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La recherche de rendement pour nos patrimoines financiers est de plus en plus compliquée à concrétiser.

Les banques centrales ont lancé une énorme guerre au cash et à la rente. En clair, plus rien ne rapporte.

Il faut désormais prendre des risques et souvent travailler pour réaliser du rendement avec ses capitaux.

Objectifeco passe en revue toutes les possibilités offertes de placements et les idées d'investissement par rapport à cette problématique

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DE GIRO 2

L'échiquier de la fortune : Mettez la bourse au service de votre patrimoine - Une interview avec l'auteur : Denis de Chamberlanne

Audience de l'article : 1768 lectures
Nature de contenu : Edito
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Denis Péchère de Chamberlanne
Denis de Chamberlanne a fondé et dirige Core Investment, une société d’investissement qui réalise 26 % de rentabilité moyenne annuelle nette depuis 1996, en s’inspirant des stratégies développées par Warren Buffett.

Son ouvrage, L'échiquier de la fortune : Mettez la bourse au service de votre patrimoine, est réédité aux éditions Maxima.

Léchiquier de la fortune


Serial entrepreneur et investisseur dans la valeur, Denis de Chamberlanne a créé, à 26 ans, Artistes en Direct, une agence d’artistes devenue leader en France en 1999. En 2000, il a fondé Proloft, une société immobilière qui gère un parc immobilier en France et aux États-Unis.

Denis de Chamberlanne s’est installé avec sa famille sur la côte est des Etats-Unis. Il vient d’accorder une interview pour Objectif Eco.

Quels ont été les éléments déclencheurs qui vous on conduit à vous mettre à votre propre compte à l’âge de 26 ans ?

De mes 23 à 26 ans, je travaillais pour une banque d’affaires - la Banque Indosuez. J’ai été effaré des argumentaires que je devais sortir à mes clients.

A 26 ans, j’ai décidé de me mettre à mon compte. J’ai voulu mettre sur pieds une société loin du secteur des banques d’affaires. J’ai créé Artistes en Direct, une agence qui facilite la mise en relation directe des talents du monde avec leur public. Et j’ai utilisé les procédures rigoureuses de mon premier job pour ce secteur très éloigné de l’industrie financière.

Niveau investissement, votre mentor est Warren Buffet. Quelles approches stratégiques vous séduisent le plus chez cet investisseur ?

J’aurais bien voulu connaitre Warren Buffet et ses stratégies avant…

Warren Buffet n’est « que » le génial applicateur de son mentor : Benjamin Graham.

Graham excellait dans l’art d’investir sans grosse prise de risque. Il a appris la patience – il a tout perdu lors du krach de 29 – avant de se refaire. Du coup, ce père de l’analyse financière mettra méthodiquement en place le principe d’investissement dans la valeur.

Graham fait allusion au marché de manière imagée avec sa géniale allégorie. Le marché est vu comme un être irrationnel, qui peut essayer de vous faire acheter des actions au mauvais moment, comme il peut proposer des placements sous-évalués.

Pour ceux qui veulent se lancer dans la voie de l’investissement en bourse, quels types d’outils techniques - ou non - jugez-vous indispensables à avoir dans sa boite à outils ? Les indicateurs techniques, genre moyenne mobile à 200 jours et autres chandeliers japonais, cela vous parle ?

Non, car j’ai une approche comptable. Ce que je sais faire, c’est lire un bilan comptable. Ce n’est pas très sexy mais je reste sur ce que je sais faire.

Ce que je regarde, c’est la valeur comptable d’une société : la net asset value [NAV, la valeur liquidative en français} et je la compare aux cours de l’action. C’est du bon sens. Si une action à une net asset value supérieure à son cours boursier, c’est signe qu’elle est sous-évaluée.

C’est une approche de la bourse qui repose sur l’analyse fondamentale et le long terme. C’est le principe d’investissement dans la valeur : acheter la quantité quand le prix proposé est largement inférieur à la valeur intrinsèque.

En appliquant méthodiquement le principe de l’investissement dans la valeur, et avec très peu de transactions – avec seulement 3 achats et 2 ventes en 6 ans – j’ai réalisé un rendement annuel moyen de 25,2% entre 2007 et 2008. Le tout dans une période marqué par les crises – notamment celle des subprimes en 2008.

Les média et certains investisseurs ont annoncé la fin du capitalisme, etc… Du pur irrationnel. Moi, j’y voyais des opportunités.

