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Chad Wasilenkoff, un investisseur entrepreneur canadien de 37 ans hors norme ! Zoom sur ses opérations

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En juin dernier, le pdg de Fortress Paper, Chad Wasilenkoff, s’est présenté devant un comité sénatorial canadien pour expliquer ses multiples projets d’affaire. Ce groupe de sénateurs cherchant des solutions aux problèmes de l’industrie forestière furent très impressionnés par son exposé. Pour ma part, il s’agit de la meilleure explication que j’ai pu lire concernant les activités de Fortress Paper. Je veux remercier Eddy Chandonnet, un lecteur de ce blogue (et investisseur expérimenté) pour avoir découvert ce document.

 

Voici quelques extraits fort intéressants sur…

… le passé d’investisseur de Wasilenkoff

Mes antécédents sont ceux d’un investisseur qui investit à contre-courant, d’abord et avant tout, et d’un entrepreneur. Le plus souvent, je cherche des occasions d’investissement qui sont extrêmement en défaveur, ceux où les autres investisseurs ne veulent pas normalement s’aventurer. Lorsque l’or valait 275 $ l’once, j’ai pu acheter deux mines d’or. Lorsque le pétrole se vendait 15 $ le baril, j’ai créé deux entreprises pétrolières et gazières. Lorsque le prix du cuivre était de 80 cents et semblait promis à une baisse plus accusée encore, j’ai acheté une mine de cuivre. Lorsque l’uranium valait de 8 $ à 9 $ et que personne ne s’y intéressait, puisqu’il y avait eu un déclin sur 25 ans, j’ai pu acheter des actifs à Cameco.

… le projet de Thurso

Nous avons pu acquérir les actifs pour 1,2 million de dollars. Bien des gens ont pensé que nous étions fous et que c’était probablement trop cher payé. Pourtant, l’assurance à la valeur de remplacement était de 851 millions de dollars. Ces actifs sont à 95 p. 100 idéalement situés pour notre nouveau produit, la pâte pour transformation chimique. En réorientant l’installation et en la convertissant à la production de pâte pour transformation chimique, nous avons pu utiliser ces actifs de 1,2 million dollars qui étaient largement sous-utilisés par le propriétaire précédent et, une fois la conversion achevée, même aux stades initiaux, étant donné le prix courant ou au comptant de la pâte pour transformation chimique, l’usine rapportera des bénéfices d’un peu plus de 200 millions de dollars.

… voir les choses autrement

Si nous examinons le projet de Thurso et ce que nous y produirons, nous pouvons dire qu’il s’agit d’une bioraffinerie qui produit de multiples produits chimiques et des coproduits à partir de la biomasse. Ce concept est de plus en plus accepté dans le monde entier. Il donne la possibilité de créer de nouvelles chaînes de valeur et de diversifier le secteur forestier. Le concept est analogue à celui des raffineries actuelles de la pétrochimie qui produisent, à partir d’une seule matière première, des produits multiples.

… l’Inde et la Chine

En Inde et en Chine, une partie importante de la population est en train d’accéder au niveau des revenus moyens. La première chose que font ces consommateurs, c’est acheter un téléphone portable. Ensuite, ils améliorent leur garde-robe. Dans des régions chaudes comme l’Inde et l’Indonésie, on recherche les tissus qui respirent bien et sont absorbants. L’industrie progresse au rythme d’environ 10 p. 100 par année. Nous ne serons plus soumis au déclin structurel de l’industrie papetière.

… sur l’usine de Dresden

Par exemple, j’ai acheté une usine à Dresden, en Allemagne. Elle fabriquait du papier peint. L’entreprise était bien implantée et elle avait une solide compréhension de l’industrie du papier peint, du cycle des ventes et de la clientèle, mais elle fabriquait un papier simplex normalisé qui n’est pas sans ressembler au papier de photocopie. Il était destiné à un autre usage, mais n’importe quelle machine au monde pouvait le fabriquer. Grâce à un effort de recherche-développement, nous avons conçu un produit non tissé (un papier peint qui se décolle facilement du mur).

Si nous considérons l’industrie du papier peint dans le monde, il y a toujours un déclin de 1 ou 2 p. 100. La plupart des gens se disent que ce n’est pas un très bon investissement. À l’intérieur de cette industrie, cependant, ce produit non tissé s’impose et se substitue à l’ancien produit. Nous enregistrons une croissance de 15 à 20 p. 100 par année. Depuis que j’ai acquis l’usine, j’ai fait trois modernisations. Nous avons plus que doublé la capacité. Nous assurons maintenant 55 p. 100 de la production mondiale de ce papier peint non tissé et nous allons chercher une marge bénéficiaire de 20 p. 100. Avec l’ancien produit, nous perdrions environ 1 p. 100, peu importe le niveau d’efficacité atteint. La gamme de produits n’était pas la bonne.

… sur une proposition des sénateurs

L’une de vos propositions qui ont retenu mon attention, c’était d’essayer de faire croître et de promouvoir l’industrie de la biomasse et des biocarburants pour le chauffage et la production d’électricité. Voyez l’innovation et la croissance qui ont eu lieu dans l’industrie de l’informatique au cours des 20 dernières années. Il s’y passe des choses passionnantes et il y a chaque année des progrès énormes qui attirent les jeunes. Par contre, dans le secteur forestier, lorsque nous créons de la chaleur et de l’électricité à partir de biocarburants, nous ne faisons au fond que brûler du bois sous une forme ou une autre. Après 300 ans d’exploitation forestière au Canada et des dépenses de milliards de dollars grâce aux profits et aux subventions de l’État, notre idée brillante est de brûler du bois? L’homme des cavernes l’avait déjà trouvée, cette idée-là.

 

Philippe RANCOURT

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