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Je suis naturellement grand, beau, j’ai le teint buriné par le soleil et le sourire enjôleur et des mocassins à gland, un très gros zizi et une absence totale de lucidité sur mes qualités et mes défauts !

J'ai un blog sur lequel j'aime enquiquiner le monde : Petites chroniques désabusées d'un pays en lente décomposition...

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Vite, des subventions pour les effets spéciaux !

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Catastrophe ! Plus ça va et moins ça va ! Dans le domaine des effets spéciaux numérique pour le cinéma, la France n’arrive plus à attirer les juteux contrats qui lui permettrait de tenir le rang qui sied à notre pays, phare du monde moderne, des arts et de la technologie. C’est inadmissible. Heureusement, le CNC, le Centre National du Cinéma, a décidé de mobiliser plein d’argent du contribuable pour remédier à cette intolérable situation.

Pas de doute : la situation est critique puisqu’actuellement, 60% des effets spéciaux des films hexagonaux sont réalisés à l’étranger, notamment en Belgique ou au Canada, ces pays turbo-libéraux et ultra-capitalistes qui n’ont pas hésité à faire une sorte de dumping fiscal éhonté en diminuant leur acharnement taxatoire dans ce domaine précis. Et quand il s’agit de gros contrats mondiaux, ce sont la Nouvelle-Zélande, le Canada, les États-Unis ou le Royaume-Uni qui en bénéficient. Notons au passage – coïncidence fortuite – que chacun de ces pays se compare avantageusement à notre système fiscal. En outre, l’inadmissible touche au scandaleux lorsqu’on sait que paradoxalement, la France parvient à former, au travers de ses écoles spécialisées, de nombreux talents reconnus qui, les faquins, ont une tendance assez irritante à quitter le pays, là encore pour des raisons fiscales.

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Une conclusion s’impose : puisque la fiscalité est trop forte, il faut trouver un moyen de compenser ce qu’on a pris d’une main en redonnant de l’autre. C’est justement ce que propose le CNC avec la mise en place d’une mesure entrée en vigueur au premier janvier dernier qui devrait avoir un effet de levier : à partir d’un seuil de 250.000 euros de dépenses, les productions étrangères pourront désormais bénéficier d’un crédit d’impôt international, là où il fallait auparavant atteindre un million d’euros. Couplé à un Vaste Plan Triennal qui n’évoque pas du tout les pages les plus seventies de notre Histoire ni la planification soviétique d’après-guerre, le CNC entend faire « mieux pénétrer les effets spéciaux dans la culture française », que le centre qualifie de « plus orientée vers un cinéma d’auteur naturaliste ».

Si l’on oublie le délicat et amusant euphémisme du cinéma « d’auteur naturaliste » pour désigner l’assommante production verbeuse de films sursubventionnés soigneusement boudés par le public, il est vrai que le cinéma français se caractérise par un emploi minimaliste des effets numériques. Dès lors, le CNC semble décidé à accorder une plus grande place à ces derniers dans les écoles de cinéma en encourageant les production qui y ont recours.

Pour une entité publique, « encourager » et « accorder plus de place » se traduit assez systématiquement par des mouvements de fonds. Le CNC ne déroge pas à la règle puisqu’il entend augmenter le soutien à la filière de 6 à 9 millions d’euros, le contribuable, évidemment consulté, ayant jugé absolument nécessaire en ces temps de disette de claquer 3 nouveaux millions pour un domaine dont la santé financière est par ailleurs tout sauf rachitique : malgré l’incessant piratage et les grises mines des producteurs, les entrées au cinéma en France n’arrêtent pas d’augmenter, et les productions sur notre territoire sont loin d’afficher des résultats catastrophiques.

Mais malgré tout, on va encore une fois mobiliser le contribuable plutôt que le public, ce dernier n’ayant pas l’heur de choisir les « bons » films lorsqu’il achète sa place de cinéma. Il faut bien comprendre que laisser au marché le seul choix de ce qui est bon ou pas revient pour la puissance publique, CNC en premier, à abdiquer complètement. Impensable.

Ce qui est très « pensable » en revanche, c’est de voir qu’en conséquence, on diminue les impôts pour un pan particulier de l’industrie. Avec ces crédits d’impôts et ces nouvelles subventions, le CNC cherche a modifier le comportement d’individus et de sociétés confrontés aux avanies fiscales dont notre pays est truffé. C’est étonnant puisque cette méthode marcherait donc pour les effets spéciaux au point que cela a été souhaité et mis en place par une instance gouvernementale (Bercy, cornaqué ici par le CNC), mais, dans le même temps, personne ne semble prêt à tenir le même raisonnement… pour toutes les autres industries.

Tout se déroule comme s’il fallait absolument distribuer l’argent du contribuable, comme une sorte de talisman contre les excès d’une fiscalité vexatoire. Apparemment, les millions du public sont le meilleur cataplasme pour soigner tous les petits et gros bobos d’un secteur particulier.

D’ailleurs, cette méthode de l’aide publique a fort bien marché avec la presse, massivement subventionnée et dont la qualité de production est à ce point inégalée que les Français ne la lisent plus et ne lui font plus confiance.

Cette même méthode a aussi bien marché avec les transports en commun, rail en premier, dont les performances tant en matière d’horaires que de qualité de service et d’accidents encouragent tous les jours les usagers à tester toutes les alternatives possibles, voiture en premier. Le succès de Blablacar et, dans une autre mesure, des lignes de cars privées illustrent assez bien l’argument.

Notons aussi l’impact génialissime de la subventionnite aigüe dans le domaine du jeu vidéo, qui a d’abord été complètement ignoré dans le pays, période pendant laquelle il s’est développé au point qu’une véritable « French Touch » y est apparue, jusqu’au moment où, les pouvoirs publics et les lobbies entrant dans la danse, il fut décidé « d’aider » tout ce beau monde. Depuis, la production de jeux vidéo est à peu près complètement morte en France.

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Il n’y a donc aucune raison que ça ne marche pas avec le cinéma, déjà largement subventionné, qui produit chef-d’œuvre sur chef-d’œuvre et dont les productions les plus emblématiques sont régulièrement récompensées dans tous les festivals de par le monde. Ou presque.

En concentrant à présent les subventions et les aides sur les effets spéciaux, on garantit presque sur facture que le résultat sera à la fois grandiose et génial : la France va bientôt pouvoir s’enorgueillir de produire à foison du navet d’auteur aux effets spéciaux démentiels.

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