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Jacques SAPIR

Jacques SAPIR

Diplômé de l'IEPP en 1976, a soutenu un Doctorat de 3ème cycle sur l'organisation du travail en URSS entre 1920 et 1940 (EHESS, 1980) puis un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986).
A enseigné la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X Nanterre de 1982 à 1990, et à l'ENSAE (1989-1996) avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il y est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il a aussi enseigné en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005.

Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

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L’interdépendance des décisions 20 ans après (II)

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Ceci correspond à la deuxième partie du texte initial, ou je confronte les diverses visions de la convention, comme forme de l’interdépendance des décisions, aux visions des historiens. Ceci fait émerger le problème d’une utilisation – qu’elle soit consciente ou inconsciente – de la rationalité utilitariste et instrumentale, bien connue pour son usage en économie. Il faut donc critiquer sérieusement l’hypothèse de l’existence de cette forme de rationalité. On arrive alors à une vision dégagée de tout angélisme de la convention qui s’apparente alors à l’institution en ceci qu’elle trouve son origine dans des conflits, des jeux de pouvoirs, et qu’elle a besoin, elle aussi, d’espaces de légitimation qui impliquent l’existence d’une souveraineté en surplombs.

Bonne lecture!

——–

II. Éléments pour une nouvelle élaboration de l’interdépendance

Il est temps de se livrer à une confrontation au sein des champs économiques et historiques. Celle-ci permet de mettre en lumière, à travers l’échange d’objections, quels sont les problèmes décisifs pour une compréhension de l’interdépendance des niveaux de décision. Le premier réside dans la compréhension que l’on a des rapports entre l’individu et le collectif, et par là le positionnement que l’on adopte sur la question de l’individualisme méthodologique, et indirectement de l’utilitarisme. Un second problème surgit alors et qui, tout en étant lié au premier, occupe en réalité une position largement autonome. C’est celui du spontanéisme, que l’on retrouve explicitement ou implicitement tout à la fois dans le cadre théorique de l’école autrichienne, mais aussi au sein du courant évolutionnaire.

II.1. Les conventions au miroir des historiens.

Le fait qu’un certain nombre d’historiens aient voulu se confronter directement à la notion de convention est à cet égard un facteur très positif. Par ailleurs, il y a une longue tradition historique de débat sur la notion d’institution.

Dewerpe tente de confronter la notion de convention[1] avec un objet d’histoire industrielle (Dewerpe, 1995). La notion de convention est ici mobilisée sur deux points, les problèmes de définition de qualité du produit et de ses sous-ensembles, dans des marchés qui sont en général largement dominés par des formes hiérarchiques et la définition du produit final. Il n’y eut en effet aucune norme pour « dire » ce qu’était un cuirassé au tournant du siècle, et les définitions apparaissent plus comme des généralisations ex-post (Dewerpe, 1995, pp. 103-104). L’évolution du produit final est alors liée à une double concurrence, celle entre les producteurs face à un acheteur unique, puis celle des acheteurs, cette fois ci en position d’utilisateur, confrontant en paix comme en guerre leurs produits réciproques. Cette lecture soulève deux objections. La première concerne l’absence de toute réflexion explicite sur le rôle des doctrines navales dans la définition du produit. Fondamentalement, les marines ont toujours eut à choisir entre deux positions, le « contrôle des mers » (sea-control), et « l’interdiction maritime » (sea denial). Le « contrôle des mers » implique pour le pays qui choisit une telle stratégie qu’il soit prêt à accorder à sa marine les moyens matériels et humains lui permettant de vaincre la marine la plus forte de son époque. Il n’y a pas de médaille d’argent dans ce contexte. Face à un adversaire déjà bien établi, ceci peut tout simplement ne pas être crédible, d’où le recours à une autre doctrine possible, celle de « l’interdiction ». Dans cette logique, on cherche non pas à détruire la flotte adverse, mais à empêcher son adversaire à utiliser librement la mer, par des attaques incessantes sur ses lignes de communication et ses bases secondaires. C’est la logique de la guerre de course, qui implique évidemment des matériels bien différents de ceux de la première doctrine. Mais, le problème ne se limite pas à une confrontation entre ces deux doctrines, car il peut y avoir des contagions. Un pays engagé dans une logique de « contrôle » peut supposer que son adversaire basculera alors vers la seconde solution. Construire une marine de « contrôle » ne dispense pas de se protéger des actions d' »interdiction ». En fait, l’unité navale la mieux adaptée à la prédation du commerce, le grand croiseur, assez rapide pour rattraper la majorité des navires de commerce et bénéficiant d’une autonomie assez longue pour porter ses prédations sur l’ensemble des mers[2], est aussi l’unité la mieux adaptée à la protection du commerce (Friedman, 1985).

