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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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L'ETAT ET L'ECONOMIE

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Nombre de commentaires : 9 réactions

Seul l'Etat possède la force, les armes. C'est normal dans un Etat constitué, qu'il soit démocratie ou dictature. Si les armes et la force sont libres, il n'y a plus d'Etat, il y a des bandes armées.

Ce pouvoir des armes est si puissant qu'il peut tout imposer. L'histoire de l'humanité prouve que ce pouvoir n'hésite pas à s'approprier les autres pouvoirs, secondaires, qui lui paraissent complémentaires ou concurrents possibles. C'est ainsi que pendant des siècles l'Etat s'est approprié le pouvoir spirituel, à travers l'obligation de la religion unique et la maîtrise de l'organisation religieuse.

Le pas de géant de l'Occident fut d'analyser et d'imaginer la nécessité de la séparation des pouvoirs. A une époque ou l'économie était encore majoritairement agricole, la séparation des pouvoirs et la propriété individuelle des sols fut un formidable moteur de croissance pour l'Occident. C'est ce moteur, mis tout neuf à sa disposition, qui fit des Etats-Unis la puissance qu'elle est devenue à la fin du 19° et au début du 20°.

Puis, vint l'exponentiel développement du pouvoir économique, d'abord à travers l'industrie, puis la distribution, puis son alliance avec l'invention scientifique. Au début le pouvoir économique fut laissé relativement libre, parce que rien ne laissait supposer qu'il supplanterait tous les autres pouvoirs. Très rapidement l'Etat trouva le pouvoir économique  contrariant et n'eut de cesse de le soumettre. Aujourd'hui, il est soumis. Mais de la même façon que la liberté de penser s'étiole sous le joug du pouvoir des armes, du pouvoir politique, l'économie s'étiole sous le même joug.

Il n'y a pas à entrer dans des considérations ou analyses comparées. Qu'il soit appelé "capitalisme-régulé" ou "socialisme-éclairé" la prise en mains du pouvoir économique par la force des armes du pouvoir politique est mortifère pour lui.

Nul besoin d'analyser.

Comme nos grands-parents ont imposé la séparation de l'église et de l'Etat, qui permit l'éclosion de la pensée libre, la suppression de la censure, les formidables progrès de la démocratie, nous devons imposer la séparation de l'économie et de l'Etat. C'est vital.

Nous devons donc soumettre Bercy, les Inspecteurs Généraux des Finances qui en sont les mercenaires et organisateurs en chef, la Caisse des Dépôts, les entreprises nationalisées. La séparation doit être complète entre ces deux pouvoirs, celui du politique armé et celui de l'économie.

Il sera temps ensuite de réguler les excès éventuels du pouvoir économique libéré, si cela s'avère nécessaire, mais rien n'est moins sur. D'aucuns pensent, et je ne suis pas loin de les rejoindre, que le pouvoir économique possède les automatismes nécessaires à son équilibre, par le jeu de la concurrence qu'il inclut évidemment. Tout comme la liberté de penser n'a pas généré l'épanouissement des seuls interdits, la liberté économique ne favorisera pas préférentiellement ses défauts. Cela me parait acceptable comme hypothèse.

L'avantage de la séparation de ces deux pouvoirs, c'est qu'elle peut se faire, comme la séparation de l'Eglise et de l'Etat en son temps, sans effusion de sang, sans violence, démocratiquement.

Il nous suffira de voter pour le candidat qui la proposera. Attendons… patiemment.

Cordialement. H. Dumas

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9 Commentaires

  • Lien vers le commentaire jennifer29 mardi, 28 février 2012 16:34 Posté par jennifer29

    Très bon billet qui plus est agréable à lire. Au plaisir de vous relire.

