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To confine or not to confine?  Is there a question?

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Fallait-il confiner ou non?

En d'autres termes, la mortalité due au COVID-19 est-elle significative par rapport à la mortalité générale de nous autres, pauvres humains?

Une crise économique majeure provoquera aussi nombre de morts. Comment comparer?



Commençons par reprendre les chiffres de l'INSEE. https://www.insee.fr/fr/information/4470857
(Ce site est remis à jour quotidiennement.)


Première courbe: la mortalité au niveau national en 2018, 2019 et 2020.

Oops...
Où est l'impact du coronavirus?
Au niveau national, jusqu'au 16 Mars, on a moins de morts entre Mars 2020 et 2019.
Ensuite (à la date du 05/04 où a été écrit cet article), on reste dans l'épaisseur du trait.


Deuxième graphique: la carte de France, montrant département par département la variation de la mortalité entre 2019 et 2020.

La situation est plus nuancée.
L'impact sur les départements les plus touchés est visible.

A titre de comparaison:

  • au 25/03, seul le Haut-Rhin était en rouge, le reste en bleu.
  • au 05/04, seule une grosse moitié des départements reste en bleu.
Une tendance inquiétante se dessine, mais elle ne justifie pas pour autant de bloquer tout un pays.



Et les morts par l'alcool et le tabac, hein Marcel ?

On entend à la télé des journalistes souligner les 150 000 morts par an dûs au tabac et à l'alcool qui n'émeuvent personne.
Le pays n'en est pas bloqué pour autant.

L'argument semble juste, mais est pourtant simplement hors sujet:
  1. Boire de l'alcool résulte du libre arbitre de chacun. A contrario, personne n'a envie d'être infecté par le COVID-19
  2. L'on sait exactement où cela s'arrête avec l'alcool et le tabac, pas avec le COVID-19.
Certes, il est regrettable que la politique vis-à-vis de l'alcool et du tabac soit peu efficace.
Mais la prévention a ses limites et l'on a vu les résultats de la prohibition aux USA...
Fermons la parenthèse.


___

Pourquoi confiner donc?

Il y a plusieurs angles d'approche pour répondre à cette question:


Exemple 1: Le besoin pour le gouvernement de gouverner.
Sinon à quoi ça sert que Ducros il se décarcasse?
Le gouvernement a donc un biais comportemental en faveur du confinement.

Exemple 2: Cela arrange bien la classe dirigeante et la haute finance qui ne savaient pas comment se sortir du bourbier de l'Euro et des taux d'intérêt négatifs.


Ces approches peuvent être plus ou moins justifiées, mais il faut avant tout en rester à l'analyse froide de chiffres en termes de santé publique:


Quel nombre probable de morts du COVID-19 en VALEUR ABSOLUE sur TOUTE LA POPULATION FRANCAISE ?

Le confinement est-il la bonne solution? La seule?


1) Pourquoi ne pas simplement attendre un remède (vaccin ou médicament), sans confinement ?

Why not?

Première question: A quel horizon peut-on avoir en remède ?

Prenons l'exemple de la Chloroquine, qui semble si prometteuse.

Avant qu'elle n'atteigne les individus, il faudra; 
  1. la tester sérieusement
    • Il est hors de question de créer une crise sanitaire à cause d'un remède, qui soit plus grave que le mal.
    • Le COVID-19 peut tuer entre 2 et 10% de la population suivant les scenarii.
    • Une mauvaise réponse au remède de quelques personnes sur 100 est très facile à atteindre... Personne ne veut d'une crise du Médiator puissance 1000... (Et en premier lieu, le pouvoir politique...)
  2. produire le remède à l'échelle de dizaines de millions de personnes (voire de milliards...)
  3. le distribuer
  4. organiser le suivi médical.

Autant dire, qu'un remède n'arrivera pas avant au minimum 4 mois (et 12 à 18 mois dans le cas d'un vaccin).


Deuxième question: OK, mais durant ces 4 mois, combien de personnes seraient infectées?

Le virus est extrêmement contagieux.
En étudiant les chiffres des différents pays au début de confinement, le nombre de cas double tous les trois ou quatre JOURS.

Ainsi, en moins de 4 mois, la quasi-totalité de la population française serait infectée.

En d'autres termes, si l'on ne fait rien, tout le monde aura été malade avant d'avoir reçu le remède.

Ca fait désordre...



Troisième question: On va tous être malades, so what ? Le risque n'est-il pas acceptable ?


Bloquer l'économie de façon brutale va plonger les plus pauvres dans la misère et causera aussi nombre de morts physiques.
Comment comparer ?
Que faire?



2)  La mortalité du COVID-19 sans confinement

Le taux de mortalité est le nombre de morts sur le nombre de cas avérés.

