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La révolution des robots - les machines vont inéluctablement remplacer les hommes - les dernières données sur le phénomène

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La robotisation va bouleverser l'économie mondiale au cours des 20 prochaines années. L’automatisation et la montée en puissance des intelligences artificielles vont réduire les coûts de fabrication mais exacerber les inégalités, mettent en garde les experts.

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Des robots humanoïdes de la société Shaanxi Jiuli Robot Manufacturing Co. Humanoid sont présentés, ce mois-ci, à Sanghai, lors de la 17ème China International Industry Fair.

La crainte c’est que les machines prennent le dessus, dans tous les secteurs, des chauffeurs routiers aux infirmières, selon une toute nouvelle étude.

Plus que des automates, avec une apparence plus ou moins humanoïde, c’est « l’automatisation logicielle » qui inquiète. Il y a quelques temps, Bill Gates tirait la sonnette d’alarme, avec la « software substitution » de nombreux jobs vont disparaître : « Dans 20 ans, la demande de travail dans de nombreux domaines de compétences va considérablement se réduire.Je ne pense pas que les gens ont intégré cela dans leur modèle mental. »

Une étude de l’université d’Oxford confirmait les inquiétudes du milliardaire philanthrope. Après avoir passé en revue 700 différents emplois, afin de déterminer ceux qui seraient susceptibles de basculer vers l’automatisation, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que « les machines automatisées ont une forte probabilité de faire prendre 47 % des jobs actuels d’ici quelques décennies ».

A côté des robots effectuant des travaux manuels, comme passer l’aspirateur dans le salon ou assembler des pièces sur une chaine de montage, avec le développement de l'intelligence artificielle les ordinateurs sont de plus en plus en mesure de « penser », d’exécuter des tâches qui requièrent de l’analyse, des missions qui autrefois exigeaient un jugement humain.

Dans un tout nouveau rapport de 300 pages, les analystes de la banque d'investissement de Bank of America Merrill Lynch se basent sur les dernières recherches afin de décrire l'impact de ce qu'ils considèrent comme la quatrième révolution industrielle, après la vapeur, la production de masse et l’électronique.

« Nous sommes confrontés à un changement de paradigme qui va modifier la façon dont nous vivons et travaillons », expliquent les auteurs. « Le rythme de l'innovation technologique disruptive est passée de linéaire à une croissance parabolique depuis les dernières années. La pénétration des robots et de l'intelligence artificielle a touché tous les secteurs de l'industrie, et elle est devenue une partie intégrante de notre vie quotidienne. »

Cette révolution pourrait laisser jusqu'à 35% de tous les travailleurs du Royaume-Uni sur la touche, et substituer 47% des jobs aux États-Unis, selon l’étude de l'Université d'Oxford citée dans le rapport. Ce risque est susceptible d'être concentré sur les travailleurs situés au bas de l'échelle des revenus. « La tendance est inquiétante dans les marchés comme les États-Unis, parce que la plupart des emplois créés au cours des dernières années sont des emplois peu rémunérés, manuels ou de services, qui sont généralement considérés comme « à haut risque » face à l’automatisation », souligne la banque d’investissement.

«Le risque majeur avec l'adoption des robots et des intelligences artificielles est le potentiel de polarisation croissante de la main-d'œuvre, en particulier pour les emplois peu rémunérés tels que les professions de services, et une substitution qui se creuse dans les emplois manuels à revenu intermédiaire. »

Les auteurs ont calculé que le marché mondial des robots et de l'intelligence artificielle devrait atteindre les 152,7 milliards de $ d'ici 2020, et ils estiment que l'adoption de ces technologies pourrait améliorer la productivité de 30% dans certains secteurs.

Graph Global robotic market
Le marché de la robotique devrait peser 66,9 milliards de $ en 2025 (Source : BCG).

Les chercheurs font remarquer que Google a acheté, en 2014, huit entreprises de robotique en l’espace de deux mois, de Boston Dynamics et son robot BigDog, à Deepmind, spécialisée dans l'apprentissage – le deep learning – de l'intelligence artificielle.

Dans les secteurs manufacturiers les plus avancés, comme les constructeurs automobiles du Japon, par exemple, les robots sont déjà en mesure de travailler sans surveillance et jusqu'à 30 jours sans interruption. Si les délocalisations d’emplois manufacturiers vers des économies avec une force de travail à faible coût peuvent faire économiser jusqu'à 65% sur les coûts de main-d'œuvre, en substituant les travailleurs humains par des robots, les économies pourraient grimper jusqu'à 90%.

Labour cost savings
Les fabricants pourraient économiser jusqu'à 90% des coûts salariaux en substituant les travailleurs par des robots (Source : Deloitte).

À l'heure actuelle, il y a en moyenne 66 robots pour 10 000 travailleurs dans le monde, constate le rapport, mais dans le secteur automobile japonais hautement automatisé il y en a déjà 1 520.

Mais ce ne sont pas simplement les emplois peu qualifiés, tel que le travail à la chaîne, qui pourraient être remplacés. Un rapport du McKinsey Global Institute de 2013 a révélé que jusqu'à 9 000 milliards de $ en coûts salariaux globaux pourraient « être sauvées » si les ordinateurs prenaient le dessus dans des tâches qui requièrent des connaissances intensives, telles que l'analyse des cotes de solvabilité ou les conseils financiers.

