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Caroline Domanine

Caroline Domanine

Entrepreneur, coach et trader…

…autodidacte et fière de l'être!

Je pense que chacun peut avoir sa chance s'il est prêt à y mettre le prix. Convaincue du pouvoir que nous avons tous sur notre vie, je me lance avec toujours plus d'énergie et de joie vers de nouveaux défis.

Trader par amour pour la liberté, coach par passion du partage, entrepreneur par besoin de créer; je crois que c'est notre comportement qui sera seul maître de nos performances. Parce que nos compétences techniques ne suffiront  pour gagner, développons nos compétences comportementales avec des questions et des outils simples à mettre en place !

Mon Blog : http://psychotrade.fr/


Création de biais directionnels

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Nombre de traders sont plus à l’aise dans un sens plutôt qu’un autre, on appelle ceci les biais : avoir un meilleur comportement et donc, de meilleures performances à la hausse ou à la baisse. Pourquoi, et surtout comment sortir de certains automatismes pour aborder le marché avec une vision plus pragmatique , plus rationnelle.

Tout d’abord, une constatation technique : les marchés descendent plus vite qu’ils ne montent. En short (sell) , une position est donc plus nerveuse, touche plus vite un ordre limit et laisse moins de temps au trader pour penser qu’en long ( buy) . Souvent, les personnes ont tendance à penser que les biais haussiers et baissiers sont d’ordre idéologique du type : « je préfère parier sur un marché à la hausse parce que c’est bien, c’est moral » mais ça ne tiens pas et les véritables raisons sont souvent inconscientes.

Repartons donc de cet aspect technique : les marchés descendent plus vite qu’ils ne montent. Ceci a des impacts à plusieurs niveaux cérébraux ou plusieurs niveaux de conscience si vous préférez.

Imaginons notre conscience comme un bâtiment, avec un ascenseur et voyons ce qu’il peut se passer aux différents étages :

Rez de chaussée: Le cerveau reptilien répond à la question: « Est ce dangereux ? » Selon le rapport que vous entretenez avec le temps, il peut réagir différemment. Certains vont ressentir plus de stress (même faible) lorsque la position dure, d’autres, au contraire vont avoir besoin de plus de temps et ne vont pas aimer les mouvements rapides. Vous pourrez alors développer ; même faiblement un biais plutôt qu’un autre. Ainsi, si vous observez que vous avez un biais baissier ou haussier, posez-vous la question suivante :

« Quel rapport instinctif j’entretiens avec le temps, l’urgence ? »Parce que cela peut en partie expliquer votre préférence.

Montons d’un étage dans notre conscience, et allons voir vers notre territoire paléo-limbique, siège de l’instinct grégaire.
L’être humain est un animal social, il entretient donc des relations étroites avec le groupe. Pour réguler les rapports de pouvoir dans les groupes, il y a l’instinct grégaire qui se développe sur 2 axes : la confiance en soi, la confiance dans le groupe. Cet instinct joue un rôle décisif dans les biais et surtout l’axe « confiance dans le groupe ». Sans rentrer dans la morale car là n’est pas la question ; nous avons tendance à associer un marché haussier à quelque chose de positif pour le groupe, et un marché baissier à quelque chose de négatif.

Pour le bon fonctionnement du groupe, il faut des individus « intégrés » ; très confiants, ouverts aux autres ; et des « méfiants », ce sont les guetteurs qui voient arriver la menace pour le groupe.
Un marché baissier étant perçus comme une menace, les individus plutôt méfiants y trouveraient une justification : « Évidemment il faut guetter, tu vois ? La menace existe ! » Et par opposition, un marché haussier serait plus adapté à un instinct grégaire « intégré » car pour lui, la menace n’existe pas.
Je schématise, je simplifie, tout ceci reste très inconscient et n’a aucune base rationnelle, c’est de l’ordre de l’instinct.

Encore une marche dans l’escalier de notre conscience pour aller voir vers nos réactions automatiques, située au niveau néo-limbique.
Ici, nous avons nos valeurs, notre personnalité, ou nos motivations.
Cette zone est celle de l’apprentissage, et elle reproduit des réponses automatiques aux situations externes. Par exemple, je conduis, il y a un feu rouge devant moi, je rétrograde : nous n’avons pas besoin d’y penser, nous le faisons automatiquement.
Si vous avez, dès votre apprentissage, observé une grosse différence de profitabilité entre les 2 sens, vous allez développer la croyance que vous gagnerez toujours plus dans ce sens. Au départ, si vous aviez plus de facilité dans un sens pour une raison technique de marché, vous avez ancré progressivement le biais. Même si vous avez changé de marché ou de stratégie entre temps et que le rapport de profitabilité a changé, vous gardez cette sensation d’être plus à l’aise dans un sens alors qu’il n’y a plus aucune raison réelle.
Là, ça peut devenir bloquant, car vous auriez développé la croyance que vous gagnez plus dans un sens, ce qui a été vrai à une époque, mais qui ne l’est plus forcément aujourd’hui car votre système a changé.

Et enfin, nous arrivons à notre pleine conscience, le cortex préfrontal qui lui n’aura pas de biais, mais pourra faire des choix stratégiques : « cette stratégie marche mieux dans un sens que dans l’autre, pour preuve voici les statistiques sur un échantillonnage large » ; ici ; on ne parle plus de biais mais de choix stratégique pure.

Donc, comme vous pouvez le voir, les biais peuvent avoir plusieurs causes, et elles restent plutôt inconscientes. Si vous avez un biais et qu’il est gênant pour votre travail, il vous faut travailler à sortir des « étages décisionnels inférieurs » lorsque vous travaillez pour être au maximum en zone préfrontale. Car on peut avoir des préférences inconscientes sans qu’elles prennent forcement les décisions à un instant précis. C’est aussi pour ça qu’il faut réduire son temps de travail en trading, car, avec la fatigue, on a plus tendance a tomber dans des schémas automatiques.
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