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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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« Portugal : la chute de l’empire Espirito Santo fragilise l’économie… »

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Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Évidemment, nous sommes en plein deuil national et nos drapeaux sont en berne. Notre président se sent pleinement dans son rôle de président ! Ouf, enfin une bonne petite catastrophe pour « faire » président et pour que l’on ne parle pas des sujets qui fâchent tout en sachant que l’histoire du vol AH 5017 ne collant pas trop, cela risque fort de devenir aussi un sujet qui agace !

Mais pour le moment, notre président annule un sommet à l’étranger, ne veut plus quitter son palais car là, il se passe quelque chose et ce quelque chose pourrait lui permettre de faire un peu oublier tout le reste. Oui tout le reste, Gaza et l’importation de ses problèmes en France, l’Ukraine et la guerre, la Libye et l’idée géniale d’apporter la démocratie là-bas (Hollande n’y est pour rien, c’est Sarko qui a commencé), ou encore la Syrie. Ha, et puis il y a bien aussi le chômage en France et les plans de licenciement, la croissance qui bat tellement de l’aile qu’il est difficile de parler de croissance, sans oublier un truc génial, c’est que notre ministre des Finances annonce que 28 milliards d’euros sont rentrés en France (la fameuse lutte contre la fraude fiscale) et que cela a rapporté 1,8 milliard d’euros à l’État !! Quelle bonne nouvelle que nous devons célébrer ensemble !!

Alors à votre avis, qui a fait une bonne affaire ? Parce que payer 1,8 milliard d’impôts pour rapatrier légalement 28 milliards d’euros, cela ne donne pas très envie de payer ses impôts à la rentrée en septembre, si vous voyez ce que je veux dire.

Le Portugal part en quenouille mais la crise est derrière nous !!

Pour achever cette longue litanie, il fallait bien que je vous achève avec cette histoire de la faillite de la plus grosse banque du Portugal. Je sais, je vous en ai un peu parlé mais il faut revenir dessus car évidemment c’est une affaire très grave, mais comme je ne veux pas vous gâcher vos vacances normalement cela devrait bien se passer (j’ai mis un conditionnel à « devrait » donc ne venez pas me faire un procès si tout part en sucette).

J’ai donc trouvé ce petit article du journal Libération assez drôle et cocasse puisque Libé découvre que « houaaa , dis-donc c’est pas bon pour les Portugais ça »… Ben non mon cher Libé, ce n’est pas très bon pour les Portugais. Mais Libé n’a pas compris encore certains grands principes de la crise comme par exemple le fait que lorsqu’une banque s’effondre, on la sauve avec le pognon des gens et lorsque les gens ne sont pas assez nombreux, comme c’est souvent le cas dans les « petits » pays européens, eh bien on va chercher d’autres gens désignés volontaires d’office dans le reste de l’Europe et c’est ainsi que le con-tribuable allemand ou français paie pour les banques espagnoles, grecques ou portugaises.

La grande découverte de Libé

Houlala, surpris Libé : « L’empire financier Espirito Santo, aux ramifications tentaculaires dans l’économie du Portugal, risque d’emporter dans sa chute d’autres entreprises et freiner ainsi le redressement du pays, tout juste sorti de son plan de sauvetage international. »

Puis Libé, encore plus surpris de la baisse surprise : « L’économie du Portugal est suspendue aux déboires de la dynastie Espirito Santo. Le Produit intérieur brut (PIB) avait subi au premier trimestre une baisse surprise de 0,6 %, marquant une rechute pour le pays qui était sorti au printemps 2013 de deux ans et demi de récession. »

Houlala, inquiet chez Libé : « Pour Paula Carvalho, économiste de la banque BPI, l’affaire «entame surtout la confiance des investisseurs, ce qui peut se répercuter sur l’activité économique». »

Et enfin, Libé qui commence à frémir : « Et les plus hautes sphères de l’État commencent à préparer les esprits : si des détenteurs de titres de dette du groupe Espirito Santo «devaient subir des pertes importantes, ils pourraient reporter des investissements, voire être confrontés à de fortes difficultés». »

Alors Libé effrayé, Libé paniqué, Libé inquiété, mais Libé rassuré !! Tout devrait bien se passer !!

« Seule lueur d’espoir, l’agence d’évaluation financière Moody’s a relevé vendredi la note de la dette du Portugal à «Ba1», la plaçant à un cran de la catégorie investissement, label très recherché que le pays avait perdu en 2011. »

Eh oui, car c’est là que réside la principale information de cet article de Libé, les agences de notation ont décidé d’augmenter d’un cran la note du Portugal alors que le Portugal vient juste de perdre sa plus grosse banque et au moins le tiers de sa capacité de financement des entreprises !!

C’est donc une catastrophe économique pour le Portugal mais la crise sera gérée, les gens ruinés, les épargnants spoliés mais le Portugal s’en sortira et même s’il ne s’en sort pas, il ne faut pas que cela se sache car n’oubliez pas qu’il y a une reprise en Europe !!

Enfin, heureusement que les avions s’écrasent car cela permet de parler très longuement de sujets certes très tristes et dramatiques mais qui normalement ne devraient pas remettre l’avenir de la planète en cause (sauf peut-être pour le vol abattu en Ukraine par l’on ne sait plus qui et que même les Zaméricains sembleraient un peu moins certains).

En attendant, tout part en quenouille en ce bas monde et partout les bruits de bottes et de bombes se font entendre. Il y a également les gros craquements sinistres de la finance mondiale (la bonne finance, celle avec qui le président des avions qui tombent est ami et copain).

Mais tout cela devrait tenir au moins jusqu’à la rentrée. Alors passons un bon été !!

Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement www.lecontrarien.com.
Source journal Libération ici


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