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Loic Abadie

Loic Abadie

Je vis à la Réunion. Je suis ingénieur de formation. Actuellement, j'enseigne en classe primaire. Entre 2003 et 2010, j'ai multiplié par 9 la valeur de mon PEA, en jouant sur des petites valeurs et sur les trackers CAC40 type BX4 pour me couvrir dans les marchés baissiers. En 2011, ce PEA fait plus de 425.000 euros. Il a stagné pendant deux ans, car j'ai préféré jouer la sécurité, l'essentiel de mes économies étant investi dedans.

2013 et 2014, les incertitudes européennes se sont calmées avec le QE. J'ai repris un peu plus d'initiatives. Fin 2014, mon PEA touche un nouveau plus haut à 580.000€.

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Loic-Abadie

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La chasse au Trichet

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Comme à chaque période de crise, le sport favori des experts, des dirigeants et des foules est de trouver un bouc émissaire. Cette fois, le coupable désigné s'appelle Jean-Claude Trichet, directeur de la BCE. Parmi les instructeurs du procès, nous trouvons ainsi :

- Le président Sarkozy qui l'accuse de « casser la croissance » (ce qui est une façon effectivement astucieuse de nous dire « attention, ça va aller mal, mais ce n'est pas de ma faute »)

- Certains investisseurs mécontents qui ne comprennent pas pourquoi leurs actions et leurs biens immobiliers ont subitement cessé de se diriger vers la stratosphère et voudraient se convaincre qu'une baisse des taux fera remonter miraculeusement leurs actifs.

- Des « économistes-people » comme Marc Touati, auteur d'une pétition "stop-trichet" assez ridicule : Ils peuvent ainsi « expliquer » pourquoi ils n'ont rien vu venir en 2007.

Marc Touati nous affirmait en effet le 5 juin 2007 ceci : « le contexte des marchés est d'ailleurs porteur et le restera au moins jusqu'à la fin 2008 » et « le Cac 40 pourra atteindre les 7000 points d'ici 18 mois (fin 2008) ». Bien entendu si cette "brillante" vision ne s'est pas confirmée, c'est "de la faute à Trichet", mais en aucun cas une mauvaise analyse de notre ex chef-économiste de Natixis !

La baisse des taux serait donc selon eux la « recette-miracle » qui permettrait à l'Europe d'échapper à la crise et d'empêcher la contraction du crédit...Vision surréaliste de responsables aveuglés par une décennie de croissance artificielle, qui voudraient continuer encore un peu de croire que la croissance et la richesse d'un pays se créée toute seule en augmentant éternellement le crédit grâce à de simples décrets sur les taux d'intérêt ou par des « chèques-relance » type « chèques Bush ».

Un peu comme si une commission de surendettement disait à un ménage surendetté «Prenez un nouveau crédit, et achetez vite ce nouveau 4x4 dernier cri, nous vous offrons des taux préférentiels et nous vous payons les 3 premières mensualités »

Voyons sous forme d'un graphique l'effet des baisses de taux énergiques de la FED, tant vantées par nos instructeurs du procès anti-Trichet :

La baisse des taux de la FED n'a en réalité servi strictement à rien, à part affaiblir la confiance des investisseurs dans le dollar : Pendant que la FED baissait ses taux à répétition pour "stimuler l'économie et le crédit", le taux de croissance du crédit bancaire s'est en effet effondré, passant d'une moyenne trimestrielle de plus de 15% en août 2007à un rythme négatif à présent. Et les taux de défaillance sur les emprunts ont grimpé en flèche... Situation qui augure d'un automne très difficile, la stimulation artificielle des chèques Bush prenant en même temps fin ce mois-ci.

Ce que j'ai déjà expliqué sur les taux se confirme : Quand les acteurs économiques ne peuvent plus et ne veulent plus augmenter leur endettement, la machine s'arrête, quelles que soient les mesures choisies par les décideurs... Tout simplement parce dans un contexte d'immobilier en plein effondrement aux USA, et de banques qui ont de moins en moins de cash disponible pour produire des prêts, la demande et l'offre de crédit se réduisent simultanément.

Fait amusant : le cycle étant décalé de quelques mois en Europe, nous sommes encore (temporairement) dans une phase d'expansion rapide du crédit en Europe (12% / an), malgré les taux plus élevés de la BCE, ce qui est bien la preuve que le problème n'a aucun rapport avec les taux de la BCE !

Il faut voir la réalité en face : La période d'économie artificielle, qui se maintenait à flot à l'aide de 4 000 milliards de $ d'expansion annuelle de la dette aux USA et de 2 800 milliards en Europe prenant fin, rien ne pourra empêcher une récession sévère de toucher les USA puis l'Europe.

Les autorités sont en effet « coincées » entre deux feux et leur marge de manœuvre est quasiment nulle :

- Si elles baissent les taux directeurs et pratiquent la fuite en avant par des plans de relances de la consommation type « chèques bush », la monnaie se dévalue, les taux longs remontent (les banques centrales n'ont aucun moyen réel de les contrôler), et les emprunteurs sont au final pris à la gorge.

- Si elles défendent leur monnaie et adoptent une politique budgétaire plus rigoureuse, la consommation chute et la bulle de crédit implose aussi, de façon « naturelle » sous son propre poids...

Si il est trop tard pour empêcher la crise à l'échelle d'un pays, il est toujours possible de s'en protéger au niveau individuel, en s'aidant des conseils du livre "la crise financière 2008-2010"... Mais laissons Mr Trichet là où il est, il fait son travail correctement !

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