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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

Charles-Sannat

promospeciale

« Votre guerre, nos morts…! »

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Monsieur le mamouchi élyséen,

Je ne suis pas américain. Je ne tire pas d’abord pour discuter après.

Je ne suis pas un assassin aveugle qui demande une vengence par pure cruauté.

Je ne veux pas que l’on bombarde des camps déjà vides pour faire les gros titres en bombant le torse comme on « bombe » la campagne syrienne vide depuis bien longtemps.

Je ne veux pas plus que l’on prenne le risque de tuer des familles de civils innocents parce qu’elles ont le tort non pas d’avoir massacré nos concitoyens au Bataclan et ailleurs dans Paris, mais comme NOS victimes, comme NOS morts d’être au mauvais endroit au mauvais moment.

La riposte française comme il convient de l’appeler est une insulte à nos morts. A nos 132 victimes, à nos 450 blessés.

Quels sont nos objectifs ?

Faire la communication de gouvernements largement coupables de la situation actuelle et « remonter » dans les sondages ?

Maintenir notre alliance avec de grandes démocraties wahhabites comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar ?

Continuer à financer, armer et entraîner l’Etat islamique pour affaiblir et diviser la Syrie et le Moyen-Orient et vendre quelques rafales de plus ? Les rafales nous venons plus de les prendre que de les vendre !

Ha, non, notre objectif c’est de faire une réforme constitutionnelle… Winnie l’ourson a peur des conséquences juridiques de ses actes… Alors changeons la constitution. Monsieur le mamamouchi élyséen, pour gagner une guerre, il ne faut pas dire que l’on est en guerre.

Pour gagner une guerre il faut désigner notre ennemi (et il va falloir le nommer).

Pour gagner une guerre il faut faire des alliances (et il va falloir tout changer à notre politique étrangère).

Pour gagner une guerre il faut désigner des cibles, des vraies, et actuellement, la menace est plus à Molenbeeck en Belgique qu’en Syrie…

Que nos amis belges se rassurent. Je ne veux pas que l’on bombarde Molenbeeck, pas plus que la Syrie juste pour le plaisir de l’action et la rédaction de communiqué de presse.

Je veux donc que l’on désigne nos ennemis et nous les connaissons, je veux que nous désignions des cibles et j’accepte que cela prenne du temps. Et je veux que l’on désigne nos alliés, comme par exemple la Russie.
Il faut mener une guerre impitoyable, sur notre sol et elle doit être celle des idées !
Je sais, cela doit être difficilement compréhensible pour ces grands malades qui nous dirigent, mais les américains font la guerre depuis 14 ans au terrorisme, ils ont un état d’exception, ils ont la réduction de leur droits et des libertés civiles, et ils sont toujours en guerre.

La guerre contre le terrorisme est une chimère et un immense piège. Il faut gagner la guerre des idées. Il faut gagner les cœurs, sinon nous y perdront tout ce qui nous est cher.

Il faut opposer à l’obscurantisme l’intelligence de la connaissance et de la culture.
Il faut opposer à la folie la raison.
Il faut opposer à l’état d’exception l’état de droit.
Il faut opposer à la dictature fut-elle islamique, la liberté.

Il faut définir nos valeurs, les défendre, et ne pas les abandonner sur l’autel de nos morts. Il n’y aurait pas pire hommage.

Il faut comme le disait ce journaliste anglais, opposer notre art de vivre qui n’est pas une perversion mais une richesse et un don.

Mener la guerre des idées c’est commencer par « tuer » la bien-pensance.

Cette bien-pensance culculgnangnantesque et boboisante est la cause de nos malheurs.

Ne vous y trompez pas, ce combat sera bien plus difficile à mener que de bombarder. Bombarder c’est facile, arrêter d’être dans le mensonge, de fantasmer des relations, d’idéaliser des relations, de remettre en cause nos postulats, voilà qui sera bien plus compliqué.

Pourtant, il va falloir le faire, pour que justement la haine ne l’emporte pas.
Pourtant il faudrait tout remettre à plat pour que le fascisme ne l’emporte pas.
Pourtant, il va falloir nommer avec des mots, tous nos maux, pour les panser et les réparer dans l’intérêt de tous.

Dans les prisons c’est des cris de joie qui ont accueilli l’horreur de Paris. Dans les prisons ils sont des milliers prêts à être embrigadés par les ennemis du peuple de France. Voilà la réalité dans toute sa cruauté.

Alors comment fait-on pour éviter une véritable guerre civile ?

Ce que nous faisons en Syrie sera de la gesticulation au mieux et au pire ne pourra que créer quelques vocations de djihadistes supplémentaires.

Il fallait aider et consolider les régimes « laïques » arabes comme c’était le cas, en Irak, en Tunisie, en Egypte, en Libye, fussent-ils des « dictateurs ».

Nous avons semé le vent, nous récoltons la tempête et les apprentis sorciers dont les actes ont mené à la catastrophe du vendredi 13 continue de plus belle leurs décisions mortifères et stupides.

La « guerre » comme le dit Hollande, elle ne se jouera pas en Syrie. Elle se jouera dans les rues des capitales européennes.

LEUR guerre, NOS morts.

Préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT
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