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Jean Christophe Bataille

Jean Christophe Bataille

Je suis le chroniqueur économique et financier : http://futures-trading.fr/

Mes faits d'armes : avoir conseillé d'investir largement sur le marché boursier en mars 2009 alors que le CAC 40 était à 2500 et avoir prévu le délitement actuel des monnaies.

J'anticipe une sortie de la crise actuelle par la stagflation."

Les convictions fortes du blog Futures

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Les convictions économiques

J’ai créé le blog Futures en 2009 en pleine crise des subprimes après avoir lu, sur différents sites, des affirmations qui m’ont parues totalement dénuées de sens. On y lisait par exemple que le Japon était en déflation à cause du Quantitative Easing et que la FED n’aurait jamais dû mettre en place le sien. Les contributeurs affirmaient qu’il fallait laisser la déflation s’installer, l’économie se détruire, pour repartir à zéro sur des ruines. Les indices devaient descendre en enfer et l’immobilier allait devenir gratuit … Il a été proposé une faillite organisée des banques, comme si une faillite pouvait se faire sans léser les souscripteurs et les déposants. On peut encore lire ce genre d’analyse chez certains commentateurs ou journalistes.

Les convictions qui animent le blog Futures sont à l’opposé :

  • Le Japon a commencé sa première séquence de Quantitative Easing beaucoup trop tard, en 2003, alors que la déflation était déjà installée depuis 1987 dans les suites de la bulle immobilière survenue après la hausse du yen et les accords de Plazza. Le Quantitative Easing ne peut en aucun cas créer de déflation, ses effets sont inverses. Le premier ministre japonais actuel, Shinzō Abe, a très bien compris qu’il fallait créer une expansion monétaire très large et prolongée pour sortir du cercle vicieux de la déflation.
  • Sans le Quantitative Easing américain, nous serions aujourd’hui plongés dans une crise majeure à l’échelle planétaire, beaucoup plus grave que la crise de 1929. La titrisation des crédits subprimes avait en effet gangréné toute la finance mondiale et mis à mal le bilan de la plupart des banques. Une crise systémique aurait anéanti tout le système bancaire. Essayez de faire fonctionner une économie sans crédit …
  • L’endettement des acteurs privés et publics ne peut se normaliser que dans une inflation des prix et des salaires. Le déflation, par nature, augmente la dette en monnaie constante et la rend insolvable. L’inflation, au contraire, la dilue dans la hausse des prix et des revenus. Elle devient très efficace si les banques centrales maintiennent les taux très bas sur la totalité de la courbe par des méthodes non conventionnelles d’achats d’obligations à maturité longues et en gardant les taux courts à zéro. Le différentiel de taux à l’investissement devient très favorable. Le problème actuel de la FED est qu’elle ne peut pas faire monter ses taux courts tant que l’érosion monétaire est insuffisante.
  • Il est essentiel de contrôler les budgets nationaux et de lutter contre les déficits. La reflation engagée par les banques centrales consiste à augmenter la masse monétaire, elle n’engage pas les états à dépenser de l’argent à tort et à travers. Elle n’augmente pas la dette souveraine, elle la dilue. Je rappelle que le QE consiste à acheter des titres de créances sur le marché secondaire pour mettre à plat la courbe des taux et amoindrir le coût du crédit. Il n’intervient pas sur le marché primaire pour permettre aux états de s’endetter plus. Mais le personnel politique doit prendre ses responsabilités. Les banques centrales ne sont pas là pour cautionner le laxisme budgétaire dont la Grèce et la France d’avant Macron ont été les meilleurs exemples. De nombreux commentateurs ont confondu déficit et monétisation. Le Japon, dont la politique a désormais une vraie logique, réduit les dépenses publiques et augmente la TVA tout en imprimant de la monnaie.
  • J’ai pensé à tort que l’inflation se développerait plus rapidement. Le deleveraging est puissant, la crise profonde et son évolution sera probablement très longue. Les banquiers centraux européens, hors Angleterre, ont beaucoup trop tardé à élargir leur bilan. Cela impacte négativement la reflation américaine. Sauf accident hyper-inflationniste dans certains pays, les taux devraient rester bas encore longtemps.
Les convictions en termes de placement.

  • L’immobilier doit rester le premier pilier du patrimoine. La pierre est un investissement à long terme qui lisse les cycles économiques. L’effet de levier de l’acquisition à crédit permet de se constituer un patrimoine à bon compte, mais l’optimisation fiscale est fondamentale. Travaux, locations meublées permettent d’échapper partiellement à une fiscalité devenue trop lourde. Les rendements immobiliers sont bien supérieurs aux rendements obligataires et aux taux bancaires. Les baisses de prix sont actées et sont compensées par les amortissements et la hausse des rendements. Le retour sur investissement des opérations doit être sécurisé par un crédit à taux fixe ou capé protégeant d’une brutale montée des taux en cas d’accident économique comme ceux qu’ont connus l’Italie et l’Espagne, il y a quelques années. L’emplacement et le type de logement est fondamental : choix des villes, proximité du centre historique, bureaux et boutiques, appartements anciens de qualité. Le neuf, surévalué et victime du subventionnement systématique de l’habitat social en France, est à éviter.
  • La diversification reste indispensable. L’or physique, les actions préférentiellement gérées par des fonds dans une enveloppe d’assurance vie, les obligations corporates et les High Yields doivent faire partie du patrimoine. Les fonds en euros, poubelles obligataires des états, sont à fuir. L’or aura probablement une nouvelle heure de gloire. Les patrimoines mono-supports (tout en cash, tout en assurance vie) sont peu pertinents.
  • Il faut effacer l’ISF par des placements défiscalisants en loi TEPA. Les rendements du patrimoine sont très faibles actuellement, du fait du niveau des taux. L’ISF a été créé par Mitterrand à une époque où les taux étaient à 10 %. Un prélèvement ISF au taux de 1 % représentait 10 % du rendement du patrimoine. Aujourd’hui, après fiscalité, il peut représenter une spoliation de 50 % de celui-ci.
Les convictions en termes de trading.