Il faut ici ajouter que, s’il n’y a pas de contradiction entre une optique de « contrôle » et le développement des grands croiseurs, inversement le choix initial d’une logique dite « d’interdiction » peut s’accompagner de logiques limitées de « contrôle » dans des régions où les forces navales potentiellement adverses sont faibles. Ainsi, les grands croiseurs américains, conçus dans la logique de prédation du commerce, ont été utilisés comme des cuirassés de remplacement sur le théâtre asiatique, que ce soit lors de la guerre contre l’Espagne (1898), ou lors de la constitution de la « flotte asiatique » face au Japon.

Insister sur le problème de la doctrine permet ici de dépasser la réelle mais insuffisante présentation en terme de double concurrence de la définition du produit. L’utilisateur potentiel, qui est aussi le client des producteurs, ne « sait » pas ex-ante à quoi exactement peuvent servir les unités qu’il veut commander, car il ne peut définir de manière ni sûre ni probable les conditions tactiques et stratégiques d’emploi. Pour dépasser cette incertitude, il doit constituer un système de normes qui prélève et l’expérience passée (celle découlant de l’analyse des guerres précédentes comme celle qui dérive de l’expérience acquise par la mise en service d’unités comparables) et ce que l’on pourrait appeler de manière provocatrice une expérience future et qui résulte des simulations réalisées par les états-majors, ou des institutions spécialisées, comme le Naval War College aux États-Unis (Perla, 1987; Vlahos, 1986; Snyder, 1989). Ceci introduit, dans le processus de traitement de l’information, une phase de centralisation et d’abstraction qui est extérieure aux agents directs. Dans le cas américain, une institution particulière, le Général Board assuma le rôle de coordination et de forum des intérêts des divers départements du début du siècle à la fin de la seconde guerre mondiale (Friedman, 1985, pp. 7-9). Comme l’a précisé A. Joxe, « l’interface entre l’objet et la stratégie est géré par une bureaucratie chargée d’articuler des rationalités hétérogènes… »[3]. Il y a ici un bon exemple d’interdépendance de niveaux latéraux de décision.

Ceci constitue alors la seconde objection. Le fait de ne pas prendre en compte l’interdépendance latérale au sein de l’utilisateur conduit à gommer l’existence de « coups de force » dans le processus de définition du produit. Les décisions sont souvent le résultat d’une action discrétionnaire[4]. Le meilleur exemple en est donné avec la décision prise par la Grande Bretagne de construire ce qui devint le prototype du cuirassé moderne, le Dreadnought. L’idée d’un navire rapide, et armé uniquement de canons de fort calibre, fut publiquement exprimée par un ingénieur italien, V. Cuniberti, en 1903. Cette idée circulait déjà depuis quelques années, et l’Amiral britannique Fisher était entré en contact avec l’ingénieur en charge des installations de Malte dès 1900 pour définir la taille maximale d’une coque susceptible d’entrer dans le bassin de radoub. Quand Fisher devint en 1905 Premier Lord de l’Amirauté, cet ingénieur devint un des responsables du comité chargé d’étudier les projets des nouvelles unités britanniques, comité largement peuplé de relations de Fisher. Ce dernier, dans la séance inaugurale, devait déclarer que, au contraire des comités antérieurs, celui-ci ne serait pas chargé d’évaluer la stabilité et la sécurité des navires mais de définir une unité dont les principales caractéristiques seraient la puissance de feu et la vitesse (Brown, 1980; Breyer, 1973).S’il y a bien une évolution progressive de la pensée, la rupture que représente la décision de construire un nouveau type d’unité passe par une logique volontariste.