Il est important de préciser que ce taux n'est vraiment connu qu'après qu'une épidémie ne soit terminée.

Il faut que le virus ait infecté tous ceux qu'il pouvait toucher pour pouvoir faire le calcul.
Avant cela ce ne sont que des projections.
La réalité finale peut être plus favorable (les gens s'immunisent mieux que prévu ou les conditions climatiques deviennent favorables) ou pire (le virus mute ou le système de santé n'a pas pu prendre tout le monde en charge).

Sur la base de la réalité constatée dans le monde, les projections actuelles sont un taux de mortalité entre 2 et 4% et ce avec confinement. 
Sans rien faire, si le système de santé sature, on pourrait passer rapidement passer à 7-8% et plus.

Ainsi, à l'échelle de la France, en quatre mois si l'on ne fait rien:
  • 2% de 67 millions d'habitants --> 1.3 millions de morts
  • 8% de 66 millions d'habitants --> 5.3 millions de morts
No comments.

Pas étonnant que le gouvernement souhaite frapper fort.
Il faut faire quelque chose de massif et en urgence pour retarder le plus possible les transmissions, le temps de trouver un remède.
Pour ce faire, il faut limiter les contacts physiques entre les individus.

Le confinement est la seule solution.



3) Et la Corée du Sud, bordel !

La Corée du Sud semble être le contre-exemple parfait.
Bien moins de morts qu'en France, sans confinement.

Pourquoi?

Ce pays a tiré les leçons de l'épidémie de MERS d''il y a quelques années.
Ils ont mis en place des outils de suivi et de contrôle pour intervenir dès l'origine d'une crise. 

  • Tests massifs à la moindre suspiscion
  • Traçage de lignées de malades
  • Isolement des personnes "dangeruses"
  • Masques disponibles en quantité et culture de l'hygiène
  • Application internet permettant de localiser tout malade dans un rayon de 100 mètres, pour éviter de croiser sa route.

Par aiilleurs, le départ de l'épidémie a été très localisé. Il est avancé le chiffre de 60% des cas du pays provenant d'une seule communuate religieuse.

Même avec ces outils, la Corée du Sud n'est pas à l'abri d'une rechute.

Pour la France, c'est déjà trop tard.
Nous sommes en retard d'une guerre.
Nous n'avons pas ces outils.
Les mettre en place serait trop long par rapport à l'avancée de la maladie.

Ne reste que le confinement.


4) Le but du confinement

Le confinement a quatre finalités principales
  1. lisser le pic de la crise pour ne pas saturer le système de santé 
  2. diminuer le risque de mutation du virus
  3. diminuer la charge virale
  4. limiter le nombre de personnes infectées

Le premier point se comprend facilement.


Risque de mutation:
     Plus le virus a la possibilité de se répliquer, plus il y a de risques de mutation.
     Il est important que le virus ne mute pas pour trouver un remède.

Charge virale:
     Le corps doit lutter contre le virus.
     S'il n'y a qu'une exposition, le corps va se défendre contre une quantité limitée de virus, qui va décroissante si le corps se défend correctement.
     S'il y a une exposition récurrente, le corps doit en permanence se défendre contre une quantité de virus qui ne décroit pas.
     A la longue, il va se fatiguer et les défenses s'affaiblir. La mortalité augmentera.


Limiter le nombre d'infectés:
     Ce point a été mis en dernier, car il est indirect.
     Le confinement ne permet pas de limiter, en tant que tel, le nombre d'infectés.
     Il ne fait qu'étaler ce nombre sur la durée en attendant un remède.
    Tant qu'un remède ne sera pas trouvé, comme il est extrêmement contagieux, le virus atteindra sa cible d'une manière ou d'une autre.


Un corollaire statistique du confinement est que le nombre de morts est étalé sur une plus grande période et que des personnes mourront d'autres causes entre-temps. (ex: personnes âgées)



5) Combien de temps de confinement?

Deux contraintes s'opposent:

D'une part, sur le plan médical, il faut que le confinement dure tant qu'un remède ne sera pas trouvé.
Soit entre 4 et 18 mois, ou plus...

D'autre part, il est évident que ce n'est pas économiquement acceptable au-delà d'un trimestre.
La misère économique, voire les famines, que cela engendrerait, seraient aussi gravissimes.


Or, si le confinement est levé pour relancer l'économie, en quelques mois, tout le monde sera été infecté et le confinement initial n'aura servi à rien.

Il ne peut donc y avoir de levée complète du confinement avant l'arrivée d'un remède !

Il ne peut y avoir qu'une levée à géométrie variable, avec des levées partielles et des reconfinements en fonction de la situation sanitaire et de l'économie.


Suivant quels critères?