Quid des cours des métaux précieux déconnectés de leurs valeurs intrinsèques ?

Je ne suis pas un spécialiste de l’or mais j’ai des personnes de mon entourage qui s’y intéressent. L’or est à part. Je suis comme Warren Buffet, je n’achète pas d’or. L’or a peu d’applications au final (par rapport à l’argent).

Plus largement, dans mes placements, dès que cela sort de mon domaine de compétence, je reste lucide et je n’y touche pas. Ce que je sais faire, c’est lire un bilan comptable mais pas tous les bilans. Et les bilans que je sais lire, sont ceux de mon domaine de départ : le secteur des banques d’affaires.

Warren Buffet a expliqué que si l’on pouvait prendre tout l’or du monde, cela remplirait un cube de 30 mètres de côté. Au cours actuel de l’or, on pourrait acheter toutes - et pas seulement une partie - les terres agricoles des Etats-Unis. En plus, on pourrait se payer GE – General Electric–, et garder des milliards de dollars en cash.

Ou alors on pourrait avoir un gros cube d’or. Lequel choisiriez-vous ? 

Sérieusement : toute les terres agricoles des Etats-Unis, plus GE qui est non seulement énorme - mais super profitable !

Aujourd’hui, si vous aviez à nouveau 20 ans dans quoi vous lanceriez-vous ? Vous miseriez sur l’entreprenariat, ou mettre un pied dans les placements boursiers ?

Je commencerais par l’entreprenariat et les placements immobiliers. Car votre question sous entend : un jeune sans capital de départ.

Avec l’immobilier, les banques vous suivent plus facilement. C’est comme ça que j’ai commencé. Quand j’ai monté ma société d’investissement immobilier, ce n’était pas pour faire des coups : revendre et faire une plus-value.

J’ai investi pour garder. J’ai constitué un parc immobilier partagé entre la France et les Etats-Unis. C’est du long terme, c’est de l’investissement dans la valeur encore une fois.

Vous habitez les Etats-Unis. Objectif Eco met fortement en avant le thème de l’expatriation. C’est avant tout un choix de qualité de vie, un constat d’entrepreneur déçu par le système français, des raisons fiscales conjuguées à un climat peu favorable aux entrepreneurs ?

J’adore la France. Pour moi, c’est le plus beau pays du monde. On peut le traverser pratiquement en une journée et voir des montagnes, des océans…

C’est le pays de l’art de vivre. Dans ce domaine, nous sommes les n°1 au monde.

Mais niveau business, les Etats-Unis est le pays de l’entreprenariat. C’est une question de mentalité. Ici, même avec une boulangerie on gagne bien sa vie. Entreprendre, c’est bien vu.

Les Etats-Unis sont favorables aux entrepreneurs. Le seul regret, c’est de ne pas m’y être installé plus tôt.

Quelles sont vos activités d’investisseurs ou d’entrepreneurs aujourd’hui ?

La liste est longue. Mais grosso modo par secteur, j’ai toujours mon agence d’artistes en France, ma société Proloft qui gère un parc immobilier, et mes placements.

Je viens égalent d’investir dans plusieurs dry cleaners [nettoyage à sec]. Encore une fois, j’ai acheté un bien, un placement physique en-dessous de sa valeur intrinsèque. En plus, je gère maintenant des équipes de Cubains - et c’est passionnant.

Etes-vous pessimiste ou optimiste quant à l’avenir de l’économie planétaire ? Pensez-vous à une reprise, à des marchés baissiers persistants ou en tout cas volatiles et erratiques à causes du facteur « peur » ? Pensez-vous que nous nous dirigeons vers une économie sans (ou à très faible) croissance engluée dans une crise pseudo déflationniste comme certains l’annoncent ?

Personne ne peut prédire ce que sera l’économie mondiale dans un, deux ou six mois. Personne.

Ce que je constate, c’est que l’univers est en expansion.

Sur la planète, au final, très peu de terres sont exploitées – et c’est tant mieux. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il y aura encore de la place pour des opportunités. C’est comme pour les dry cleaners : Les gens auront toujours besoin de laver leurs vêtements.

Un conseil de lecture ? Quel livre de chevet recommanderiez-vous ?

La biographie officielle de Warren Buffet. Celle écrite par Alice Schroeder : The Snowball. En français, L’effet boule de neige.

J’aurais bien aimé la lire à 20 ans… mais elle est sortie bien après.
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