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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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Super Mario desserre l'étau

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Nombre de commentaires : 4 réactions

En mai dernier dans un article intitulé Jean Claude Trichet est-il devenu fou, nous expliquions pourquoi à notre sens le mouvement d'augmentation des taux d'intérêts initié à cette époque avait peu de chance de s'avérer durable.

 

La confirmation est arrivée le 3 novembre 2011 avec une baisse du taux directeur de la Banque Centrale Européenne, la BCE.

Son nouveau gouverneur l'italien Mario Draghi a décidé pour son baptême du feu médiatique et sa prise de fonction de baisser de 0.25 points le taux d'intérêt alors qu'il donnera sa première conférence de presse jeudi prochain.

Ce qu'il faut comprendre de cette décision que nous avions largement anticipé c'est que l'Europe et de façon générale l'ensemble des pays dits développés sont désormais tombés dans le "piège des taux bas".

Le meilleur exemple pour illustrer ce phénomène "du piège des taux bas" est bien sur le Japon qui depuis plusieurs décennies maintenant est dans l'impossibilité financière d'augmenter ses taux d'intérêt.

Pour financer non pas le remboursement de la dette mais les simples intérêts de la dette, il est indispensable que les taux soit au maximum proche de zéro. La moindre augmentation met en péril les finances publiques de l'ensemble des nations.

La deuxième raison de l'impossibilité de l'augmentation des taux est qu'il n'y a tout simplement pas de croissance, ni de retour à la croissance, et que là aussi le Japon illustre parfaitement cette situation d'absence de croissance sur le très long terme.

Cette décision est excellente pour l'or. Cette nouvelle est excellente pour les banques qui vont pouvoir augmenter leur marges en se refinançant moins cher auprès de la BCE et en prêtant plus cher à leurs clients (reconstitution des marges). Cette nouvelle est bonne pour les entreprises car en abaissant les taux cela peut permettre à l'euro de baisser légèrement par rapport au dollar donnant un peu d'air à nos exportateurs. Cette nouvelle est excellente pour les emprunteurs à taux variables. Cette nouvelle est excellente pour limiter et accompagner les risques d'une nouvelle récession inéluctable (à laquelle s'attend la BCE) en Europe en raison des plans d'austérité massifs touchant la quasi totalité des pays européens.

Les italiens avaient surnommé Mario Draghi... super Mario! Notre nouveau gouverneur de la BCE n'a plus qu'à annoncer enfin un programme "non conventionnel d'assouplissement quantitatif" pour enflammer les marchés financiers à la hausse. Cette expression barbare signifie simplement que la BCE utiliserait la planche à billet en fonction des besoins. Comme la Suisse. Comme les USA. Comme le Royaume uni.

Le message adressé aujourd'hui par Mario Draghi est une inflexion importante. Nous avons désormais une certitude. Les taux ne peuvent plus monter. Nous attendons pour les prochains mois la mise en marche de la planche à billet. Si les attaques se poursuivent contre l'Italie, ce sera la seule solutions envisageable.

Jusqu'à présent les Allemands refusent totalement cette solution. Si la situation s'aggrave, ils devront accepter le recours à la planche à billets, ou... sortir de l'euro.

La sortie de l'Allemagne de l'euro est le scénario le moins envisagé et pourtant à notre sens c'est celui qui a le plus de chance de se produire.

Ce serait sans doute la meilleure solution pour mettre fin au psychodrame européen.

 

Charles SANNAT

Directeur des Etudes Economiques AuCoffre.com

www.aucoffre.com

 

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4 commentaires

  • Lien vers le commentaire balthazar vendredi, 04 novembre 2011 19:29 Posté par balthazar

    "Oui un scénario probable serait que les pays qui ont dérapé complètement restent dans l’Euro alors que les pays productifs prendraient ... le Mark !"

    > sur le papier ça fait bien, mais vous perdez tout de meme quelque chose de vue : l'intérêt de l'euro n'est pas en soi d'etre une monnaie forte.
    Il est de faciliter un marché commun.
    L'euro fort est un avantage, car le gage d'une economie saine, mais ce n'est pas le but.
    L'intérêt du dollar c'est avant tout son utilisation worldwide et non sa "force" d'ailleurs relative.

    L'allemagne n'a pas forcément intérêt à revenir au mark. C'est seulement si elle devient la vache à traire qu'elle a intérêt à quitter l'euro. Au contraire l'euro la favorise en lui ouvrant des marchés plus difficilement accessible avec un mark cher et fluctuant (cf le franc suisse pour la suisse)