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Le moteur de recherche visuel de Blippar veut révolutionner le Net - et toucher près de 800 millions d'adultes analphabètes dans le monde

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Nature de contenu : Edito
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Blippar hp

Blippar, la startup qui a lancé une application de réalité augmentée, a levé 54 millions de $ lors d’un tour de financement de série D, dans le but de faire pivoter son business – ou d’en créer un nouveau – afin de bâtir un « moteur de recherche visuel ».

Ambarish-Mitra

Le PDG et co-fondateur de la société, Ambarish Mitra, a expliqué il y a quelques mois « ce que je suis entrain de construire est plus grand qu’Internet en lui–même ». Blippar veut bâtir un catalogue visuel de chaque objet dans le monde, en utilisant la technologie de reconnaissance d'image et le machine learning, plutôt que de devoir soumettre des requêtes à l’écrit ou à l’oral.

L'idée est que le moteur de recherche puisse reconnaître tout ce qu'un utilisateur pointe avec la caméra de son smartphone, de la tour Eiffel, à un chien - ce dernier changeant constamment de caractéristiques.

La startup vient tout simplement jouer sur les terres du n°1 de la recherche sur Internet, et notamment l’app Google Goggles, un logiciel qui permet d'effectuer une recherche en prenant une photo via un smartphone.

Une unicorn valorisée à plus de 1,5 milliards de $

Les analystes et les capital-risqueurs savaient que Blippar cherchait un financement plus conséquent pour atteindre cette vision ambitieuse. Avant même l’annonce de ce nouveau tour de financement de 54 millions de $, Ambarish Mitra plaisantait en soulignant qu’« il n'y a pas de CEO dans le monde qui ne soit pas à la recherche de plus de financement », mais que l'investissement était suffisant pour atteindre les objectifs de la startup au cours des 18 prochains mois.

Ce nouveau tour de table financier a été mené par le Khazanah Nasional Berhad, le fonds d'investissement stratégique du gouvernement de la Malaisie, qui a aussi investi auparavant dans des sociétés high-tech, dont le géant chinois du e-commerce Alibaba et le site britannique de recherche de voyage Skyscanner.

Le tour de table comprenait des financements émanant des premiers investisseurs de Blippar. Fondée il y a 5 ans, la startup basée à New York et à Londres a ainsi pu porter son financement total à 99 millions de $.

Ambarish Mitra est resté mué quand à la valorisation de la société, mais l’année dernière, le Financial Times confiait que Blippar a décliné une offre d’achat à 1,5 milliard de $. En d’autres termes, la société Blippar fait partie du club des unicorns, ces startups valorisées à plus de 1 milliard de $

Pour Ambarish Mitra, le fonds Khazanah Nasional Berhad est un partenaire de choix parce que ce sont des investisseurs avec une « vision à long terme». Par ailleurs, le fonds malaysien permettra à Blippar d’être également en mesure de pénétrer le marché asiatique.

Premier business model : le Visual Marketing

Revenons sur le premier business model de la startup. Car Blippar fait de l'argent principalement en nouant des partenariats avec les grands annonceurs, les éditeurs et des marques mondialement connues. Les annonceurs affichent le logo de Blippar sur leurs produits, tandis que les markéteurs et les éditeurs de presse utilisent Blippar pour rendre leurs histoires interactives, et la réalité augmentée contribue à rendre cela moins ennuyeux et plus amusant.

Blippar affiche un taux de rétention de 79% avec ses clients, et la plupart d'entre eux n’utilisent pas ses services en tant que tactique unique, mais plus comme une agence, avec une planification des initiatives à long terme.

HEINZ-BLIPPAR

La startup se rémunère avec ces grandes marques, en proposant un contenu en réalité augmentée sur son application. Comme par exemple des recettes au ketchup quand l’internaute pointe son smartphone sur une bouteille de ketchup Heinz ou des liens vers des sites marchands quand on passe le smartphone devant un produit qui nous a tapé dans l’œil. La société a déjà signé des partenariats avec de grandes multinationales comme Procter & Gamble, Coca-Cola, Nestlé, L’Oréal, Barclays, Walmart et bien d’autres. 

Ambarish Mitra est peu bavard sur les revenus de l'entreprise, mais dit qu'ils sont « significatifs » et qu’ils se montent à des « millions de dollars ». Quant à la rentabilité, il explique que c’est simplement un « état comptable » et que la société est avant tout concentrée sur l'investissement pour son avenir.