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  • Lien vers le commentaire Henri Dumas mercredi, 22 février 2012 11:00 Posté par Henri Dumas

    Bonjour,
    Votre citation de Jefferson est à inclure dans son contexte. Quant aux suisses, ils sont armés, mais c'est l'Etat qui possède les cartouches. Cependant, sur ce sujet la discussion est effectivement possible. Pour le reste je trouve votre position sympathique. Cordialement. H. Dumas

  • Lien vers le commentaire Henri Dumas mercredi, 22 février 2012 09:42 Posté par Henri Dumas

    Bonjour Fucius,

    Effectivement, pas de point de rencontre possible. Je ne suis preneur d'aucune organisation ou solution définitive.

    Je crois la vérité et le pouvoir ponctuels. Chaque situation nécessite la recherche des deux, recherche que je ne souhaite confier à aucune structure.

    Il ne me déplait pas de me définir comme un maillon de l'humain, composé à part égale d'un individu et d'une partie indissociable du groupe. Vous pouvez qualifier ma quête d'humanité, évidemment perpétuelle, d'utopique, le mot ni ne me choque ni ne m'inquiète.

    Je n'ai pas le vertige du néant et donc nul besoin de la rambarde d'une solution imposée. Les solutions de ceux qui nous ont précédé ne peuvent s'appliquer à notre futur, même si je peux comprendre l'intérêt personnel de les parcourir.

    Là sont à la fois le problème et le défit, le passé de l'homme ne suffit pas à la construction de son avenir, sans cette loi, le christianisme, par exemple, n'existerait pas. Inutile donc de se battre à coup de références.

    Bien cordialement. H. Dumas

  • Lien vers le commentaire fucius mercredi, 22 février 2012 03:31 Posté par fucius

    " je suis attiré par l’universel. Je préfère donc la justice qui peut avoir l’ambition de l’être à la morale qui n’est que sociale."
    Je ne comprends pas votre distinction entre justice universelle et morale sociale. Une morale, ou une anthropologie si vous préférez, est à la base de toute société humaine. La justice en est un aspect, à moins qu'elle ne désigne l'emploi de la coercition pour en combattre l'irrespect.
    L'Histoire ou le débat politique montre amplement que l'idée d'universalité en matière de morale ou de justice est creuse.

    Voyez seulement le débat entre propriété collective ou individuelle: Il n'a jamais été et ne sera jamais tranché. La raison permet tout au plus, avec Bastiat, de démonter des sophismes.

    "Je ne peux approuver la force entre les mains du pouvoir spirituel."

    Fort bien, mais cette idée est vaine si vous ne pouvez la faire partager.
    Le paradoxe de l'individualisme, c'est qu'il doit être le choix collectif. Vous ne me semblez pas accepter ce fait. Dès lors, vos raisonnements sont voués à rester abstraits.
    Bastiat disait aussi qu'il faut prendre l'homme tel que Dieu l'afait, et non tel que nous eussions voulu qu'il le fît...

    Je ne vois pas comment réaliser votre objectif autrement qu'avec une autorité spirituelle, donc morale, antérieure et supérieure à l'État mais extérieure à lui, et à l'emploi de la force, de par ses propres dogmes.

    La spiritualité donne la morale qui permet la société et fournit le socle de ses institutions (ainsi en Occident chrétien on les fonda sur les droits humains, alors qu'en terre d'islam c'est sur la charia).

    L'autorité morale reste nécessaire même après que les institutions ont été formalisées, car leur solidité et leur pérennité repose sur la permanence et l'inflexibilité de l'absolu moral qui les fonde et les justifie. Tout se tient.

    Lorsque l'État devint indépendant de l'Église, ayant sur elle l'avantage de la force, il l'évinça pour s'arroger ses prérogatives.
    Ce faisant il est graduellement devenu l'autorité morale, donc spirituelle; la "séparation de l'Église et de l'État" mène donc à ce que vous voudriez éviter: la spiritualité est entre les mains du pouvoir temporel, autrement dit la force est entre les mains du pouvoir spirituel.

  • Lien vers le commentaire Henri Dumas mercredi, 22 février 2012 00:37 Posté par Henri Dumas

    Bonjour Fucius,

    Je respecte votre pensée. En ce qui me concerne je suis attiré par l'universel. Je préfère donc la justice qui peut avoir l'ambition de l'être à la morale qui n'est que sociale.

