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Vincent Benard

Vincent Benard

Vincent Bénard est analyste à l'Institut Turgot (Paris) et, depuis mars 2008, directeur de l'Institut Hayek (Bruxelles). C'est un spécialiste du logement et  de la crise financière de 2007-2008 (subprimes). Grand défenseur du libéralisme économique, Vincent décortique tous les errements des Etats providence !

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DE GIRO 2

La loi de la jungle, c’est l’état !

Audience de l'article : 2786 lectures
Nature de contenu : Edito
Nombre de commentaires : 1 réaction
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Lorsque l’état oublie ses obligations régaliennes pour “privilégier ses interventions sociales”, ce sont les producteurs honnêtes qui trinquent, et tout le pays qui s’appauvrit !

Vous avez tous suivi l’actualité liée aux transports la semaine dernière: les taxis ont déclenché un mouvement revendicatif violent contre les chauffeurs de la société Uber, et ont agressé plusieurs chauffeurs, détruisant leur voiture.

Pour punir les taxis de ces exactions, le gouvernement… a cédé à toutes leurs revendications, prononçant sans la moindre procédure judiciaire l’interdiction d’Uber Pop et et triplant les effectifs des forces de police consacrées à la lutte contre ces chauffeurs, qualifiés de “taxis clandestins” alors qu’il s’agit d’auto­entrepreneurs dûment déclarés. Sans doute n’y a­t­il aucune autre priorité pour notre police en ce moment…

Bref, l’Etat, en cédant aux taxis, a accordé une nouvelle fois une extraordinaire prime à la violence. Comme le dit fort bien Baptiste Créteur, “Le gouvernement a transmis un message fort – celui de sa faiblesse”.

Il est courant d’entendre les étatistes affirmer qu’une société libérale porterait en elle le germe de “la loi de la jungle”, ignorant qu’une société libérale se doit de sanctionner les atteintes à la vie, à la liberté ou à la propriété d’autrui, qui qu’en soit l’auteur. Mais que penser d’un état qui cède à de nombreux mouvements revendicatifs violents ? N’est­ce pas là la vraie loi de la jungle, bien plus pernicieuse, où les organisations dans les bonnes grâces de l’Etat, où qui lui font peur, peuvent tyranniser ou extorquer les autres ? Et cela ne conduit-­il pas à étendre ces extorsions en dehors des cercles protégés par l’Etat ?

L’état de non­-droit

Depuis plusieurs décennies, la France s'enfonce dans une sorte d'état de non droit​, dans lequel celui qui est plus malin que les autres, dont les intérêts corporatistes sont le mieux défendus, qui est proche du pouvoir, ou qui connaît les faiblesses de l'appareil policier et judiciaire, aurait tort de se gêner pour s'approprier par la contrainte plus que ses simples mérites ne sauraient lui rapporter.

J'ai parlé des taxis, mais les exemples de groupements d’individus obtenant des avantages payés par autrui, par l'intimidation, sont innombrables:

● Les agriculteurs sont connus pour avoir souvent recours au déversement de déchets agricoles dans les cours des préfectures, occasionnant à chaque fois des dizaines de milliers d'euros de dégâts. Ils ne sont jamais poursuivis, naturellement. Par contre, les grosses exploitations sont continuellement noyées de subventions (alors que les petits producteurs peinent à survivre).

● Les associations de squatters n'hésitent pas à violer les propriétés de gens honnêtes et à s'y maintenir à tout prix, usant de toutes les faiblesses de nos lois et de leur application pour y parvenir. Dans le pire des cas, l’Etat leur donnera un logement dans le cadre de l’inepte et démagogique loi sur le “Droit au Logement opposable”.

● Des dockers au syndicat du livre, on ne compte plus les sections syndicales utilisant la violence sur une base régulière lors de conflits à caractère “social”. Et dans nombre d’entreprises, la séquestration de cadres dirigeants, jamais sanctionnée par les tribunaux, est devenue un mode d’action habituel… Et jugé efficace et acceptable par 50% de la population, d’après cet article hallucinant d’un torchon d’extrême gauche.

