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Rapport du G30 sur le traitement des dettes corporate post-COVID

Audience de l'article : 1429 lectures
Nombre de commentaires : 1 réaction
Pour les anglicistes, je vous invite à lire le rapport du G30 sur comment traiter la dette corporate dans le monde après la COVID.
https://group30.org/images/uploads/publications/G30_Reviving_and_Restructuring_the_Corporate_Sector_Post-Covid.pdf

Le G30, on ne pourra pas me dire que ce n'est pas du sérieux.
Ces gars-là n'écrivent pas n'importe quoi.
Surtout publiquement.

Je ferai ici juste une synthèse de l'annexe B pour les lecteurs non anglicistes: l'analyse de comment la Chine a géré les incapacités des sociétés chinoises à rembourser leurs emprunts (Non-performing loans = NPL)en 1997.

En 1997, la Chine s'est rendue compte que que les NPL allaient représenter 180 milliards de $, soit 20% du PIB (!)
La solution retenue:
  1. Injecter des fonds propres et achat d'obligations des banques --> Nationalisation partielle des banques
  2. Création de 4 grosses bad banques qui ont racheté les NPL au système bancaire, pour le purger.
  3. Emission d'obligations par ces bad banques pour se financer.
    • Ces obligations auraient été achetées par des investisseurs étrangers. Qui va acheter des obligations d'un bad banque pour de tels montants? Une partie a sûrement été achetée par des "investisseurs" étrangers pour la forme et sous l'aimable pression du gouvernement chinois. La gros a été acheté par le gouvernement chinois.
  4. Ces bad banques ont survécu. Bonne nouvelle ! 
  5. Sauf que le coût total de l'opération pour le pays est officiellement estimé dans ce rapport à environ 375 milliards de $ ! A rapprocher des 180 milliards initiaux ! Mais l'économie réelle a été sauvée.

Et maintenant?
La Chine voit un problème de NPL à hauteur de 560 milliards de $ (!)
Une nouvelle bad banque va être créée.


Et si on faisait pareil en France ou dans la zone Euro?
Oui mais euh, la Chine a des excédents commerciaux et des réserves énormes pour éponger tout cela.
Pas la France.

Si on crée la bad banque en France, personne ne croira que les obligations puissent être un jour remboursées.

Donc c'est au niveau de la zone Euro que cela doit être fait.
La BCE peut faire marcher la planche à billers pour sauver cette bad banque.

Le coût à payer est que l'Euro deviendra une monnaie de singe ou même sautera.



Conclusion:

On peut penser que si ce rapport a été rendu public, c'est que des experts très intelligents ont pensé depuis longtemps au problème.

D'où cette insistance à créer des Eurobonds et le revirement allemand sur le sujet.

Si bad banque il doit y avoir, mettons-là dans un no man's land.
  • Soit l'Euro y survit et tout le monde sera content. (ou presque)
  • Soit il n'y survit pas et les pays se seront déchargés de ce fardeau hors de chez eux. Ce ne sera plus le problème d'aucun gouvernement national. On pourra faire un reset monétaire national tranquillou; retour au bon vieux franc.

Qui seront les perdants?
Tous ceux qui détiendront des Euros ou qui auront prêté aux états en Euros.
The good blague.
D'où mon aversion pour les assurances-vie...


Quid des banques françaises?
  • Soit le pouvoir politique est assez fort pour que les banques restent privées
  • Soit il est contraint de nationaliser le système bancaire.
Dans les deux cas, c'est le pays qui paye.
Mais dans un cas les actionnaires de banques s'en sortent.


Quand Macron dit publiquement qu'il sera peut-être amené à faire des choses qui l'empêcheront d'être réélu...

C'est cela ou l'économie réelle qui part en couille.


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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Antoine Capitan lundi, 01 février 2021 15:54 Posté par antoine capitan

    Nouveau stress test pour les banques europeennes est lancé, avec comme element directeur une continuation/aggravation des taux negatifs + contraction de l'économie.....


    ils sont optimistes à la BCE....

    Tout cela va mal finir