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Contribuables Associés

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LE VÉRITABLE ENSEIGNEMENT DE L’AFFAIRE CAHUZAC

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Jérôme Cahuzac quitte le gouvernement. Il est poursuivi pour deux motifs : le premier motif porte sur le soupçon de blanchiment de fraude fiscale à propos de fonds qui viendraient – et c’est le second motif – de la perception de pots de vin « par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale. » L’affaire Cahuzac n’est pas intéressante en elle-même pour les affaires publiques : il s’agirait d’une fraude – si elle est avérée – commise par un particulier qui va devoir maintenant affronter la justice de l’Etat. L’affaire Cahuzac est par contre intéressante dans ses conséquences sur le gouvernement.
L’intérêt de l’affaire Cahuzac tient en effet dans le jeu de chaise musicale qui a suivi immédiatement l’annonce de la démission du ministre délégué au budget. Bernard Cazeneuve a quitté le ministère des affaires européennes pour investir celui du budget tandis que Thierry Repentin a été muté de son ministère de la formation professionnelle aux affaires européennes. Deux questions se posent sur ces mutations intrigantes.

Première question : François Hollande n’avait-il que Thierry Repentin à installer aux affaires européennes ? Nonobstant les qualités intrinsèques de ce ministre, il reste néanmoins un spécialiste du logement qui n’avait pas caché son désir d’avoir le ministère de Cécile Duflot. Le voilà maintenant aux affaires européennes. François Hollande est-il au courant que l’Union européenne et surtout la zone euro sont en ce moment même en train d’affronter une grave crise à cause de Chypre ? La taxation –pardon, l’effort de redressement demandé aux épargnants chypriotes et aux dépositaires étrangers déclenche un vent de contestation qui déborde largement Chypre pour souffler aussi sur Moscou. Le renflouement de Chypre est crucial pour la stabilité de la zone euro et par conséquent pour la France. Les négociations de la troïka – union européenne, banque centrale européenne et FMI –  doivent être suivies de près ainsi que les contestations du peuple chypriote. C’est un dossier délicat, difficile, vital. Qui le suit donc en France ?

Deuxième question : qu’en est-il de la réforme de la formation professionnelle ? François Hollande a lancé la semaine dernière la grande réforme de la formation professionnelle, avec Michel Sapin, ministre du travail, et plus particulièrement Thierry Repentin, alors en charge de cette formation professionnelle. Celui-ci avait fait force discours sur le sujet en garantissant son implication dans cette réforme qu’il voulait importante. Le lancement du dispositif unique de compte de formation professionnelle qui garantit un capital-formation à chaque salarié français nécessite un suivi précis car une grande partie de la réforme repose sur lui. Le Président en a fait une affaire prioritaire. Qui suit le dossier de la formation professionnelle maintenant ?

Changer aussi facilement les ministres alors qu’ils sont théoriquement en charge de dossiers lourds à gérer signifie qu’ils ne sont ni les gestionnaires ni les décideurs. Choisir, parmi la pléthore de ministres, de députés, de sénateurs, les deux qui sont justement reliés à des dossiers en cours peut signifier deux choses : soit c’est le signe d’un mauvais management, soit c’est le signe que les ministres ne servent à rien.

Il faut savoir qu’un ministère est composé, grosso modo, de deux parties. L’une est politique : il s’agit du ministre et de ses collaborateurs, dont la durée de vie est par nature éphémère. L’autre est administrative : il s’agit des directeurs de services, des sous-directeurs, des secrétaires et de tout le staff qui les entourent. Cette administration est inamovible. C’est elle qui gère les dossiers, qui décide du rythme à leur donner, qui assure la continuité, qui guide la prise de décision qui relève de l’exécutif, c’est-à-dire du Président. Conclusion : l’administration manage, le Président décide et les ministres ne servent à rien, ou presque à rien d’autre, que de faire de la représentation.

Les contribuables s’en doutaient, maintenant les choses sont claires grâce à ce petit remaniement. Remercions donc Jérôme Cahuzac d’avoir permis à François Hollande de nous démontrer l’inutilité des fonctions ministérielles. Il faut maintenant en tirer la conclusion logique. Jérôme Cahuzac cherchait des économies : ne pourrait-on pas commencer par s’économiser d’un gouvernement inutile ? Ce sera toujours cela de moins à payer pour les contribuables.

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