociaux que nous connaissons tous. Ainsi se construit un butin annuel dépassant largement les 50 % du PIB. Cela permet donc d'arroser largement tous les camarades, ce qui explique entre autres la quarantaine environ de ministres, sous-ministres ou sous-sous ministres, dont beaucoup sont inutiles.

 

LA CONSOMMATION

Une raison spécifique explique qu'il y ait un Secrétaire d'État à la consommation. Le pouvoir interventionniste est largement pollué par les idées fausses venant de Keynes. L'une de ces idées est que la croissance du PIB serait dépendante de celle de la consommation ; si la consommation augmente, la production finirait par suivre et, après un assez long détour, arriverait à favoriser la croissance du PIB ; cette croissance permettrait, alors, enfin de rembourser les dettes insupportables, d'arrêter les déficits publics et de résoudre les problèmes insurmontables que nous connaissons.

Pour un économiste, ces raisonnements sont totalement faux. La vérité est tout simplement que la consommation détruit la richesse ce qui est normal mais, bien évidemment, ne crée pas de richesse, celle-ci étant nécessaire pour consommer et devant lui préexister.

 

En plus, l'activisme de ce Secrétaire d'État permet, en période électorale, de promouvoir l'idée que le pouvoir en place protègerait le pouvoir d'achat. Nous savons tous que, si le pouvoir d'achat se détériore, c'est très précisément à cause des interventions brouillonnes du pouvoir dans le domaine économique et des impôts et charges créés par le dit pouvoir.

C'est également pour toutes ces raisons qu'il y a un code de la consommation, lequel fait partie de la quasi centaine de codes de natures diverses qui écrabouillent littéralement la population française. Le nouveau projet de loi s'y réfère souvent.

 

LES DETAILS DU PROJET

Présenté au conseil des ministres, il contient 25 mesures, ce qui annonce les plus grandes catastrophes compte tenu des décrets d'application, des circulaires, des contentieux : l'expérience fait penser que l'on se dirige vers un bon millier de pages ou peut-être davantage.

Parmi les mesures présentées comme les principales, s'en trouvent certaines concernant la téléphonie mobile et l'Internet. C'est comme si la téléphonie mobile et l'Internet faisaient l'essentiel de la vie ; le projet prévoit un « tarif social » de l'Internet haut débit. Ce tarif social meilleur marché serait proposé aux 2 millions de foyers vivant avec le RSA ; sans doute a-t-on l'espoir fou en haut lieu que ce tarif donnerait du pain à ceux qui n'en n'ont guère !

Les consommateurs qui refusent les prélèvements automatiques sur leurs comptes sont souvent, aujourd'hui, pénalisés, car les opérateurs facturent des frais pour l'usage des chèques ; cela paraît bien logique, tout développement de l'automatisme étant bénéfique pour tout le monde. Cette logique n'émeut guère les énarques aux manettes ; la pratique sera donc pourchassée, au détriment précisément de tous les clients !

Il se trouve des mesures concernant l'immobilier. Les locataires pourraient obtenir une diminution proportionnelle de leur loyer, s'il apparaît que la surface réelle du logement est inférieure de 5 % à celle mentionnée dans le bail. Nos lecteurs habituels savent bien que, s'il y a des problèmes dans l'immobilier, c'est justement à cause de l'inondation de lois réglementant le domaine ; ce n'est pas une contrainte supplémentaire qui améliorera le marché du logement, seule la liberté permettant de développer le secteur et de résoudre les problèmes quand il y en a.

Une bombe est lançée ; les consommateurs pourront repérer dans les contrats une clause pas nécessairement illégale mais qu'ils jugent abusive et demander au juge de la supprimer. Les économistes et les juristes savent qu'évoquer de prétendus abus est se lancer dans l'incertitude : qui peut définir réellement ce qu'est un abus ?

 

LA CREATION DE RICHESSE

Nous écrivons : « Haro sur le consommateur ». En fait, toutes ces mesures se retournent contre le consommateur, ne serait-ce qu'à cause du déluge de réglementations qu'elles annoncent C'est l'occasion de rappeler que la consommation ne peut se développer que si l'on crée de la richesse et que la seule façon de créer de la richesse est de la libérer.

