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Bruno Napoli

Bruno Napoli

Tout jeune quinquagénaire, originaire du sud de la France, ayant grandi en Afrique de l’Ouest entre 1977 et 1987 (Mali, Gabon, Sénégal et Côte d’Ivoire), titulaire d’un BEP et CAP en Electromécanique (2 ans après la 3ème), ayant passé 25 ans à Paris, pas mal voyagé en Amérique du nord, et récemment expatrié à Hong Kong depuis la Fin 2018. Je bosse actuellement dans l’industrie de la lumière.
Je suis passionné de nouvelles technologies, surtout dans le monde de la HiFi, la vidéo, le Home Cinéma et depuis 10 ans maintenant la Domotique. Ces dernières années je me suis beaucoup intéressé aux implications des smart technologies avec les assurances, la cybersécurité et la géopolitique. J’écris depuis 5 ans dans plusieurs revues et blogs professionnel Français, Américain et Asiatiques sur le sujet.J’ai presque toujours été entrepreneur dans ma vie, j’ai monté plein de petites et moyennes boites et projets en France qui se sont toutes cassées la gueule. J’ai donc mon diplôme universitaire de “Tombe, relève-toiaméliore-toi et recommence”.
Je suis connu pour ne pas avoir ma langue dans ma poche, mais ouvert d’esprit et toujours prêt à reconsidérer mes pensées. A travers mes articles je vais tenter de vous faire partager mes analyses et vous faire comprendre les opportunités qu’il pourrait y avoir dans cette industrie.
Je vous souhaite une bonne lecture.

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Expatrié aujourd’hui ou réfugié demain ?

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Nombre de commentaires : 1 réaction
 C’est une réflexion que je me suis faite dernièrement. Suis-je un expatrié ou un migrant ? Autant quand on dit qu’on est expatrié il y a une petite odeur de vanille et de sable chaud, autant c’est un peu la loose de dire qu’on est migrant. Et pourtant, à part la connotation péjorative que l’on associe au mot migrant, techniquement il me semble que ce soit la même chose. En revanche, le mot réfugié est lui juridiquement différent.

 Dans ma réflexion je me disais que l’histoire retiendra que ceux qui sont partit d’Europe pré Covid étaient des Expatriés, que ceux qui sont partit pendant le Covid pouvaient encore prétendre à être des migrants, et que ceux qui sont partit post Covid (s'ils décident un jour d'arréter la plaisanterie) étaient des réfugiés.

 La formation de Charles d’appelle "Expatriation..." Il faudra peut-être qu’il l’upgrade pour les migrants et les réfugiés avec des nouveaux trucs et astuces parce que les choses sont en train de changer assez violement si vous ne l’aviez pas remarqué.


 Trêves de plaisanterie, ça fait maintenant deux ans que je suis arrivé à Hong Kong et pour ceux qui me suivent sur Objectif Eco, vous avez savez dans quelles conditions je suis arrivé là. Pour les autres, la session de rattrapage est à lire ici. Même si Hong Kong n’est pas la ville qui coche toutes les cases selon notre expert en chef Dereeper, elle l’est pour moi, tout du moins pour le moment... Si un jour les frontières rouvrent, si tenté que le monde ne bascule pas dans un chaos total, je conseille Hong Kong pour une première étape de migration surtout si vous êtes attiré par l’Asie. A ce stade, le temps que les choses se stabilisent et que l’on y voit plus clair dans la situation mondiale, il me semble que dans les 5 à 10 prochaines années il faudra rester léger et souple, organiser une façon de gagner de l’argent en bossant de la maison et être prêt à changer de pays ou de continent en quelques semaines. Rien de celà n'est impossible, même avec des enfants.

 Hong Kong est selon moi un bon mix entre l’Orient et l’Occident et permet une transition culturelle toute en douceur. Aussi incroyable que ça puisse l’être, je me disais il y a quelques semaines que j’était plus libre de mes mouvements ici à Hong Kong ou même en Chine Communiste qu’en Europe. Les cellules de mon cerveau essayent de ne pas se polymériser rien que d’y penser, mais à ce jour c’est la vérité.

