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Charles Dereeper

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S'expatrier sans visiter le pays qu'on a choisi...

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Je reçois un email par jour environ pour des candidats à l'expatriation. Leurs caractéristiques me renversent. Tous me demandent des infos sur le Costa Rica au niveau de la résidence, mais...

UNE TOUTE PETITE MINORITE a déjà visité ce pays !

Que dire à part que les bras m'en tombent.

Avant de s'interroger sur une éventuelle demande de résidence, peut être bien que la première étape consiste à venir passer deux semaines sur place. Repartir, réfléchir. Visiter un autre pays pour comparer. Revenir une deuxième fois au Costa Rica (Costa Rica ou tout autre pays suscitant une envie d'expatriation).

Je ne pense vraiment pas qu'on puisse choisir un pays pour y vivre de manière rationnelle et intellectuelle. Il faut s'y sentir bien sur place. Il faut donc essayer.

En outre, ce que j'ai appris par mon expérience, c'est que nous les occidentaux, nous sommes des consommateurs indécrottables.

Laissez moi vous parler du processus de voyage d'un occidental basique.

Il commence par entendre parler par différents canaux d'un pays. Couplée à une offre alléchante sur internet, notre occidental de base fait ses réservations puis achète un guide, ou deux, ou trois. THE GUIDE. Dans lequel est listé tout ce qu'il faut avoir vu et fait.

Les gens déboulent à l'aéroport du pays en question et commence à cocher des cases à partir du guide, choisir des hôtels, visiter les trucs hot du guide, se balader dans une voiture de location, avaler des centaines ou des milliers de kilomètres...

A la fin, on obtient un gros zapping de lieu carte postale avec des contacts uniquement auprès de locaux pro du tourisme, donc déformés après quelques années.

Notre occidental moyen rentre chez lui, content et se dit qu'il a pris le frais, qu'il s'est ouvert à un autre horizon. En réalité, il a vu que dalle et bien souvent, n'a presque rien compris à ce qu'est le pays. Il a juste consommé de manière abstraite.

C'est juste n'importe quoi. Quand on habite dans un pays et qu'on voit débouler ces zappeurs en tout genre, qui passent leur temps à ressasser les lieux les plus hots, une cathédrale, une plage, un paysage, une bouffe particulière... posant des questions à tous ceux qu'ils croisent pour vérifier que leur liste de points à visiter est la bonne... vu de l'extérieur, on se dit : mais quelle civilisation de tarée !

S'expatrier répond à une autre logique que le voyage consommable. Car là, on ne peut pas faire l'économie de la rencontre du pays et de ses caractéristiques réelles. S'expatrier, c'est donc se poser dans un lieu fixe et commencer à faire des transactions avec des locaux pour vivre, se confronter à des logiques de vie qui n'ont rien à voir avec la nôtre pour ce qui est de l'expatriation dans des zones non développées. Les réactions des gens, le rapport au temps, à l'argent, à l'efficacité peuvent varier du tout au tout. Crise de nerfs presque incontournables au départ. Ce n'est pas en zappant à l'aide d'un pauvre guide touristique qu'on pige ce qui se passe réellement sur le terrain.

Obtenir une carte de résidence ou un statut fiscal en faisant abstraction du terrain, c'est la porte ouverte à l'échec sur le long terme. 

Charles Dereeper
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3 commentaires

  • Lien vers le commentaire Jean-Claude Damant lundi, 14 janvier 2013 00:18 Posté par IndySantista

    S’expatrier n’est pas seulement acheter un billet d’avion et faire sa valise.

    Alors que j’avais voyagé déjà toute ma vie, en camping sauvage au début et par la suite, jamais un seul voyage organisé mais le billet sec et le sac à dos, je me suis toujours fondu dans la population et très souvent j’ai demeuré chez l’habitant.

    Alors que mon but était de quitter la France, je n’avais plus l’obligation de travailler, j’ai cherché les pays qui ont un mode de vie qui me convienne. L’Andalousie ? Bien que des amis et une charmante Suédoise m’y attendaient, c’était encore l’Euro et son coût.

    Plus au sud, le Maroc que je connaissais déjà de m’inspirait pas malgré la propagande.

    Je décidais de faire le grand saut de l’autre côté de l’Atlantique, pour aller voir l’Amérique du sud dans son intimité.

    Pendant deux ans j’utilisais au maximum le visa touristique soit presque six mois par an et finalement, J’optais pour le Brésil.

    Malgré toutes ces précautions, la vie quotidienne et les obligations inhérentes à la résidence n’ont pas fini de me surprendre. C’est seulement au bout de sept ans que je commence à bien comprendre les mécanismes de l’esprit brésilien donc la société qu’il a créée et toutes les retombées possibles et imaginables.

    J’envisage de me libérer de toutes les attaches qui se sont créées pour reprendre une vie plus vagabonde.

    J’espère que mon exemple vécu incitera les aventuriers de ces Eldorados préfabriqués à acheter de solides bouées en cas de retour forcé en France après avoir perdu leurs économies.

  • Lien vers le commentaire zoulou2 jeudi, 10 janvier 2013 02:20 Posté par zoulou2

    Je confirme, utiliser un guide touristique, c'est finallement rien changer, on voit les memes personnes qui font la gueule, comme dans le metro parisien  tous les jours.

  • Lien vers le commentaire antoine mercredi, 09 janvier 2013 22:12 Posté par antoinecr

    qd on fait du tourisme et qd on vise l expat on ne cherche pas les memes choses
    la durée doit etre bien plus longue dans le 2eme cas
    parler la langue du pays permet une meilleure decouverte du local
    en somme ca se prepare longuement, ca se teste et ca se compare avec d'autres pays ;)

    enfin avoir sur place un point d entree ou de base est vraiment un plus, charles, je pense que tu comprends ce que je veux dire