On partage la conclusion générale de A. Dewerpe selon qui la construction navale est moins un domaine de conventions que celui de normes sans normalisation (Dewerpe, 1995, p.124). Cette réflexion doit cependant être dynamisée par la prise en compte de ce nouveau niveau de concurrence que l’on a détecté au sein même de l’acteur gouvernement, et qui invite à mobiliser la notion d’interdépendance latérale. On est alors conduit à mettre en évidence l’importance des rapports de pouvoir et de processus de centralisation dans l’émergence de faits saillants faisant office de convention ou de norme. A cet égard, on diverge de l’approche que proposait B. Lepetit qui, tout en critiquant la thèse de l’origine spontanée à la convention, avait tendance à nier toute opérationnalité au débat sur l’origine des conventions (Lepetit, 1995b). Si la convention est bien produit de l’interaction sociale, comme ensemble de choses donnant appui à des actions et permettant l’objectivation, enfin comme systèmes multiples (Lepetit, 1995c, pp. 277-278), les exemples que l’on vient de présenter indiquent qu’il y a de la lutte, du conflit, tant dans la mise en place de la convention que dans le choix des objets dans lesquels elles vont s’incarner. S’il est vrai que « Le poids du passé devient d’autant plus extrême qu’il tire sa force de son oubli » (Lepetit, 1995c, p.282), cet oubli n’est en rien naturel mais participe de stratégies de légitimation qui doivent en passer par une oblitération des origines, en particulier quand ces dernières s’avèrent des coups de force. Les conventions sont en réalité les produits de luttes acharnées, avec leurs espaces de légitimation et leurs coups de force, et nullement des processus spontanés, même si une spontanéité peut s’exprimer dans les premières phases de définition de ces conventions. Sous cet aspect la recherche des origines d’une convention est bien instructive, et donc « opérationnelle », en cela qu’elle dévoile et les espaces de légitimation (et donc les idéologies sous-jacentes) et les coups de force (et donc les rapports de pouvoir) que l’on cherche à cacher.

II.2. Les institutions au miroir des historiens

On peut alors continuer ce débat en s’intéressant à la lecture que font des institutions deux historiens amenés à réfléchir sur l’évolution de l’histoire sociale.

Revel dresse un état des lieux de près d’un demi-siècle de réflexion sur la question des institutions (Revel, 1995). A partir de l’opposition entre la tradition juridique et la tradition sociologique héritée de Durkheim, il montre comment, en France, la seconde l’a emporté. Ceci, suggère-t-il, contient un certain nombre de risques comme celui d’une généralisation tendancielle du phénomène de l’institution, aboutissant à une réification de la vie sociale et une institutionnalisation des acteurs dans une optique fonctionnaliste (Revel, 1995, p. 65-67). Cette tendance, présente dans les années cinquante et soixante est marquée par: »La conviction (qui) reste partagée que les acteurs sociaux collectifs existent en tant que tels parce qu’ils sont considérés, précisément, comme des institutions[5]« . En réaction contre cette tendance et en s’appuyant sur l’idée que « les institutions ne pensent pas », empruntée au travail de M.T. Douglas (Douglas, 1986) et ne peuvent donc être les relais d’une rationalité sans sujet, J. Revel incite le lecteur à partir au contraire de la trajectoire des acteurs individuels, et des relations qu’ils entretiennent entre eux. Il aboutit alors à une thèse interactionniste qui postule que: « Les hommes ont donc besoin des institutions, ce qui est une autre manière de dire qu’ils se servent d’elles autant qu’ils les servent[6]« . Ceci le conduit à faire de la transaction, de la négociation (Revel, 1995, p. 84), le fondement des institutions, dans une logique qui refuse tout autant la vision juridique de l’autonomie désincarnée de l’institution que la vision, que l’on qualifiera pour notre part de marxiste-fonctionnaliste, qui ne voit en elles que les habits des rapports de force.

