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Charles Sannat

Charles Sannat

Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information (secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Économique d'AuCoffre.com en 2011. Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

Charles-Sannat

Les aventures de la super-dette américaine

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Nous parlions encore de triche dans l’édito du jour et ce sera un de mes grands thèmes de l’année 2016. Dénoncer sans relache les tricheries petites et grandes qui ont pour conséquence de masquer au plus grand nombre la réalité et la vérité économique.

C’est évidemment ce que permettent les petits arrangements statistiques entre amis. Il en est de même dans notre pays où pour mesurer et quantifier la délinquance par exemple… on ne va plus comptabiliser les délits les plus courants comme les affaires de stupéfiants ou les viols… Normalement avec de telles politiques nous devrions rapidement atteindre la délinquance zéro et le plein emploi…

Il est déjà trop tard. Préparez-vous!!

Charles SANNAT

Des changements dans les règles de présentation de la comptabilité ont donné à la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) la possibilité de cacher les dimensions réelles de la dette générale américaine. Cette dernière, qui s’est déjà élevée jusqu’à 330% du PIB américain en mars dernier, a actuellement atteint le niveau de 350%.

Changements dans la présentation

Selon le schéma intitulé « Instruments généraux du marché des crédits » (Total Credit Market Instruments), publié le 31 mars 2015 sur la base des données de la Fed, l’indice qui reflète la dette générale des Etats-Unis a dépassé le niveau de 59 trillions de dollars, soit 330% du PIB américain.

Suite à cette publication, la forme spéciale de la comptabilité de la Fed destinée à montrer la dynamique économique correspondante n’a plus été rendue publique. On s’explique mal pourquoi la Fed aurait cessé de publier la comptabilité avant le renouvellement des données sur les mouvements des capitaux. De telles données présentaient des informations précises sur les différents types de dettes existantes.

Dans cette situation d’absence de données sur les instruments du marché des crédits, la Réserve fédérale américaine a pris la décision de justifier ce changement qui semblait étrange.

Selon la déclaration officielle de la Fed, à partir des publications du 18 septembre 2015, la présentation de la catégorie des instruments du marché des crédits a été abolie pour être remplacée par deux nouvelles catégories, notamment « Titres de dette » et « Crédits ».

Augmentation de la dette

Ainsi, les règles de présentation ont été changées. Ce qui est plus important, c’est le fait que, selon cette déclaration de la Fed, les changements dans les catégories ont gonflé la somme nouvelle des titres de dette et des emprunts comparativement aux publications précédentes.

New York


Il semble donc que la dette générale américaine ait considérablement augmenté. Actuellement, la Fed la répartit selon ces deux catégories de titres de dette et de crédits.


Résultat du changement des méthodes de comptabilité: la présence, dans les deux catégories nouvelles, d’instruments classifiés autrement à l’époque et dont l’insertion dans cette liste n’était pas jugée nécessaire. C’est ce changement dans la liste des instruments qui a provoqué l’augmentation des chiffres généraux de la dette américaine.

Ainsi, le changement de représentation semble avoir aidé la Fed à augmenter le niveau de la dette sans le déclarer publiquement. De plus, la répartition des données sur la dette entre deux catégories qui incluent plusieurs sous-catégories peut être considérée comme une tentative de compliquer la compréhension de la comptabilité publiée.

Les données du PIB, pour leur part, n’ont pas été revues, donc la dette générale américaine a ainsi augmenté de 330% à 350% par rapport au PIB. Ce qui n’est pas une très bonne conclusion pour l’économie américaine.


Source ici
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