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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

 
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Les charlatans

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Récemment la presse a fait état de la venue en France d’un économiste américain distingué : M. Robert Gordon – pas de rapport avec le titre de ce billet –.

Cet économiste défend une théorie qu’il appelle : « la stagnation séculaire ».

De ce que l’on peut en lire dans les médias — son ouvrage phare sur le sujet n’étant pas encore traduit en français, le sera-t-il ? – il prétendrait :

– que les progrès scientifiques significatifs pour l’humanité sont aujourd’hui derrière nous, entre 1870 et 1970, l’économie qui allait avec aussi.

– que l’informatique n’est pas un progrès scientifique significatif, un simple accompagnement de confort qui, contrairement à ce qui est annoncé, ne sera pas un vecteur de changement massif de la société et de son économie comme a pu l’être le progrès scientifique dans les temps qu’il indique.

Cette hypothèse de réflexion, qu’il accompagne de chiffres — mais qui ne le fait ? —  me séduit assez.

Remontons un peu le temps.

Le XVIIIème siècle est celui des encyclopédistes. Diderot et D’Alembert mettent en musique le raisonnement scientifique, c’est-à-dire le refus du miracle, du hasard, la primauté de la recherche à partir du raisonnement et la nécessité de l’expérience pour confirmer l’hypothèse. Les encyclopédistes ont l’ambition de regrouper tout ce que la raison et l’expérience ont réussi à démontrer, considéré par eux comme la vérité.

En clair, c’est la raison contre la croyance, la science contre l’obscurantisme. L’ennemi philosophique des encyclopédistes sera l’église. Les ennemis factuels seront les charlatans, ceux qui profitent de la crédulité et du manque de connaissance des foules pour leur vendre de faux progrès scientifiques, certains ont pignon sur rue.

Alors qu’à cette époque l’esprit essayait de s’affranchir des fausses croyances scientifiques il y était grandement aidé par les nouveaux moyens techniques qui apparaissaient.

C’est donc un couple « raisonnement-outil » qui faisait avancer le schmilblick, pendant qu’un autre couple « croyance-privilège » tentait de le freiner.

En France, tout cela va être plus ou moins bien digéré par la révolution pour revenir comme acquis au milieu de XIXème siècle et permettre le progrès scientifique dont nous parle M. Gordon. Le chamboulement économique qui en découla fut considérable pour l’humanité toute entière, sans retour en arrière possible.

Mais, et c’est là que le pessimisme de M. Gordon me contrarie, il n’y a pas que l’économie dans la vie des hommes, il y aussi la politique, le comment vivre ensemble.

La politique dont la science et les progrès restent à imaginer.

Aujourd’hui nul encyclopédiste ne serait en mesure de mettre en forme une encyclopédie politique réunissant des vérités politiques avérées, expérimentées, qui pourraient être considérées comme indiscutables, du type c’est la terre qui tourne autour du soleil et non l’inverse.

Ce ne sont pourtant pas les raisonnements politiques qui manquent, ni les charlatans en ce domaine. C’est l’outil de mesure qui manque.

Les charlatans scientifiques prospéraient à l’époque où les outils manquaient pour démontrer les mensonges inclus dans leurs théories.

Nos charlatans politiques prospèrent du fait que les dégâts de leurs théories ont des conséquences individuelles dont on ne peut pas témoigner, que le groupe n’entend pas. Ce manque de retour leur permet de prétendre tout et n’importe quoi.

Ajoutons à cela la conspiration du silence qui règne entre eux.

Disons que la politique possède tous les défauts d’une science inexacte où toutes les croyances sont possibles contre toute raison, et où les résultats des expériences sont faussement interprétés.

Falsification, dissimulation, mensonge, raison d’Etat, croyance sont les obstacles à l’étude objective et raisonnée de la politique, au progrès politique.

Arrive internet

J’adhère à l’analyse de M. Gordon, internet n’est pas un progrès scientifique comparable à ceux du XIXème et du XXème siècle, mais il possède une qualité qui va bousculer terriblement et durablement les sociétés.

Cette qualité c’est l’instantanéité de l’information accessible à tous, sans aucune exclusive autre que d’avoir l’usage d’un ordinateur.

La dimension politique de ce fait de société est considérable.

Sans qu’elle soit constitutionnelle, la démocratie directe débarque avec le net.

Plus rien ne sera jamais comme avant. Les individus ordinaires prennent le pouvoir, sans que ni la classe politique ni sa complice la presse n’y puissent rien, et sans violence.

Effectivement il ne s’agit pas, à première vue, d’une modification profonde de la science, donc de la production puis de l’économie.

Mais de la même façon que l’industrie et l’économie ont une incidence réelle sur la politique, l’inverse est observable.

Nul doute qu’une organisation politique qui va éradiquer — par le transfert immédiat de toutes les informations qui la concernent — le mensonge et la dissimulation permettra de s’approcher, voire de découvrir, la ou les vérités politiques.

Alors, contrairement à M. Gordon, je pense que la survenance du net et de l’informatique est un évènement sociétal dont la portée est, et restera durablement, considérable, y compris in fine sur l’économie. Je ne crois donc pas à la stagnation, bien au contraire.

De plus, je me réjouis de la disparition imminente de nos charlatans politiques, si majoritairement nombreux.

Bien cordialement. H. Dumas
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