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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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Voyou ou résistant

Audience de l'article : 1025 lectures
Nombre de commentaires : 1 réaction
En ce qui me concerne, l’ambiguïté m’aura poursuivi toute ma vie. A y bien réfléchir, je ne crois pas être un cas original. Le problème me parait assez banal. Mais il est totalement tabou pour la société et déroutant pour soi-même.

Je n’ai pas trouvé de définition pour « voyou » dans le dictionnaire de l’Académie Française, Google dit ceci :

« Homme du peuple ayant des activités délictuelles »

De son côté Larousse dit :

« Individu de mœurs crapuleuses, qui fait partie du milieu.

Garçon qui traîne dans les rues, plus ou moins délinquant.

Enfant terrible, garnement (petit voyou). »

Tout cela n’éclaire pas ma lanterne.

Le voyou serait exclusivement un homme du peuple ? Je n’y crois pas un instant. Les voyous que je connais ont des situations honorables, voir même très honorables, et cela ne les empêche pas d’être de gros voyous.

Donc, je me contenterai des parties des définitions qui supposent que le voyou a principalement des activités délictuelles, qu’il traine en bande et fait partie d’un milieu fermé.

Dans cette hypothèse, il resterait à définir ce que l’on entend par délictuel. Au tribunal correctionnel cela est assez simple, est délictuel tout ce que le code pénal définit comme tel, de façon exhaustive. Dans la vraie vie les choses sont plus compliquées, est considéré comme « délictuel » tout ce qui va à l’encontre du bien-pensant, qui lui-même est conditionné au type d’organisation sociale auquel on croit, on adhère.

Passons à du concret

Le fisc – dans mon cas et de façon plutôt générale – se comporte en voyou. Il fonctionne en bande, il est organisé en milieu fermé tant en ce qui concerne les règles qu’il édite que les moyens qu’il met en œuvre pour les faire  appliquer. On peut légitiment évoquer la notion de bande lorsque l’on parle de Bercy et de ses sbires.

Bande proche du milieu classique, notamment dans l’organisation de ses différents rackets illégitimes et des privilèges qu’elle s’octroie.

Donc le fisc voyou vous agresse. Mais voilà, la bien-pensance prétend que le fisc n’est pas un voyou, mais que, au contraire, ne pas se plier à ses prétentions est être un voyou.

La justice entérine la version servie par la bien-pensance. De victime des voyous vous voilà, par un étrange miracle de l’irréalité, de l’abstraction, devenu voyou vous-même.

Là, vous pénétrez dans un espace inédit mais classique, l’espace de la résistance et ses ambiguïtés.

Vous n’avez que trois solutions : accepter la dominance des voyous, fuir ou résister. Sachant que, dans tous les cas, les chances de catastrophe sont pour vous la plus forte probabilité.

Dans le troisième cas, celui qui me concerne, vous vous trouvez être un résistant qualifié de voyou, par les voyous auxquels vous résistez. Situation hautement inconfortable. Tout ce que vous allez faire pour contrer l’agression des voyous vous sera comptabilisé comme délit.

Quand bien même seriez-vous quelqu’un de bien — qui n’a jamais eu d’activité délictuelle — votre cas serait désespéré, voire même plus que si vous aviez vous aussi une âme de voyou comparable à celle de votre agresseur le fisc voyou.

Les effets pratiques et moraux

On ne sort pas intact d’une telle situation.

D’abord matériellement, puisque le tour de prestidigitation qui vous a transformé en voyou à la place de vos agresseurs voyous ouvre les portes de la répression judiciaire, qui d’ailleurs n’hésite pas, elle aussi, à tricher avec la morale et à appliquer drastiquement une fausse loi exclusivement au service des voyous qui vous agressent. C’est assez dur à vivre et sans aucun espoir de solution pour vous.

Vous êtes comme aux fins fonds de Brooklyn, broyé par la mafia. Inutile d’appeler au secours. La mafia est ici la bien-pensance, bigote et donneuse de leçon d’honneur. Paradoxe effroyable, elle est la loi.

Ensuite moralement. Les repères explosent. L’agression, très sophistiquée, s’étale sur des années. Le temps vous joue des tours. La pression de l’environnement vous fait douter. La ruine affaiblit votre équilibre moral, vous commencez à penser que vous n’auriez pas dû résister, vous ne vous rappelez même plus que vous n’aviez pas d’autre choix. Et enfin, ultime violence morale, vous finissez par regretter d’avoir été si longtemps honnête. Quel intérêt finalement y a-t-il à résister à la mafia, aux voyous ? Être comme eux n’est-il pas la solution ? Quand vous en êtes là, vous êtes un mort vivant, allez donc en Suisse abréger vos souffrances….

J’envisage, très sérieusement, de déposer en Suisse une demande de mort assistée pour agression fiscale insupportable, destructrice, mortelle. Nos amis suisses me rendront probablement ce service, avec tout le sérieux dont ils sont capables.

Conclusion

La marge est étroite entre le statut de voyou et celui de résistant. Le voyou est un être asocial dans une société juste, le résistant est un être asocial dans une société injuste.

Qui décide que la société est injuste ou juste ? Qui décide que je suis un voyou que l’on accuse ou un résistant que l’on honore ? Les gens ?

Non, personne. Je suis le seul à savoir, au fond de moi, qui je suis. Cela me suffit.

Peu m’importe le reste, et surtout le jugement des voyous et de leurs affidés, quelque soit le faste avec lequel ils le rendent.

Bien à vous.
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire alex6 jeudi, 30 août 2018 10:34 Posté par alex6

    Si vous en etes rendu a ces extremites, pourquoi ne pas simplement quitter le pays? A moins que vous ne soyez assigne a residence?
    Le systeme n'est pas encore assez sophistique pour pouvoir vous traquer loin de l'hexagone, surtout si vous choisissez bien votre lieu d'accueil.
    La vie est tres belle en dehors de France, je vous assure et peut-etre pourrez-vos meme vous refaire?
    Alexis