Deux axes d'analyse:

  • Efficacité médicale
  • Nécessité économique

Efficacité médicale:

Les personnes qui devront ressortir en premier sont celles qui sont susceptibles de s'immuniser le plus facilement.

Une fois immunisées, elles ne seront plus un danger pour les autres. (Sous réserve de réinfectation impossible.)

Ce sont donc les personnes moins de 50 ans et les enfants.
Les personnes plus âgées devront rester confinées et isolées (autant que possible) du reste de la population.
Et ce pendant des mois...


Nécessité économique:


Sont à déconfiner en priorité les personnes les plus nécessaires à l'économie.

  1. Les personnes nécessaires à une économie de survie.
  2. Puis les autres actifs.
  3. Puis les étudiants en fin d'études 
  4. Puis les autres jeunes et enfants
  5. Et enfin les personnes âgées.

En croisant ces deux axes d'analyse, l'ordre de déconfinement de la population devrait être:

  1. Les actifs de moins de 50 ans travaillant dans des secteurs de l'économie de survie
  2. Les actifs de moins de 50 ans des autres secteurs économiques
  3. Les étudiants à moins de deux ans de la fin de leurs études
  4. Les autres étudiants
  5. Les actifs de plus de 50 ans travaillant dans des secteurs de l'économie de survie
  6. Les actifs de plus de 50 ans des autres secteurs économiques
  7. Les retraités

Le gouvernement devra mettre en place un "permis de sortie" pour ces catégories de personnes.
Le permis d'une catégorie sera activé ou non en fonction de l'état de la pandémie, à l'instar de la vignette anti-pollution.


Quid des étrangers?

En provenance de l'UE: Il faut ouvrir les frontières aux ressortissants des pays ayant adopté un système similaire et simplement fermer aux autres.
Et mettre en place des outils de suivi de ces personnes.

Hors UE: même approche, mais avec un a priori plus prudent, pays par pays.




6) Pas très démocratique tout cela !

Oui, cela ouvre la porte à de réelles dérives autoritaires.

Cela va être l'heure de vérité pour la démocratie française et européenne.


L'heure où l'on va connaître le niveau de vertu de nos élus !




7) Et si tu avais tout faux, Karl ?

OK Karl. Stop. Tu vois tout en noir.
Et si tu te trompais sur la capacité contagieuse du virus et/ou sur sa mortalité?

Prenons un exemple:

Si l'on a seulement 1/6 de la population infectée à l'arrivée du remède et un taux de mortalité de 1%, cela signifie toujours 110 000 morts (67 000 000 * 1/6 * 1%). 

Pour moi, cela reste inacceptable. 

Mais on est alors sur des niveaux où des personnes plus cyniques pourraient penser que c'est le prix à payer pour maintenir une économie forte sur la scène internationale.
Cela reste un sacré pari.

Je pense que Trump a dû faire ce calcul au départ. Mais il a fait marche arrière. (Il a les bonnes informations et il joue sa réelection.)

Idem pour Boris Johnson... ...qui est maintenant infecté.


Et si toutes ces stats de décès étaient simplement fausses? De la poudre aux yeux?


On est là au niveau des croyances.

Je me fie alors à ce que je vis localement; ce que je sais de source sûre. 


Il y a un mois, j'entendais parler d'amis d'amis qui...
Aujourd'hui, c'est dans mon propre cercle d'amis et familial. Ex: 25 morts sur 80 dans l'EHPAD où ma grand-mère a vécu.

Une partie de ma famille travaille dans le milieu médical. La situation est de plus en plus tendue. Les cercueils qui défilent est une réalité.


Encore une fois, que certains se servent ensuite de la situation pour avancer leur intérêts personnels est très possible, voire certain, mais déconnecté de la situation sanitaire.



8) Et pratiquement dans ma vie quotidienne

Préparez-vous à un confinement de longue durée avec une possible dégradation progressive des circuits de distribution alimentaire.

Je ne crois pas en un effondrement complet du système, mais à des difficultés aléatoires, par types de denrées, par périodes et/ou par régions.
Pendant une guerre (pour reprendre le terme de M. MACRON), il y a des rationnements.

Ayez un stock de sécurité alimentaire chez vous. Rapprochez-vous de paysans vendant en direct.

Un peu de cash devant soi n'est pas non plus une mauvaise idée.
Gardez toujours le réservoir de votre voiture plein pour pouvoir vous déplacer en cas d'urgence.

Ce n'est pas un réflexe d'accaparement "après moi le déluge", mais au contraire:
  • un moyen de créer des stocks tampons locaux pour lisser des difficultés logistiques pour la collectivité
  • moins sortir de chez soi est participer à la réussite du confinement.

Et comment structurer mon patrimoine pour passer la crise?

Beaucoup de bons conseils sur Objectif Eco.
La suite au prochain épisode.
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