J’investis en bourse depuis longtemps mais j’ai commencé à spéculer sur les dérivés comme les trackers à levier, les warrants, les turbos puis les CFD, il y a seulement 8 ou 9 ans. J’ai, au fil des ans, acquis un certain nombre de convictions :

  • Gagner en trading est extrêmement difficile. Les brokers sont formels, 85 % des traders particuliers perdent de l’argent. Seuls 3 % d’entre eux en gagnent beaucoup. Ce sont tous des trend followers.
  • Les meilleurs scalpeurs, day-traders professionnels avec tous les outils qui leurs sont accordés (flux de news en temps réel, carnets d’ordres) et les règles prudentielles associées au trading bancaire gagnent autour de 30 % par an, en moyenne.
  • J’ai compris en 2014 qu’il était possible de gagner beaucoup plus d’argent en trading, mais que seul le trend following en time frame élevé permettait de multiplier un compte par 2, 10, 50 ou 100, selon la longueur du trend et le talent du trader. La plupart du temps, les professionnels ne sont pas des trends followers car les risques pris ne sont pas acceptables pour les établissement qui les emploient. La contrainte associée au trend following est que les gains sont engrangés de façon très irrégulière et que la survenue de pertes supérieures à 2 % par mois est inévitable. Pour être personnellement en discussion avec les banques, je peux confirmer que ce n’est pas acceptable pour leurs clients. Le marché est en range la plus grande partie du temps et les situations de trend prolongé en UT longues ne sont pas les plus fréquentes.
  • Le trend following peut rapporter très gros mais il reste un trading risqué. Il doit être optimisé. On peut détecter les tendances tôt sur break out pour être en gain rapidement et ne pas se faire sortir par la volatilité. Il est essentiel aussi d’éviter de prendre du levier au début d’une tendance. Si celle-ci démarre et se poursuit longtemps, le trader a tout le temps de pyramider dans les replis pour l’exploiter. Je le répète souvent aux lecteurs de Futures qui se reconnaitront, il ne sert à rien de charger. Un bon trend follower doit risquer peu pour tester beaucoup de départs de tendance sans risque. Il ne doit pas sortir autrement qu’en break even ou en loss tant que le trend n’a pas parcouru un nombre de pips suffisant pour obtenir un ratio risk reward important dans son unité de temps de trading. Les bénéfices peuvent devenir énormes en pyramidant des tendances prolongées, mais ils sont réalisés sur quelques trades dans l’année.
  • La majeure partie de la progression du compte Futures en 2015 a été réalisée sur 3 trades seulement mais ils ont parcouru entre 500 et 800 pips et le compte a bien avancé. Le dernier trend en date est celui du krach chinois et de l’explosion de l’euro. Les trades ultra rentables sur plus de 2000 pips comme celui que nous avons réalisé sur Futures en 2014  ne sont pas possibles chaque année. Il faut qu’une grande tendance s’installe pendant plusieurs mois.
  • Il est des périodes d’incertitudes sur les fondamentaux qui nourrissent la volatilité et l’absence de tendance. C’est le cas actuellement. Il faudrait théoriquement ne pas trader dans ces moments. C’est pourquoi je fais du scalping avec de petits volumes sentinelles pour rester dans le marché et ne pas prendre de risque en capital. Mais les quelques bénéfices réalisés en scalping sur stop win sont absorbés par les départs avortés en stop loss et le bilan de trading n’est au mieux que faiblement positif.
  • L’aversion au risque fait monter l’EUR et le JPY. Les perspectives de divergence monétaire font monter USD. Cet antagonisme devrait perdurer encore un bon moment sur les paires majeures au vu des derniers résultats américains. Mon conseil est de ne pas dépasser le levier 1 dans l’attente d’une situation plus directionnelle.
  • Une autre raison va limiter le développement des tendances prolongées à court terme sur le Forex. Les banques centrales sont plutôt satisfaites des parités actuelles et interviennent dès que les paires sortent de leur range idéal.
  • La future hausse de l’EUR capable de dépasser 1500 ou 2000 pips ne s’enclenchera pas tant que la BCE n’envisagera pas l’arrêt du Quantitative Easing européen. Or, les dernières données sur l’inflation sont plutôt en faveur d’un élargissement de celui-ci.
  • Une hausse de l’or l’an prochain ne serait possible que si l’Amérique s’affaiblissait et si l’inflation reculait en zone dangereuse à cause de la situation mondiale globale. Je suis absolument certain que dans ce cas, la FED relancerait une séquence d’expansion monétaire. Ce n’est pas le scénario le plus probable.
Pour illustrer la situation sans tendance de ces derniers mois, voici la paire EUR USD en base hebdomadaire. Le cross est en compression dans un triangle et n’en sort pas depuis 6 mois. A comparer avec le toboggan sur lequel nous avons surfé l’an dernier !

EUR USD 18 09 2015 W1EUR USD 18 09 2015 W1



Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Le blog Futures est devenu un bon outil de partage pour détecter, identifier et suivre les prochaines grandes tendances du Forex, des indices et des commodities. La récente chute du pétrole et la montée de USD CAD avait été détectée par des contributeurs du blog. Certaines propositions de trade seront bonnes, d’autres moins exploitables, mais c’est autant d’opportunités portées à la connaissance des lecteurs. Merci à tous les commentateurs du blog !

Bonne semaine !
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