Une telle démarche soulève néanmoins deux problèmes. Le premier, et le plus évident, réside dans le statut que l’on donne au processus d’interdépendance entre l’individu et le collectif qui nous est présenté. Le statut de l’action individuel, qui devrait alors être le symétrique de la première partie du texte de J. Revel sur l’institution, n’est jamais précisé. Une interprétation possible, mais qui n’est qu’une interprétation personnelle, consiste alors à penser l’action individuelle comme autonome, basée sur une définition ex-ante des intérêts de l’acteur, et à partir de laquelle l’interdépendance devient un résultat ex-post, où les intérêts (ou préférences dans le jargon de l’économiste) définies ex-ante par l’individu ont été canalisées dans leur instrumentalisation par les répertoires de valeurs déterminés par les institutions. Il faut alors supposer une antériorité logique aux préférences individuelles, ainsi que leur indépendance par rapport au contexte qui se met en place avec l’institution. On n’affirme pas ici que la thèse de J. Revel est individualiste, le texte est silencieux sur ce point, mais on souligne qu’une interprétation individualiste serait dans la logique de la présentation.

Le second problème est encore plus clair. Les notions d’interdépendance et de transaction sont ouvertement opposées aux interprétations en terme de rapports de force. Or, si on convient volontiers de la vacuité d’une pure lecture instrumentale de l’institution, il semble plus difficile de prétendre que la transaction exclut le rapport de force. Tout conflit qui ne se solde pas par l’extermination d’une des parties en présence doit donner naissance à une transaction. Que le souvenir du rapport de force qui a présidé à cette transaction s’efface progressivement dans le temps pour que ne subsiste que la dynamique d’interaction entre les parties en présence est une chose. On a vu plus haut que l’oubli du passé était une des conditions du succès du présent. Mais on ne peut confondre ce qui est oblitération d’une mémoire, et dynamiques rendues alors possibles par cette oblitération, et un angélisme sur les conditions de transaction. Exclure le conflit parce qu’il y a accord ne repose sur aucune argumentation logique; la critique justifiée de la vision purement instrumentale de l’institution peut aboutir à une logique uniquement descriptive.

Il faut alors comparer ce traitement de la question des rapports institution/individu à celui que propose A. Burguière (Burguière, 1995). A partir d’une relecture du problème du changement de régime démographique en France, A. Burguière propose plusieurs pistes très intéressantes. L’émergence des pratiques malthusiennes (le crime d’Onan pour les confesseurs) dans les couples français avait été liée soit à une évolution des mentalités (la déchristianisation), soit à des stratégies économiques (réduire le partage de l’héritage) ou d’ascension sociale (Burguière, 1995, pp. 264-266). Pour A. Burguière, à la suite de plusieurs auteurs, la déchristianisation fut le résultat des pratiques malthusiennes, et du refus de l’église catholique de les accepter, et non la cause. Cette dernière, il l’identifie dans le passage d’une vision purement individuelle de la sexualité à une vision collective, au sein du couple. Le souci que le mari prend de sa femme, en un age où toute grossesse fait courir un risque mortel potentiel, apparaît comme la première source de l’évolution des pratiques. Mais, ce souci est lui même le résultat d’une pression exercée par le catholicisme de la Contre-Réforme et du discours qu’il tient alors sur la famille et le mariage: « Ce sont les efforts contradictoires du clergé pour christianiser en profondeur qui ont précipité l’adoption du contrôle des naissances en enfermant le couple dans un espace d’intimité et de secret où il devenait maître de son éthique sexuelle[7]« .

Si on tente de reformuler la chaîne causale qui nous est ici proposée, on aboutit à la progression suivante. Une institution, à partir d’un événement hautement chargé en pouvoir (le Concile de Trente), élabore une doctrine. Les effets non-intentionnels de la mise en œuvre de cette dernière aboutissent à l’émergence de nouvelles pertinences pour un cadre collectif préexistant (depuis Arrow, 1951, la famille est considérée comme un cadre collectif par les économistes); ceci entraîne une évolution de l’échelle de préférence des individus. Une modification parallèle des contextes sociaux et économiques permet une diffusion de cette évolution, qui se heurte au dogme évoqué, et provoque une crise de l’institution (la déchristianisation).