La liberté permet aux particuliers et aux entrepreneurs de la bâtir, compte tenu des indications du marché. Les entrepreneurs jouent un rôle amplificateur. En effet, un entrepreneur, quel que soit son niveau, rassemble des éléments épars : capitaux, locaux, personnel, fournisseurs, clients, procédés etc. En les rassemblant et en les conjuguant dans la durée, il fait surgir un gisement nouveau de richesse qui n'existerait pas sans lui.

La richesse, alors, permet aux uns et aux autres de consommer ce qu'ils veulent et quand ils veulent, en envoyant de nouveaux signes générateurs d'évolutions éventuelles : c'est le cycle vertueux.

 

Michel de Poncins

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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire balthazar mardi, 14 juin 2011 23:59 Posté par balthazar

    @ Sinclair

    Vous faites erreur

    La legislation sur l'immobilier est un boulet economique d'une ampleur phenomenale

    Il y a de multiples exemples :

    Loi 1948 :
    La loi de 1948, qui permet au locataire un maintient du loyer à un niveau completement en dessous du marché.
    Resultat ? Personne ne veut acheter sauf a prix cassé. Personne ne veut vendre à prix cassé. Le locataire conserve le bien à louer meme s'il n'en a aucune utilité car une occasion pareille ne se présente pas deux fois dans une vie .. A coté d'autres locataires, paient des loyers à prix d'or ... La justice à la francaise...

    La location encore :
    Je ne critique pas la loi de 89 qui permet une certaine stabilité au locataire dès lors qu'il paie (contrairement aux USA où on se fait jeter comme un mal propre meme en payant). Mais dès lors qu'un loyer est impayé c'est un cauchemard pour le bailleur qui perd deux ans de loyers dans le meilleur des cas.
    Parce que la loi cherche trop d'excuses et permet au locataire de mauvaise foi de rester dans les lieux tres longtemps, et il le sait.
    Resultat ? Les bailleurs sont dégoutés. A part quelques pros sans scrupules, les particuliers ont jeté l'éponge. Et tant pis pour les jeunes, les provinciaux, les sans-capital qui doivent obtenir une caution pour pouvoir se loger. Vous devinez que ce ne sont pas les pauvres qui profitent de ce systeme ... pourtant "fait pour eux" par les socialistes ...

    Allez maintenant on continue avec les Robiens, Périsol et autres imbécilités du genre :
    Dejà : on greve les recettes fiscales lourdement
    Ensuite on permet a des petits malins de payer peu d'impots (bien sur seuls les vraiment riches ont les moyens d'en profiter)
    Quand ils ne se font pas escroquer par des plans vereux (demandez à P. Bouvard ce qu'il en pense ..)
    Pour terminer, recemment, on force les acquéreurs a louer pendant une certaine durée. Comme la location ne rapporte pas grand chose (du fait de la loi) tout le monde veut vendre en meme temps à l'issue du programme. Bonne chance pour revendre à bon prix !

    Les HLM :
    On sait tous qu'elles servent à loger les politiciens.
    Mais à part ça ce sont de véritables injustices immobilieres. D'ailleurs on fait la queue pour les obtenir. Car les loyers sont ridicules.
    Cela fausse le marché.
    Resultat ?
    Celui celui qui habite une HLM ne la quitte plus. Du coup, meme constat que pour la loi de 1948.
    Il faut chercher des capitaux à coup de subventions qui sont autant de moins dans l'economie réelle.
    Comme personne n'est vraiment impliqué (ni le bailleur , ni le preneur) ces immeubles sont mal entretenus.
    Ceux qui n'en profitent pas, paient eux des loyers où des mensualtés de remboursement énormes. Ou est la justice ??
    Si les HLM etaient réservées à de vrais necessiteux, mis dehors une fois retrouvé une situation stable, ça se justifierait, mais tout le monde sait que ce n'est pas le cas.

    Les prets à taux zéro, les abattement aux primo-accedants :
    Ces mesures ne vont certainement construire des batiments là où il y a pénurie !
    Du coup, ils donnent un peu plus de cash aux primos accedant qui s'endettent encore un peu plus et font monter un peu les prix .. sans rien résoudre.

    Maintenant expliquez moi en quoi l'interventionnisme peut résoudre quelque chose !
    Quand on voit toutes ces mesures idiotes, contreproductives, comment ne pas être libéral ??