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Loic Abadie - Le bouclier

Bourse et intelligence verbale

Audience de l'article : 1430 lectures
Nature de contenu : Edito
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Contre toute attente, la bourse est tout autant un jeu de lettres qu’un jeu de chiffres

Des neurobiologistes de l’école Normale supérieure de Paris, de l’Université de Londres, d’Oxford, et de Durban en Afrique du Sud sont unanimes sur le sujet d’études qu’ils étudient en commun: ils ont constaté que la substance grise  d’une zone particulière du cortex cérébral, le gyrus supra-marginal postérieur, est d’autant plus épaisse que les individus connaissent de mots.

Constitué des couches supérieures du cerveau, le cortex cérébral est très développé chez l’être humain par comparaison aux autres espèces vivantes. Ces couches permettent de mémoriser les concepts, de raisonner, de planifier, et de maîtriser ses émotions.

Dès lors, un cortex trop mince expliquerait en partie l’impulsivité et l’agressivité de certaines personnes.

La capacité à maîtriser ses élans émotionnels dépend de ce que l’on nomme la mentalisation. C'est-à-dire de la faculté de mettre son ressenti en mots grâce au cortex cérébral.

Les mots permettent de verbaliser les émotions au lieu de s’exercer à la violence physique.

Les mots nous sont utiles afin de comprendre ce qui nous agace, de le rapporter à son contexte, et de finalement dominer nos émotions.

La maîtrise des émotions est un paramètre  essentiel de la performance boursière.

La nécessité de maîtriser ses émotions est d’autant plus forte que l’on travaille sur un horizon de temps très court. Car, le très court terme est parasité par des signaux malicieux qui brouillent les données.

Cela incite à couper ses positions sous le coup des émotions. Seul un profond recul sur les émotions, ainsi qu’une maîtrise parfaite des pulsions peuvent vous éviter la ruine.

Ceci est particulièrement vrai pour les day traders (la journée), et les scalpeurs (quelques minutes), qui sont de grands spécialistes du captage de mouvements court et violents.

Sur des horizons plus longs que sont ceux du swing trader (quelques jours) et de l’investisseur (quelques années), le temps permet de bien réfléchir, et de pondérer son opinion plus facilement.

Mais il n’en demeure pas moins que pour tous les intervenants sur le marché, il est crucial d’exercer un contrôle continu des  émotions.

En fait, tout semble démontrer qu’en matière boursière, l’intelligence verbale et l’intelligence comportementale soient supérieures à l’intelligence fluide, et bien plus nécessaires que cette dernière … on le savait, sinon tous les prix Nobel de Mathématiques, et les détenteurs de la médaille Fields seraient milliardaires …

On sait aussi que la gestion du risque financier passe par l’établissement d’un plan qu’il faut respecter à tout prix.

Cela permet de définir de manière stricte les points d’entrée et de sortie sur les valeurs. Eventuellement, il convient de construire des stratégies élaborées d’entrée sur le marché, voire de bâtir des scénarios. Là aussi finalement, tout passe par le verbe.

Alors, il semblerait bien que pour exceller à la bourse, un peu avant les mécanismes financiers, il vous faille commencer par apprendre par cœur le dictionnaire, et si cela ne suffit pas, passez aux langues étrangères !

Vous n’avez rien à perdre de vous lancer à cœur perdu dans les mots comme vous le ferez dans les chiffres, car si ça marche, tant mieux, vous progresserez.

Si ça ne marche pas, vous y gagnerez en culture générale. A tous les coups vous gagnerez quelque chose … de la matière grise !

 

Christophe Gautheron

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