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Michel de Poncins

Michel de Poncins

Ancien directeur de société, Michel de Poncins est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, et docteur en Économie.

Il est fondateur et président de l'association Catholiques pour les Libertés Économiques (CLE), qui organise régulièrement à Paris des conférences sur des sujets de société.

Il est administrateur du Cercle Renaissance

Dans ses livres, articles et conférences, il analyse principalement le dirigisme étatique qui est, à ses yeux, le phénomène économique le plus significatif de notre époque.

Michel de Poncins anime aussi deux magazines catholiques sur Internet : Tocqueville Magazine et Radio Silence. Il pourchasse le gaspillage des deniers publics, qui est pour lui une destruction pure et simple des ressources produites par les gens qui travaillent. Il a écrit un certain nombre d'ouvrages sur ce thème, donnant des exemples de dilapidations montrant les maux que cette dilapidation entraîne, ou montrant la voie d'un redressement possible.

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LA MARGE DE MANOEUVRE

Audience de l'article : 2555 lectures
Nombre de commentaires : 6 réactions

La campagne électorale sera achevée quand ces lignes paraitront et sans que l'on sache le vainqueur à l'heure où elles sont écrites. Elle nous a offert un spectacle irréaliste. Des chiffres faux pour la plupart ont éclaté avec pas mal d'injures : menteries dans le brouillard. La crise fut invoquée car elle empêcherait de faire mieux. Les promesses intenables n'ont pas manqué en particulier sur le plan des économies et parfois sous une forme incantatoire. Ces promesses ne sont pas tenables à cause des candidats eux-mêmes qui, dans leur vie publique, ont montré maintes fois qu'ils étaient drogués à la dépense publique.

En fait, le futur président disposera d'une marge de manœuvre considérable s'il veut bien s'en servir.

Dans le système énarcho-socialiste en vigueur depuis des décennies et, ceci, quelle que soit la couleur apparente des gouvernements il n'y a jamais de marge de manœuvre : l'argent coule de source par des impôts et charges ; les dépenses s'enchainent sans limite. Aujourd'hui les prélèvements publics représentent grosso modo 56 % de la richesse nationale ; ce pourcentage donne la meure de la marge de manœuvre

Cette marge existe d'abord dans les dépenses publiques qu'il faut détruire.

Il s'agit bien de détruire et non pas de simplement diminuer. C'est le moment d'évoquer la suppression d'un fonctionnaire sur deux. En apparence judicieuse cette méthode n'est pas la bonne ; les salaires et avantages des fonctionnaires ne sont qu'une partie du problème.

L'essentiel se situe dans tout l'environnement : bureaux parfois en forme de palais, équipements, statistiques publiques et privées, flots de règlementations meurtrières pour les entreprises, etc. Détruire les dépenses c'est les couper à la racine et empêcher qu'elles reviennent.

Il faut évidemment commencer par les dépenses les plus ridicules, les plus idiotes et elles sont immensément nombreuses.

 

DES EXEMPLES

Voici des exemples : 

La mode des observatoires s'est accélérée dans les années 1998. Comme rien ne peut jamais marcher dans les services prétendument publics, il arrive toujours un moment où l’on crée un observatoire en vue de mieux observer la catastrophe et d’enrichir un ou plusieurs camarades inoccupés . Voici une liste nécessairement trop courte et incomplète : l’observatoire de la démocratie, du pacs, des retraites, de la parité, des prisons, des salaires, de l’endettement des ménages, de la laïcité, des drogues, de l’accès aux soins, de l’Anpe, de l’enfance, de la mondialisation. Peut-être, dans ce désordre, existe-t-il un observatoire des observatoires !

Passons aux missions. Christinne Boutin qui était en panne fut chargée d'une mission sur la « mondialisation et ses conséquences sociales ». La mission est totalement inutile. La mondialisation est un fait extrêmement ancien dans l'histoire des hommes et, si elle comporte des aspects nouveaux, la France a une grande quantité de fonctionnaires qui auraient pu l'analyser sans dépenser davantage. Une fuite se produisit sur le montant extravagant de la rémunération attachée. Elle eût l'élégance de renoncer au pactole ; motus, cependant, sur les avantages indirects qui forment toujours des territoires inexplorés. Conservant la mission, elle disposait de trois salariés de très haut niveau ce qui implique une formidable pyramide : collaborateurs subalternes, locaux, dépenses adjacentes comme des voyages sympathiques puisqu'il s'agit de mondialisation, réceptions etc. Aucun calcul n'est possible sur la dépense correspondante. Michel Rocard dispose du train de vie princier d'un ancien premier ministre ; il a trouvé le moyen de se faire nommer « ambassadeur pour les négociations dans les pôles ». Cette luxueuse fonction implique aussi tout un environnement avec une pyramide de personnel. Elle doit gêner énormément les nombreux diplomates en charge de ces problèmes, s'il en existe, et capables de les gérer.

