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Michel de Poncins

Michel de Poncins

Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et docteur en Économie.

Il est fondateur et président de l'association Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE), qui organise régulièrement à Paris des conférences sur des sujets de société.

Il est administrateur du Cercle Renaissance

Dans ses livres, articles et conférences, il analyse principalement le dirigisme étatique qui est, à ses yeux, le phénomène économique le plus significatif de notre époque.

Michel de Poncins anime aussi deux magazines catholiques sur Internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence. Il pourchasse le gaspillage des deniers publics, qui est pour lui une destruction pure et simple des ressources produites par les gens qui travaillent. Il a écrit un certain nombre d'ouvrages sur ce thème, donnant des exemples de dilapidations montrant les maux que cette dilapidation entraîne, ou montrant la voie d'un redressement possible.

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COMMUNISME, TOUJOURS VIVANT

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Nombre de commentaires : 11 réactions

L'irruption de Jean-Luc Mélenchon, fort de ses talents et de la richesse que lui donne son statut de député européen, se produit sur fond de drapeaux rouges et de poings levés. Il ne se présente pas directement comme une émanation du PCF ; il est clair, toutefois, qu'il n'est qu'un faux nez. Son programme officiel est un méli-mélo surprenant où la chasse aux riches se trouve en filigrane à toutes les lignes. Le PCF espère bien, suite à son élan, en profiter lors des législatives.

Le résultat final de l’élection présidentielle est inconnu à la date où ces lignes sont écrites. L'hypothèse de ministres communistes dans un gouvernement français n'est pas exclue. Ce ne serait, certes, pas la première fois. Le déserteur Thorez y figura. Sous Mitterrand aussi il y en eût. Le seul « progrès », bien mince, est que, depuis la chute du mur, la direction centrale n'existe plus. L'idéologie demeure néanmoins présente plus que jamais malgré son lourd passé de ruines et de massacres.

Le communisme, en effet, n'est mort qu'en apparence. La Corée du Nord et Cuba sont des sanctuaires. Dans les pays prétendument libérés de l'Europe de l'Est les peuples abasourdis voient leurs anciens bourreaux se prétendre repentis et se saisir par la force des biens de l'État. En Chine, le parti a eu l'adresse de libérer l'économie pour donner du pain et des jeux aux victimes de l'horreur. Cela n'empêche pas le parti de régner d'une main de fer, bien que peu visible, sur toute la société. Dans pratiquement tous les pays, l'idéologie meurtrière imprègne de larges couches des médias et de l'opinion.

 

UN PEU D'HISTOIRE

Le communisme s'est manifesté d’abord en Russie où d’une étrange façon il avait trouvé un terrain d’élection avant de s’étendre comme une marée noire dans le monde entier. Il a tué par la faim des millions de gens en Ukraine ou par les armes ailleurs. Au Cambodge, avec Pol Pot et ses complices, une immense partie de la population fut décimée dans d'atroces souffrances. Il a tué aussi par procuration en donnant la main au nazisme, sorte de frère jumeau lui ressemblant de bizarre façon. De ces deux mains entrelacées est née la deuxième guerre mondiale et sa quantité incalculable de victimes. En Asie, il avait réussi à prendre le pouvoir dans l’immense Chine sous la tutelle impitoyable de Mao responsable de la mort de plus de 70 millions de Chinois. Menteur, criminel, obsédé sexuel, tel était celui que Giscard a salué comme un phare de l'humanité.

Les communistes étaient une fraction importante des hommes de gauche d'avant 1939, qui, en France, ont laissé grandir le nazisme alors qu'ils avaient tous les moyens d'arrêter son ascension. Ces politiques sont, à ce titre, largement responsables de la deuxième guerre mondiale et de tous les massacres dont elle fut l'occasion. Ils ont aidé la victoire du nazisme : désarmement de la France par les 40 heures, grèves, propagande anti-française et multiples sabotages. Après avoir déclaré une guerre qu’ils n'ont pas livrée jusqu’à la trouver « drôle » ; ils l’ont enfin livrée pour la perdre honteusement.

 

LA NATURE DU COMMUNISME

Bien entendu, dans l'espace réduit de ce flash commentant les faits les plus récents et les plus étonnants, il est difficile de résumer ce que des livres multiples ont analysé.

Dans l'analyse, il est tentant de se limiter à l'aspect économique, à savoir le partage de l'argent : il faudrait prendre aux riches pour donner aux pauvres. L'échec est connu et traduit l'impossibilité de l'objectif ; l'argent volé disparaît purement et simplement ; si des bribes subsistent, rien n'arrive aux pauvres. La conséquence est la ruine pour tous, excepté pour les membres du parti.

Dans des pays affamés par le communisme, les magasins spéciaux permettent aux chefs de faire bombance. C'est l'aspect mafieux. Quand, après la chute apparente du communisme, les chefs ont continué le pillage d'une autre façon, le système mafieux a continué.

Dépassons l'aspect économique ;

La vraie nature du communisme est de vouloir créer un homme nouveau en violentant la nature humaine ; cet accouchement au forceps conduit nécessairement au totalitarisme avec ses conséquences comme le mensonge. Soljénitsyne avait bien remarqué que le mensonge était l'un des piliers du goulag contre lequel il s'est tant battu.

Deux faits montrent la nature réelle du communisme.

Le petit Marcel Van est un des plus grands Vietnamiens de tous les temps. Quand les Viets prirent le pouvoir dans le nord, il était rédemptoriste à Saigon. Il se porta volontaire pour aller à Hanoï afin de « montrer que  la vérité pouvait être honorée en terre communiste ». En peu de mois, le pouvoir communiste le rattrapa et le fit mourir. Sa cause de béatification est introduite.

