Vous n'êtes pas membre (devenir membre) ou pas connecté (se connecter)
Contribuables Associés

Contribuables Associés

Créée en 1990, Contribuables Associés est une association de Loi 1901, sans but lucratif (J.O. du 7 mars 1990). 

Contribuables Associés est une association qui agit pour VOUS !
Notre leitmotiv est la chasse aux gaspillages et la maîtrise de la dépense publique !
Nous luttons avec acharnement contre l'oppression fiscale, la gabegie de l'Etat, et pour une gestion économe de l'argent public, l'argent de nos impôts !

Des élus sous surveillance
Nous faisons en permanence pression sur le gouvernement, les parlementaires et les élus locaux sur le bon usage de l'argent public.

Sans nous il n'y aurait pas de contre-pouvoir et les dérives seraient pires...

Une gestion en bon père de famille
Nous sensibilisons les Français à la bonne gestion de l'argent public et encourageons un esprit d'économie dans les dépenses publiques.

Nous luttons contre la bureaucratie : pour une simplification administrative et des prélèvements obligatoires équitables, transparents et faciles à comprendre.

promospeciale

La destruction de l’esprit d’entreprise en France

Audience de l'article : 1361 lectures
Nombre de commentaires : 0 réactions
Sylvia Pinel est en train de détruire le peu qui restait de l’esprit d’entreprise en France. Elle ne comprend pas ce qu’est l’entreprise, ni même ce que veut dire « faire de l’argent ». Sylvia Pinel n’a jamais été autre chose qu’une collaboratrice de cabinet politique avant d’être placée comme député. Du business, de l’entreprise, de la réalité du travail à fournir, de la vente de produits, elle ne connaît absolument rien. C’est cette incompétence et cette incompréhension du monde de l’entreprise que François Hollande a choisi pour être ministre de l’artisanat. Résultat : la destruction pure et simple du statut d’auto-entrepreneur afin de faire payer plus ceux d’entre eux qui font un bon chiffre. C’est ainsi que les Poussins sont tués dans l’œuf…

Le gouvernement affiche avec fierté ses 895.000 auto-entrepreneurs. Le cabinet de Fleur Pellerin, la ministre des PME, y tenait d’ailleurs, car c’était une belle vitrine avec laquelle la France pouvait faire illusion. Mais ce n’était qu’un village Potemkine : derrière les chiffres, la réalité est crue, l’auto-entreprise se réduit comme peau de chagrin.

La réalité de l’auto-entreprise

Regardons les chiffres fournis par l’Accoss, le 28 mars 2013. En 2009, 336.926 personnes se sont inscrites en tant qu’auto-entrepreneurs. La même année 24.263 ont été désinscrites ce qui faisait une perte de 7,2%. Si en 2010, il y a eu plus d’inscription avec 409.926 nouveaux auto-entrepreneurs, 96 038 ont abandonné leur activité ce qui a faisait une perte de 23.42%. L’année 2011 a été la pire jusqu’à l’heure actuelle : pour 315.503 nouveaux auto-entrepreneurs, 209.071 ont été radiés faisant une perte de 66.27%. Ce taux de perte est en partie expliqué par le fait qu’au bout de deux ans la radiation est automatique s’il n’y a pas de chiffre d’affaire. Cependant, en 2012, les choses ne se sont pas améliorées car 322.824 personnes se sont inscrites, 194.129 ont arrêtées, soit une perte de 60.13%.

Alors bien entendu, ces chiffres relativisent l’enthousiasme du gouvernement qui affiche 895.000 auto-entrepreneurs, soit 1 création d’entreprises sur 2. Sauf que l’auto-entrepreneur n’est pas une entreprise stricto sensu, et le chiffre d’affaire fait à partir des auto-entrepreneurs n’est pas extraordinaire : en février 2013, les 894.681 auto-entrepreneurs comptabilisés in France ont généré 1.460 milliards d’euros.

Alors une question se pose : les auto-entrepreneurs font-ils de l’argent ? Car n’en déplaisent aux collectivistes du gouvernement, si l’on se lance dans une affaire, c’est bien pour faire de l’argent, pas seulement pour payer des taxes et alimenter le modèle social français.

