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Michel Delobel

Michel Delobel

Gestionnaire de portefeuille sous mandat via une société de gestion agréée, trader pour compte propre et formateur au trading et à l'investissement en bourse, je suis aussi fondateur du site Fenêtre sur Cours et de la société ACGest, via laquelle j'accompagne également mes clients dans la constitution et le développement de leur patrimoine, la préparation de leur retraite ou encore l'optimisation de leur fiscalité.

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A partir de quel niveau de patrimoine est-on concerné par un CGP et un gérant de portefeuille ?

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A partir de quel niveau de patrimoine est-on concerné par un CGP et un gérant de portefeuille ?

Nous avons vu la semaine dernière ce qu’était un CGP et un gérant de portefeuille, et quelles étaient les différences et complémentarités entre les deux. Voyons maintenant qui est concerné par un CGP et/ou par un gérant de portefeuille, et à partir de quel niveau de patrimoine. Nous verrons ensuite à partir de combien de revenus ou capacité d’épargne on peut raisonnablement commencer à se constituer un patrimoine.

Qui est concerné par un CGP et à partir de quel niveau de patrimoine

Très souvent, dans l’inconscient collectif (c’est en tout cas ce que je constate avec la plupart des personnes avec qui je discute patrimoine), le conseiller patrimonial est réservé à ceux qui ont un gros patrimoine, avec plusieurs centaines de milliers d’euros d’économie et bien souvent soumis à l’ISF (Il faut dire aussi que pendant longtemps, cela a été effectivement le cas). Il en est de même avec les gérants de portefeuille, appelés aussi gérants privés, histoire de faire plus select et « inaccessible ».

Si bien sûr ceux d’entre vous qui ont un tel patrimoine sont concernés – et ont d’ailleurs sans doute déjà dû être démarchés à de nombreuses reprises – car les enjeux sont importants et les différences entre une bonne gestion et une mauvaise gestion de son patrimoine peuvent être conséquentes (en terme de performance, de fiscalité comme de transmission), les choses sont en train de bouger. Je considère en tout cas personnellement que tout un chacun est concerné à partir du moment où il est en mesure de dégager un peu d’épargne chaque mois et/ou qu’il dispose d’un début de patrimoine, c’est-à-dire d’une épargne qui va au-delà de ce que l’on peut avoir sur son livret A pour parer aux imprévus de la vie courante.

Nous verrons tout à l’heure à partir de combien on peut commencer à envisager sérieusement de se constituer un patrimoine. Mais pour moi, à partir du moment où l’on est en capacité de s’en constituer un, ou si on en a déjà un, même petit, il est intéressant d’aller voir un conseiller patrimonial.

Bien sûr, certains vous fermeront la porte car vous ne serez pas assez « rentables » pour eux. Mais un conseiller normalement constitué, qui fait passer l’accompagnement et le conseil avant le profit à court terme devrait vous accueillir et vous accompagner. Et c’est au moins aussi important de bien s’occuper de son patrimoine quand on en a un que de faire les bons choix lorsque ce dernier est encore naissant. Car de mauvaises décisions d’investissement ou des décisions inadaptées pourraient vous empêcher de faire croître votre patrimoine.

A partir de quel niveau de patrimoine est-on concerné par un gérant de portefeuille ?

Voyons maintenant si c’est la même chose dans le cas d’un gérant de portefeuille, appelé aussi gérant privé. Pendant longtemps (et c’est d’ailleurs encore le cas dans de nombreuses sociétés de gestion), la gestion privée ou gestion sous mandat a été réservée aux patrimoines les plus importants, avec des tickets d’entrée de 200 ou 250.000 euros.

Avec toutefois le développement de l’informatique et la baisse des coûts, certaines sociétés de gestion ont fait le choix d’ouvrir la porte à des comptes de plus petite taille. C’est ainsi qu’il est aujourd’hui possible de faire gérer son portefeuille en titres vifs (par opposition à une gestion via des fonds d’investissement) à partir de 20 à 25.000 euros, tout en conservant une gestion personnalisée et en ayant un contact direct avec son gérant.

En dessous par contre, en raison d’un certain nombre de coûts fixes inhérents à la gestion d’un compte, et en raison souvent de frais minimum sur les courtages et/ou les droits de garde, une telle gestion n’est pas opportune ni intéressante aussi bien pour l’investisseur que pour la société de gestion.

Reste qu’au-delà de la taille minimum autorisée pour pouvoir être géré, il est primordial d’avoir une considération globale sur son patrimoine, et de s’assurer que l’investissement en question est bien en adéquation avec son profil d’investisseur, c’est-à-dire que l’investissement est adapté à la fois à sa situation financière, mais également à sa psychologie. Investir en bourse peut certes être à l’origine d’importants profits (c’est historiquement le support d’investissement le plus rentable sur le long terme), mais il ne faut pas non plus oublier les risques qui vont avec (même s’il existe des astuces pour limiter le risque dans le temps).

 

A partir de combien peut-on se constituer un patrimoine ?

Pour terminer, j’aimerais aborder avec vous la notion de constitution d’un patrimoine. Bien sûr, on pourrait considérer qu’à partir du moment où l’on peut mettre de côté 1 euro chaque mois, on peut se constituer un patrimoine. Sérieusement toutefois, je ne considère pas que quelques centaines ou quelques milliers d’euros représentent ce que l’on peut appeler un patrimoine. Et comme nous ne vivons pas quelques milliers d’année, il faudra être capable d’épargner sensiblement plus chaque mois pour se constituer un patrimoine digne de ce nom.

A partir de combien alors ? Si cela dépend naturellement du patrimoine auquel vous voulez arriver et du taux de rendement des placements que vous ferez pour y parvenir, il est important de considérer les deux façons de se constituer un patrimoine :

$1-          Soit simplement en épargnant régulièrement – le patrimoine constitué dépendra alors de trois choses : le montant de l’épargne, la durée d’épargne, et le taux de rendement de cette épargne,

$1-          Soit en utilisant l’effet de levier de l’emprunt, typiquement dans le cas d’un investissement immobilier. Dans ce cas-là, votre patrimoine va croître à la fois en fonction de l’épargne mensuelle que vous investirez dans ce projet (dépendant du montant emprunté, du taux et de la durée de l’emprunt), des loyers que vous toucherez, et de l’éventuelle économie d’impôts que vous pourrez obtenir.

Pour celui qui a une capacité d’épargne relativement limitée, il est préférable d’utiliser la deuxième méthode, qui est celle de l’effet de levier de l’emprunt. Avec 200 à 300 euros par mois, voire même parfois un peu moins, il est possible de commencer à se constituer un patrimoine qui deviendra appréciable au bout de quelques années. Pour celui qui a une capacité d’épargne plus importante, il est possible d’envisager les deux solutions, voire un mix des deux.

Je considère en tout cas, pour résumer ces quelques paragraphes et répondre à notre question, qu’il suffit en général d’une capacité d’épargne de 200 à 300 euros pour pouvoir commencer à envisager la constitution d’un patrimoine digne de ce nom. En dessous, il deviendra difficile d’emprunter pour que cela en vaille la peine, et le capital constitué par cette seule épargne restera trop faible pour que l’on puisse parler de patrimoine.
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