    Je ne peux approuver la force entre les mains du pouvoir spirituel. Mais, je respecte le pouvoir spirituel comme les autres, sous réserve qu'il soit limité à sa sphère. Son épanouissement, comme pour tout pouvoir qui n'est que convention de groupe, doit être consenti et non subi. J'espère être globalement libéral, sans évidemment être favorable à l'anarchie. En tout, l'essentiel est le consentement qui suppose le libre choix.

    Je cherche à trouver un ordre au désordre, sans l'imposer. La séparation des pouvoirs me parait un bon début. Une attitude qui peut être qualifiée de simpliste, tant il est plus facile de mettre en avant la multitude de liaisons entre toutes choses. Bien cordialement. Henri Dumass

  • Lien vers le commentaire fucius mardi, 21 février 2012 22:34 Posté par fucius

    Par ailleurs, voter vision de l'État comme détenteur du monopole de la coercition est purement chrétienne.
    En effet Jésus ne contraint pas.
    On ne châtie pas au nom de son Dieu, depuis qu'il a dit, entre autres, "que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre".
    Il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César. L'absolu au premier, le temporel, et la contrainte, au second.

    L'islam nie radicalement l'État, puisque les imams peuvent rendre des fatwas de mort exécutables par tout bon musulman, où que ce soit. La plus parfaite négation de l'État.

    L'État laïque moderne n'est pas dissocé de la religion mais il en est le centre. Quand il reconnaissait l'autorité morale et spirituelle de l'Église, il y avait séparation du régalien et du spirituel. MAintenant qu'il définit la morale, il y a fusion. ON ne peut pas dissocier morale et spiritualité.

  • Lien vers le commentaire fucius mardi, 21 février 2012 22:28 Posté par fucius

    Vous souscrivez à la vision laïciste et "officielle" de la séparation de l'Église et de l'État, qui est franchement irrationnelle.

    En fait le divorce entre l'État et l'Église a signalé la prise en main par l'autorité régalienne de la sphère d'influence de l'Église, soit la morale et ses prolongements naturels que sont l'instruction et la santé (par la charité).

    Avant la séparation entre exécutifs, législatif et judiciaire (dont Yvan Blot montre à quel point elle est purement théorique sans la démocratie directe), il y avait celle entre les sphère d'autorité de l'Église et de l'État.
    Or la prétendue "séparation entre l'Église et l'État" fut une éviction de l'Église au profit de l'État.
    La conséquence en est que l'État a maintenant autorité sur la morale, ce qui est d'une portée incalculable et explique probablement les dérives qui vous chagrinent.

    Une mise en relief de l'histoire du libéralisme dans celle de l'humanité ne laisse aucun doute sur la paternité chrétienne sur ces idées, ou du moins sur leur domination.
    L'examen attentif des idées confirme amplement ce constat empirique.

    Vous vous désolez des conséquences dont vous chérissez la cause.

  • Lien vers le commentaire pascal lundi, 20 février 2012 19:56 Posté par pascal

    Si vous donnez à choisir au peuple entre deux besoins:

    -la liberté (économique, politique, du travail, de l'épargne, de conduite sur la route, etc) avec tous les RISQUES qui vont avec (se faire arnaquer, perdre ses économies, son emploi, etc)

    - la PROTECTION (contre les escrocs, les chauffards sur la route, les plus malins que soi, les puissants, la maladie, la perte d'invalidité, etc)

    soyez assurés que les gens choisirons la protection et tant pis pour les libertés.

    Les partis traditionnels rivalisent donc de promesses de protection en tous genre, et de privations de liberté (les radars, l'encadrement fiscal, les milliers de lois et réglements sur tout).

    La France a été créée pour la liberté, l'égalité et la fraternité, elle est devenue le pays de la protection, l'égalitarisme et la solidarité imposée.