 Au fait, arriver à Hong Kong en mode touriste et espérer trouver un taff comme ça du jour au lendemain est de plus en plus difficile à moins d’avoir des aptitudes vraiment très sérieuses et recherchées. J’ai un amis chef pâtissier qui a bossé pour des restaurants étoilés qui est en visa touriste et qui galère à se faire embaucher ici. De ce que l’on m’a dit, les quotas de visa de travail délivrés par « l’immigration » semblent en baisse et du coup les sociétés locales préfèrent embaucher des personnes qui en ont déjà un même si ces dernières sont moins qualifiées. En ce sens, les étrangers avec visa de travail valide qui sont resté à Hong Kong malgré les manifestations et malgré le Covid ont un peu plus de valeurs et peuvent faire monter les enchères. (Oui, il y a des expats qui sont rentrés se réfugier en France dès que l’épidémie a commencée ici… C’est la vie) Donc pas impossible de trouver du travail à Hong Kong, mais c’est chaud, à moins bien sûr d’arriver avec des millions et d’ouvrir une société. Mais il faut que ce soit une vraie société avec une vraie activité, qu’elle loue des bureaux et qu’elle emploie du personnel local. C’est fini le temps où on ouvrait une société en 5 minutes, qu’on déposait un peu de cash sur un compte et qu’on obtenait directement un visa "entrepreneur", si tenté que ça ait été un jour aussi facile que ça.

 Le visa touriste vous autorise 90 jours sur place, puis il vous suffit de passer la frontière, d’aller n’importe où même pour quelques heures et de revenir pour revalider 90 jours. Beaucoup de gens vont visiter Macao pour une journée histoire de revalider leur Visa à leur retour à Hong Kong. Ça fonctionnait encore "presque" à l’infini il y a peu de temps, mais pas sûr qu’avec ce qui se passe dans le monde que ça soit si facile de faire des allers et venues pendant des années. A voir, ça se tente si vous êtes en mode souplesse.


 Bref… Après deux ans à Hong Kong j’ai encore du mal à trouver des points négatifs. Cela étant j’ai l’honnêteté de reconnaitre que mon analyse est à relativiser pour deux raisons. Premièrement je suis encore en pleine lune de miel donc on verra dans un ou deux ans si je suis toujours aussi positif. Deuxièmement et vu mon histoire, j’étais limite un réfugier et presque n’importe quel endroit au monde (hors Europe et Amérique du Nord) m’aurai convenu du moment que j’y trouvait un travail.

 Il est clair que les 10 ans d’expatriation passés en Afrique lorsque j’étais enfant ont eu une influence sur mon état d’esprit, j’étais préparé à certains aspects. Et justement, l’état d’esprit est très important quand on s’expatrie. Si on veut pleinement profiter du pays qui nous accueil, il faut jusqu’à un certain point avoir la capacité à lâcher les repères et la culture à laquelle on est accroché pour en embrasser une autre. Certaines personnes pourraient prendre cette flexibilité, cet abandon pour de la faiblesse, pour un déni de sa propre identité, de sa propre culture mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs on n’abandonne pas réellement qui on est, on s’adapte juste à un nouvel environnement.

 Et il est intéressant de constater que certains esprits seraient plus enclins à s’adapter aux us et coutumes de pays qu’ils qualifieraient de "civilisés et dignes d’y apprendre quelque chose" comme le Japon ou la Corée dans le cas de l’Asie et que les mêmes refuseraient de s’intégrer dans d’autres pays Asiatiques dont ils définiront la culture comme "sous-développée et pas digne d’intérêt". Dans ce dernier cas ils vivront en clan dans des quartiers d’expat recréant une sorte de petit Neuilly d’où ils ne sortiront que très peu. Ils ne se mélangerons pas beaucoup à la population locale et on reconnaitra à 200 mètres leurs femmes en serre-tête en velours et jupe plissée. (Vous avez bien compris que je carricature à mort là)

 Dans un pays étranger le regard des gens, le sens de l’humour, la façon de faire la queue pour payer à la caisse d’un supermarché, les codes vestimentaires, des choses aussi bêtes que les serrures des portes, la robinetterie et même la façon de dire bonjour peuvent être différents. Surtout ne vous expatriez pas si vous faites partie de ces gens un peu nerveux qui même dans le confort de leur environnement naturel partent au quart de tour dès que les choses ne sont pas comme attendues. A l’étranger, tout du moins au début, rien ne se passe jamais comme prévu. Vous allez vous retrouver assez souvent dans des situations burlesques où il vous faudra être patient, garder son calme et prendre les choses comme elles viennent en souriant.

