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Caroline Domanine

Caroline Domanine

Entrepreneur, coach et trader…

…autodidacte et fière de l'être!

Je pense que chacun peut avoir sa chance s'il est prêt à y mettre le prix. Convaincue du pouvoir que nous avons tous sur notre vie, je me lance avec toujours plus d'énergie et de joie vers de nouveaux défis.

Trader par amour pour la liberté, coach par passion du partage, entrepreneur par besoin de créer; je crois que c'est notre comportement qui sera seul maître de nos performances. Parce que nos compétences techniques ne suffiront  pour gagner, développons nos compétences comportementales avec des questions et des outils simples à mettre en place !

Mon Blog : http://psychotrade.fr/


Cercle vicieux et vertueux

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Nul n’est à l’abri et la moindre erreur en engendre d’autres qui , au bout du compte, peuvent coûter cher ! Phrase funeste qui mérite un brin d’explication.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de mon travail précisément et de ce que j’ai vécu la semaine dernière, à titre d’exemple explicite.

Vous n’êtes probablement pas sans ignorer que mes capacités techniques se résument au plus simple appareil; je ne l’ai jamais caché, et cela ne m’empêche pas de fonctionner puisque je me suis structurée en conséquence ! Sur l’aspect technique donc, je délègue nombres de tâches à un IT que nous partageons avec Olivier.

Mais, je vous prie de m’excuser, je m’égare et pour bien comprendre l’ensemble, je dois vous faire un petit flash-back.

Au mois de décembre, FXCM m’a proposé de bénéficier de leur licence de gestion pour gérer des comptes clients. C’est une évolution que je commençais à envisager secrètement, dans mes fantasmes les plus fous ; et j’ai donc accueilli cette opportunité comme un cadeau de la vie.

Les fêtes passent, les choses se mettent en place tranquillement (ça ne se fait pas en un claquement de doigt) et je travaille avec la perspective de rendre mon compte public lorsque tout sera en ordre.

Dans mon soucis d’offrir une gestion aussi peu anxiogène que possible à mes futures clients , je cherche des moyens pour lisser au maximum la performance et éviter l’effet yo-yo ; réduire le drawdown et présenter des performances moyennes, mais surtout régulières. La régularité devient alors mon obsession, tant est si bien qu’elle a causé le cercle vicieux dans lequel je me suis embourbée, 2 jours durant.

Si je réfléchis bien à l’enchaînement, cette quête était la première phase du cercle vicieux.

Le 22 janvier, j’ouvre donc un compte , qui avait pour vocation d’être rendu public. Jusqu’au 12 février, je réalise chaque jour entre 0,15 et 0,50 % en scalping ( avec une journée négative à -0,35%) . Je trouve cette courbe trop irrégulière et travaille à un moyen de lisser au maximum cette performance à 0,30 % journalier.

Notre IT avait donc reçus début janvier la mission de mettre en place un EA qui m’aiderai à parvenir à ce but ( l’EA Data hma retravaillé pour ceux qui connaissent). Il me présente la chose le 12 au matin, cela semble prometteur, et je lui demande de mettre ce robot en test sur un compte démo, ouvert à cet effet.

Les hasard du planning ont fait que je n’étais pas devant ma station à ce moment. D’ailleurs, je n’avais aucune raison d’y être puisque j’avais terminé ma journée de trading et que les test devaient être fait en démo ! Sauf qu’au lieu de brancher le robot sur un compte démo, notre IT l’a branché sur mon compte réel, celui là même qui devait être rendu public dans quelques jours/semaines.

Je reviens ensuite à mon bureau, je rouvre mon compte et que vois-je? Le robot qui tourne, avec une ribambelle de positions ouvertes, et une perte latente de 3 %  ! Mon sang ne fait qu’un tour, vous imaginez ! 2 semaines de travail mises aux ordures, en l’espace de 2 heures, pour une faute tellement bête ; j’exulte !

J’analyse chacune des positions, devant moi, je n’ai que des scénarios invalides, je coupe les positions, les unes après les autres et je fais le triste constat d’avoir ruiné 2 semaines de travail.

Voila la première conséquence de cette quête illusoire de régularité parfaite : tenter de maîtriser l’impossible vous pousse à faire des fautes ridicules !

