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Jérôme Verlaine

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Vous travaillez pour qui au fait ?

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Nombre de commentaires : 2 réactions

Quand nous travaillons, nous créons de la valeur. Enfin la plupart d’entre nous en tout cas. D’autres créent juste du vent, mais ça c’est un autre problème. De cette valeur, une partie va directement dans les poches de votre employeur, c’est la fameuse plus-value aliénée par le patronat selon les théories marxistes. Je dis cela sans aucun jugement de valeur, justement : il est normal que le propriétaire du capital, qui prend les risques en investissant dans une société en retire des bénéfices. C’est la même chose pour l’actionnaire qui reçoit des dividendes.

Ce qui est moins normal c’est la répartition entre la plus-value prise par certains patrons et la rémunération qui est accordée à leurs employés. Et cela est d’autant plus vrai si l’on regarde les augmentations des salaires des hauts dirigeants depuis une dizaine d’année par rapport à celles de la masse, qui ont quasi stagné. On pourrait aussi prendre en compte la progression spectaculaire des dividendes de certaines multinationales. Cependant, les capitalistes ne sont pas les seuls à vous exploiter. Quand votre patron a pris sa marge, il doit payer sur votre salaire des charges sociales qui vont directement alimenter l’Etat. Tout comme votre boss, vous aussi vous êtes redevable charges sociales qui sont directement prélevées sur votre revenu brut.

L’Etat ne s’arrête pas en si bon chemin. Non content d’avoir mangé une partie du revenu de votre dur labeur avant même qu’il n’arrive sur votre compte en banque, il vous taxe encore un impôt sur le revenu. Sans compter que lorsque vous pouvez enfin dépenser le modeste fruit de votre travail, vous devez encore vous acquitter de la TVA.

Étonnamment, les partis politiques s’affrontent entre une vision de droite qui défend la plus-value du patronat et les partis de gauche, qui seraient censés défendre le travailleur, mais qui défendent en fait la part du revenu de votre travail prélevée par l’Etat. Personne ne défend votre part du gâteau, celle que vous avez durement gagné en travaillant.

Si nous soustrayons encore toutes les dépenses qui sont nécessaires à l’acquisition de votre revenu, comme les transports, la nourriture et les vêtements de travail, au final la part de votre salaire qui vous est réellement nécessaire pour vivre se situe entre seulement 30% et 50% de votre rémunération brute. Ce ratio est encore bien moindre si on le compare à la valeur réellement créée par votre travail.

Cela signifie non seulement que vous vous faites légalement entuber, ça on le savait déjà, mais surtout que vous travaillez inutilement la plupart du temps. On dit qu’on ne devient pas riche en travaillant et maintenant on comprend mieux pourquoi. En comparaison, les revenus d’un rentier, qui proviennent de son capital

  • ne sont pas aliénés par le patronat (c’est lui le propriétaire)
  • sont moins taxés par l’Etat (il n’y a pas de charges salariales)
  • sont  généralement nettement moins gourmands en frais d’acquisition du revenu (la gestion pouvant majoritairement se faire depuis son domicile).

Alors, vous travaillez pour qui au fait ?

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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire pylu vendredi, 08 juin 2012 04:22 Posté par pylu

    Le dépeceur de Montréal, le zombie cannibale de Miami: les cas de sauvagerie et de cannibalisme se multiplient. La résurgence du thème de l’anthropophagie nous pousse à nous poser des questions sur la nature de l’Homme en ce début de XXIème siècle. Par Thomas Jamet...





    Le sujet revient sur le devant de la scène et semble nous étonner. Mais comme le rappelait Claude Lévi-Strauss «Nous sommes tous des cannibales. Après tout, le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger.» Ce thème témoigne tout d’abord de la fascination éternelle de l’Homme pour les entrailles, que Jacques Lacan décrivait comme une «réalité impensable, et pour laquelle l’Homme est confronté à une horrible découverte (…) le fond des choses, l’envers de la face, du visage, la chair qui provoque l’angoisse» et du caractère morbide nous rappelant notre propre mortalité.