On retrouve bien la logique interactioniste indiquée par J. Revel, mais celle-ci se meut dans une autre dynamique où s’entrecroisent les interdépendances des niveaux de décision, qu’elles soient verticales (dans le sens individu-couple-collectivité des croyants), ou latérales (entre couples et familles dans une logique de compétition économique et pour l’ascension sociale des enfants). La mise en place de l’institution n’est plus une simple transaction, mais une négociation articulée sur des rapports de force et des moyens de coercition, ainsi que les stratégies mises en oeuvre pour contourner ces coercitions. Ce point de vue rencontre celui défendu plus anciennement par P. Toubert dans sa thèse consacrée au problème de « l’enchâtellement » (l’incastellamento ) qui fait rupture dans le passage du monde antique tardif au Moyen-Age (Toubert, 1973). La mise en place de l’institution que représente le château seigneurial et son organisation de l’espace spatial, social et économique sont décrites en ces termes: « Il nous a donc semblé que l' »incastellamento » du Xè siècle, relié à tout ce passé, marquait moins une « renaissance » (…) qu’une rupture qualitative imposée par la couche seigneuriale aux formes d’une croissance plus ancienne. (…)Pour mieux maîtriser l’expansion et accroître leur profit, ils ont rassemblé les terres. Ils ont planifié, comme on dirait aujourd’hui, la construction des terroirs. Ils ont renfermé les travailleurs dans un cadre économique nouveau… »[8].

On retrouve ici la notion de coup de force que l’on avait évoquée à propose de la construction navale. Si, en un sens, pour le bon fonctionnement de cette institution il a fallu transiger entre les différents intérêts, cette transaction ne s’est pas faite à égalité. Le résultat de cette transaction, pour reprendre ici directement le terme proposé par J. Revel, s’accompagne de changements psychologiques importants qui affectent et la subjectivité des acteurs, et leurs positions réciproques: « Regroupés en villages clos, les paysans ont alors connu de nouvelles sujétions. Si, dans sa structure fondamentale, la famille est restée conjugale, le droit civil roman et le droit canonique ont associé leurs efforts pour faire du monde laïc un ordo conjugatorum mieux charpenté. De son côté, la concentration des hommes dans les habitats fortifiés a créé des servitudes: il a fallu compter avec le voisinage et l’opinion commune. Les situations d’illégitimité ont été plus mal acceptées par la conscience collective tandis que la limitation de la nuptialité accroissait la masse des célibataires voués à une existence mesquine et marginale. (…)Le cloisonnement des finages villageois (…) a contribué à faire de la société paysanne du Latium un monde dominé non seulement par les seigneurs mais encore, de l’intérieur, par les aînés et les gens mariés. »[9].

Ce nouvel exemple montre parfaitement que, s’il y a bien une dynamique d’interactions entre l’institution et les individus, et donc que l’on ne doit pas considérer ces derniers comme de simple appendices de l’institution ou du groupe, ces interactions ne s’appuient pas sur une préexistence des préférences de l’individu et une définition ex-ante de son intérêt. L’interaction naît de deux faits. D’abord, de l’existence de trajectoires indirectes, qui implique qu’au même moment des individus comparables sont confrontés à des problèmes de décision différents. C’est la notion même de l’interdépendance latérale des niveaux de décision. Le second fait n’est autre que la vitesse différente suivant les agents du déploiement des effets des décisions et des stratégies engendrées par le cadre de référence créé par l’institution. Du fait que la totalité des dimensions dans lesquelles évoluent les agents ne se meuvent pas à la même vitesse dans une période donnée, surgissent alors des décalages qui obligent les agents à évaluer la cohérence de leurs comportements dans ces dimensions. C’est la notion même de la pluralité des principes de références de l’agent chez Commons (Commons, 1934). Comme l’indique A. Burguière, on peut alors redonner toute son importance à la dimension sociale, donc collective, de l’analyse, mais on le fait hors des apories du changement linéaire et programmé, apories qui nourrissaient les dérives instrumentales de la conception de l’institution (Burguière, 1995, p.272).

Le détour par les débats entre historiens est ainsi instructif. Non seulement montre-t-il la présence d’interrogations proches de celles qui concernent les économistes, mais de plus les objections échangées dans le cadre de ce débat sont extrêmement éclairantes pour notre propos. Elles incitent à se tourner vers une nouvelle dimension de la discussion.