Premier élément de réponse : 51,2% des auto-entrepreneurs ne font pas d’argent du tout, zéro euro.  Ce qui montre que lorsque le gouvernement affiche ses 895.000 auto-entrepreneurs comme étant une sorte de preuve que l’esprit d’entreprise souffle sur la France, c’est tout simplement un mensonge. Soyons juste : ce mensonge n’est pas l’apanage du gouvernement socialiste actuel, il a été aussi celui du gouvernement UMP précédent qui aurait bien voulu faire croire qu’il favorisait aussi l’entreprise, ce que les chiffres démentent. En France, un gouvernement reste un gouvernement : son besoin d’argent est intarissable.

Deuxième élément de réponse : les 48,8% restant supposés faire un chiffre d’affaire,  c’est-à-dire 409.764 auto-entrepreneurs, font une moyenne de 3500 euros par trimestre. Cela ferait environ 14.000 euros par an de chiffre d’affaire. Seulement il y a un problème : dans ses statistiques l’Accoss présente le chiffre d’affaire, or ce chiffre ne représente pas ce que l’auto-entrepreneur gagne réellement. Après impôt, sur ce chiffre d’affaire moyen, ce serait environ 8.200 euros annuel qui resteraient dans les mains de l’auto-entrepreneur, à peine de quoi vivre décemment.

Troisième élément de réponse : seuls 6.1%, soit 51.164 auto-entrepreneurs, se sont fait plus de 7.500 euros de chiffre d’affaire au 4ème trimestre 2012. Cette statistique inclue les 26.311 auto-entrepreneurs, soit 3.1% du total, qui gagnent plus de 10.000 euros au trimestre. Mais ces auto-entrepreneurs devront quitter ce statut pour passer sous le régime d’entreprise. Gagnent-ils bien leur vie ? Après impôt, ils se font un peu plus du smic, atteignent peut-être les 2000 euros par mois. Pas de quoi faire rêver.

Le faux chiffre et le vrai chiffre

Le faux chiffre : 839 672 auto-entrepreneurs. C’est le chiffre affiché par le gouvernement lorsqu’il veut présenter sa vitrine pro-business. Mais ce qui nous intéresse c’est de savoir combien d’auto-entrepreneur vivent réellement du fruit de leur auto-entreprise.

Le vrai chiffre : 51 164 auto-entrepreneurs. C’est 94% de moins que le chiffre du gouvernement, mais c’est bien le nombre réel de ceux qui en vivent ou du moins qui arrivent à gagner le niveau du smic après taxes, ou un peu plus. En moyenne, cela fait 12.800 auto-entrepreneurs par an qui font un business viable.

Le coup de matraque                       

La crise est-elle la raison de ces résultats assez faibles et somme toute décevants ? En partie oui, on ne peut pas le nier. Mais surtout, au-delà de la crise, le matraquage fiscal du gouvernement est un facteur de découragement évident. Il suffit de parler autour de soi, avec des chefs d’entreprises ou des auto-entrepreneurs pour comprendre que de toute façon, le principal problème aujourd’hui n’est pas de trouver un business, mais de payer les taxes. Et cela vaut-il le coup de travailler dur pour finalement voir partir la plus grande partie de son revenu finir dans les mains du gouvernement, quelle que soit sa couleur ?

Alors lorsque Sylvia Pinel annonce la réforme prochaine du statut d’auto-entrepreneur, c’est le dépit ! Un auto-entrepreneur qui fait 19.000 euros de chiffre d’affaire deux années de suite devra passer en statut entreprise. L’Etat l’accompagnera, le soutiendra dans son changement, affirme Sylvia Pinel. Et pas d’inquiétude : les cotisations dues lors du changement de statut seront lissées pour être payées plus facilement… Et en plus il faudrait dire merci ? Mais 19.000 euros de chiffres d’affaire, c’est en réalité à peine le smic après les taxes ! Cela ne donne pas de quoi vivre et surtout on ne devient pas entrepreneur pour gagner le smic !

Et que croit Sylvia Pinel : que les auto-entrepreneurs se laisseront plumer ? Qu’ils accepteront ces changements ? Elle pense peut-être que les faire passer en statut entreprise permettra de lever plus d’impôts pour l’Etat. Elle se trompe lourdement. Ce qui se passera est simple : toute personne qui a un vrai business ne se lancera pas en auto-entrepreneur et le statut finira aux oubliettes. Et cette personne-là soit elle rangera son idée dans ses regrets et ne fera rien, soit elle ira faire son business ailleurs. Au final, c’est bien la destruction de l’esprit d’entreprise en France qui est en marche.

Poster un commentaire