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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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«Les 88 milliards de la honte de l’Education nationale en France !!! »

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je vous retrouve aujourd’hui pour cette nouvelle année avec un immense plaisir après quelques jours de repos qui permettent aussi une forme d’aération intellectuelle !

J’en profite donc pour vous souhaiter à tous une belle année 2016 avec surtout une santé robuste pour vous et vos proches. Je vous souhaite au niveau individuel que 2016 vous soit la plus douce possible, nourrissant de forts doutes que ce soit le cas au niveau collectif tant les écueils qui nous guettent sont nombreux et importants.

Je voulais vous parler de la manière de placer votre argent en 2016… je le ferai, rassurez-vous, mais finalement, je me suis penché sur ce sujet de l’éducation en France qui est un échec évident, un échec qui nous coûte tout de même 88 milliards d’euros par an, pour envoyer au chômage des centaines de milliers de nos jeunes sans aucune perspective.

A ces 88 milliards d’euros (le plus gros budget de notre république) vous pouvez ajouter les 30 milliards d’euros de la formation professionnelle tout aussi inutiles, inefficaces et dépensés en pure perte ou presque.

Nous obtenons donc la modique somme de 118 milliards d’euros, budget en augmentation constante année après année et dont la hausse accompagne fidèlement la hausse du chômage que notre « éducation » est sensée combattre.

Plus nous éduquons, plus nous formons des chômeurs. A partir d’un moment il va falloir se poser la bonne question et la bonne question est très simple.

Le problème de l’éducation dans notre pays, n’est pas un problème de moyen. Avec 118 milliards d’euros, nous avons largement de quoi pourvoir aux besoins de formations de l’Europe toute entière !!! Non, c’est une question de méthodologie, d’approche, de savoir-faire. En un mot, l’Education nationale est tout simplement nulle et il n’y a rien, strictement rien à garder de cette institution dont l’échec patent met en échec l’ensemble de la société.

A nos amis enseignants, ne hurlez pas. Lisez la suite.

L’Education nationale doit évidemment se réformer, mais comment ?

Comment ? C’est en réalité assez simple. Comme à chaque fois, ce n’est pas en faisant plus de « trucs qui ne fonctionnent pas qu’à l’arrivée tout marchera mieux ».
Il faut changer deux choses. La première c’est notre conception de la discipline et notre façon de susciter l’intérêt des enfants, les deux allant ensemble. La discipline est bien plus facile à faire admettre lorsque les enfants sont naturellement intéressés par ce qu’ils font. Discipline et méthodes d’enseignement sont donc intimement liées. Il s’agit-là encore une fois, de simple bon sens totalement oublié.

Il faut changer la façon d’apprendre de nos enfants et la façon dont on enseigne aux enfants alors que les sciences cognitives ont fait des progrès fantastiques. Nous savons aujourd’hui plus que jamais comment fonctionne le cerveau de nos enfants, quels sont les modes d’apprentissages.

Au moment même où nous constatons tous que le monde change, que les outils changent, que notre technologie évolue et ouvre des champs entiers de nouvelles possibilités, l’Education nationale, désespérément, ne change pas. Ha, si, excusez-moi…. une immense réforme est en gestation… et si on remplaçait tous les livres par des tablettes avec des fichiers de ces même livres ? Et pour ce faire… et si nous augmentions le budget de l’Education nationale ? Voilà les approches pitoyables auxquelles nous sommes soumis et livrés.

Évidemment, aucune tablette transformera un cancre pré-délinquant en nouveau Molière. Prétendre l’inverse est une aberration intellectuelle dont seul l’étouffant culculgnangnantisme politiquement correct de l’Education nationale est capable.

Ils sont jaunes, noirs, marrons ou tout blancs, ils sont en zone sensible, à la maternelle et leurs résultats sont époustouflants !

Pourquoi cet intertitre sur les « couleurs » et les « origines » de nos élèves ? Parce qu’évidemment l’Education nationale, l’école, c’est le lieu du creuset républicain dont tout le monde parle. Tous les enfants passent par l’école, sont formés par l’école. Sauf que l’école et l’Education nationale confondent le fait de former et d’endoctriner ce qui est très différent aussi bien dans les objectifs que dans les méthodes utilisées.