Les évangélisateurs de la révolution robotique font valoir que les robots peuvent surmonter les faiblesses et le manque de fiabilité des travailleurs humains. Le rapport cite, par exemple, des recherches en psychologie qui montrent que les juges ont tendance à être plus draconienne quant arrive l'heure du déjeuner et qu’ils sont bien plus cléments une fois qu'ils ont mangé.

Et l’étude met en garde les entreprises qui n’investissent pas assez vite dans ces nouvelles technos : « L'adoption anticipée conférera un avantage comparatif essentiel, tandis que ceux qui décalent leurs investissements verront leur compétitivité déraper. »

Cependant, la banque souligne également que les questions éthiques et sociales majeures seront de plus en plus présentes. Dans ce domaine, le rapport met en avant les questions morales sur l’utilisation croissante des drones dans les conflits, et même l'émergence d'un groupe de pression appelé Campaign Against Sex Robots. Les craintes de voir les humains remplacés par les machines ne sont pas nouvelles. Au début du 19ème siècle, la colère des membres d’un mouvement clandestin, appelés les luddites, s'est caractérisée par le « bris de machines ». Ces bandes de luddites fracassaient les métiers à tisser qui menaçaient le travail des artisans sur les métiers à bras.

Beijia Ma, l’auteur principal du rapport, estime que depuis 200 ans et plus, les sociétés ont finalement trouvé des moyens de tourner les développements technologiques à leur avantage.

La chercheuse explique que le meilleur conseil à donner aux personnes qui craignent la montée en puissance des robots est d’améliorer leurs compétences. « Ce n’est pas censé être un rapport funeste et pessimiste : L'un des moyens que nous pensons utile pour les personnes passe par l'éducation. »

Cependant, Beijia Ma ajoute qu'une récente enquête d'experts de l'industrie, menée par l’institut de sondage américain Pew, a révélé une fracture nette entre les techno-optimistes et les pessimistes.

Près de la moitié d'entre eux, soit 48%, croit que le développement des robots et des intelligences artificielles auront « un impact négatif énorme sur la société, où les agents numériques déplaceront à la fois les cols bleus et les cols blancs, conduisant à des inégalités de revenus et une fracturation de l'ordre social ».

Pendant ce temps, 52% « prévoit que l'ingéniosité humaine permettra de surmonter et de créer de nouveaux emplois et de nouvelles industries ».

Andrew Simms, du think-tank the New Weather Institute, indique que l'essor des nouvelles technologies pourrait être l'occasion de réaliser les aspirations de l'économiste John Maynard Keynes, qui avait prédit en 1930 que, dans un siècle, la technologie aurait permis de réduire la semaine de travail à 15 heures, avec le reste du temps consacré aux loisirs.

Toutefois, sans repenser cette relation travail-société, le résultat de la robotisation pourrait se traduire par une disparité économique croissante entre les gagnants et les perdants.

« Nous sommes en danger », avertit Andrew Simms. « Pour la première fois dans l'histoire, un grand nombre d’individus ne sont plus nécessaires. La question devrait être : Quelle sorte d'économie voulons-nous, et pour répondre à quels besoins humains ? »

Les menaces

Un large éventail d'emplois pourrait être pris en charge par des machines, prédisent les analystes de Bank of America Merrill Lynch.

Restauration. Une startup basée à San Francisco, baptisée Momentum Machines, a conçu un robot capable de reproduire les tâches pénibles et répétitives du travailleur de fast-food : façonner des hamburgers à partir de la viande hachée, les griller à point, toaster les pains, et ajouter les tomates, oignons et cornichons.

Secteurs manufacturiers. Les travailleurs ouvriers peu qualifiés des pays riches sont désormais habitués à concourir contre des employés à bas coûts dans des économies émergents. Mais alors que les délocalisations peuvent réduire les coûts de main-d'œuvre de 65%, la substitution des travailleurs par des machines peut réduire ces coûts jusqu'à 90%. Le processus est bien avancé dans des pays tels que le Japon et la Corée du Sud. Et à mesure que d'autres économies modernes rattrapent ce retard, beaucoup plus d'emplois seront pris en charge par la technologie.

Les conseillers financiers. Les conseils financiers sur mesure semblent être la quintessence même d'un « service personnalisé », mais ils pourraient bientôt être remplacés par des algorithmes plus sophistiqués, qui peuvent adapter leurs réponses en fonction de la situation de chaque individu.

Les médecins. Quelques 570 000 opérations par robot-chirurgie ont été réalisées l'année dernière. À New York, les oncologues du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center ont utilisé le supercalculateur Watson d'IBM, capable de lire 1m de manuels ultra complexes en trois secondes, pour les aider dans les diagnostics. Les autres applications médicales de la technologie informatique mettent en œuvre des caméras microscopiques ou encore des cathéters contrôlés par robotique.

Les travailleurs sociaux.  Merrill Lynch prévoit que le marché global du robot individuel, y compris les robots de soins à domicile, pourrait augmenter jusqu’à 17 milliards de $ au cours des cinq prochaines années. Un phénomène « poussé par le vieillissement rapide des populations, le pénurie annoncée des travailleurs en soins de santé, et la nécessité d’améliorer les performances et d'aider à la réhabilitation des personnes âgées et handicapées ».

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