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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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« EDF éjecté du CAC 40, tripatouillage d’indice. Explication en VIDEO…»

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Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Comme chaque mardi, j’étais l’invité de l’émission Ecorama où nous avons évoqué le dossier EDF puisque l’électricien national a été éjecté du CAC40, les rumeurs de rachat de Bouygues Telecom par Orange, ou encore l’année record pour Airbus.

Voici l’essentiel en résumé pour ceux qui ne peuvent pas lire la vidéo que vous trouverez tout en bas de cet article.

EDF éjecté du CAC40

En gros, ce qu’il faut comprendre c’est qu’un indice comme le CAC 40 cela vit, cela évolue avec le temps. Les gens ne le savent pas vraiment, ou l’oublient vite pour ceux qui l’ont su, mais l’indice CAC 40 d’aujourd’hui et celui par exemple de l’an 2000 n’ont strictement rien à voir. D’ailleurs quand on y pense c’est même absurde qu’il porte toujours le même nom.

En l’an 2000 vous aviez Vivendi qui était une énorme capitalisation à l’époque de la bulle Internet et de J6m (Jean-Marie-Messier-Moi-Même-Maître-du-Monde comme le surnommait les Guignols de l’info à cette époque), il y avait Alcatel et autres groupes dits de « nouvelles technologies ». Puis après l’effondrement de la bulle internet, le CAC 40 est devenu financier reflétant au passage l’explosion de la future bulle boursière autour des valeurs financières et bancaires qui éclatera en 2007 avec la crise des supbrimes.

Quand on parle du CAC 40 d’hier et d’aujourd’hui on compare des choux et des carottes ce qui n’a rien à voir.

Alors pourquoi, et comment tout cela évolue et pourquoi certaines valeurs sortent et d’autres pas ?

C’est assez simple. Il y a des éléments dits « techniques », la quantité de titres négociables, la valorisation totale etc… et puis il y a des éléments beaucoup plus « business » qui consistent à virer de l’indice des valeurs qui sont poussives voire qui perdent de la valeur. Logique.

Il est bien plus facile de vendre des paniers d’actions, des sicav indicielles et autres placements financiers qui montent, plutôt que de garder de mauvaises valeurs qui baisseraient trop et donc plomberaient les performances de l’indices.

Les indices montent aussi parce qu’on choisit des valeurs qui montent et que l’on sort les valeurs qui baissent !

Si les indices montent c’est aussi pour cette raison, en clair, on change régulièrement les joueurs. L’indice est en quelque sorte dopé artificiellement avec la bénédiction de tout le système financier français en ce qui concerne le CAC 40 mais c’est exactement la même histoire dans tous les autres pays.

Si nous avions dans le CAC 40 encore toutes les valeurs de l’an 2000 le CAC serait à 500 points et les épargnants ruinés.

Donc mettez bout à bout la politique de changement de titres dans les indices et les émissions de monnaie par les banques centrales et vous avez là une large proportion de l’explication de la hausse des bourses à travers les indices sans que cela ne trouve de traduction réelle dans l’économie.
Normal, tout est gonflé artificiellement et on monte les cours au cric. Voilà de quoi relativiser des performances certes réelles, mais reposant sur du vent.

Faut-il prendre au sérieux les rumeurs de rachat de Bouygues Telecom par Orange ?

Si une telle opération aboutissait, quelles seraient les profondes mutations à attendre dans le paysage des télécoms ?

Ho l’idée dans tout cela c’est qu’ils sont 4 opérateurs et que la concurrence fait effectivement baisser les prix. Du coup, cela n’arrange pas ces 4 opérateurs qui aimeraient bien pouvoir augmenter leurs prix, se faire plein de fric sur le dos des consommateurs (nous).

Pour ça l’idée géniale est de réduire la concurrence en réduisant le nombre d’acteurs et ainsi augmenter les prix…

Ceux qui croient à la concurrence libre et non faussée, que prônent avec des bêlements et la main sur le cœur les autorités européennes, se mettent le doigt dans l’œil très profondément. Comme à chaque fois ce que l’on veut c’est du bénéfice pour verser des dividendes ; le produit vendu n’est qu’un alibi pour nous faire les poches.

Plus il y a de concurrence plus les prix finissent par augmenter. C’est la même chose pour l’électricité. Il fallait casser le monopole d’EDF… cela allait faire baisser les prix. Vous les voyez baisser les prix vous ? Et ceux des péages ? Ils baissent aussi… ???

Nous sommes des CON-Sommateurs, à nous de devenir des « consom’acteurs » et faire en sorte de ne plus jouer, car la grève de la consommation serait une arme redoutable si le peuple voulait bien l’utiliser ne serait-ce que quelques mois !!! Le monde entier tremblerait, les multinationales vacilleraient.

Quel regard porter sur la très belle année d’Airbus qui vient de passer le cap des 1000 commandes nettes pour 2015 ?

C’était notre dernier sujet… Airbus est-il en train de remporter la bataille commerciale qui l’oppose à Boeing ?

Mon point de vue est qu’avant d’entamer une descente aux enfers il faut monter au plus haut. Airbus sera donc au plus haut cette année, l’année prochaine ou encore celle d’après, mais à l’arrivée, avec l’émergence du premier grand constructeur chinois qui vient de lancer l’équivalent d’un moyen courrier A 320, les jours fastes d’Airbus ou de Boeing sont comptés. La profondeur du marché chinois, comme cela a été le cas pour les trains à grande vitesse, confère à la Chine un avantage compétitif sans commune mesure auquel s’ajoutent ses bas coûts de production.

Cela mettra du temps mais d’ici 10 ans Airbus est condamné.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

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