II.3. Critiques de la rationalité utilitariste et instrumentale.

On constate que la rationalité utilitariste est donc souvent utilisée par certains historiens, que ce soit consciemment ou que ce soit inconsciemment, quand est mobilisée la thèse purement spontanéiste de l’origine de la convention. On est donc conduit à s’interroger sur la pertinence des hypothèses de rationalité, que l’on va discuter maintenant à la fois d’un point de vue axiomatique et d’un point de vue réaliste. Pour ce qui est du premier, la théorie des jeux nous offre un certain nombre de cas où les agents ont intérêt à ne pas respecter les hypothèses de la rationalité, soit la cohérence des préférences, leur instrumentalité et leur transitivité (Powell, 1988; Howard, 1971).

Le premier cas est celui du Paradoxe du Scrutin, (Arrow, 1951). Si les préférences sont bien transitives au niveau individuel, elles ne peuvent l’être au niveau collectif. De manière générale, c’est le cas ou on est confronté à une situation où des stratégies pures engendrent des contre-stratégies pures. La solution est alors d’être imprévisible (Powell, 1988, p.80). Autrement dit, même si un acteur est effectivement cohérent dans ces choix de préférences, son intérêt est de se comporter comme s’il n’était pas cohérent. Un second cas est fourni par le fameux Dilemme du prisonnier et la supériorité de la stratégie « coup pour coup » (Tit for Tat). La solution à laquelle on aboutit n’est pas spontanément la meilleure si les agents instrumentalisent leurs préférences, ou sont supposés agir comme tel, car la réflexion engendre ici la suspicion (Axelrod, 1984). L’instrumentalité apparaît donc comme contradictoire à l’intérêt de l’agent (Powell, 1988, p.82). Si on développe cette situation en une logique de marchandage implicite, on peut aussi montrer que la prise de décisions en apparence irrationnelles ne constituant nullement une instrumentalisation des préférences est la seule manière d’aboutir à une solution rationnelle (Sapir, 1990). Or, ici, on est en plein dans le problème de l’interdépendance des niveaux de décision si on considère l’application de ces logiques de marchandage implicite dans les structures hiérarchiques de la planification soviétique.

Un troisième cas est constitué par un dérivé de ce Dilemme, soit le jeu dit « chicken », où chaque joueur teste les limites de la volonté de son partenaire. Dans ce jeu, la stratégie qui serait dictée par la vision traditionnelle de la rationalité aboutit à la destruction des deux joueurs. En effet, « Chicken » formalise l’épisode de la « Fureur de vivre » où deux conducteurs roulent l’un vers l’autre, le perdant étant celui qui, le premier dévie de sa trajectoire. Si chaque conducteur suppose que son adversaire est rationnel, soit que préférant la victoire à la défaite, mais la vie à la victoire, il préfère la vie à la défaite (transitivité des préférences), chaque conducteur suppose que l’adversaire va dévier; aucun ne se décidant à dévier le premier, on aboutit à l’accident. Si par contre un acteur suppose que son adversaire n’obéit pas à la transitivité, ou peut brutalement changer de préférences, alors il cesse de considérer comme acquis le fait que l’autre va dévier son véhicule au dernier moment. On peut formaliser ce résultat en disant que la sortie de « chicken » suppose une possibilité de négociation dans laquelle chaque partenaire peut réviser en fonction des circonstances les ordres de priorité, donc que ces ordres ne sont pas fixés (Mitchell, 1979).

Un quatrième cas est suggéré par un jeu appelé la « guerre des sexes ». Soit A et B deux partenaires qui veulent passer la soirée ensemble, et qui ont donc le choix entre rester chez eux ou aller chez l’autre. Si tous les deux sont égoïstes (A reste chez lui en espérant que B va venir le voir et réciproquement), ils passeront la soirée seuls. S’ils sont altruistes ( A va chez B et réciproquement), ils passent aussi la soirée seuls. S’ils se téléphonent, ils peuvent conclure un accord, mais ce dernier est déséquilibré (l’un se déplace et l’autre ne bouge pas), la répétition de l’accord est donc douteuse car l’un des joueurs peut, à la longue, avoir le sentiment d’être exploité par l’autre (Powell, 1988, p. 89). Pour sortir de cette situation on peut imaginer:

  1. une règle indépendante établissant sans discussion préalable que A se déplace les jours pairs et B les jours impairs.
  2. la désignation d’un terrain neutre.
  3. l’introduction d’un nouvel élément, par exemple si A se déplace chez B, B doit en échange faire les courses et préparer le repas.
La solution (a) fait appel à un principe discrétionnaire qui court-circuite le libre arbitre des individus. Les solutions (b) et (c) introduisent un nouvel élément qui a pour fonction de modifier la structure des préférences des acteurs. Dans ces trois cas de figure, la solution implique que l’on sorte de l’hypothèse d’une décision prise librement sur la base de préférences prédéterminées; dans l’un on recourt à un niveau supérieur de décision et dans les deux autres à une modification du contexte pour changer les préférences. On tirer de la théorie des jeux la conclusion que même si les agents sont bien dotés des qualités supposées par la théorie traditionnelle de la rationalité (cohérence et stabilité temporelle des préférences, instrumentalité, transitivité), ils doivent oublier ces qualités pour aboutir aux « bons » choix. Postuler de telles qualités aboutit alors à des incohérences axiomatiques.

Mais, il s’avère de plus que les fondements de la théorie standard de la rationalité utilitariste sont aussi testables. En effet, rappelons que la théorie standard du choix est basée sur les hypothèses de cohérence, d’invariance et de transitivité des préférences (Tversky, 1996; Arrow, 1982, Arrow, 1951). Or, et c’est le moins que l’on puisse dire, les études expérimentales ne confirment pas ces hypothèses (Payne et alii, 1992; Camerer, 1994). On peut, par exemple, montrer que la manière de présenter les termes d’un choix détermine les réponses, ce que A. Tversky appelle le « framing effect » (Tversky, 1996, p. 187). Ainsi, quand on présente à deux groupes le problème du choix entre deux traitements, mais que l’on donne au premier groupe les résultats en terme de taux de survie, et au second en terme de taux de décès, les choix divergeant fortement entre les groupes. Dans le cas d’un choix entre deux traitements du cancer des poumons, le fait de présenter l’alternative en probabilité de décès ou en probabilité de survie change radicalement le choix des patients (Mc Neil et alii, 1982). D’autres études, plus récentes, confirment cette dépendance entre le choix et les conditions de présentation (Tversky et Kahneman, 1986; Idem, 1991). Ceci a, comme on peut le voir chez G. Hodgson, des conséquences sur la notion de connaissance; on passe ainsi de la notion de « framing effect » à celle de « framed knowledge » (Hodgson, 1988, pp. 5-6).Plus gênant encore est le fait que l’explicitation des ordres de préférence est elle aussi tributaire de la manière dont les problèmes sont posés; on est en présence alors de retournements d’ordres de préférence en fonction des conditions de présentation des choix (Lichtenstein et Slovic, 1971; idem, 1973). L’une des causes de ces retournements semble résider dans la compatibilité, plus ou moins évidente, entre les attributs de l’attente et la nature de la réponse. Ainsi, quand un choix doit concerner la richesse, les options directement mesurables en monnaie sont elles surévaluées (Tversky, Sattath et Slovic, 1988; Slovic, Griffin et Tversky, 1996). De même, le fait de devoir expliciter formellement des préférences induit un ordre différent que si l’explicitation n’est que suggérée, ou simplement indirecte, comme le montre un exemple où le choix concernait en réalité le financement d’un programme de lutte contre le cancer de la peau et un programme de sauvegarde d’une espèce animale en danger (Kahneman et Ritov, 1995). De même, quand on présente tout d’abord un choix entre deux objets, puis que l’on introduise un troisième objet ressemblant à l’un des choix initiaux mais de moindre valeur, la répartition des choix change brutalement (Simonson et Tversky, 1992). Il s’avère alors que l’on peut expérimentalement montrer que les préférences sont dépendantes des contextes, et que les échelles de préférence se construisent à travers le processus du choix au lieu d’être préexistantes comme le soutient la Théorie standard (Simonson et Tversky, 1992; Tversky, 1996 p. 195). Ceci est déjà quelque peu corrosif, mais le pire (ou le meilleur) est à venir.