La vision à long terme de Blippar : améliorer la connaissance pour les 3/7 du monde souffrant d’illettrisme

Avec son projet de moteur de recherche visuel, l'un des grands objectifs de Blippar est de faire rentrer sur le Net les 3/7 du monde qui ne sont pas en mesure de lire ni d’écrire, ou qui ont seulement des niveaux d’alphabétisation basiques.

Si plus de 84% des adultes dans le monde savent lire et écrire, l’Unesco estime que l’analphabétisme touche encore 743 millions d'adultes.

Alors qu'un citadin pourrait utiliser le navigateur visuel pour trouver le nom d'une race de chiens ou d’une fleur inconnue, l’accès à la technologie dans des parties non privilégié du monde pourrait améliorer les niveaux des connaissances à pas de géants.

Ces personnes qui n’ont pas accès au savoir et à la connaissance pourront demander quelle est donc cette chose ? Quelle plante pousse ici ?

blippar 3

« Ce sont des questions fondamentales qui restent habituellement sans réponse - ou bien les personnes vont habituellement demander au sage du village "c’est quoi ? ". Je pense que cela va agir comme un grand égalisateur et cela restera l'une des visions à long terme de l'entreprise », souligne le CEO de Blippar.

Ambarish Mitra a expliqué que certains fabricants de smartphones misent sur ces 3/7 de la population mondiale et commencent à faire des téléphones bon marché avec des optiques intelligentes. Mais ces appareils reposent sur des systèmes d'exploitation qui n'existent pas encore aujourd'hui en tant que produits commerciaux, pour répondre aux besoins des personnes analphabètes dans des régions comme l'Asie du Sud-Est et l’Afrique - pour qui le clavier du smartphone s’apparente à un extraterrestre.

Il existe beaucoup d'autres sociétés qui misent sur les smartphones dans ces parties du monde. Internet.org, l’ONG, de Facebook, ou encore le Projet Loon de Google veulent connecter le monde entier en fournissant un accès à Internet là où il n’existe pas.

Cependant le service Free Basics d’Internet.org - qui offre une sélection d'applications, y compris Facebook gratuitement - a été critiqué par les partisans de la neutralité du Net, qui estiment que les fournisseurs de services ne devraient pas limiter l’accès à certains services en favorisant d’autres. Free Basics a même été interdit par le gouvernement indien.

De son côté, Ambarish Mitra, qui est Indien, se félicite de l'initiative de Facebook pour apporter un accès Internet gratuit dans certaines régions du monde sans connectivité, parce que cela va contribuer au développement de startup comme Blippar. Mais l’entrepreneur souligne qu’il existe encore des lacunes à combler sur le marché.

« Facebook tente de connecter les gens, mais cela s’adresse toujours à des personnes instruites. Pour utiliser Facebook, vous devez toujours passer par les smartphones dont la navigation est complètement fondée sur le langage, ce qui impose d’avoir des applications préinstallées, de vous connecter. Ce sont des éléments qui posent problème si vous êtes analphabète », indique Ambarish Mitra.

Objectif des 12 prochains mois : rendre le système de reconnaissance d'image aussi intelligent qu’un adulte

L’objectif de Blippar d’apporter la « parité des connaissances » dans plusieurs régions du monde est sans doute un peu plus lointain. À l'heure actuelle, Blippar vise à faire de son navigateur visuel un « utilitaire » que les personnes vont utiliser deux à trois fois par jour. Ambarish Mitra laisse entendre qu'il y aura des annonces de sortie de produits dans les six prochains mois.



Mais beaucoup de questions restent en suspens. A l’heure actuelle, il existe encore beaucoup de « faux positifs » lors de la reconnaissance des objets. Ces problèmes doivent être aplanis. Le machine learning d’aujourd'hui regarde les choses comme un enfant, explique Ambarish Mitra, et l'objectif cette année est de construire un système assez sophistiqué pour voir les objets comme un être humain adulte. 

La startup Blippar envisage de construire cette technologie elle-même, ou d’acquérir des sociétés qui arriveraient à proposer une solution plus rapidement.

« Au cours des 12 prochains mois, l'objectif principal est de rendre le système assez intelligent pour qu’il ait une perception visuelle d'un individu adulte, et qu’il comprenne donc la plupart des choses qu'il regarde, et ce afin que les personnes aient confiance dans ce système », conclut Ambarish Mitra.« Une fois que les gens feront confiance au système, nous pourrons nous diversifier ».


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