Etc, les exemples s’accumulent, ad nauseam.

Ces exemples d'état de non droit se multiplient en France dans tous les domaines de la vie. Cela affecte aussi bien notre capacité à pourchasser les fauteurs de crimes et délits, qu'à trancher des litiges de la vie courante. Naturellement, cela ne va pas dans le sens d’une société paisible, harmonieuse et rassurante.

● Ce sont les taux d'élucidation des affaires de cambriolage qui sont au plus bas, les condamnations à des peines courtes qui ne sont plus effectuées faute de place en prison.

● Ce sont des condamnations dont la légèreté frappe l’esprit pour des faits très graves. Ainsi, l’un des auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo, multirécidiviste, n’aurait pu être en liberté au moment des faits si les peines maximales prévues par le code pénal étaient prononcées face à ce profil de malfaisant irrécupérable.

● Ce sont des procédures de 5 ans, 10 ans, qui font planer des hypothèques lourdes sur l'avenir des parties prenantes.

● Ce sont les délits de droit commun, ou financiers, de certains politiques ou de quelques dirigeants de grandes entreprises proches du pouvoir qui sont si peu poursuivis et punis qu'on se demande "pourquoi se gêner" ? Si un Thévenoud peut rester député après des années de fraude fiscale caractérisée, pourquoi rester honnête soi même si on est bien connecté au pouvoir ?

● Ce sont des services (?) publics qui sont gangrenés par ces phénomènes: les syndicats de la SNCM, qui va vers la faillite pure et simple, ont utilisé leurs ferrys comme convois de trafics en tout genre. Et confier un colis à la poste Française n’est pas le moyen le plus sûr de le voir arriver à destination, selon des statistiques grises que la Poste se refuse à commenter.

● Ce sont des cités transformées en zone de non droit par des mafias locales, ou des factions intégristes.

● Etc, etc, etc...

La spirale infernale de la dégénérescence de l’état providence

La responsabilité de l'état est primordiale. En France, l'état a préféré multiplier ses interventions sociales et économiques, au détriment de l'exercice de ses fonctions régaliennes. Des Caisses d’Allocations Familiales aux départements, en passant par les CCAS communaux, ou l’ANRU, des milliards sont déversés dans des actions “sociales” qui n’améliorent aucunement la situation des bénéficiaires. En contrepartie, l’état de délabrement de notre justice (sans parler de sa contamination par l’idéologie socialiste, autre débat…), dont le budget annuel, environ 0.2 ou 0.3% du PIB selon les sources, est parmi les plus faibles de l’UE (et inférieur à celui de la culture !), est indigne d’un pays prétendument avancé.

Lorsque l'état oublie son rôle dans l'application du droit pour se concentrer sur l'interventionnisme économique et social, il engendre un certain nombre d'effet pervers qui s'enchaînent dans un cercle vicieux:

● Plus l'état se donne le pouvoir de redistribuer le fruit d'importantes ponctions fiscales à telle ou telle catégorie, plus il crée d'incitation au lobbying pour appartenir aux catégories bénéficiaires de ces largesses. Il en résulte une prise d'importance excessive du rapport de force entre groupes de pression et détenteurs du pouvoir d'allouer les deniers publics.

● L'expression de ce rapport de force peut dégénérer si la justice se montre incapable de réprimer les violations des droits de propriétés qui en résultent, ce qui conduit des groupes à privilégier l'action violente pour s'approprier des avantages que leur mérite propre n'aurait pu leur procurer. Mouvements pseudo­syndicaux violents, revendications communautaristes extrémistes, terrorisme, prospèrent sur ce terrain fertile.

● Plus ces comportements d'appropriation imméritée par pression collective sur l'état deviennent "légitimes" aux yeux d'une population anesthésiée par leur répétition, voire leur "normalisation", plus l'atteinte violente aux droits de propriété tente un nombre croissant d'individus. "Pourquoi pas moi si cela marche pour d'autres" ?