Ce scandale des missions est à rapprocher de celui des « rapports » que produisent les assemblées parlementaires et qui répondent au même objectif d'enrichir les camarades. Sur Internet, l'on peut lire plus de 8000 rapports produits par l'Assemblée nationale et dont personne n'a évidemment aucun besoin réel. Sénat, Conseil Économique, Social et Environnemental, fabriquent aussi leurs rapports. Tous les rapports de toutes ces assemblées sans exception sont des causes de ruine. Ce fut le cas du rapport commandé à Madame Tiberi par le Conseil Général de l'Essonne : « Réflexions sur les orientations du Conseil Général de l'Essonne en matière de coopération décentralisée » : que les intellos comprennent !

L'on pourrait évoquer les subventions innombrables qui atteignent des milliards. Elles servent souvent au bon plaisir des décideurs. Plus grave : beaucoup sont là pour enrichir les camarades qui président aux associations bénéficiaires. N'omettons pas les hauts comités et les hauts conseils ; sauf erreur, il n'y a pas de bas comités ou de bas conseils !

 

UN CERCLE VERTUEUX

La suppression des dépenses entraînerait tout de suite le cercle vertueux car elle permettrait la suppression d’un ou plusieurs impôts. Là aussi il ne faut pas évoquer la simple réduction des impôts : si un impôt est seulement réduit, il renaîtra un jour de ses cendres. Inversement, la suppression totale d’un seul impôt aurait des effets multiples, à commencer par la disparition des bureaux s'en occupant, des formalités, des contentieux et de la paperasse. La visibilité étant forte, les conséquences le seraient également. Par ricochet, la richesse augmenterait. Les impôts restants verraient leur rendement s’accroître par un effet induit bien connu et observé dans tous les pays qui ont supprimé des impôts. Cet effet élargirait à nouveau la marge.

Le cercle vertueux n' en finirait pas de se dilater. Bien sur il faudrait aborder , ensuite, des chapitres plus difficiles que les dépenses les plus inutiles mais le goût de la liberté, du travail et du profit reviendrait. Le chômage régresserait et redonnerait du mou aux ressources.

En attendant et quel que soit le résultat de l'élection la marge de manœuvre est là. Si personne ne la réveille, ce sera une belle endormie. Il n'existe pas de salle de dégrisement prévue pour les drogués de la dépense publique et de ce fait un scénario à la portugaise n'est pas exclu.

 

P-S : Depuis que ces lignes ont été écrites Hollande a été élu. En relisant, il n'y a rien à changer.

 

MICHEL DE PONCINS

 

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6 commentaires

  • Lien vers le commentaire yves vendredi, 11 mai 2012 19:47 Posté par yves

    Bonsoir, je vous fais part de mon courrier envoyé à l'instant à François qui déménage Rive Droite semaine prochaine.

    François,

    Je suis admiratif devant ton patrimoine qui nous a été publié ce jour par les médias, que c'est beau :
    http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/le-patrimoine-de-francois-hollande-publie-au-journal-officiel-11-05-2012-1995113.php

    Toi, diplômé de HEC en 1975 , voilà donc ta brillante réussite après 37 ans de dure carrière, assez généreusement financée par les contribuables tout de même :
    - 1 maison de 130 m2 à Mougins (+ piscine pour les enfants) et 2 appartements à Cannes.
    - une épargne d'un montant astronomique de 3500€ sur une Assurance Vie
    - pas de Livret A et LDD (t'as raison, aider le logement social et le développement durable, c'est pour les imbéciles d'écolos socialistes)
    - RIEN en création d'entreprise (t'as raison, ne prends pas de risque et en plus c'est fatiguant à moins de trouver un bon gérant)
    - RIEN en épargne publique (PEA, SICAV) partagée avec les citoyens français (là encore je te donne raison surtout avec les remous de la bourse depuis 12 ans)

    La France a un déficit public annuel de 120 milliards comme tu l'as bien rappelé sans faire d'erreur à Sarko lors du débat télévisé (t'es fort avec les chiffres toi, c'est vrai qu'avec la gestion de Tulle, on progresse vite). Bref, moi j'ai pris ma calculette et j'en déduis que ton pays perd 3800€ à la seconde, le tout de plus en plus financé par l'Asie puisque la Balance Commerciale de la France est également de plus en plus déficitaire (environ 70 milliards / an). Ton épargne probablement placée en obligations françaises, va permettre à l'Etat Français que tu adores de (sur)vivre 1 seconde de plus. Si seulement tous les français faisaient autant de sacrifices que toi, il n'y aurait plus de crise.

    Allez, bon déménagement et bon voyage à Berlin mardi.
    Tu verras, Angela est sympa, c'est encore la seule avec toi à défendre l'€RSS, vous devriez donc bien vous entendre.

    Un électeur et contribuable normal. Yves

  • Lien vers le commentaire pylu jeudi, 10 mai 2012 07:35 Posté par pylu

    indiscutablement vrai