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Michel Delobel

Michel Delobel

Gestionnaire de portefeuille sous mandat via une société de gestion agréée, trader pour compte propre et formateur au trading et à l'investissement en bourse, je suis aussi fondateur du site Fenêtre sur Cours et de la société ACGest, via laquelle j'accompagne également mes clients dans la constitution et le développement de leur patrimoine, la préparation de leur retraite ou encore l'optimisation de leur fiscalité.

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Voilà le rallye de fin d’année ?

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Alors que le CAC vient de s’extraire par le haut ce mardi de sa zone de congestion, il semble bien parti pour son fameux rallye de fin d'année. Mais est-ce que ce sera bien le cas et ne doit-on pas craindre un faux signal ?

Avant de chercher à répondre à cette question, notons que 2016 a été très particulière sur de nombreux aspects. Premièrement, c'est la première fois dans l'histoire de la bourse de Paris que le CAC 40 n'a pour l'instant jamais été une seule minute en territoire positif depuis le 31/12/15, même si cette incongruité pourrait être effacée dès ce mercredi.

Deuxièmement, que dire du fait que la totalité des prévisions ou presque ont été contredites les unes après les autres ? Dès les premiers mois de 2016, les prévisions de fin 2015 étaient déjà pour la plupart invalidées. Mais on mentionnera bien entendu le Brexit, l'élection de Trump, mais également les réactions de marché à ces évènements inattendus.

Enfin, en termes de saisonnalité, on notera que rien ne s'est passé comme d'habitude. Traditionnellement positif, le début d'année a été particulièrement difficile. Le fameux "Sell in May" n'aura pas donné grand chose, sauf pour ceux qui auront eu l'audace et la réactivité de racheter lors du trou d'air du Brexit. Quant à l'été, traditionnellement compliqué, il aura été calme et positif, tandis que les mois de septembre et octobre, réputés comme difficiles, auront également vu le marché bien se tenir.

Est-ce à dire que nous n'aurons pas droit à notre fameux et traditionnel rallye de fin d'année ?

Si l'on en croit les éléments ci-dessus, on peut en tout cas le penser. Graphiquement par contre, le marché parisien semble vraiment vouloir pousser vers le haut, et pourrait être attiré par le gap du 31/12 après avoir comblé celui du 04/01 ce mardi.

Mais qu'en disent les statistiques ?

Comme vu les années précédentes, si on considère ce fameux rallye sur le mois de décembre dans son entier, il est difficile d’obtenir des statistiques parlantes. Mais lorsqu'on se focalise sur la deuxième quinzaine de décembre, alors nous avons des éléments réellement exploitables, avec un réel avantage statistique.

Pour ceux qui découvriraient cette analyse pour la première fois, quelques petits rappels s'imposent toutefois.

Dans cette étude, j'ai en effet tout d'abord considéré les évolutions du marché sur l'ensemble du mois de décembre, puis sur la seule deuxième quinzaine, en regardant à chaque fois si nous avions enregistré ou non une hausse.

Quant à la notion de rallye en tant que telle, finalement un peu secondaire (puisque ce qui nous intéresse a priori est bien de savoir si le marché monte ou baisse), je l'ai rapprochée de la notion de régularité et d'intensité dans le mouvement généré tout au long du mois, puisque c'est ainsi que la majorité l'entend. Ces dernières notions restent quoiqu'il en soit très corrélées à la notion de hausse, puisqu'une seule année a vu une hausse sur décembre mais n'a pas été qualifiée de rallye. Il s'agit de l'année 2010. Tout ceci se retrouve dans mes statistiques ci-dessous.

Regardons maintenant les graphiques reprenant chacune des 28 années depuis la création du CAC. Il s'agit jusqu'en 2011 de graphiques en vue hebdomadaire, le mois de décembre étant encadré en fushia. A partir de 2012, j'ai décidé de passer en bougies journalières (vous pouvez cliquer sur les graphiques pour les agrandir).

A noter que je n'ai mis un Oui (O) au niveau des hausses uniquement lorsque ces dernières étaient un minimum conséquentes. Ainsi, le CAC ayant gagné 0.16% en décembre 2011, je n'ai pas considéré cela comme une hausse.

Voici donc ce que cela donne, avec en dessous un tableau récapitulatif des résultats obtenus.

Rallyes9

Rallyes6

Rallyes4

En synthèse, voici ce que cela donne :

CAC

Hausse sur le mois

Hausse sur la 2ème quinzaine

Rallye de fin d'année

17 années de hausse

11 (65%)

16 (94%)

11 (65%)

5 années stables (-5/+5)

1 (20%)

3 (60%)

0 (0%)

6 années de baisse

0 (0%)

2 (33%)

0 (0%)



S'il existe donc un résultat particulièrement intéressant, c'est avant tout celui de la hausse sur la 2ème quinzaine de décembre. Mais attention, essentiellement les années où le CAC enregistre une hausse.

Or pour l'instant, et sauf à ce que le mois de décembre se montre particulièrement haussier, il y a peu de chances que nous puissions considérer 2016 comme une année haussière (c'est à dire avec une progression de plus de 5%).

Sachant que nous avons toutes les chances de nous situer dans une année stable (-5%/+5%), voire baissière, il est donc difficile d'en tirer quelque conclusion que ce soit. Certes, on pourrait considérer que nous avons 60% de chances d'avoir malgré tout une hausse sur la 2ème quinzaine de décembre, mais le nombre d’occurrences est trop faible pour que nous puissions réellement en tenir compte.

La seule chose que je souhaiterais relever, c'est que ces trois dernières années, nous avons eu un comportement du CAC très similaire, avec une baisse marquée sur la première quinzaine de décembre, suivi d'un rebond sur la deuxième quinzaine, même si l'année 2015 s'est montrée moins vigoureuse sur ce point là.

Pour l’instant, ce n’est pas le scénario qui se dessine, bien au contraire. Alors pourrions-nous avoir l’inverse ? On notera en tout cas que sur les 11 années qui ont été soit baissières, soit neutres, seule une a vu le mois de décembre se terminer par une hausse… Une certaine prudence s’impose donc, même si comme rien ne s’est passé comme prévu cette année…

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