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Timbres - le placement qui compense l'inflation et rapporte 4% par an depuis un siècle

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Dans la série des investissements passion, on pense immédiatement aux voitures de luxe, les vins, les montres mais on oublie souvent qu’il y a d’autres niches qui sont intéressantes à exploiter.
Les timbres en sont un exemple parfait : la philatélie a fait ses adeptes et ses amoureux… Elle s’est transformée au fil du temps en un univers lucratif où les bonnes affaires ne font certes pas légion mais où il est possible de bien valoriser son patrimoine.

timbre

Petit zoom sur les origines de la philatélie

Au départ, depuis les années 1800 et au début du 20e siècle, la collection de plis, d’enveloppes, d’empreintes postales et de timbre-poste était appelée « la timbrologie ». Le terme « Philatélie » est de Georges Herpin dans la revue, « Le Collectionneur de timbre-poste » du 15 novembre 1864. C’est un terme créé à partir du grec philos (ami) et ateleia (exemption de taxe). C’est le mot telos (taxe) qui  est utilisé dans le titre de la revue Philotélia de Stephanos Macrymichalos. Notamment à cause de sa meilleure adaptation à un emploi international.


Histoire de la philatélie, une passion devenue valeur refuge

Pourquoi investir dans la philatélie ? Répondre à cette interrogation revient à jeter un regard sur son éventuel apport dans le domaine économique.
Les timbres ne représentent un bon investissement que si leur valeur ne se détériore pas au fil du temps. En 1920, dans les années de la débâcle de Wall Street, c’est le seul marché qui n’a pas été très affecté. Ils sont donc des actifs sûrs à moindre coût pour le transport, l’assurance ou le stockage. Le nombre d’investisseurs dans le timbre plane autour de 30 millions dans le monde entier. Cependant, tous les timbres ne peuvent pas être investis. Seuls ceux datant de 1840 et plus tard sont considérés. Pour une grande valeur, l’authenticité d’un timbre et sa qualité sont de mise. Il est souhaitable que les placements se fassent à long terme. Le timbre tend à devenir une valeur de support d’investissement et de placement financier. Et même plus, c’est une autre manière de diversifier son patrimoine.

Mais au-delà de la recherche du gain, la philatélie est avant tout un art et donc un loisir. Certains collectionneurs ne dépensent que quelques dizaines d’euros chaque mois, d’autres beaucoup plus. Certaines collections valent un millier d’euros, il en existe dont la valeur dépasse le million. Ils peuvent offrir un rendement supérieur à 5 pour cent par an. Pour se constituer un patrimoine philatélique à long terme, un investissement de 100 € /mois suffit. Mais il faut investir dans le timbre authentique car certains se négocient à 20.000 €, 50.000 €, 100.000 €, parfois beaucoup plus. Certes les timbres ne s’achètent pas comme des actions en bourse, mais ils constituent néanmoins d’excellentes valeurs refuges, beaucoup plus adaptées à la constitution de patrimoines qu’à la spéculation. C’est un placement durable et à long terme.


Quelques recommandations de bon sens de l’expert international Pascal Behr

Premier objet collectionné dans le monde, le timbre donc est accessible à tous, puisqu’il suffit de quelques euros pour se lancer dans une collection. Mais pour marier philatélie et gestion patrimoniale, il faut viser plus haut : « A moins de 1.000 euros, cela n’a pas de sens dans une optique d’investissement, juge Pascal Behr, expert international et négociant. Pour réaliser un placement, il faut plutôt tabler sur une somme comprise entre 1.000 et 20.000 euros. » Un bon placement ? « Oui, car les prix augmentent depuis cent ans au rythme de l’inflation plus environ 4 % par an, poursuit Pascal Behr. La valeur ne baisse pas. »

Dans l’univers philatélique, pas question de faire des coups : les amateurs gardent les timbres généralement assez longtemps, et s’ils s’en séparent, c’est généralement pour en acheter d’autres sur un thème qui a leur préférence. Dans un esprit de placement, trois éléments constituent la valeur d’un timbre. Son ancienneté d’abord : « Il faut se focaliser sur ceux qui ont été émis avant 1914 ou, mieux, avant 1900 », indique Pascal Behr. Ensuite, c’est la rareté qui doit être prise en compte, car des timbres émis à de multiples exemplaires voient rarement leur cote monter.