Autres temps : Lors de l''ascension des nazis, le père des deux frères Ratzinger s'était aperçu de la haine de ces nazis pour le catholicisme ; l'observation était juste : dès qu'il eût la totalité du pouvoir, le nazisme engagea la persécution contre l'Église et ce fut la première persécution qu'il déclencha ; les frères Ratzinger la subirent dans le séminaire où ils étudiaient. Les deux grands totalitarismes du XX° siècle « se retrouvent ainsi.

Le plus surprenant est la complicité entre certaines entreprises et les pouvoirs communistes ; nombre de grandes firmes ont financé la fête du journal l'Humanité  et des milliardaires ont subventionné directement le parti communiste. Cette complicité explique en partie le silence de plomb qui a régné longtemps sur les crimes communistes comme, par exemple, le massacre de Katyn. En Chine, des hommes d’affaires se précipitent pour adhérer au parti communiste. Lénine s’y connaissait en hommes et avait remarqué que les capitalistes vendraient eux-mêmes la corde qui les pendrait.

Moins étonnant mais tout aussi significatif se trouve la complicité de la presse. Le gauchisme des grands médias explique bien des désinformations. La prétendue éducation prétendue nationale a parachevé le travail : depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, elle est totalement soumise à des idéologues communistes qui l'ont d'ailleurs transformée en un champ de ruines. L'infiltration des esprits fut largement facilité par le KGB devenu FSB. Le seul vrai succès du communisme fut cette infiltration mondiale.

POUR UN NUREMBERG DU COMMUNISME

Le mardi 16 octobre 2001, il s’est passé un événement de première grandeur pour la France et peut-être bien au-delà. Ce fut sur Arte qui par son statut franco-allemand a parfois de la liberté de parole. Une émission était consacrée au communisme et au goulag. On vit des images horribles des camps de concentration soviétiques. Voici quelques échantillons des commentaires de la chaine : « Le communisme et le nazisme sont une seule et même chose », « Il y a eu génocide au goulag car les communistes voulaient volontairement tuer une partie de la population », « Le goulag est un crime contre l’humanité », « Il n’y a aucune différence entre le stalinisme, le léninisme et le communisme », « Les camps de concentration et donc le crime contre l’humanité sont contenus dans la philosophie communiste ». La conclusion était que la résurgence et la survie du communisme venaient de ce qu'il n'y avait pas eu de Nuremberg du communisme.

En attendant cet événement très éventuel, le droit et même le devoir de chacun est de dénoncer sans cesse cette idéologie meurtrière.

 

MICHEL DE PONCINS.

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11 commentaires

  • Lien vers le commentaire balthazar jeudi, 26 avril 2012 22:03 Posté par balthazar

    @ sgrnsg

    Develloppez votre argumentation svp.
    On (je) ne vous comprend pas

  • Lien vers le commentaire balthazar jeudi, 26 avril 2012 15:01 Posté par balthazar

    Le problème avec le communisme c'est que ceux qui y croient et ceux qui s'y opposent, ne parlent pas exactement de la même chose.

    Ceux qui y croient (et qui nient rarement les attrocités faites - par ailleurs comparables à celles des nazis) disent que le communisme qui a fait naître l'URSS, la Chine, la COrée du Nord, etc .. , n'est pas une application du communisme mais une utilisation du communisme (pas celui de Marx - mais le communisme "idéal") à des fins dictatoriales.
    Et je crois qu'ils ont raison sur ce point.

    De l'autre côté, les opposants au communisme font facilement le raccourcis de dire que le communisme est en lui-même un drame absolu. Ce qui revient à faire un raccourcis d'idée et est donc mal compris ou accepté par ceux qui croient au communisme. Car pour ceux qui y croient, le communisme est synomyme d'entreaide. Donc associer communisme et horreur est en toute logique un non-sens. Ca revient à dire à leurs yeux : "aider, c'est pas bien ...". D'où les frictions.

    Or ce que dénoncent les opposants au communisme sont les moyens pour assurer cette entre-aide : la "solidarité" imposée, qui, elle, conduit effectivement à des abérations voire à des drames.

    Je crois donc qu'il serait plus juste et efficace d'éviter ce raccourcis et de rappeler :
    - que certes, le communisme (de masse) prone l'entre-aide mais dans les faits, il conduit presque toujours à donner le pouvoir à un fou qui commet les pires attrocités. Et que pour le moins, il convient d'être extrêment prudent avant d'avancer le communisme comme une solution,
    - que le communisme de Marx est en lui-même une attrocité puisqu'il veut remplacer une dictature (celle des bourgeois) par une autre (celles des ouvriers). Sans compter que de tous temps on a pu constater que la violence engendre la violence.
    - que les sociétés "communistes" (en fait des sociétés avec une entre-aide directe forte) qui ont fonctionné étaient nomades, très petites et aux conditions de vie difficiles. Pas sûr que nos communistes accepteraient cela.
    - qu'une société sans inégalités n'est pas forcément meilleure à vivre, que ce n'est pas l'égalité qui crée le bonheur, mais plutôt des choses comme l'amitié, l'accomplissement de soi, l'aide aux autres, valeurs qui ne sont pas incompatibles avec d'autres systems politiques

  • Lien vers le commentaire Joseph Pietri jeudi, 26 avril 2012 13:54 Posté par Joseph Pietri

    Excellent article...bien piquant comme je les aime.

  • Lien vers le commentaire pylu jeudi, 26 avril 2012 13:47 Posté par pylu

    Merci Mr DE PONCINS,

    excélente piqûre de rappel, je crains simplement que ce site ne soit pas le bon public: à mon humble avis nous sommes tous convaincu ici... enfin j'espère!
    Continuez SVP de nous abreuver de votre réflextion, en cette période de dizette, l'intelligence est une nouriture rare...