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Henri Dumas

Henri Dumas

Libéral convaincu,  je tire des expériences de ma vie une philosophie et des propositions.
Le tout sans prétention de vérité.
Mon blog : www.temoignagefiscal.com

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Le début ou la fin

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Nombre de commentaires : 2 réactions
Le mouvement des Gilets Jaunes n’en finit pas d’être soupesé, analysé, décortiqué, sans qu’au terme de toutes ces études ou simples opinions ne se dégage une idée nette de ce qu’il serait ; et ce n’est pas fini.

Cette bousculade explicative fait que l’on peut y aller de son idée sur le sujet sans être taxé de prétentieux, puisqu’on est qu’un parmi tant.

Voici donc ce que j’en pense.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, je fais appel à mon vécu de 1968, dernier grand virage pris en dérapage plus ou moins contrôlé par les habitants cet étrange pays que l’on appelle la France.

Mai 1968 n’était pas le début d’une contestation mais sa fin. Il s’agissait de se révolter contre l’ordre moral, officiel censeur de nos vies alors. Il en restera cette maxime virale « Il est interdit d’interdire ».

Disons-le, Mai 1968 se justifiait pleinement, ceux qui ont connu la censure, la vraie, savent à quel point elle dévore l’esprit, tue la créativité, rend la vie impossible.

La révolte contre la censure de l’ordre moral commença dès 1960 en réaction à la rigidité du Général De Gaulle, surtout à celle de son environnement.

En Mai 1968 la pensée de cette révolte était suffisamment aboutie pour qu’elle apparaisse au grand jour. Dès les premières barricades levées c’était gagné.

La suite de Mai 68, sa récupération, fut un grand n’importe quoi sans aucune importance historique, la censure avait volé en éclat définitivement, au moins pour un temps, pour cette génération là.

Tout simplement parce que les barricades ont mis les censeurs face à leur bêtise, leur ont fait prendre conscience de leur ridicule. Dès cet instant ils avaient perdu.

Le gain n’est pas venu d’une nouvelle société, rêvée alors mais jamais apparue, mais bien de la chute de la censure par la prise de conscience des censeurs eux-mêmes.

C’est le problème du meurtrier qui, passé à l’acte, se retrouve avec un cadavre sur les bras qui mettra pour toujours sa vie en perspective par rapport à ce cadavre.

Pareillement, les Gilets Jaunes sont la fin apparente d’un grand mouvement jusque-là invisible.

Je dirais qu’il s’agit de la prise de conscience de la captation du pouvoir par l’association des élus, de l’administration et d’une partie de la classe économique, pour n’aboutir qu’à un pillage généralisé au seul profit de cette clique.

Je fixerais cette prise de conscience à l’apparition de la communication instantanée par internet dans les années 2.000 et l’analyse alors de travers hérités de Mitterrand et de Chirac, les deux champions de la connivence des trois pôles cités : élus, administration et capital dévoyé.

En 2010 la clique déjà très discréditée pense pouvoir se refaire une virginité à coup d’écologie. Le remède s’avérera pire que le mal, jamais la connivence n’a atteint une telle intensité.

Finalement les pillés se révoltent, ils enfilent les Gilets Jaunes, 80% des français suivent, ce nombre implique que les membres de la clique eux-mêmes se découvrent tels qu’ils sont, magouilleurs et sans avenir, sans destin.

Le choc a eu lieu, les Gilets Jaunes en sont le signe extérieur.

Qu’importe ce qu’ils vont devenir, qui va et comment les récupérer, leur rôle est terminé.

La France y compris les acteurs fautifs se voit comme elle est, ruinée par une clique de corrompus au sens de l’éthique sociétale.

Rien ne sera plus comme avant dans un avenir peut-être pas immédiat mais proche.

S’il fallait une preuve à cette prise de conscience de leur malfaisance par certains acteurs de la clique au pouvoir le grand débat pourrait en tenir lieu, ce sera bien sa seule utilité.

Aujourd’hui ne nous perdons pas en conjectures inutiles sur l’avenir, nul ne le décide ou n’en possède la clef, il sera déterminé par la pensée générale, il sera donc inévitablement profondément marqué par la victoire des Gilets Jaunes, même et très probablement sans eux.

Très peu des manifestants actifs de 1968 ont été intégrés aux pouvoirs suivants, il en sera de même pour les GJ, en revanche 68 a imprégné les sociétés des décennies suivantes.

Bien à vous.  H. Dumas
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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire hftrade vendredi, 18 janvier 2019 16:14 Posté par hftrade

    Ripoublik du frankistan,le citoyen pris entre racket et flashball ?

    Comme tous piliers de regime, les devoués fonctionnaires de la place Beauveau mais aussi les pillards dans le bunker du bord de Seine ont recemment ete augmentés et plus que jamais disposent de salaires anormaux dans l'administration francaise

  • Lien vers le commentaire Calmettes jeudi, 17 janvier 2019 00:45 Posté par racalm

    Le début ou la fin ? Je ne sais.
    Soumis à un intense matraquage médiatique, avec amalgames à tous les étages (un boxeur boxe un policier et, aussitôt, tous les manifestants sont des boxeurs), le mouvement Gilets Jaunes, sans corps de doctrine, va probablement s'éteindre. Echec ?
    Je ne pense pas.
    Avant la révolte, ces gens de rien, ces invisibles ,ces oubliés, bref, ces "sans dents" (selon le qualificatif employé par un ancien président, meilleur dans l'analyse que dans l'action) ont montré à l'oligarchie qui gouverne que les sans dents avaient des dents.
    La france aisée et bien née a assisté, médusée, au réveil des gueux.
    Ce mouvement laissera des traces
    Je gage que désormais nos gouvernants tremperont sept fois leur plume dans l'encrier avant de signer leurs directives.