Et que constate-t-on ? Que la part de l’acquis et de l’éducation sont évidemment prépondérants.

Collectivement soit nous nous préparons des générations futures qui seront des chances pour notre pays ou au contraire de futurs gros problèmes.

Or ce qui fait la différence entre chance ou problème ce n’est pas la couleur, c’est l’éducation dont le rôle est prépondérant.

Si nous voulons regarder le futur de notre pays avec espoir alors nous devons nous occuper de nos enfants. S’occuper de nos enfants ce n’est pas plus de moyens. C’est faire entièrement autrement car ce que nous faisons actuellement est un terrible échec. Terrible.

Je vous propose donc de découvrir le travail de cette jeune institutrice en classe de maternelle, enfin de cette ex-instit puisqu’elle a démissionné de l’Education nationale ce que l’on comprend évidemment.

Elle s’appelle Céline Alvarez, formée en linguistique, elle décide de rentrer dans le système éducatif national afin de faire bouger les lignes de l’intérieur. Elle passe le concours de professeur des écoles en 2009 et débute en 2011 une expérimentation pionnière au sein de l’Education nationale.

L’objectif ? Proposer un nouvel environnement pour l’école maternelle, scientifiquement fondé et validé, permettant de solliciter de façon optimale les mécanismes d’apprentissages et d’épanouissement de l’être humain. Pour cela, elle reprend les travaux du Dr Montessori, qu’elle enrichit et adapte à la lumière des sciences cognitives et de la linguistique.

Elle ne le fera pas à Neuilly sur Seine, mais à Gennevilliers dans un école classée en ZEP et plan violence.

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de l’une de ces interventions. Je ne vous dis pas que SA méthode est LA solution, en revanche, il est évident qu’une immense réflexion sur les méthodes et la refonte de tous les enseignements est une nécessité absolue. Ne pas le faire c’est préparer nos malheurs collectifs de demain, et cette réflexion, ne doit pas être laissée aux grands malades qui dirigent les programmes dans l’Education nationale et dont l’action nous mène dans le mur depuis des décennies. Le problème n’est pas tant les enseignants dans chaque agence… que les types du « siège » qui ont perdu tout sens des réalités !!!

Pourquoi vous parler de cela en cette rentrée ? D’abord parce que l’éducation vous coûte tout de même 118 milliards d’euros ce qui est juste monstrueusement énorme pour un truc qui ne marche pas du tout, mais surtout parce que cela illustre à merveille le principe de complexité de notre société condamnée à l’effondrement parce que ces grandes institutions sont devenues tout simplement incapables d’absorber le moindre changement, la moindre innovation ce qui rend toute évolution totalement vaine et impossible. Or, un organisme qui n’évolue pas est condamné au dépérissement et à la mort. Je voulais donc vous soumettre ces éléments de réflexions pour cette nouvelle année 2016. Vous montrer que si d’un côté nous avons de réelles « raisons d’espérer », la réalité c’est que l’impossibilité de les mettre en œuvre nous donne toutes les raisons de ne pas espérer et de redouter le pire.

Je disais aux enseignants, ne hurlez pas tout de suite, lisez… pour ceux qui ont tenu jusque-là, je voulais vous dire que la raison d’espérer, c’était vous. Pas le système justement mais celles et ceux qui en bas, sur le terrain, font la vie. La vraie (pas celle d’Auchan). Ces instits qui dans leurs classes font ce qu’ils peuvent pour faire au mieux dans un environnement contraignant. Néanmoins, si individuellement les gens se comportent plutôt très bien (regardez la chaîne de secours et de solidarité lors des attentats) le système, lui, est défaillant et broie ceux qui pensent, innovent ou réfléchissent autrement ou en dehors.

Ce que vous devez retenir, c’est que les solutions existent… mais nous les évitons avec constance.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT


Pour ceux qui pensent que les chiffres sont faux… c’est ici

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