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Investir ou trading ?

50 ans de données qui prouvent que l'approche Value est la stratégie d'investissement la plus rentable

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Dans son livre What works on Wall Street, James O'Shaughnessy, le gourou des stratégies d'investissement quantitatives, a analysé un panel de stratégies qui ont permis d’obtenir des rendements supérieurs au marché boursier américain.

D’après les simulations qu’il a menées, le Value investing - la stratégie d’investissement axée sur l’approche valeur - s’est avéré être l'une des plus performantes et remarquables pour battre le marché.

Pour ses expériences, James O'Shaughnessy s’est appuyé sur divers indicateurs bien connus :

– Le Price/Sales ratio (PSR) : le rapport capitalisation boursière d'un titre sur le chiffre d'affaires de l'entreprise. Ce ratio est utilisé pour calculer la valorisation d'une société par rapport à une autre dans un même secteur. Un faible PSR signifie généralement que les titres d’une entreprise sont faiblement valorisés

Le Price/Cashflow ratio (P/Cashflow) : le rapport du cours de l'action sur le cash-flow par action, qui mesure la capacité d'autofinancement par action. Un faible P/Cashflow implique généralement que l’action est sous-valorisée.

– Le Price/Book ratio(P/Book ratio) : le Price-to-Book ratio, connu aussi comme le Book-To-Market ratio, le rapport cours / valeur comptable.

– Le Price/Earning ratio (PER ou P/E) : le rapport cours / bénéfices, c’est-à-dire le cours d'une action divisé par le bénéfice net par action. Plus le P/E est faible, plus l'action est considérée comme sous-valorisée.  

James O'Shaughnessy a ensuite compilé 50 actions du marché US qui ont affiché le plus haut et le plus bas ratio pour chaque indicateurs. Il a ensuite effectué une repondération annuelle de ses deux listes, et a fait tourner un portefeuille composé de titres growth et de titres value sur une période de 52 ans. Cette simulation se clôture en décembre 2003, peu avant la troisième édition de son livre republié en 2005.

Les résultats de la simulation de James O'Shaughnessy sont présentés ci-dessous.

Value-Investing-sim

Votre portefeuille hypothétique de 10.000 $, débuté il y a 52 ans et investit dans les 50 actions ayant le plus haut price/sales ratio (PSR), pèserait 19.118 $. Cela peut sembler une très belle rentabilité, jusqu'à ce que vous voyez ce que vous auriez pu avoir gagné, en possédant 50 titres avec le plus bas price/sales ratio sur le même marché. Votre portefeuille hypothétique de 10.000 $ termine ces 52 années avec une valorisation finale de 22.012.919 $.

Qui nous a déjà dit que « l’ [approche] Value bat l’ [approche] Growth sur le long terme ? » Un surrendement similaire s’obverse quand on identifie et évalue des actions avec les autres ratios, le Price-to-Cashflow, le Price-to-Book et le Price-to-Earnings. Dans chacun des cas, le portefeuille value bat le portefeuille growth à plate couture.

Vous vous dites tout de suite que ce ne sont que des simulations. Et que la période de 52 ans, qui se termine en décembre 2003, n’est pas pertinente. Peut-être que la période de 52 ans en question était une anomalie statistique. Mais James O’Shaughnessy, bien entendu, en doute. Plus probablement, la réelle aberration statistique est la récente surperformance des obligations par rapport aux actions, dans un contexte où l'offre d'obligations n'a jamais été aussi forte dans l’histoire de l’humanité.

La perversité de l'étude de James O'Shaughnessy est qu'elle va à l'encontre de l'idée que les marchés sont rationnels ou efficients. Logiquement, en prenant plus de risques - en possédant des actions growth affichant des multiples plus élevés que la moyenne du marché - on devrait s’attendre à obtenir des rendements plus importants. Mais James O'Shaughnessy montre que cela n’est pas le cas.

Ce qui met en évidence l'attractivité de l’approche « valeur » comme une stratégie d'investissement viable et tangible à un moment où de nombreux marchés boursiers sont devenus insoutenables et coûteux, en raison de la stimulation monétaire à-tout-va et du succès - à ce jour - des stratégies d’investissement alternatives « Smart Beta » et de l’approche « growth ». L’approche « valeur » offre généralement aux investisseurs ce que Benjamin Graham a appelé la « margin of safety » - la « marge de sécurité », en se fondant sur le fait qu’en achetant des titres à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque, on pouvait réduire sa probabilité de perte et tirer des gains. D’autre part, toujours chez les partisans de Graham et de Buffett, les actions « growth » sont clairement achetés avec un premium.

Un autre afficionado de l’approche « valeur », l’investisseur de renom Seth Klarman explique que « La partie difficile est la discipline, la patience et le jugement. Les investisseurs ont besoin de discipline pour éviter les nombreuses options peu attrayantes qui sont jetées [sur le marché], de la patience pour attendre la bonne action au bon prix, et du jugement pour savoir quand c’est le bon moment [pour déclencher l’achat] ».

Avec les obligations qui sont désormais essentiellement une classe d'actifs dans laquelle on va investir de moins en moins, il est maintenant le temps de partir à la cueillette et de faire du stock picking, le fondement de l’approche « valeur ». Mais il s’agit de repérer uniquement le bon type d'actifs, en faisant la différence entre une entreprise « value », avec ses actions décotées, et une société dont les cours déclinent mais dont les actions reflètent la valeur intrinsèque de l’entreprise.

Bien entendu, nous sommes tous à l’affut d’actions offrant de belles opportunités de rendement. Mais débusquer de telles perles est un travail long et complexe.

Il s’agit de savoir quand déclencher l’achat d’une action (réellement) décotée, et en même temps, il faut savoir si ce titre pourra générer des dividendes croissants dans le temps.

Afin de ne pas passer des heures à analyser les sociétés, à trouver, compiler et jauger les bons indices, vous pouvez suivre David Renan qui met régulièrement à jour sa liste de valeurs de rendements tout au long de l’année.

Quant à Loïc Abadie, il propose aux lecteurs d’invertir dans le long terme pour profiter de la rente versée par les entreprises. Loïc, qui a fait performer son PEA depuis près de 10 ans en investissant sur le smid caps et small caps françaises à fort dividende, propose de suivre son portefeuille dividende et rendement 2016.

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