Concrètement, aucun exercice d’ancrage, de PNL ou de neurocognitivism n’a put m’aider dans cet instant: la colère, oppressante ; la frustration infinie ; c’est tout mon être qui appelait à la vengeance ! Stressée par ce constat, je rentre en lutte contre la terre entière : « ils vont voir ce qu’ils vont voir, je vais tous les BIIIIIP ! »

Et voilà la troisième phase du cercle vicieux qui s’enclenche : Prise de position non conforme à ma stratégie, exposition trop importante, gestion émotionnelle à un mouvement défavorable et voilà une troisième semaine de travail ruinée, balayée, et mon instinct de guerrière peu à peu cède la place à celui de la fuite, effrénée, déraisonnée, éperdue. Tel un chien battu, je quitte mon bureau, l’œil morne, les nerfs en pelote…

Bref ! Jeudi noir pour Caroline ! Cela faisait plus d’un an et demis que cela ne m’était pas arrivé. Exténuée, laminée, abattue, je m’écroule devant ma propre stupidité et je décide d’aller me coucher : game over ! Demain est un autre jour !

Nous voilà lundi et aujourd’hui, c’est avec un sourire bienveillant et compatissant que je regarde cet épisode car j’ai appris plusieurs choses :

1- Nul n’est à l’abri et c’est lorsqu’on se croit « sortit d’affaire » que l’on devient plus vulnérable que jamais.

Jamais je ne devrais oublier ce que je suis : humaine. Ce n’est pas le fait de donner des conseils et des outils sur ce site qui me prévalent de mes erreurs comportementales.

Je n’ai pas de super-pouvoir et mon seul rempart reste le respect de mon système.

A force donner des conseils, n’en vient-on pas à oublier de se les appliquer , considérant comme un acquis ce qui ne pourra jamais l’être.

J’ai très certainement « péché » par orgueil , c’est une leçon légitime que j’ai reçus. Se gargariser d’auto-concupiscence ne donne qu’une illusion de confiance. C’est un peu comme lorsqu’on cherche à se convaincre soi-même de notre propre valeur : je suis comme tout le monde, avec des qualités et des défauts et je ne vaut ni plus, ni moins que vous, qui me lisez. Je l’ai peut-être un peu oublié ! Voilà que je m’en souviens !

2- Je dois apprendre à reconnaître les « hyper- investissements » sur une problématique.

J’ai voulu faire mieux que ce que je faisais déjà bien. Était ce utile ? L’investisseur qui fait appel à un account manager attend -il des performances aussi régulières qu’un placement à la banque postale : NON ! Il attend plus et il accepte de courir plus risques pour cela.

L’instinct maternel n’a pas sa place ici, et je ne dois aucune protection à la personne : je dois protéger son argent, pas elle !

J’ai voulu proposer le beurre et l’argent du beurre : un portefeuille performant, régulier et sécurisé à l’extrême : cela n’existe pas.

Je le savais pourtant, mais cela ne m’a pas empêché de me faire prendre au jeux !

Au même titre que j’accepte le risque pour mon compte, je dois accepter le risque pour les autres.

De plus, cette quête sécuritaire a eut un effet totalement inverse : cela m’a poussé à prendre des risques que je n’avais pas pris depuis peut-être 2 ans !

Je dois donc accepter de gérer l’argent des autres comme je gère le mien, ni mieux, ni moins bien !

3- Sortir d’un cercle demande une démarche consciente :

La réussite se nourrit d’elle même , le trader a un bon système, un bon comportement, il réalise ses petites performances sans trop de heurs, il va instinctivement continuer sur cet axe. D’un autre coté, l’échec aussi se nourrit de lui même, on slalome entre les peaux de bananes, on se sent mal ; on veut tellement se sentir bien , rattraper un retard, se rassurer, que l’on cultive l’échec et la peur.

Probablement que j’étais dans un cercle vertueux depuis trop longtemps, et que j’ai oublié à quel point il était fragile et précieux.