    L’anthropophagie nous sert d’élément de questionnement sur notre propre rapport à l’animalité: la légende nous dit que le mot «cannibale» vient de «Caniba», nom d’une tribu que Christophe Colomb pensait affublée de museaux de chiens et mangeuse d’hommes. L’anthropophagie symbolise cet affaissement de l’Homme au niveau de l’animal. C’est ce que l’humanité occidentale et chrétienne a vu dans le cannibale : le symbole de l’altérité absolue, le reflet des instincts animaux, de sa propre animalité. C’est l’humanité non-humaine, l’ascension, le reflux vers l’animal faisant fi de toute raison, du Darwinisme ou de la « dignité » humaine théorisée par Pic de la Mirandole. Le thème de l’anthropophagie porte également en son sein un fort relent colonialiste en ce qu’il a souvent servi de prétexte à des massacres et des invasions…



    Il est dans tous les cas un symbole fort et puissant de notre époque contemporaine à bien des égards. Oswaldo de Andrade, fondateur du modernisme brésilien, est l’auteur d’un texte d’une rare fulgurance: Manifeste Anthropophage. Paru en 1928, ce texte dépeint admirablement des convictions fortes qui n’ont rien perdu de leur acuité et qu’il importe de relire avec attention : «N´intéresse que ce qui n´est pas mien. Loi de l´homme. Loi de l´anthropophage», s´est écrié Andrade. «Seule l'anthropophagie nous unit. Socialement. Economiquement. Philosophiquement. Unique loi du monde. Expression masquée de tous les individualismes, de tous les collectivismes.De toutes les religions. De tous les traités de paix.».



    Au-delà de l’aspect provocant, la vision d’Oswaldo de Andrade porte en elle une vision de la culture brésilienne ainsi qu’une critique de l’art du XIXe et début du XXe siècle. Pour lui, c’est le penchant cannibale de l’homme brésilien qui a permis le mélange réussi et l’enrichissement des cultures. Ce syncrétisme, ce grand mash-up humain qu’est la société brésilienne fleure bon la terre, le mélange des cultures et la chair. L’assimilation de tous ces éléments serait ainsi permise par un certain héritage anthropophage qui autorise littéralement à «déglutir» culturellement les autres cultures et à les incorporer.



    Le thème résonne avec nos propres questionnements. Car dans un monde où tout est plus connecté, et interagissant en permanence, le mélange et l’assimilation sont devenus monnaie courante. Notre capacité d’absorption s’est ainsi trouvée brutalement dupliquée depuis quelques années avec le digital. Nous devenons des absorbeurs de culture. Sans même nous en rendre compte, nous déglutissons, avalons, mâchons, régurgitons et cannibalisons d’autres cultures.



    Nous sommes devenus ces zombies digitaux, ces«self eaters» mécanisés qui digèrent une culture globale. Internet est ainsi également l’illustration d’un penchant naturel de l’humanité pour le partage, l’assimilation via «l’absorption» littérale de tous les contenus partagés : photos de famille, activité, goûts musicaux, émotions, désespoirs, rires, futilités… L’intime devient ainsi assimilable, avalable, régurgitable. En «sharant», en nous ouvrant ainsi, nous nous rapprochons très certainement de notre propre animalité.



    Georges Bataille disait du baiser qu’il est le début du cannibalisme. Que dirait-il des réseaux sociaux ?

  • Lien vers le commentaire galiper jeudi, 07 juin 2012 19:14 Posté par galiper

    “Personne ne défend votre part du gâteau, celle que vous avez durement gagné en travaillant”

    En France il y a bien l'association Contribuables Associés, Alternative Libérale et le PLD, mais la parole libérale ne passe pas le filtre de nos médias (sans parler du filtre insidieusement forgé dans nos têtes à l'école pendant des années...).

    On n'est pas sortis de l'auberge.