● L'inefficacité judiciaire vient s’ajouter à ce qui précède pour créer des vocations à la délinquance. L'individu évalue son espérance de gain en fonction des risques encourus, et si cela ne contrarie pas sa morale personnelle, il choisira les voies de la spoliation si elles lui semblent plus prometteuses que celles du travail.

● Et par conséquent, l'appareil policier et ­judiciaire se voit submergé par la constatation de nouveaux cas de violation de la loi, qu'il se donnera de moins en moins la peine de réprimer. La capitulation devant la violence “revendicative”, qui se prétend “sociale”, favorise aussi le développement de la délinquance crapuleuse.

● L’état, se sentant impuissant à simplement faire appliquer la loi, sous couvert de “paix sociale” et d’apaisement, n’osera plus s’engager à bras le corps dans une lutte sans merci contre les groupes “syndicaux” ou mafieux pratiquant l’intimidation. Et tendra donc à favoriser leurs aspirations, au détriment de la société des gens honnêtes. Il devient donc rentable de chercher à s’associer en acquérant un fort pouvoir de nuisance contre l’état, pour faire partie des bénéficiaires de la spoliation générale.

Et ainsi de suite.

Mais cette spirale infernale a un coût​: La crainte pour individu de voir ses droits de propriété bafoués sans possibilité de recours efficace va stériliser sa volonté d'investir, ou de faire fructifier son capital. Dans le domaine du logement, par exemple, cela se traduit par un désengagement croissant des propriétaires du marché de la location. Dans la logistique, cela pousse des entreprises de transport à préférer Rotterdam ou Anvers à Marseille.

L’on peut douter que la publicité mondiale donnée aux tribulations de Courtney Love attaquée dans son VTC, ou que les fermetures de la Tour Eiffel à cause des pickpockets, n’encouragent le tourisme dans les années à venir. Et si une visite de Paris par le comité international olympique pousse ses membres à éviter la capitale lorsqu’elle se porte candidate pour l’organisation de cette manifestation, je vous laisse imaginer comment les patrons de multinationales réagissent à l’idée d’installer leur siège Europe à Paris… Alors que nous aurions tout pour être la destination préférée de monde des affaires si l’on pouvait vivre dans ce pays sans la crainte d’être l’otage de notre vie sociale et judiciaire décadente.

L’appauvrissement par le désordre

Par la faute d'un état qui ne sait plus les faire respecter, l’usage de la violence, individuelle ou collective, devient un mode d'accroissement de plus en plus ordinaire de son patrimoine. La loi de la jungle ? Nous l’expérimentons un peu plus chaque jour, à cause de l’Etat !

En contrepartie, c'est la nation toute entière qui s'appauvrit, celle des travailleurs salariés ou indépendants, celle des artisans, des commerçants, des petits et moyens entrepreneurs, des retraités, des salariés, et de la masse silencieuse des gens honnêtes contrainte de subir en silence cet inexorable déclin des valeurs qui ont fait notre prospérité.

Réduire, voire supprimer, des pans entiers de notre état­providence, et réaffecter une petite partie de ces moyens dans l'efficacité et l'équité de notre police et de notre justice, ne serait non pas une régression, mais une immense source de progrès économique et socia
l.
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Xavier lundi, 06 juillet 2015 09:41 Posté par Xav75

    ATTENTION !!!

    Ayant acheté la plupart des ebooks d'ERIC DAVID, je peux vous garantir que c'est une supercherie, ne tombez pas dans le panneau et ne succombez pas à l'une de ses pseudos promotions limitées dans le temps.

    Il avoue en plus ne pas utiliser les techniques qu'il vend !

    Stop à l'imposture Mr ERIC DAVID !!!

    Comment un site comme aussi sérieux qu'Objectif Eco peut encore se permettre de publier un imposteur pareil ???

    Ah bah oui c'est évident, il ramène du passage sur le site avec ses articles bidons...