Pour sortir du cercle vicieux dans lequel j’ai pataugé la semaine dernière, il a fallu faire un stop, se dire : «  voilà, j’ai déconné, et maintenant, je fais quoi ? »

« Eh bien ma grande, maintenant tu clôtures ce compte, tu repars à zéro et tu reportes ton projet de quelques semaines ! Tu laisses tombé cette envie d’offrir de la sécurité là où il n’y en a pas ! Les gens qui te suivront devront l’accepter : le trading, parfois tu gagnes, parfois tu pers. Ton job , c’est de gagner plus souvent que de perdre, point final ! »

4- Mieux vaut tomber dans une fosse à purin sans spectateurs !

Vendredi, je me suis entretenu avec la personne qui s’occupe de ma régulation AMF et BaFin ; et il me disait : «  Mais c’est très bien ! Vous allez pouvoir vous cadrer avant même de commencer ! Certains account manager font des erreurs bien plus graves et ne s’en sentent absolument pas responsables, votre approche est très saine ! Je suis certain que ça ira» Ce à quoi je lui réponds « Évidemment, il vaut mieux tomber dans une fausse à purin toute seule dans la campagne que sur un podium de la fashion week, n’empêche que ça pue et il faut vraiment être pas net pour refuser cette évidence ! »

J’ai donc appris, stupéfaite d’ailleurs, que parfois, des bons traders n’ont absolument pas le sens des responsabilités et que ma capacité de remise en question me permettra de traverser bien des obstacles ! Quand-même !

5- On change un paramètre, c’est tout l’éco-systéme qui change

J’ai ouvert ce compte pour présenter mes stats publiquement, auditées et pour dire : « si ça vous plaît, rejoignez-moi » Hors, je n’avais jamais travaillé avec cette approche. Ce changement d’objectif m’a incité à changé ma manière d’opérer et ceci est une grave erreur : Le mieux est souvent l’ennemi du bien !

Évidemment, le gens se sentent en sécurité avec de la régularité, mais il vaut mieux mieux gagner de l’argent avec irrégularité qu’en perdre régulièrement ; enfin, je crois…

6- Patience fait plus…

…que force et courage ! Il me semble avoir déjà vu ça quelque part…

Je vais prendre le temps de me faire à cette approche de gestion de comptes tiers avant de communiquer sur la question. Laisser chaque jour apporter un peu plus de maîtrise, de sérénité et d’acceptation de ce changement psychologique notable : gérer publiquement des comptes clients , accepter d’être jetée sur la place publique pour y être jugée à l’ode de mes performances.

Peu importe le temps que cela prendra, le bon moment finira par arriver…

Après relecture de l’article , je pense prendre un vrai risque en le publiant,

Sur le net, les « traders » qui parlent de leur activité n’évoquent que rarement les doutes et les dérapages, beaucoup se créent une image toute propre, toute belle: c’est l’histoire que vous avez envie d’entendre qu’ils vous servent pré-digérée :

« Vous galérez en bourse et vous voulez devenir riche ? Faites comme moi, je vous explique tout pour 99,90e/mois ! »

Face à ces « mensonges », ma vérité pourra être comprise par certains comme une absence de professionnalisme, manquer de panache pour d’autres ; et je risque clairement de me décrédibiliser dans mon activité de coach et dans la construction de mon avenir d’account manager.

Pourquoi je le publie ceci alors ? Pourquoi je n’applique pas les recettes d’autres « trader-formateurs-vendeurs de vent », qui ont bien plus de succès que moi ? Je sais pourtant comment faire et j’ai bien compris que la voix de l’honnêteté et du rationalisme n’attire pas les foules.

Globalement, les gens veulent du rêves, pourquoi je n’en sers pas à volonté en choisissant de publier ce qui est racoleur et en cachant le reste ?

A mon sens, mentir par omission est la forme la plus vicieuse du mensonge ; tant elle reste dans le dénie.

Moi aussi je ment parfois, évidemment ! C’est le seul moyen de garder des relations dans une vie. Mais comment pourrais-je être cohérente si je décidais de passer sous silence ce petit épisode de trading ?

Du coup, je gère cet article comme une position risquée sans stop loss ni target ; et je fais un parie : je mise sur l’intelligence et le recul ; je mise sur la construction de relations saines avec mes clients à venir et mes lecteurs, je mise l’acceptation de notre humanité, dans ce qu’elle a parfois de grandiose et de minable.
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