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H16

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Je suis naturellement grand, beau, j’ai le teint buriné par le soleil et le sourire enjôleur et des mocassins à gland, un très gros zizi et une absence totale de lucidité sur mes qualités et mes défauts !

J'ai un blog sur lequel j'aime enquiquiner le monde : Petites chroniques désabusées d'un pays en lente décomposition...

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Pollution et mortalité infantile : encore un grave cas de journalisme

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Rassurez-vous, ils s’y sont mis à plusieurs pour pondre une énormité : selon Le Figaro, qui s’est acoquiné à l’AFP pour régurgiter cette idiotie, « La pollution tue un quart des moins de 5 ans ».


Il fallait au moins le dire, que dis-je, le crier sur tous les toits avec un titre énorme. Bon, bien sûr, une fois le titre passé, la nouvelle reprend doucement pied avec une réalité un peu moins dramatique : d’après une paire de rapports fomentée produite par l’OMS et publiée ce jour, un quart des décès d’enfants de moins de 5 ans observés seraient liés à la pollution.


Bref, on passe de 25% de morts chez les moins de cinq ans à 25% de morts liés à la pollution ce qui est complètement différent. Pour ceux qui veulent des chiffres, cela fait passer le nombre de morts putatifs de 325 millions à « seulement » 1,7 millions. Le titre est presque 200 fois trop faux, ce qui est dans une bonne moyenne pour le couple Figaro AFP. D’autre part, on s’étonnera de constater que les derniers recensements médicaux donnent un nombre total de 1.3 millions de décès des enfants de moins de 5 ans dans le monde, toutes causes confondues, ce qui permet d’affirmer à ce point de l’article qu’on nage déjà dans une belle salade de chiffres frais.

Enfin, notons le différentiel notable entre le thème, évoqué par le titre (« la pollution ») et la dure réalité : la plupart des maladies infantiles mortelles sont liées à l’accès à l’eau potable et l’utilisation de combustibles propres. Autrement dit, des problèmes sanitaires de base, ces mêmes problèmes que le paysan du 10ème, du 17ème, ou du début du 20ème siècle a connu et qu’il ne viendrait à l’idée de personne de qualifier de problème environnemental lié à la pollution mais plutôt, bien plus exactement, de problèmes sanitaires liés à la pauvreté.

Mais voilà. Entre le fait que cette pauvreté et cette mortalité diminuent tous les jours (n’en déplaise aux grincheux) et celui qui veut que l’environnement et la pollution attirent bien plus l’attention, entre la réalité et l’affliction, le choix a été fait : ce sera la pollution et un titre à la con.



Mortalité infantile pour 1000


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