 Une des choses qui m’a surpris ici à Hong Kong et en Chine c’est que les petits commerçants ne sont pas très souriants ni causants. Ici la boulangère ne te fera pas la conversation. Ce n’est pas du mépris de la part du commerçant et ça va d’ailleurs dans les deux sens. Ici, commerçants et clients sont là pour faire une transaction et passer vite à autre chose. Au début je disais toujours bonjour et en payant je souriais, j’essayais d’avoir un contact, mais je n’avais que très rarement de retour. J’ai pensé qu’ils étaient timides parce que j’étais Européen et qu’ils ne savaient pas forcément bien parler Anglais. Il y a un peu de ça, mais pas seulement.



 Une des raisons à tout ça c’est qu’ils ne sont pas de culture latine en Asie. On ne se serre pas la main ni on se fait la bise quand on se rencontre, on ne se regarde pas trop dans les yeux, on met sa main devant sa bouche quand on sourit. Et quand on rentre dans une pièce on fait juste un petit "hello" et ça suffit, idem quand on sort. Quand tu arrives au taff, tu ne fais pas le tour des bureaux pour faire la bise à tout le monde, histoire de perdre 20 minutes avant de commencer à gratter. Tu arrives, tu te poses à ton poste et tu bosses. Et ça n’empêche pas d’avoir une bonne ambiance au taff, les gens ne sont pas spécialement déprimés, ils ne font pas la gueule ; c’est juste que les bonjours et les aux revoir expressifs et expansifs, ce n’est pas leur truc. Ils sont plus discrets et il faut savoir interpréter les tout petits signes de complicité. J’avoue je n’y suis pas encore.

 Je pense à un de mes très bons amis commerçant qui habite dans le sud de la France, s’il venait à Hong Kong il dirait à chaque commerçants un truc du genre "Je te file du pognon con ! Tu pourrais au moins sourire et dire merci non ?"… Lui je sais qu’il ne s’adaptera jamais à une vie d’expatrié, c’est le genre de personne qui s’attends à ce que tout le monde soit au moins bien éduqué que lui. Il n’y a rien de mal à ça, mais l’éducation n’est pas la même partout et son expérience d’expatriation tournera court très vite car il se sentira agressé par tous ce qui n’est pas pareil. Je ne l’imagine même pas dans un restaurant de quartier : "Putain, il n’y a pas de serviettes dans les restos ici ? Et on doit laver ses couverts soi-même dans une bassine avec l’eau du thé ?" (Vidéo ici)

 Conclusion : Quand on arrive dans un pays étranger, il faut s’attendre à gérer des situations dont le spectre ira du cocasse à l’inconfortable absolue. Généralement les locaux sont patients et savent que vous êtes étranger et nouveau ici, de toutes façons se sera marqué sur votre front. C’est là que le sens de l’humour, de l’autodérision et l’ouverture d’esprit doivent jouer. J’ai plein de proches amis avec des qualifications qui seraient appréciés à Hong Kong, des gens qui pourraient bien gagner leur vie ici, mais je sais qu’ils ne tiendraient pas 6 mois avant de se mettre la moitié de la ville à dos.

 Ce qu’il y a de bien à Hong Kong c’est que la population est globalement paisible, pépère et honnête, il n’y a pas de réelles grosses arnaques à touriste, de gangs de pickpocket ou de vol à l’arracher. Bien sûr on essayera toujours de vous vendre gentiment certaines choses un peu plus chères parce que vous êtes touriste, mais c’est le jeu un peu partout. On n’est pas sur le qui-vive 24/24 quand on est touriste ici, ce n’est pas Naples. Je ne dis pas que personne ne s’est jamais fait voler son portefeuille, mais c’est assez rare.

Les photos qui illustrent l'article sont sur Instagram brunonapoli_fr



 
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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire zoulou2 mercredi, 11 novembre 2020 04:10 Posté par zoulou2

    Un expatrié c'est quelqu'un qui as des connaissances, des compétences dans un domaine que n'ont pas les locaux. 

    Le smic est entre 150 et 200 euros en Chine, aucuns expatries ne vient pour travailler a ce prix la, il vaut mieux rester en France au RSA, avoir les soins gratuits, l'ecole gratuite ....

    Un migrant est le nom donne par les liberaux et les gauchistes aux clandestins, c'est la nov-langue liberale.