Un problème clef avec la thèse spontanéiste réside dans le mécanisme invoqué de convergence des anticipations. Or, expérimentalement, on peut montrer que l’utilité anticipée d’un objet varie fortement en fonction du contexte; ainsi suivant que l’on propose à un groupe un choix entre une somme d’argent et une tasse à café, ou de dire pour quelle somme d’argent ils seraient prêts à rendre la même tasse à café qui leur aurait été préalablement donnée, le prix implicite de la même tasse varie du simple au double (Kahneman, Knetsch et Thaler, 1991). Des autres expériences montrent que non seulement les individus sont en général incapables de prévoir comment leurs préférences vont évoluer, mais même de prévoir si elles vont évoluer (Kahneman et Snell, 1995; Simonson, 1990). A partir de là, on en vient à tester les hypothèses d’intégration et de monotonie temporelle des préférences. Or, ces deux hypothèses, qui portent sur la relation entre l’utilité et le temps de l’expérience, ne sont pas vérifiées (Kahneman et alii, 1993). En conséquence, il est impossible de montrer une quelconque amélioration du choix lors de répétitions de l’expérience tant que l’on reste dans un cadre supposant que les individus doivent réagir spontanément et individuellement (Kahneman, 1996; Varey et Kahneman, 1992). Pour obtenir une convergence des choix ou des anticipations, il faut soit que les organisateurs interviennent directement, en faisant prendre conscience aux participants de ces expériences des fautes de choix commises, soit que les organisateurs provoquent un débat explicite parmi les participants dans lequel ces derniers entament un processus interactif de révision de leurs préférences et des ordres qui y sont associés.

Ces travaux montrent que l’hypothèse d’une parfaite spontanéité de l’apprentissage ainsi que celle d’une nature individuelle de ce processus ne sont pas fondées. La convergence progressive nécessite soit une action discrétionnaire extérieure soit une mise en commun des expériences. Quant aux choix, ils ne traduisent pas l’instrumentalisation de préférences préexistantes, mais un processus social de construction dépendant de la nature des interactions avec les autres intervenant et du contexte général dans lequel le choix doit avoir lieu.

On peut tirer directement deux enseignements de ces expériences. Le premier, ouvertement suggéré par D. Kahneman, c’est la nécessité d’une intervention paternaliste de l’État (Kahneman, 1996). La seconde, c’est l’importance de la construction d’espaces de controverse (Callon, 1989) pour réaliser cette convergence que les auteurs de l’école autrichienne attribuaient au mécanisme de la concurrence et au marché comme processus. La convergence des choix et des anticipations, condition sine qua non pour que l’écart entre les prévisions ex-ante des acteurs et les états ex-post du monde ne se traduise pas par une crise, impliquerait alors la participation des acteurs à des organisations, c’est à dire à des systèmes collectifs dont le bon fonctionnement peut exiger la mise en place de mécanismes d’identification qui conduisent alors à de véritables acteurs collectifs (Akerlof, 1991).

Avec la mort (du point de vue de la théorique) de la thèse de l’apprentissage spontané, c’est toute l’idée d’une possible émergence spontanée de la convention qui disparaît. Cette dernière obéit, en fait, aux mêmes règles que les institutions. Elle est, elle aussi, le produit de conflits, d’affrontements, mais aussi de compromis. Ce parallélisme est important quand on considère l’interdépendance des niveaux de décisions.

Notes

[1] Les références « conventionnalistes » du texte de Dewerpe sont avant tout Salais et Thévenot (1986) et Boltanski et Thévenot (1990), ainsi que Dupuy et alii (1989).

[2] Une bonne description des contraintes techniques pour l’époque considérée se trouve dans Hovgaard, 1920).

[3] A. Joxe, 1987, p.7.

[4] Pour une analyse particulière des conflits engendrés par ce type de décision dans le cas soviétique, Sapir, 1987.

[5] Revel (1995), p. 69.

[6] Revel, (1995), p.81.

[7] Burguière, (1995), p. 268.

[8] Toubert, 1973, p. 1356.

[9] Toubert, 1973, p. 1357.

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