L’expert a un rôle primordial

Enfin, le timbre doit être très bien conservé, car seules les pièces dans un état exceptionnel sont recherchées par les collectionneurs avertis. Vous l’avez compris, cela ne laisse aucun espoir de placement au ­timbre-souvenir, qui, lui, ne verra jamais sa valeur s’apprécier.
Pour acheter, mieux vaut s’adresser à un marchand reconnu ou passer par un expert, plutôt que d’aller sur Internet, où des faux circulent trop souvent. Pour connaître la cote des timbres, une seule recommandation : le catalogue Yvert et Tellier, une « bible » qui fait référence dans le monde entier. A titre d’exemple, le timbre le plus cher au monde a été vendu en juin, à New York, à 7,9 millions de dollars, soit 9,6 millions de dollars avec les frais (plus de 7 millions d’euros). Il s’agit du « One cent Magenta », émis dans des conditions originales par le Guyana-Britannique en 1856, dont il ne reste plus qu’un seul exemplaire. C’est le timbre de tous les records : il s’était déjà vendu à 280.000 dollars en 1970, puis à 935.000 dollars en 1980.

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Quoi acheter ? Pour quelles valorisations ?

300 € Avec ce budget, achetez une lettre écrite en 1870 par un Parisien encerclé par les Prussiens et transportée par ballon monté.

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1.000 € Intéressez-vous à un timbre des colonies françaises, surchargé, datant de 1875.

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5.000 € Misez sur un timbre à 80 c rose, de l’époque de Napoléon III.

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10.000 € Vous pourrez entrer en possession d’une lettre affranchie avec le premier timbre français, utilisé le premier jour d’émission en France des timbres, en 1849.

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Finalement, miser sur les timbres est-il un investissement rentable à la portée de tous ?

En nous basant sur cette hypothèse, voici quelques observations générales sur le marché philatélique : Tout comme sur le marché de l'art, on évitera soigneusement de se « faire avoir ». A défaut de développer les connaissances poussées permettant de reconnaître les vrais des faux, les timbres réparés, regommés, les plis altérés, les défauts invisibles pour un oeil néophyte, les variétés à éviter, notre investisseur ne pourra se tourner que vers des marchands renommés afin de réduire ce risque au maximum.

Les timbres seront donc achetés dans des ventes aux enchères sérieuses ou à des tiers de confiance. Dans le premier cas, il faut savoir que les frais de transactions sont très importants. Il faut compter 15% de commission, plus les éventuels frais de transaction (si la maison de vente est à l'étranger) les frais d'envoi et même, dans certains pays, la TVA ou son équivalent. Évidemment, il faudra s'acquitter des même frais à la revente (qui pourront bien sûr être négociés en fonction de la valeur des pièces offertes). Il est donc raisonnable de compter au moins 30% de frais. Sur un placement de 10 ans, ces frais s'élèvent donc à 2,7% par an !

Les timbres sont fragiles. S'ils sont mal conservés ou mal manipulés, ils peuvent être abîmés. Cette considération n'est pas à prendre à la légère; le moindre petit pli sur un timbre lui ampute facilement 50% voire 90% de sa valeur. Notre investisseur devra être particulièrement vigilant sur ce point.
Dans la même veine, il faudra assurer la collection de timbre, ou la garder à l'abri dans un coffre-fort. Cette assurance a un coût qu'il faut prendre en compte.
Un bien immobilier sert à loger quelqu'un, le cuivre sert à faire des câbles, une éolienne à produire de l'énergie, le riz à nourrir l'humanité mais le timbre ne sert strictement à rien, sinon à nous renseigner sur le passé. Au delà de sa valeur en tant qu'objet de collection, objet d'art ou objet de conservation du patrimoine de l'humanité, le timbre n'a aucune valeur intrinsèque.

Les timbres véritablement rares sont peu souvent échangés; le montant de la transaction dépend donc dans une proportion non négligeable de conditions sur lesquelles l'investisseur a peu de contrôle : conditions économiques difficiles ponctuelles, deux acheteurs qui se disputent la même pièce lors d'une vente aux enchères, forte variation d'une devise par rapport à une autre, etc. On pourra par exemple consulter le billet sur les premiers timbres d'Hawaii et constater que le 5 mai 2009, les quatre premiers timbres de cet ex-pays ont été vendus 265 000$ alors qu'en 2007 ces quatre même exemplaires avaient été échangés pour 423 000$ soit une perte sèche de 158 000$ en deux ans. En comptant 15% de frais à l'achat et 10% à la vente, on a une perte nette de près de 250 000$.  

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Conclusion :

Si vous avez la fibre et que vous suivez les conseils de nos experts, il y a une réelle chance de protéger, diversifier votre patrimoine de manière ludique.
Il est aussi important de rappeler qu’on mise une partie de son capital comme c’est le cas pour l’or ou les œuvres d’art.

William Finck
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